LES DEUX FEMMES DU BOURGEO
plus gris. Le cosur de i'élrangè car elle craignait qu'il l'aimlt vraie femme et qu'il la renvi d'autre part, à revoir les pren dont s'étaient remplis ses ye garçon, s'apitoyait de l'idée qi un jour.
Ils atteignirent ainsi jusqu'au saire et s'accoudèrent au-dessus ( qui baigne les basses oiaisons d( là teintées d'ocre. Son odeur I rappelait le paradis de Venise. Il ce miroir mélancolique encadré i béguines qui croît sur les vieilli leur pensée allait avec cette eau I dre sous les voûtes obscures. L* près de tous ces petits toits bizarr pés, que ie clocher de Notre-Dan toucher. Alors, sans doute, commt l'estaminet de la Vache avançait délicate et modeste terrasse, supj colonnettes. Et peut-être aussi, et tendis, jouait-on de la musique
SOIS DE BRUGES. «I Il se tourna vers lui dit :
à cet endroit d'od vous connusse, je veux vous dire du profond de mon âme, mon»
amie, combien je vous dois de choses. Vous avez été bien bonne pour moi qui étais un vrai sauvage, et je me sens envers vous très reconnaissant. »
Elle fut si émue qu'elle, qui percevait toujours très finement les choses qui prêtent un peu au ridicule, elle eut les yeux pleins de larmes, et elle lui répondit :
« Je ne sais pas comment cela se fait, mon ami, mais vous qui êtes parfois si dur et, je peux bien vous le dire, un peu grossier, vous trouvez parfois aussi des choses tellement délicates que personne ne vous vaut. Et soyez bien sûr que personne au monde ne compte pour moi, sinon vous. »
El ils s'embrassèrent, moins comme deux .loureux que comme un frère et une sœur ai se sentent de même race, à ce point qu'ils
6i LKS DEUX FEMMES DU BOUltGEOI mouri-aient sans eilort l'un pour vaincu chacun que sa vraie vie soi, mais dans l'autre.
■ Cependant ils arrivèrenl à la Flamand, où sa femme fut sine tente de son retour, et quoique confiance il fût apitoyé sur le avait fait, il ressentait cruelleme vait souffrir sa belle amie qui It quelques pas. Il les présenta l'u o Ma chère femme, embrassez cette étrangère, car c'est le plus grand bonheur de ma vie.
C'est une infidèle que j'ai convertie durant ma croisade et que je ramène pour qu'elle ne retourne pas derrière moi à ses idoles. »
Alors le bruit se répandit dans Bruges que le noble pèlerin avait converti une infidèle et qu'il la ramenait, et tout le peuple lui offrit un banquet où il eut la place d'honneur, ayant à sa droite l'étrangère et à sa gauche sa femme. Il jouit beaucoup de voir comme on admirait la beauté brillante de son amante, mais l'un
LES IIEUX FEMJ1ES DU BOCliGEOIS DE BRUGES. 65 et l'autre pourtant étaient pensifs, ce qui les fit considérer par tout le monde comme deux saints.
Quand fut sonnée l'heure de prendre le repos, sa femme, qui avait perdu beaucoup de sa gaîté h le pleurer durant, sa croisade, lui dit avec gravité : « Je suis bien fanée et bien déshabituée du plaisir, mon seigneur, il ne faut pas que vous veniez dans mon lit, mais je veux être la servante de celle à qui vous avez donné le Paradis, et je la prendrai avec moi pour la nuit. »
Clorinde était épouvantée à l'idée de reposer seule, tandis que celui qu'elle adorait serait dans tes bras de sa femme; aussi accueillit-elle cette solution avec un extrême bonheur. Il les aida l'une et l'autre à se déshabiller, puis prit place lui-même dans le second lit de la même pièce.
Ainsi vécurent-ils tous trois, et souvent, dans le long hiver des Flandres, comme le ■oid était rigoureux, l'une ou l'autre de ses ;mmes venait lui tenir compagnie.