PRÉFACE. VII
Il n'en ressort pas d'aperçus d'ensemble, de vues synthétiques, capables de jeter une certaine lumière sur la nature des maladies.
Les affections du système nerveux, si intéressantes par la richesse et en quelque sorte par le caractère élevé de leurs expressions symptomatiques, n'ont guère plus d'importance pour la nosologie que celles de tout autre système organique.
Cela tient à ce qu'elles sont tout aussi dépendantes que ces dernières des causes générales et primordiales des maladies proprement dites.
Les relations établies par l'irrigation sanguine entre les diverses parties de l'organisme et la circulation du suc nourricier ont, au contraire, des conséquences de premier ordre au point de vue de la pathogénie.
L'apport incessant d'un sang d'une certaine composition est la condition essentielle de la vie des cellules. Un membre privé d'influx nerveux, par suite de la section de ses nerfs, n'en continue pas moins à vivre, bien qu'il soit privé de motilité et de sensibilité ; il meurt en un temps très court dès qu'on le prive de sang.
Il n'est même pas besoin, pour tuer les éléments anatomiques, de suspendre le courant sanguin; il suffît que le sang circulant dans les parties vivantes ne renferme plus d'oxygène pour que la vie cellulaire s'éteigne rapidement.
Le sang apporte donc avec lui la vie ou plutôt les éléments indispensables au maintien et à l'exercice des phénomènes vitaux ayant leur siège dans les éléments anatomiques. Son incessante intervention est la plus impérieuse des conditions d'existence de ces éléments.
Ce n'est pas seulement parce que le sang charrie avec lui l'oxygène et les matériaux de renouvellement du protoplasma cellulaire, c'est aussi parce qu'il débarrasse la cellule vivante des principes qu'elle fabrique et qu'elle doit repousser pour continuer à vivre. Le rôle du sang circulant est donc double,