DEUXIEME PARTIE
ANATOMIE DU SANG
La présence de la vésicule décolorée est alors rendue manifeste par Finterposition d'une boule ou plutôt d'un espace sphérique qui maintient écartées les hématies et déprime en creux celles d'entre elles qui lui sont continues. Cette boule, condensant légèrement la lumière, produit même un effet particulier d'éclairage latéral des éléments qui la touchent (fig. 19, c).
Fig. 19. — Altérations artificielles des hématies.
a, a, microcytes; b, b, chlorocytes; c, c, achromacytes ; d, d, globules rouges mûriformes ; d' , d' , chlorocytes épineux produits par fragmentation; e, e, chlorocytes vésiculeux produits par fragmentation ; f, /', globules rouges crénelés; g, g, boules d'hémoglobine retenues dans un même stroma; h, globule rouge en calotte; i, i, globules rouges portant des vésicules chlorocytiques latérales; k, globule rouge en partie décoloré.
Pour faciliter les descriptions, nous proposerons de désigner sous le nom de chlorocytes les vésicules ayant perdu une partie seulement de leur matière colorante et sous le nom à? achromacytes, celles qui sont complètement décolorées.
Lorsqu'au moment de faire une préparation de sang pur, on souffle avec la bouche soit sur le sang, soit sur la lame de verre où on le dépose, il se produit toujours un certain nombre de microcytes et de chlorocytes. Parmi ces derniers, quelques-uns continuent à perdre leur hémoglobine et se transforment au bout d'un certain temps en achromacytes. De même lorsqu'une préparation contient un corps étranger retenant un peu d'humidité, on trouve autour de lui un certain nombre de ces hématies modifiées.
L'humidité joue donc un rôle évident dans la production de
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ces altérations, mais le traumatisme peut à lui seul déterminer l'état vésiculeux et la dissolution de l'hémoglobine, de sorte qu'en soumettant, à l'aide de divers moyens, les hématies à une compression plus ou moins forte, un observateur anglais, Norris (1), a pu faire apparaître un nombre variable d'achromacytes, produits artificiels dans lesquels il a eu la singulière idée de voir les formes primitives des globules rouges.
Ces achromacytes sont, au contraire, ainsi qu'il est facile de s'en rendre compte, des hématies ayant complètement perdu leur hémoglobine.
2° Déformation épineuse. — Au nombre des modifications artificielles dont nous nous occupons, on doit encore ranger les altérations de forme dues à la production de pointes à la surface des globules et de festons ou crénelures sur leur bord. La première altération, connue sous le nom d'état mûriforme ou épineux, consiste dans la production de petits cônes plus ou moins pointus et nombreux sur toute la surface de l'hématie (fig. 19, d).
Ces élevures se montrent tantôt sur des hématies qui ont conservé leur forme discoïde et biconcave, c'est le cas le plus rare ; on a alors le globule rouge épineux proprement dit. Tantôt elles se produisent sur des éléments devenus déjà vésiculeux, ce qui donne lieu aux microcytes épineux et aux chlorocytes épineux.
Le mode de production de ces pointes n'est pas encore bien connu ; mais il est parfaitement établi que les globules fraîchement sortis des vaisseaux et n'ayant pas subi l'action des agents extérieurs ont toujours une surface lisse. On peut donc affirmer que les globules épineux, vésiculeux ou non, foncés ou en partie décolorés, sont des produits artificiels, et cependant la plupart des auteurs les signalent avec soin dans leurs descriptions anatomopathologïques.
