‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 101 sur 165 · I.KIODK KAII'.I*. Vll!\,\ M li !■: Il lUiTAII · texte numérisé non relu

I.KIODK KAII'.I*. Vll!\,\ M li !■: Il lUiTAII

A. PrciHiiurK nl(';monl,s du k.'hhj du poulof,. La formation premiers vaisseaux el des premiers éléments du sang est une des questions les plus difficiles de l'embryologie j aussi compte i on sur ce point presque autant d'opinions que d'auteurs. Elle a été étudiée principalement sur l'œuf <\<- poule ; mais comme il n'entre pas dans notre cadre de traiter cette question en détail, nous non:; hoincrons ,i rappeler brièvement les descriptions les plus récentesr

On sait que les vestiges des vaisseaux et du sang apparaissent vers la fin du premier jour d'incubation pour s'accentuer nettement le second jour. Ils se montrent dans la zone opaque ou aire vasculaire et dans les portions latérales et postérieures de la zone pellucide ou aire transparente. D'après Kôlliker, dont la description diffère peu de celle de His, ils siègent dans la couche profonde du mésoderme, qu'il a désignée sous le nom de lame fibro-intestinale. Au début de leur formation ces vaisseaux se présentent sous l'aspect d'un réseau compact à mailles étroites, dans lequel on ne peut distinguer ni troncs ni branches. Ce réseau est coloré par places en rouge sous la forme de points arrondis ou ovalaires, connus sous le nom d'îles de sang ou îles de Wolff.

Ces premiers vaisseaux sont d'abord des tubes pleins ou cordons solides (tubes endothéliaux), destinés à devenir creux ultérieurement. Au moment où ils se creusent en entrant dans leur seconde phase d'évolution, leur paroi se remplit sur certains points d'amas volumineux de cellules dont la couleur d'abord jaune devient de plus en plus rouge; ce sont les îles de sang. Bientôt les cellules qui les constituent prennent l'apparence de globules rouges et se détachent des parois pour se disperser à l'intérieur du canal au sein du plasma déjà formé.

Ce phénomène continue jusqu'à complète disparition des îles de sang et, au fur et à mesure, les vaisseaux se remplissent de globules rouges.

On voit que vaisseaux et corpuscules sanguins ont une origine commune, ces derniers procédant des cellules qui n'ont pas été employées pour la formation de la paroi vasculaire. Accumulées d'abord dans cette paroi même, ces cellules, semblables à celles des rudiments des vaisseaux, sont rondes, nucléées, pourvues de granulations foncées. Elles sont d'abord très faiblement colorées, puis acquièrent peu à peu une coloration plus intense en perdant leurs granulations. En même temps elles deviennent ovalaires et se mettent à se multiplier, par division du noyau, puis du corps cellulaire en deux parties (Remak).

D'après ce dernier auteur, cette transformation des globules primitifs en éléments colorés est achevée le cinquième jour ; à partir de ce moment on ne peut plus voir un seul globule primitif incolore, et jusqu'au sixième jour, mais surtoutle troisième et le quatrième, ces éléments se divisent. Plus tard, les cellules en voie

de scission disparaissent, et l'on voit réapparaître des cellules incolores plus petites que les premières, dépourvues de granulations, cellules dont on ne connaît ni la provenance ni la signification exacte.

M. Ranvier, qui a étudié cette question avec soin, à l'aide d'une technique particulière, est arrivé à des résultats sensiblement différents. Voici le résumé de ses observations (1).

Il faut, pour voir les premiers rudiments des vaisseaux et du sang, examiner la zone pellucide à une époque où le réseau vasculaire n'est pas encore nettement défini dans la zone opaque. On reconnaît alors dans cette zone, traitée convenablement par le sérum fortement iodé, puis le picro-carminate, un réseau capillaire constitué par des cellules qui s'unissent les unes avec les autres pour former des cordons pleins, anastomosés entre eux. Au niveau des points d'anastomose, points nodaux, le nombre des noyaux est relativement considérable. C'est là généralement que se produisent les premières cavités vasculaires et les îlots sanguins. Les cavités sont d'abord des espaces creux remplis de liquide, qui s'agrandissent et s'allongent pour canaliser les branches du réseau. Les noyaux et le protoplasma sont refoulés à la périphérie et constituent les premiers éléments de la paroi du vaisseau. Ceux-ci agissant à la façon d'éléments glandulaires sécrètent un liquide qui n'est autre que le premier plasma du

