PRÉFACE. XIII
qui tient compte des phénomènes d'évolution. C'est le fruit de près de quatorze années d'études entreprises à la fois à l'hôpital et au laboratoire et poursuivies presque sans interruption.
Je n'ignore pas que, malgré ce long labeur, je suis encore loin d'avoir atteint mon but, et j'ai longtemps hésité avant de donner la publicité du livre à un travail aussi imparfait. Diverses considérations m'ont conduit à adopter ce périlleux parti. Mes travaux d'hématologie sont disséminés à des intervalles très variables dans les recueils les plus divers; leur nombre est aujourd'hui très respectable. Il m'a semblé qu'il était utile de les réunir, de les coordonner, pour qu'on pût mieux se rendre compte de leur portée et apercevoir les lacunes à combler en relevant les faits dores et déjà acquis. D'autre part, il existe à notre époque une sorte de concurrence scientifique internationale, remarquablement favorable au développement rapide d'une science vaste et compliquée comme la médecine, mais donnant naissance sur tous les sujets à un débordement de publications qui menace de submerger les travaux sommaires et isolés d'un auteur. De là la nécessité pour ce dernier de chercher à opposer une barrière aux revendications mal fondées, par une mise plus en lumière de recherches que quelques prétendus novateurs paraissent ignorer.
Dans ces dernières années, on a repris à l'étranger plusieurs de mes études sur le sang, soit pour les contrôler, soit pour les compléter, en oubliant trop souvent de les citer. On a même tenté de s'approprier la découverte de faits importants qui m'appartiennent incontestablement.
Nul n'a montré à cet égard moins de souci des convenances scientifiques que M. Bizzozero, hislologiste italien, qui n'aurait rien perdu de son réel mérite en se montrant plus respectueux du labeur d'autrui.
Il a annoncé^ quatre ans au moins après la publication de mes premiers travaux, la découverte d'un troisième corpus-