3° Fragmentation des globules rouges. — Lorsqu'on exerce sur un des points d'une préparation de sang pur une forte compression, à l'aide d'une pointe émoussée, un certain nombre d'hématies se fragmentent et chacun de ces fragments se transforme en une boule lisse ou épineuse, tantôt fortement colorée, le plus souvent pâle. La préparation paraît alors contenir en un point de nom-
(i) Norris, On the origine and mode of development of the inorphological éléments of mammalian blood. Birmingham, 187U (An. in London med. Record, jan.
breux microcytes ou chlorocytes (fig. J9, df, e), et il est certain que ces débris de globules ont été pris par maints observateurs pour des hématies pathologiques. Enfin, je signalerai encore l'aplatissement des hématies engagées dans un espace d'une épaisseur moindre que la leur, aplatissement s'accompagnant d'une diminution très sensible de la coloration, comme une circonstance qui a pu ou pourrait faire croire indûment à la présence dans le sang de globules géants et décolorés.
4° État crénelé. — Quand les globules rouges présentent simplement sur leur bord de petites dents ou festons, on dit qu'ils sont crénelés. Dans une préparation de sang pur, l'état crénelé est la conséquence de la coagulation et de l'adhérence des filaments de fibrine à la périphérie des hématies. En effet, lorsqu'après la coagulation, les piles formées par ces éléments se désagrègent sous l'influence du moindre ébranlement de la préparation, quelques-uns de ces filaments exercent, avant de se rompre, une traction sur le bord des globules auxquels ils adhèrent, et déterminent ainsi l'apparition de petites saillies latérales (fig. 19,/).
Les globules rouges soumis à l'influence des agents physiques et chimiques peuvent encore subir un grand nombre d'autres modifications qui ont été décrites en détail par les histologistes. Ces altérations ne sont guère intéressantes à connaître que lorsqu'elles peuvent servir à nous donner une idée de la structure et de la constitution histochimique des hématies.
G. Structure des hématies. — Malgré son apparente simplicité, le globule rouge est certainement un élément assez complexe. Il a donné lieu à des milliers d'observations ; on l'a soumis à l'action de la chaleur, du froid, de l'électricité ; on a fait agir sur lui un nombre considérable de réactifs simples ou composés, on Fa examiné dans diverses conditions avec les grossissements les plus puissants, et cependant on n'est pas encore fixé d'une manière définitive sur sa structure intime.
La plupart des observateurs s'accordent pourtant sur un premier point, à savoir, qu'il est constitué par l'union intime de deux substances, l'une soluble dans l'eau, l'autre insoluble.
Lorsque dans une préparation de sang pur on obtient la dissolution de l'hémoglobine, par exemple à l'aide du traumatisme, au fur et à mesure que les hématies pâlissent, elles deviennent de plus en plus indistinctes, et il arrive un moment où elles dispa-
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raissent complètement. Elles ne sont cependant pas détruites ; elles sont simplement converties, ainsi que nous venons de le voir, en achromacytes, dont la réfringence est si faible que toute trace d'élément disparaît.
Le même fait se produit sous l'influence de la congélation, de l'eau, de la bile et d'autres liquides capables de dissoudre l'hémoglobine. Mais dans toutes ces circonstances, si l'on vient à faire agir sur les achromacytes une matière colorante se portant sur les matières albuminoïdes (iode, fuchsine, hématoxyline, etc.), on voit immédiatement apparaître un petit cercle arrondi, à double contour ayant à peu près les mêmes dimensions que les éléments venant de disparaître. Ces dimensions variant d'ailleurs, suivant la manière de faire les préparations, et suivant que l'action astrictive produite par le réactif colorant est plus ou moins puissante, on opérera de préférence sur des préparations de sang sec, fraîchement faites.
Après avoir entraîné l'hémoglobine à l'aide d'un courant d'eaû, on déposera le réactif sur la couche de sang encore humide. Le plus souvent on aura sous les yeux une mince pellicule colorée, parfois légèrement plissée, et ressemblant à une fine membrane d'enveloppe vidée de son contenu, et la première idée qui viendra à l'esprit, c'est que l'hémoglobine, en se dissolvant, a donné lieu à la production d'une vésicule dont il ne reste plus actuellement que la membrane limitante.
Aussi Schwann, qui le premier a émis une opinion sur ce sujet, a-t-il considéré le globule rouge comme formé par une membrane d'enveloppe et un contenu liquide.