Pendant que se fait ainsi la canalisation des cordons pleins, certaines cellules, mises en liberté dans leur intérieur, vont devenir l'origine des îlots sanguins. Ces cellules, peu nombreuses, sont sphériques et contiennent d'abord un seul noyau. Bientôt ce noyau se multiplie, et la cellule formative du sang se transforme en une boule dont tous les noyaux semblent se toucher.

Plus tard, toutes ces boules se désagrègent pour mettre en liberté leurs noyaux avec la faible quantité de protoplasma qui revient à chacun d'eux. Ce sont là les premiers corpuscules rouges du sang; ils sont presque entièrement nucléaires et se colorent avec intensité par le carmin.

On voit que l'opinion de M. Ranvier, touchant l'origine des premiers globules rouges du poulet, s'écarte sensiblement de

(1) Ranvier, Traité technique d'histologie, p. 639.

celle de His et de Kôlliker. En représentant les premiers globules rouges comme des noyaux presque nus, elle se rapproche des vues de Balfour, qui fait provenir les corpuscules rouges de la multiplication des noyaux des premières cellules formatives des vaisseaux.

Enfin N. Wissozky, qui s'est servi le premier de la double coloration par l'éosine et l'hématoxyline après macération des parties dans le liquide de Millier, a émis sur cette question des conclusions qui s'éloignent de celles des précédents observateurs (1).

On sait que pour cet auteur les premiers vestiges des vaisseaux portent le nom d'hématoblastes. Ces hématoblastes seraient des masses protoplasmiques plus ou moins volumineuses et compliquées, douées de contractilité amœboïde et parsemées de noyaux. C'est dans le protoplasma de ces hématoblastes que se développeraient les premiers éléments du sang. Voici comment cette formation s'effectuerait dans l'allantoïde du poulet :

Une portion particulière des colonnes solides des hématoblastes se colore par l'éosine et donne naissance à des globules rouges. Ceux-ci se montrent d'abord sous la forme de fragments taillés à l'emporte-pièce dans le protoplasma et séparés par un espace incolore. La plupart des corpuscules ainsi délimités présentent un noyau et un nucléole ; parfois la place du noyau est indiquée seulement par un amas de granulations, de sorte que le noyau et le nucléole ne se forment probablement que postérieurement au protoplasma du corpuscule. Plus tard, la fluidification de la partie extérieure du protoplasma segmenté met en liberté les globules rouges, tandis que le cylindre plein est transformé en un véritable canal.

Puis, les canaux formés sur le trajet des hématoblastes se réunissent pour constituer les vaisseaux embryonnaires, en même temps que la couche périphérique non fluidifiée des bandes protoplasmiques devient la paroi de ces vaisseaux.

Les corpuscules ainsi libérés se perfectionnent bientôt par une différenciation plus nette du noyau et du nucléole ; ils se multiplient ensuite par scission ainsi, que l'ont admis, comme nous venons de le voir, Remak et Kôlliker.

(1) N. Wissozky, Ueber das Eosin als Reagens auf Hâmoglobin u. die Bildung von Blutgefâssen u. Blutkôrperchen bei Sâugethier- u. Hûhnerembryonen [Arch. f. mikros. Anat., t. XIII, p. 479, 1876).

Pendant que se montrent ces premiers éléments à contenu hémoglobique, il se produirait, d'après Wissozky, des globules blancs embryonnaires. Dans les bandes protoplasmiques des hématoblastes, certains départements dépourvus d'hémoglobine résistent à la coloration par l'éosine. A ce niveau, on remarque de petites masses de protoplasma uniformément granuleux dans la plupart desquelles se trouvent des noyaux se colorant en violet par rhématoxyline. Mais ces premiers globules blancs ne sont pas définitifs ; leur nombre diminue peu à peu, au fur et à mesure que se poursuit le développement embryonnaire par suite de leur transformation en globules rouges.

