‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 3)Chapitre 30 sur 59 · LIE · texte numérisé non relu

LIE

LOMBARDIË

'é une vieille demoichaque année, fait petit garçon et, sur flûtes les études justre. J'ai immédiateernard, qui recueille rditla reproduction.

ette région de^ lacs, deux personnes. me l'un exemple fécond, is-je, sombleiit plus pour qu'on prenne évite les, duretés, de

la lutte, de la concurrence; ils y succomberaient. Leur délicatesse, leur faiblesse, leur donnent ce « droit à la paresse » dont parlait Lafargue. Mais en même temps, puisqu'ils ne savent pas assurer leur propre vie, il y aurait lieu de les décharger du soin d'assurer leur espèce, car la société qui prendrait soin d'eux ne serait pourtant pas assez riche pour adopter leurs enfants.

Ces nouveaux moines, ces derviches singuliers, ces rêveurs, incapables de TefTort qu'il faut dépenser dans les grandes villes, où pourraient-ils plus doucement végéter que dans les jardins épars sur la rive des lacs de Lugano, de Corne, de Garde, sur ce lac de Varèsé aussi, où Taine désirait posséder une villa? Incomparables paradis pour des êtres décidés à n'avoir que des soucis viagers !

Jardins Giulia, Melzi, Sommariva, Serbelloni, syllabes chantantes, terrasses parfumées et lumineuses! Pourtant, c'est déjà l'automne; une petite pluie chaude tombe sur les arbres. Sur ces pentes où je me promène et qui enser-

DINS DE LOHBARDIE.

! est droite comme ud balcon des bancs; sans eflbrts, sans u des myrtes, des citronniers.

(1 s'enivre à la « coupe de t ce paysage, mais c'est de encore que de la flore mérilit selon mon goût le charme

is qui tendent leurs branches s'interposent entre le prome- . On ne voit plus le bleu du le plaisance, les forêts de mû- [ju'à travers un mince rideau ; d'aucune brise dans ce grand ni-voilée de feuillage jaunisest plus adorable qu'aucune art; et les femmes du Prtneux Botticelli, enguirlandées, )iit que de pauvres petits ince repos, de celte jeunesse, e déesse qu'est ta Nature aux rdie.

LES JARbfNS DE LOH rquoi spécilier tels ja ? C'est toute cette rég din, au sens magique i il désigne les lieui n e, depuis le jardin bibli ts du monde jusqu'aux j idei

l'est pas l'âpreté de l'Es] ie l'Orient, là-bas, à 1' ;'est même un peu bana ntillesse! Sur la man e, à Lugano, un paurre te pour quelque monn; veut à toute force versf trois gouttes de « pui , qui pour mon ordinaii renant de cet adroit co ïltilien rencontré, parfi jure, me crée une atn mais plaisante, n'est pas à Londres, i aura ces gentillesses. £ [oût n'est point chosi

LOHBARDIE.

!ur, un savant i que par des è intervalles d lélasser des' vi tients lui déla let de chambr s, leur son si xnds mieux d lu général Bon

maîtresse dai du Comité nal mbre voisine ! ] ir on les a trav ne saurait y viv e loisir. C'est I

universel des i lous d'y passe

mauvais, les fe m grêle, et po ille avec ivre^f le Côme, la mi s envoient d'ui

LES JARDITfS DE LOH

utre me devient délicieuse abondant, elle témoigne bonne volonté de bonheu leurs et la qualité de la nf les plus pauvres air es de Bayreuth auraient gi si l'on goûte en Italie I l^enusberg dont se dégage :hevalier Tannhauser, it jt-ce que cela, sinon la m< ce sensuel Wagner senla *ance?

. aujourd'hui encore, au s lux qui, mêlés aux monts iminent le lac de Côme, si implant la nappe d'eau d s'épand largement parmi sons, les prés et les fleut tit pâtre qui, au dernier îr, joue sur son chalumi loutons. Même altitude, n ésie 1 voilà un mot rldi( les bons esprits, garde e

LES JARDIiNS DE LONBARDIE:

Peut-être n'y a-t-îl pas de pays où l'on tn plus de poésie éparse que dans celte Italie je ne parle ni de sa littérature, ni de sa sique, ni du décor des villes, ni des mus Tout cela, c'est de la poésie réalisée, iixéf par là même, j'ose dire, amoindrie et lirai Ce qu'on trouve dans les jardins d'Italie, • de la poésie à l'état flottant, essentielle, gagée de tout remaniement humain. Émo indéfmie, par là inférieure aux choses d' mais qui donne une impression d'autant profonde.

Les plus grands créateurs depuis des sJè sont venus emprunter de la vie à cet al sphère de paradis. Mais ceux qui n'ont pa force, l'énergie du génie, ne peuvent ici jouir et paresser. La discipline des mœurs méthode dans le travail intellectuel, l'enr mentement des volontés, autant de nécess modernes acceptées universellement, mais

eraient, dans les jardins de Gôme et de Var

le monstnieux non-sens.

A mesure que j'y réfléchis, je m'en convaincs davantage : c'est ici le pays désigné pour les dilettantes un peu faibles, élégants, incapables de tout effort, et que tuent ou déclassent si vite nos grandes villes. Une société prévoyante, et qui ne se contenterait pas, comme la nôtre, d'assurer une villégiature aux assassins endurcis, assignerait cette partie haute delà Lombardie pour lieu de séjour à des esprits pour qui tout est souffrance en dehors du plaisir; elle leur interdirait simplement, comme nous le disions plus haut, de se reproduire : ces mesures, dans l'intérêt de la race humaine qui, tout de même, vaut mieux par ses qualités de gravité, de simplicité et de grandeur simple que par les gentillesses de ces faibles, mais aussi dans l'intérêt de cette belle nature qu'amoindrissent tant de bavardages et de piétinements de ses admirateurs.

RDINS DE LOUBARDIE.

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