Un commettrait une erreur en s'arrêtant à cette première hypothèse.
On sait, en effet, aujourd'hui qu'il n'y a ni membrane d'enveloppe, ni contenu liquide. Le globule rouge doit sa forme définitive, son élasticité, son extensibilité, à une sorte de charpente qui sert de soutien aux autres matières constitutives. Cette charpente a été désignée par Rollett, sous le nom de stroma; elle correspond à la matière ocoïde de Briicke.
Le procédé qui démontre le mieux l'existence de cette charpente ou stroma est la fragmentation.
Les moyens d'obtenir la fragmentation des hématies ne manquent pas. La chaleur, l'électricité, le traumatisme, certains réac-
tifs, tels que le sérum fortement iodé, la déterminent facilement. L'effet de la chaleur a été bien étudié par Max Scliultze. En répétant avec mon ami, M. Hénocque (1), les expériences de cet auteur, nous avons vu se produire à la surface des globules rouges de l'homme et des mammifères, aussi bien que des hématies, de petites saillies globuleuses qui, d'abord pédiculées, se détachent peu à peu par une sorte d'étranglement. Parfois la saillie s'allonge en boyau, se subdivise en plusieurs petits globules sphériques qui bientôt deviennent définitivement libres.
Pb o9o °6°»
ô Fig. 20. — Hématies du chien dans le sérum iode.
Pour obtenir ces fragments de globules, il est nécessaire d'élever la température du sang au-dessus de la moyenne normale. Il faut atteindre chez l'homme 52° ; la limite varie entre 50 et 52° pour le sang de quelques mammifères (chien, lapin, veau, cochon d'Inde).
Le sérum iodé (même lorsqu'il n'exerce pas d'action destructive sur les globules humains), ajouté en forte proportion au sang du chien, ne tarde pas à déterminer une fragmentation des hématies. J'ai constaté pour la première fois cet effet remarquable lorsque j'ai voulu, dans des expériences entreprises en 1877, appliquer le sérum iodé, qui me donnait de bons résultats avec le sang humain, à la numération des éléments du sang du chien.
Au bout de quelques minutes, les hématies des chiens commençaient à se déformer. Elles présentaient d'abord de profondes incisures, puis des saillies globuleuses ou allongées, multiples, qui, après s'être pédiculées, se détachaient de la masse principale et déterminaient bientôt la fragmentation complète de l'élément en boules multiples plus ou moins volumineuses (fig. 20).
C'est là un des exemples les plus curieux de morcellement des hématies.
De petits chocs brusques produits à l'aide d'une pointe mousse
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sur la lamelle couvre-objet au niveau des amas globulaires déterminent également la fragmentation de ces éléments.
Or, clans toutes ces circonstances, ainsi que M. Schultze l'a vu dans ses études sur les effets de la température, tous les petits globules secondaires, résultant de la segmentation de l'hématie entière, sont constitués, comme celle-ci, par de l'hémoglobine unie à une matière protéique insoluble qui se comporte comme le stroma du corpuscule primitif. La fragmentation porte donc à la fois sur toutes les parties constitutives des globules, et c'est parce que l'hémoglobine n'est pas mise seule en liberté, que chacun des petits fragments conserve son individualité. On peut employer encore pour démontrer ce fait important deux procédés qui me paraissent mériter une rapide description.
a. On dépose sur une lame de verre une petite goutte de sang pur qu'on recouvre immédiatement d'une lamelle mince ordinaire. Avec une pointe mousse, telle que l'extrémité d'un porte-aiguille, on frappe légèrement et perpendiculairement sur la lamelle. On détermine ainsi tous les effets du traumatisme : à côté de globules intacts se voient des globules entiers, les uns mûriformes, les autres sphériques, colorés ou en voie de dissolution (chlorocytes); des globules complètement décolorés (achromacytes) ; des globules fragmentés et des fragments libres, de coloration variable, les uns sphériques, les autres mûriformes. On fait alors pénétrer par capillarité entre les deux lames de verre une petite quantité de liquide A, qui fixe tous les éléments en en conservant la forme, et on constate que les fragments de globules se comportent exactement comme les globules entiers. De plus, à côté des éléments colorés se dessinent, par l'effet du réactif, des stromas entiers ou des fragments de stromas, ce qui indique nettement que chaque parcelle d'hématie se comporte comme un élément entier.