Les histologistes sont donc loin d'être d'accord sur le mode de formation des premiers globules rouges du sang. De plus, dans les recherches que nous venons de citer, on ne trouve aucun renseignement sur l'origine des premiers globules blancs ni sur l'époque d'apparition et le mode de formation des hématoblastes. Les globules blancs décrits par Wissozky ne sont, en effet, ainsi que nous venons de le voir, que des globules rouges primitivement dépourvus d'hémoglobine.

B. Premiers éléments du sang de la grenouille. — J'ai cherché, en 1878, à résoudre ces deux dernières questions sur le têtard de grenouille.

Malheureusement, la queue de ce petit être n'est pas assez transparente, au moment de la formation des premiers corpuscules rouges, pour qu'on puisse déterminer le lieu de leur formation. J'ai obtenu cependant quelques résultats dignes d'être rapportés sommairement.

Les premiers globules rouges du têtard sont des éléments absolument semblables aux autres éléments embryonnaires. Ce sont des corps irréguliers, d'une taille variable, remplis de volumineux grains vitellins qui tout d'abord masquent entièrement le noyau; ils ne diffèrent des autres éléments de l'embryon que par la présence d'une petite quantité d'hémoglobine déposée autour du noyau et produisant une coloration orangé clair. La plupart de ces corpuscules sont ovalaires, quelques-uns arrondis, d'autres allongés ou rectangulaires (fig. 83, «, a).

Pendant un certain temps, il est impossible de reconnaître un seul globule blanc ni un seul hématoblaste.

Plus tard, au fur et à mesure que les grains vitellins deviennent

moins gros, les éléments prennent une forme plus régulièrement ovalaire et acquièrent une quantité plus notable d'hémoglobine

Les premiers globules blancs sont des éléments globuleux, de taille variable, remplis comme les rouges de grains vitellins, mais plus petits que dans ces derniers. Ils émettent de courts prolongements sarcodiques, sans se déformer ni ramper comme

Fig. 83. — Éléments du sang de têtard examinés dans le sérum iodé.

r a, a, premiers éléments, remplis de gros grains vitellins et laissant se former des boules d'hémoglobine et des prolongements vermiformes ; b, b, globules rouges beaucoup plus développés, au moment où apparaissent les premiers hématoblastes c, c. Les globules blancs se présentent alors sous les apparences représentées en d, d.

les globules blancs amœboïdes. Lorsqu'ils ont perdu presque complètement leurs grains vitellins, quelques-uns laissent apercevoir des grains noirâtres qui paraissent différents des granulations des globules blancs ordinaires [d, d).

Au moment où il est possible de reconnaître des globules blancs, les préparations contiennent des éléments pâles, grisâtres, allongés , relativement volumineux , ayant les caractères des hématoblastes. Ils sont presque remplis par un noyau ovalaire, finement strié en long et ne renfermant ni hémoglobine ni gros grains vitellins ; leur disque ne contient que quelques granulations pâles ou gris noirâtre (c, c).

On voit donc que pendant la première période de l'évolution du têtard le sang n'est représenté que par un seul élément embryonnaire, le globule rouge, et que plus tard (trois ou quatre jours après l'apparition des premiers corpuscules colorés), les globules blancs et les hématoblastes apparaissent simultanément.

G. Premiers éléments du sang des mammifères. — Si maintenant nous passons des animaux à globules rouges nucléés aux mammifères, nous nous trouvons encore en présence des mêmes affirmations contradictoires. On s'accorde cependant à reconnaître que les premiers globules rouges des embryons de mammifères sont nucléés comme ceux des vertébrés inférieurs.

Wissozky, auquel nous avons déjà fait quelques emprunts, s'est servi, dans ses recherches sur l'embryon du lapin, des plis que forment les membranes sur le bord du placenta, entre cet organe et le sinus terminalis. D'après sa description, les vaisseaux se développent en ce point relativement tard ; on en voit les premiers vestiges sur des embryons dont l'allantoïde possède déjà une circulation plus ou moins complète.

o rr

Fig. 84. — Sang pur d'embryon de lapin.

a, a, divers globules rouges sans noyau visible ; a', a', boules d'hémoglobine; 6, globule rouge à noyau; 6', élément semblable sur le point de perdre son noyau.

