‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 3)Chapitre 7 sur 59 · LES DEUX FEMMES DU BOURGEOIS DE BRUGES · texte numérisé non relu

LES DEUX FEMMES DU BOURGEOIS DE BRUGES

tueuse, et la mélancolie du jeune homme, qui jusqu'alors tendait à la bouderie, devint une ' tristesse enivrée.

Quand ils eurent dissipé leurs ressources et jusqu'à leurs bijoux, le Flamand, pour qui c'était insupportable d'imaginer qu'un jour elle serait, loin de lui, vieille et pitoyable, la pria de l'accompagner dans les Flandres, où ils trouveraient l'abondance.

Clorinde, en même temps qu'elle enseignait son cher barbare à goûter toutes les belles choses, avait désappris de les aimer, et c'est de lui seul qu'il lui eût coûté de se séparer; aussi accepta-t-elle ce pénible exil. Mais à mesure que leur voyage s'avançait, ils étaient bien tristes, car la nature devenait plus pauvre et ils allaient du côté de l'hiver.

Quand ils arrivèrent en vue de Bruges, ils comprirent l'un et l'autre qu'en franchissant ce dernier espace, ils terminaient une partie de leur vie qui avait été leur jeunesse. La

mpagne était comme glacée de soleil, un

ible soleil de midi qui tombait du ciel le

Page 1