b. Après avoir soumis une autre préparation, faite de la même manière, aux effets du traumatisme, au lieu d'y faire pénétrer du liquide, on soulève la lamelle et on laisse le sang étalé sur la lame se dessécher. En déposant ensuite sur le sang sec une goutte d'eau iodo-iodurée et en recouvrant d'une lamelle, on voit que l'hémoglobine diffusée par le fait du traumatisme forme des traînées d'un jaune moiré dans lesquelles sont disséminées des hématies normales ou dentelées, des stromas complètement décolorés (achromacytes), des fragments de globules de taille et de coloration
variables, les uns lisses, les autres hérissés de petites pointes qui leur donnent un aspect granuleux. Les stromas entiers et décolorés ont exactement la même taille que les hématies intactes; quelques-uns sont en voie de fragmentation.
La matière colorée par l'hémoglobine est donc bien unie intimement au stroma; elle se diffuse dans le plasma pour ne s'y dissoudre que lorsqu'elle en est complètement séparée. Ce premier point étant acquis, il y a lieu de se demander si cette substance albuminoïde, insoluble, d'une si faible réfringence, qui forme le stroma, est absolument homogène et dénuée, histologiquement, de toute particularité structurale.
Nous venons de voir que sa surface externe prend facilement l'apparence d'une pellicule limitée par un double contour. Est-ce là la preuve de L'existence d'une membrane d'enveloppe?
Les faits relatifs à la formation des filaments entre les globules qui se dessoudent après s'être juxtaposés pour constituer des piles, ceux surtout qui viennent d'être décrits à propos de la segmentation des hématies, se comprendraient mal avec l'hypothèse d'une membrane d'enveloppe. La production de filaments colorés par de l'hémoglobine et de boules hémoglobiques, observée dans certaines conditions dont il sera fait mention plus tard, ne permet pas non plus d'admettre l'existence de cette membrane. D'ailleurs on n'a jamais pu donner une preuve directe de son existence, soit en y produisant par déchirure une fente visible, soit en l'étalant. Le stroma est donc une petite masse ou bloc continu comme la fragmentation des hématies vient de nous le montrer. Cependant s'il n'existe pas de membrane isolante, la surface de la petite masse constituant le stroma est certainement, d'une densité plus grande que l'intérieur. Les stromas bien isolés et même les fragments de stroma sont délimités, en effet, par une pellicule à double contour pouvant fixer légèrement les matières colorantes, iode, hématoxyline, etc.
Cette remarquable propriété du stroma de former une couche plus dense et plus résistante à sa surface paraît préexister à l'action des réactifs. Lorsqu'on a provoqué à l'aide du traumatisme la fragmentation des hématies, on voit parfois deux ou trois fragments globuleux retenus l'un contre l'autre par la pellicule superlicielle du stroma comme par une sorte de membrane.
Les préparations faites avec des liquides qui fixent incomplè-
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tement les globules rouges, et permettent peu à peu à la matière colorée par l'hémoglobine de quitter l'élément, réduisent les globules rouges à des corpuscules aplatis (fig. 21), qui sont tous délimités par un double contour. Cette disposition simule parfaitement une enveloppe. Parfois même on voit partir de cette appa-
Fig. 21. — Globules rouges traités par des liquides dissolvant l'hémoglobine.
rence de membrane des prolongements qui cloisonnent plus ou moins complètement le stroma.
Quoi qu'il en soit, le stroma ne présente pas d'autres particularités structurales appréciables, et jusqu'à présent la forme discoïde des globules rouges n'est pas expliquée.
Cette forme disparaît d'ailleurs facilement et, dans diverses circonstances, notamment lorsque le stroma s'imbibe de liquide par endosmose, le globule devient sphérique.