Fig. 85. — Embryon de lapin (sang pur); éléments vus dans une préparation faite par dessiccation. Divers types de globules rouges à noyau. Les éléments a, a, n'ont pas de noyau visible.

C'est dans ces plis que se montrent les éléments vaso-formateurs auxquels cet observateur a donné le nom d'hématoblastes. Lorsque ces hématoblastes ont acquis un développement suffisant, leur protoplasma subit les mêmes modifications que chez le poulet pour donner naissance aux globules rouges. Ceux-ci ne diffèrent de ceux du poulet que par l'absence de nucléole ; ils se multiplient également par division du noyau, qui prend une forme en biscuit, puis se dédouble, et à son tour le corpuscule lui-même se divise.

On observe rarement une division du noyau en trois parties.

D. Constitution anatomique du sang des embryons. — Examinons maintenant quel est l'état du sang chez les embryons. Nous avons fait nos études sur des embryons de lapin et sur des fœtus humains à divers âges.

1° Embryons de lapin. — Prenons d'abord comme exemple le G. Hayem. — Du Sang. 35

sang de jeunes embryons n'ayant que 20 à 22 millimètres.

Le sang" de ces petits êtres est pâle, relativement pauvre en éléments figurés ; il se coagule plus lentement que celui de l'adulte en donnant naissance à un coagulum mou et pour ainsi dire incomplet. On y reconnaît au microscope des globules rouges nucléés, des globules rouges ordinaires dépourvus de noyau, des hématoblastes et des globules blancs. Tous les éléments hémoglobiques, disséminés dans un plasma relativement abondant, sont en général plus vulnérables et moins colorés que les hématies de l'adulte, et ils restent épars ou irrégulièrement groupés sans manifester cette tendance à former des piles qui est un des caractères des hématies ordinaires (fig. 84).

Les globules rouges à noyau doivent être étudiés, à l'aide des procédés que nous connaissons, dans le sang pur, dans les liquides conservateurs et à l'état sec, avec ou sans l'intermédiaire de substances colorantes.

Ce sont des éléments d'une taille très variable : les uns, très volumineux, sont d'un diamètre qui dépasse très notablement celui des plus grands éléments du sang de l'adulte (globules nucléés géants) ; les autres ont une taille moyenne.

Les globules géants à noyau sont en général discoïdes et excavés, plus rarement un peu irréguliers et plats ou subglobuleux ; ils deviennent d'ailleurs aisément crénelés ou mûriformes. Leur diamètre oscille habituellement entre 14 à 18 [x; on peut en trouver qui atteignent jusqu'à 24 pu Dans le sang pur leur noyau est masqué par l'hémoglobine; il n'est mis en évidence que par l'action des réactifs ou par la dissolution d'une partie de l'hémoglobine dans le plasma.

Ce noyau, en général unique, est relativement petit et ne mesure que 4 à 5 \x ; il est finement granuleux, sans nucléole visible et occupe tantôt à peu près le centre de l'élément, tantôt un point un peu excentrique (fig. 85).

Quelques rares éléments ont un noyau en voie de division ou même deux noyaux complètement séparés (fig. 85).

Les globules rouges nucléés de taille moyenne ne diffèrent pas des précédents uniquement par le diamètre. Ils s'en distinguent encore par leur forme moins excavée, par leur vulnérabilité plus grande, par leur noyau de taille relativement considérable, par leur pauvreté en hémoglobine. Ce sont des éléments presque

PÉRIODE EMBRYONNAIRE ET FŒTALE. î>47

spkériques ou irrégulièrement globuleux qui se déforment en généra] rapidement, môme dans le sang pur. Si dans ces conditions, après avoir encadré les préparations avec de l'huile, on les observe sur la platine chauffante, on reconnaît qu'ils possèdent une contractilité amœboïde assez notable, se traduisant par des déformations actives. Les observations suivantes donnent une idée de ces phénomènes.

