‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 120 sur 165 · DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DE LA. CHLOROSE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC DE LA. CHLOROSE

tinu avec renforcement, légèrement musical, dans la jugulaire interne, sans frémissement cataire (2 décembre 1877).

3° M. C..., médecin, trente-cinq ans, dyspepsie intense, avec dilatation moyenne de l'estomac, remontant à plus de dix ans; légère teinte subictérique ; pas de bruits vasculaires (1er décembre 1877).

4° M. L..., trente-neuf ans, dyspepsie sans caractères précis datant de huit mois (12 février 1879).

5° Madame M..., âgée de trente-sept ans, dyspepsie avec dilatation stomacale datant de trois ans; amaigrissement notable ; teint blafard; figure fatiguée; souffle doux avec renforcement dans la jugulaire interne, rien au cœur (7 mai 1881).

6° M. S..., quarante ans, dyspepsie avec dilatation considérable de l'estomac datant de plus de deux ans ; légère tuméfaction du foie ; mobilité du rein droit ; faciès terreux ; amaigrissement notable ; pas de bruits vasculaires (juillet 1884).

On voit donc que dans la dyspepsie ancienne s'accompagnant de troubles dans la nutrition générale, le nombre des globules rouges est encore très élevé. Il est même normal dans les cas précédents cinq fois sur six.

Mais il n'en est pas toujours ainsi, et dans quelques faits de dyspepsie, particulièrement chez les neurasthéniques, ladéglobulisation peut atteindre un plus haut degré. Je citerai à cet égard le cas suivant, où j'ai observé le chiffre le plus faible de globules rouges.

7°M. P..., garçon de bureau, cinquante ans. Dyspepsie atonique avec dilatation considérable de l'estomac, datant d'environ six mois. Amaigrissement, décoloration de la peau et des muqueuses ; neurasthénie et hypochondrie.

On remarquera que dans tous ces faits, y compris le dernier, ies altérations gobulaires sont nulles ou à peine sensibles. Il y a donc, à cet égard, une différence essentielle entre la dyspepsie et la chlorose.

Les résultats fournis par l'auscultation du cœur et des vaisseaux sont en rapport avec ce fait anatomique. Malgré les phénomènes dont se plaignent les malades et qui ressemblent à ceux de l'anémie, tels que céphalalgie, vertiges, étourdissements , palpitations, essoufflement, etc., les bruits du cœur restent normaux et les vaisseaux du cou ne font entendre que des murmures faibles ou musicaux. Ces phénomènes stéthoscopiques sont très précieux, même en l'absence d'examen du sang.

Le diagnostic de la dyspepsie pure sans anémie ou avec anémie symptomatique est donc facile. Mais on remarquera que les observations précédentes se rapportent, à l'exception d'une seule, à des hommes d'un certain âge, n'ayant pas de prédisposition à la chlorose. Chez les jeunes filles et chez les jeunes femmes, il est beaucoup plus fréquent de rencontrer avec la dyspepsie une altération prononcée du sang. Mais dans un grand nombre d'autres cas la dyspepsie ne provoque pas plus d'anémie que chez l'homme. D'autre part, dans le complexus anémie et dyspepsie, lorsqu'à la suite d'un traitement approprié l'anémie guérit, la dyspepsie lui survit souvent. On peut alors constater un trouble sérieux des digestions pendant des mois et des années sans modifications très sensibles du sang, ce qui semble bien établir que la dyspepsie seule n'est pas une cause puissante d'anémie. Lors donc qu'on constatera chez une dyspeptique des altérations anatomiques marquées du sang, en même temps que des signes stéthoscopiques caractéristiques, on en conclura qu'il existe un certain degré de chlorose. On n'objectera pas que, dans ces cas, la dyspepsie a déterminé un degré d'anémie plus intense que celui qu'elle provoque habituellement, parce que c'est précisément à cette disposition particulière de l'économie qui donne naissance à l'anémie chronique avec altérations globulaires que convient le nom de chlorose. Je ne vois qu'une circonstance dans la dyspepsie qui puisse provoquer une anémie symptomatique aussi prononcée que celle de la chlorose, c'est lorsque l'affection stomacale étant ulcéreuse, une anémie post-hémorragique vient se greffer sur la faible anémie symptomatique de la dyspepsie.

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