Examinons maintenant quelle est la nature de la matière imbibant le stroma et colorée par l'hémoglobine. L'hémoglobine est une substance albuminoïde essentiellement soluble. Elle se dissout non seulement dans l'eau, mais dans un grand nombre d'autres véhicules et notamment dans le sérum du sang'. Cette particularité permet déjà de penser qu'elle doit être retenue dans le globule rouge par son union intime avec une matière organisée.
Pour le démontrer, il faudrait pouvoir enlever l'hémoglobine seule et voir persister toutes les autres particularités histologïques du globule rouge, à l'exception de la coloration, pour être fixé sur l'existence d'une troisième partie.
Or, jusqu'à présent, nous avons vu, au contraire, que tous les procédés qui amènent la dissolution de l'hémoglobine mettent peu à peu le stroma complètement à nu. Le traumatisme, l'action de l'eau et des dissolvants font extravaser et disparaître à la fois tout ce qui n'est pas le stroma.
Lorsqu'on emploie des liquides dissolvant imparfaitement et lentement l'hémoglobine, on obtient des corpuscules granuleux d'aspect protoplasmique.
Tous les sérums employés pour la numération des éléments et
qui ne fixent pas d'une manière définitive l'hémoglobine produisent cet effet, l'urine diabétique par exemple (liquide B). Il en est de même des liquides employés en histologie pour conserver et faire durcir les fragments d'organes, et entre autres du liquide de Millier.
On peut ainsi transformer les globules rouges en corpuscules aplatis, parfois sphéroïdaux, limités par un double contour et contenant des granulations plus ou moins nombreuses et plus ou moins nettes. Un des meilleurs procédés pour mettre en évidence ces particularités consiste à traiter le sang par le liquide B (dans la proportion d'environ 1 partie de sang pour 100 de liquide); à décanter au bout de quelques heures, et à remplacer le liquide B par une solution alunée d'hématoxyline.
Peu à peu l'hématoxyline colore la pellicule externe des corpuscules et les granulations qui deviennent ainsi très apparentes. Ces granulations sont plus ou moins volumineuses, plus ou moins abondantes, et souvent l'une d'elles se distingue par son volume et sa réfringence (fig. 22). Mais, à l'exception cle cette dernière, elles ne persistent que dans les corpuscules contenant encore des traces d'hémoglobine, et elles sont d'autant plus nombreuses et volumineuses que les qualités dissolvantes du réactif employé sont relativement faibles. Enfin elles fixent les matières colorantes (hématoxyline, éosine) à la façon de l'hémoglobine. La production de ces granulations ne prouve donc pas avec évidence que le stroma des globules rouges sert de soutien à un protoplasma cellulaire. Cependant on voit que l'hémoglobine ne se comporte pas comme une simple matière tinctoriale.
On obtient des résultats plus intéressants en produisant, à l'aide de certains artifices de préparation, une sorte de séparation entre l'hémoglobine et le stroma à l'intérieur même de l'élément. Voici un des moyens de provoquer cette séparation.
On mélange environ 1 partie de sang avec 100 à ISO parties de liquide C, et on abandonne ce mélange dans une petite éprouvctte pendant près de vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, les globules sont tombés au fond de l'éprouvette ; on décante et on remplace le liquide par une petite quantité de solution alunée d'hématoxyline. On agite et l'on fait une préparation ordinaire bordée d'huile. Cette préparation renferme des globules rouges intacts, des stromas en partie décolorés, enfin des corpuscules particuliers sur lesquels doit se fixer l'attention.
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Ces derniers, vus à plat, sont constitués par un anneau de matière nettement colorée par l'hémoglobine, qui enchâsse pour ainsi dire un corps arrondi, incolore. Lorsque les éléments sont vus de profil (fig. 22), la partie centrale prend l'apparence d'une demisphère, parfois même d'une sphère presque complète, refoulant latéralement la matière imprégnée d'hémoglobine.