Le 29 janvier 1881, je recueille sur un embryon vivant de 23 millimètres une goutte de sang aussi pur que possible. La préparation est immédiatement encadrée d'huile et portée sur la platine chauffante, en ce moment à la température de 30°.

Les globules rouges- sont très inégaux; ceux d'une taille moyenne se déforment rapidement et, en se plissant à la façon d'une bourse, quelques-uns expulsent un noyau qui se détache d'abord incomplètement, puis complètement de la partie hémoglobique. Celle-ci ne tarde pas à disparaître après s'être décolorée. La plupart des autres éléments s'altèrent moins profondément. Lorsqu'on porte son attention sur l'un d'eux, on voit qu'il change constamment de forme en poussant de petits bourgeons latéraux ou en se plissant irrégulièrement. En même temps, sous l'influence de ces mouvements, le corpuscule se déplace et tourne plus ou moins rapidement sur lui-même. En élevant la température au-dessus de 37° jusqu'à 38°, ces déformations deviennent plus actives; elles n'entraînent pas la reptation de l'élément. Au bout d'un temps variable d'une heure et demie à trois heures, l'intensité de ces mouvements diminue notablement; quelques éléments émettent cependant de petits prolongements pâles et mobiles, analogues à ceux que nous avons déjà observés dans d'autres circonstances.

Enfin, au bout de quatre à cinq heures, les corpuscules ont perdu toute contractilité; ils sont devenus irrégulièrement sphériques et beaucoup d'entre eux, presque complètement décolorés, laissent apercevoir un noyau qui primitivement était masqué par l'hémoglobine.

Il faut noter que la préparation contient, en outre, de grands corpuscules plats ou discoïdes, qui sont restés parfaitement immobiles.

Les globules rouges à noyau de moyenne dimension ont donc des propriétés cellulaires manifestes; ils sont en général sensi-

blement moins colorés que les globules rouges non nucléés, et cependant ils renferment souvent assez d'hémoglobine pour que le novau ne soit pas apparent dans le sang pur. Ce noyau, presque toujours unique, plus rarement double, est sphérique, relativement volumineux de 6 à 7 p de diamètre), assez fortement granuleux. Il est très rare, même après l'action des réactifs colorants, d'y voir une granulation ayant nettement les caractères d'un nucléole.

A coté des globules rouges à noyau, on voit déjà chez ces

jeunes embryons une certaine proportion de globules rouges absolument semblables à ceux du sang de l'adulte : discoïdes, excavés.

dépourvus de noyau. Il faut en faire une étude attentive pour s'apercevoir d'une légère différence, qui consiste dans la facilité avec laquelle ils perdent leur hémoglobine dans les réactifs qui conservent intacts les globules de l'adulte

Fig. 86. — Sang d'embryon de lapin traité par le liquide A.

a. a, globules rouges non nueléés. de dimensions très diverses: b. b, grands globules rouges à petit noyau rendu visible par l'action du réactif: b' , b'. globule rouge nucléé ordinaire, l'élément b" est sur le point de perdre son noyau: c. élément rétracté et mûriforme après issue du noyau : d. d. hématoblastes.

fig. 86. a. a .

De même, on constate dans le sang de l'embryon un petit nombre d'hématoblastes et des globules nains se transformant facilement, comme dans le sang adulte, en éléments sphériques. Les globules blancs sont peu abondants: ils appartiennent chez les jeunes embryons aux variétés 2 et 3, et ceux de la variété 2 à noyau contourné ou à noyaux multiples contiennent souvent une quantité fort appréciable d'hémoglobine.

La constitution anatomique du sang des embryons est, en somme, plus complexe que celle du sang de l'adulte. Elle est, de plus, variable suivant les phases du développement intra-utérin. Mais chez le lapin et les jeunes mammifères les modifications ne portent que sur le rapport relatif des divers types d'éléments avec lesquels nous venons de faire connaissance. Pendant que la proportion des globules rouges excavés. légitimes, non nucléés. augmente, celle des globules à noyau diminue; les grands éléments deviennent de plus en plus rares, et on n'en trouve plus

DÉVËL. DU SANG LES PREMIERS JOURS DE LA VIE EXTRA-UTÉRINE. o49

qu'un fort petit nombre lorsqu'on approche du terme de la gestation. En même temps les corpuscules rouges à noyau double, ou en voie de scission, sont de plus en plus rares. Enfin la proportion des hématoblastes et des globules blancs s'élève.

