‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 3)Chapitre 32 sur 59 · A PARME · texte numérisé non relu

A PARME

A Luigi GuaUio Milanais.

brice del Dongo (de la Ckar- , qui nous offre un rare iasme et de finesse. A seize ans, il était ivre du désir d'agir et de se prouver son énergie au côté du grand Napoléon; aujourd'hui, la seule activité, les seuls risques qu'il pourrait trouver, c'est la vie parlementaire. En même temps qu'il savait s'amuser de l'intrigue, il avait le goût des sensations de l'âme. C'est par cette dualité et dans cette ■olupté naturelle à la Lombardie qu'il est un les héros les plus séduisants de ce siècle.

210 L'AUTOMNE A PARMK.

Je suis allé à Grianta, à Cadenabbia, où Fabrice passa son enfance sur le lac de Gôme ; j'ai cherché vers Vico, entre Gomo et Ternobbio, le rocher qui s'avance dans le lac et sur lequel, assis par une nuit admirable, il éprouva une si délicieuse exaltation de générosité et de vertu à propos de la Sanseverina. Sur le lac Majeur, je l'ai suivi à la trace et je me mêlai à toutes les impressions qu'il y promena. Hier enfln, je repassais dans Parme môme les principales parties de la vie de Fabrice, toute gorgée de romanesque, secouée de crises imprévues, où rien n'est bas ni veule, et que poursuit mon imagination, avide de se distraire avec des vies de son goût des faux pas ou retards que je ne sus point m'éviter.

Dans ce Parme que négligèrent, je ne sais pourquoi, et Taine et Bourget, il me fallait bien tout d'abord visiter le Corrège. Là seulement on peut connaître ce peintre sublime qui créa une expression à tous les moments de l'âme féminine, gradués de la plus fine contraction nerveuse jusqu'à la volupté défaillante.

A PARME. au

ont rempli d'ombre ses fresques, ses coupoles d'églises, et obscurci d'un mystère sans grâce la grâce mystérieuse de figures; mais au Musée, deux, trois tablea — le Jour surtout, où un bambin jna les cheveux d'une incomparable Madeleine souple, si voluptueuse avec ses seize am peine, — m'ont restitué la grâce touchai la lumière et la mobilité expressive du lac Côme. lastruit par de telles beautés, on an à goûter )e Parmegianino lui-même, à rel mer les idées préconçues qui si injustem exaltent ces maigres, secs Florentins, primi élnqués et durs. (Voir au Brera, à Milan, tel Procaecini dédaigné, une sainte eitas avec une blessure d'où ruisselle un sang alTn surses seins charmants, sous une molle bali; Par-dessus cette belle épaule nue, une I d'homme, de femme, regarde tout ce sj avec une étrange complaisance et, sans p se montrer, de la main lui tend une passi' nante couronne de roses violettes et jaur Combinaison psychique et de couleurs i

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