‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 107 sur 165 · PII · texte numérisé non relu

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Fig. 95. — 10 juillet, fin de l'hémorragie.

On peut constater sur le tracé ci-joint l'augmentation considérable des hématoblastes qui se produit au moment où commence la réparation sanguine. On remarquera, de plus, que pendant la multiplication des hématies, le nombre des hématoblastes se rapproche de la normale.

— La seconde observation montre les mêmes faits ; elle se rapporte à une métrorragie moins ancienne et moins abondante, survenue dans le cours d'une métrite chronique (fig. 96).

— Pendant la réparation du sang on voit apparaître, comme chez le chien, des hématoblastes d'une phase évolutive avancée et des globules nains et petits.

Dans le sang pur ces hématoblastes, intermédiaires entre ceux de la première phase et les globules nains, se reconnaissent faci-

lement à leur résistance relative. Ils s'altèrent lentement, et lorsqu'ils font partie d'un amas, on les distingue encore longtemps

après que les hématoblastes ordinaires sont déjà confondus en une masse commune granuleuse.

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE.

On peut voir ainsi, dans le sang pur, au moment de la crise hématique, des amas d'hématoblastes parfois considérables, composés de petits corpuscules ressemblant à de petites perles grisâtres, engluées dans une matière visqueuse. Ces petits corpuscules peuvent être étudiés après la coagulation du sang sur des préparations soumises au lavage à l'eau et à la coloration à l'aide de la fuchsine. On obtient ainsi des éléments analogues à ceux qui sont représentés fig. 97 et qui proviennent d'une prépara-

Fig. 97. — Préparation du réticulum le jour de la crise hématique (22 juil. obs. 1).

a, amas d'hématoblastes; a", hématoblnstes isolés; 6, stromas de globules rouges; c, globule blanc.

tion faite le 22 juillet dans le cas de métrorragie dont nous venons de donner l'observation (n° 1).

Chez l'homme aussi, lorsque les hémorragies se répètent à des intervalles assez rapprochés pour qu'il soit impossible à chaque perte sanguine de se réparer complètement, le sang acquiert les caractères particuliers aux anémies chroniques et présente une accumulation de formes jeunes, irrégulières, incomplètement développées, qui toutes procèdent des hématoblastes.

2° Rénovation du sang après les maladies aiguës. — A côté de ces faits, nous placerons l'étude de la rénovation du sang dans la convalescence des maladies aiguës. Elle va nous faire assister à un processus semblable.

En effet, les maladies aiguës qui entravent la formation des globules rouges et entraînent la destruction d'un certain nombre de ces éléments sont suivies d'une période de réparation analogue à celle qui succède aux hémorragies. A cet égard, une ma-

ladie aiguë, comme une pneumonie, comme une fièvre éruptive, équivaut à une forte saignée, ou mieux, à une série de petites saignées faites coup sur coup. Or, dès qu'elle touche à sa fin, dès le début de la convalescence, survient une poussée d'hématoblastes qui précède la formation de nouveaux globules ; c'est la crise hématique de la convalescence.

Maintenant que nous connaissons bien la signification des courbes représentées dans les graphiques concernant l'examen du sang, rien ne peut faire mieux ressortir les caractères de la crise hématique que les tracés résumant les résultats de nos observations. Que l'on considère ceux des figures 98 à 102, et l'on reconnaîtra deux types de crise hématique (1).

Le premier concerne les maladies à défervescence brusque, c'est la crise aiguë, passagère ; le second se rencontre à la fin des maladies à défervescence par lysis, dont le type est la fièvre typhoïde; c'est la crise traînante, marquant lentement le début d'une réparation sanguine pénible, dont l'achèvement ne se fera qu'après une longue convalescence.

Les tracés (fig. 98, 99, 100, lOf ), représentant la crise aiguë des maladies à défervercence brusque, se ressemblent d'une manière frappante. Ils permettent par suite de préciser les caractères communs de ce mode critique. Remarquons d'abord que cette crise ne fait jamais défaut; elle est, de plus, si régulière dans son évolution qu'elle peut être mise à cet égard en parallèle avec la crise thermique.

Elle débute vers la fin de la maladie, en général, au moment où la température fléchit, et elle atteint presque toujours sonfastigium le jour où la température redevient pour la première fois physiologique, c'est-à-dire dès que la défervescence est complète.

Dans les fièvres éruptives, telles que la scarlatine, la rougeole, lorsque, après la défervescence qui suit la période d'éruption, les malades conservent une température fébrile, la crise hématique atteint son acmé à la fin de la défervescence relative qui suit l'éruption.

Quand on calcule le rapport - entre les globules rouges et les hématoblastes, rapport qui est en moyenne de 20 à l'état normal,

(1) Quelques-uns de ces tracés sont empruntés à l'excellente thèse d'un de mes élèves, M. Reyne : De la crise hématique dans les maladies aiguës à défervescence brusque (1881).

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE.

on voit qu'au moment de la plus forte accumulation des hématoblastes, il est représenté par un chiffre très inférieur, presque

N° 18. — Saint-Louis. — Pneumonie aiguë franche très bénigne, mars 1880.

Mar;

JZ5-

-JXL

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Température 39?

Mars

O Commencement de la défervescence. + Fin de la défervescence-

Fig. 98. — Les chiffres de la colonne N représentent des millions ; ceux de la colonne H et B des milliers : ceux de la colonne G des centièmes.

toujours le même. Il est en moyenne de 7 et il n'oscille que clans d'étroites limites, comprises entre 8 et 6.

Ces fluctuations numériques présentent, on le voit, la plus grande analogie avec celles qui succèdent aux pertes sanguines.

Les altérations qualitatives sont également les mêmes dans les deux cas.

N° 20. — Saint-Louis. — Pneumonie aiguë franche, juin 1881.

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Température

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O Commencement de la défervescence.

Fig. 99. — Les chiffres de la colonne N-R représentent des millions.

En effet, l'élévation du chiffre des hématoblastes est suivie dans

RÉNOVATION HÉMATOBLASTIQUE. 577

les maladies aiguës, comme après les pertes de sang1, d'une multiplication notable des globules rouges.

N° 5. — Sainte-Thérèse. — Scarlatine sans complication, juillet 1881.

Juil.

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Température 40?

+ Fin de la défervescence.

Fig. 100. — Les chiffres de la colonne N-R représentent des millions.

Ceux-ci atteignent, en général, leur minimum au début de la crise hématique, à l'époque où les hématoblastes commencent à

G. Haye.m. — Du Sang. 37

s'accumuler dans le sang; puis ils se multiplient progressive- No 22. — Sainte-Thérèse. — Rougeole sans complication, juillet 1881.

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