2° Embryons humains. — Dans l'espèce humaine, le sang du fœtus présente exactement la même constitution anatomique que celui des mammifères. La description précédente, qui se rapporte au lapin, lui est de tout point applicable (fig. 87 et 88). Mais chez le fœtus humain la disparition des globules rouges à noyau

Fig. 87. — Fœtus humain d'environ 3 mois. — Éléments colorés du sang pur.

a, a, globules rouges sans noyau visible, de dimensions très inégales; a', a', petits globules rouges nucléés sur le point de perdre leur noyau; b, b, globules rouges à noyau. Dans les éléments b', b' les noyaux sont multiples ou en voie de division.

Fig. 88. — Embryon humain de 5 mois. Éléments vus dans une préparation de sang desséché. Divers types de globules rouges à noyau.

a lieu longtemps avant la naissance, tandis que chez le lapin on retrouve encore quelques-uns de ces éléments dans les premiers jours de la vie extra-utérine.

A quatre mois le sang- du fœtus est déjà très riche en globules rouges excavés légitimes; il ne contient plus qu'un nombre restreint de globules à noyau de moyenne taille et seulement quelques rares globules géants nucléés. Cependant, chez les fœtus de six mois, on peut encore trouver dans le sang quelques très rares globules rouges à noyau.

§ 2. — Développement du sang pendant les premiers jours de la vie extra-utérine.

A. État du sang chez les jeunes mammifères. — Au moment de la naissance, on trouve encore, avons-nous dit, dans le sang

du lapin quelques rares globules rouges à noyau. Il en est de même chez le chien, dont le sang général conserve une certaine proportion de ces éléments pendant environ quinze à trente jours, parfois même pendant plus longtemps encore.

En examinant le sang de cet animal à la sortie de la rate et de la moelle des os, il est facile de voir qu'en ces divers points les globules rouges à noyau sont plus abondants que dans le sang général. Chez les jeunes mammifères nouveau-nés, certains organes encore incomplètement développés paraissent donc fournir au sang des corpuscules rouges à noyau. Ce processus ne persiste pas plus tard; mais il est difficile de dire exactement à quelle époque il cesse ; il serait intéressant de faire cette détermination pour un certain nombre d'espèces.

En tout cas, on n'observe rien de semblable chez l'homme. A partir de sept mois, le sang général du fœtus ne renferme plus que des globules rouges ordinaires, et il en est de même du sang qui sort de la rate, du foie ou des veines du rachis.

B. Développement du sang dans les cellules vaso-formatives. — Chez le nouveau-né humain l'état particulier du sang, dont nous avons déjà donné la description (p. 178), indique une active formation de globules rouges.

Cette époque de l'existence est marquée, chez les jeunes mammifères, par un phénomène important sur lequel nous ne saurions trop attirer l'attention. Il consiste dans la production de nouveaux vaisseaux et de globules rouges dans l'épiploon. *1 M. Ranvier en a donné une description excellente en prenant pour objets d'étude le lapin et le chat nouveau-nés.

Au sein des taches laiteuses du grand épiploon des lapins d'une à six semaines, il a reconnu la présence, au milieu de globules blancs et de corpuscules de tissu conjonctif, d'éléments analogues à ceux que nous avons décrits d'après Wissozky dans les membranes de 1 embryon des lapins. Ces éléments, auxquels il a donné le nom de cellules vaso-formatives, sont destinées à former sur place d'une manière indépendante, de nouveaux vaisseaux. Ils contiennent dans leur protoplasma des globules rouges qui semblent y prendre naissance spontanément. Plus tard ces vaisseaux, après avoir formé un réseau plus ou moins compliqué, s'abouchent avec les vaisseaux antérieurement développés pour compléter la vascularisation de la membrane. M. Ranvier a trouvé des

Page 1