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DEUXIEME PARTIE

ANATOMIE DU SANG

Fig. 51. — Globules blancs de la grenouille vus dans le sang pur.

a, a, variété I; b, b, sous-variété I; c, c, variété II; d, d, variété III.

conduit à distinguer, dans le sang de la grenouille, quatre sortes de globules blancs. Ayant réduit, dans un but de simplification, les variétés de globules blancs des vertébrés à trois, la variété II de mon précédent travail devient une sous-variété de la première (1).

Les éléments qui la composent présentent les caractères suivants :

Ce sont des corpuscules sphériques de même taille que ceux de la variété I, mais assombris par la présence, dans la substance protoplasmique, de granulations grisâtres, volumineuses, pressées les unes contre les autres, en partie confondues , très réfringentes et faisant prendre au bord de l'élément un contour sinueux.

Le noyau, toujours unique et volumineux, remplit presque tout l'élément; masqué par les granulations du protoplasma, il est presque complètement invisible et on le devine plutôt qu'on ne le voit ; il contient un gros nucléole qui se distingue parfois malgré les granulations en question (fig. 31, è).

Les globules blancs de la première variété comprennent donc deux types : l'un à granulations fines, à protoplasma pâle et clair, l'autre à grosses granulations rendant le protoplasma sombre.

Dans ce dernier type, les éléments sont souvent un peu plus volumineux; ils sont dépourvus, comme dans l'autre, de contractilité amœboïde. Lorsque le sang a été traité par une solution alcoolique au tiers de sulfate ou de chlorhydrate de rosaniline, ils se comportent d'une manière particulière. Ils prennent, en effet, une coloration très foncée, sombre, presque violette; le noyau à peine visible est masqué par les granulations du protoplasma qui sont devenues brunâtres et à travers lesquelles on aperçoit la tache franchement rose, formée par le noyau (fig. 52).

(lj ÏLIV, 2* partie.

Dans les préparations de sang desséché, ils se présentent encore avec des caractères qui leur sont propres. Ils sont presque toujours plus résistants, moins aplatis que les autres, et par suite ils conservent à peu près les mêmes dimensions qu'à l'état humide. Il en

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Yig. 52. — Éléments du sang de la grenouille colorés par la fuchsine.

a, a, gl. blancs, variété I; b, b, sous-variété I ; c, c, variété II; d, d, variété III; /", globule rouge; h, h, hématoblastes.

résulte que leur bord, en général légèrement festonné, est encadré d'un cercle sombre aussi manifeste parfois que celui des globules rouges. On y reconnaît un noyau rond, volumineux, très fortement granuleux, nettement nucléole.

La masse protoplasmique qui entoure le noyau est souvent colorée nettement en jaune orangé et il n'est pas douteux qu'elle renferme une proportion sensible d'hémoglobine rendue visible par la dessiccation.

C'est là un fait que j'ai retrouvé chez la plupart des ovipares. L'hémoglobine n'est d'ailleurs pas, nous l'avons déjà dit, une substance appartenant en propre aux globules rouges. On peut en trouver, chez tous les animaux, des traces plus ou moins sensibles dans les globules blancs des diverses variétés.

Les globules blancs des autres variétés ne se prêtent pas, chez la grenouille, à des considérations particulières. On ne pourrait signaler ici que des différences peu importantes, portant sur la multiplicité et la complexité plus ou moins grandes des noyaux, ainsi que sur la disposition et l'aspect des granulations.

Nous compléterons cette description anatomique des éléments de la grenouille par le tableau des dimensions micrométriques.

2° Dimensions des éléments du sang de la grenouille :

globules rouges : 1° Rana viridis.

! grands 27p., 20

Longueur moyenne ! moyens 24p.,30

(petits 21u.,70

Largeur moyenne 16p., 30

2° Rana temporaria.

/grands 25p., 10

Longueur moyenne ] moyens 22p., 00

(petits 18|*,50

Largeur moyenne 15p.,00

longueur. . 8p., 00

Noyaux (Rana vir. et R. temp.) en moy. ,

J J l largeur . . . 5p., 00

globules blancs (Rana vir. et Rana tempor.) oscillent entre 7p.,20 et 13a, 50.

Ceux de la variété I ont en moyenne 7 p., 50

— sous-var. I — 8p.,00

— II 10p.,50

— III 10p.,50

hématoblastes (Rana vir. et Rana temp.).

Longueur moyenne 12 à 14p.,00

Largeur moyenne 8 à lOp.,00

longueur moyenne 9 à 10p., 00

largeur moyenne 6,25 à 7p., 00

Noyau

D. Différences entre les globules blancs et les hématoblastes. — Au moment où j'ai commencé mes recherches sur les hématoblastes, ces éléments avaient toujours été confondus chez les ovipares, et notamment chez les batraciens, avec les globules blancs; leur véritable nature était restée complètement méconnue. Depuis, malgré mes communications multiples sur ce sujet, beaucoup d'auteurs ont continué à faire provenir les globules rouges nucléés de la transformation progressive des blancs. Il importe donc d'insister sur les différences multiples qui séparent ces derniers éléments des hématoblastes.

Quand on examine une préparation de sang pur, faite à la température de la chambre, sans l'intervention d'aucun réactif, la constatation des faits que nous venons de décrire permet facilement de distinguer les hématoblastes des globules blancs.

Pendant les premières minutes de l'examen, on aperçoit parfois des éléments dont la détermination paraît douteuse. Qu'on attende quelques minutes encore et l'hésitation ne sera plus permise. Les éléments d'un caractère indécis resteront fixes ou se déformeront; s'ils ne présentent aucun changement de forme, il s'agira de globules blancs non amœboïdes; s'ils se modifient, tantôt ils subiront sur place les altérations complexes qui caractérisent les hématoblastes et bientôt seront compris dans le réticulum fibrineux, tantôt ils s'animeront de mouvements amœboïdes plus ou moins étendus, mouvements aujourd'hui bien connus et qui n'appartiennent dans le sang qu'aux globules blancs légitimes.

Lorsque le sang est frais et pour ainsi dire encore vivant, les hématoblastes ne nous paraissent donc pas plus difficiles à distinguer chez les animaux à globules nucléés que chez les vertébrés supérieurs, et cela parce que nous pensons que, chez les uns comme chez les autres, tous les hématoblastes s'altèrent pendant la coagulation du sang et possèdent, par conséquent, les mêmes propriétés.

Les difficultés ne peuvent survenir que lorsque, pour étudier la constitution intime des éléments, on fait intervenir des réactifs empêchant les hématoblastes de subir leurs modifications caractéristiques. Cependant on ne pourrait guère les confondre qu'avec les globules blancs de la variété I.

Les globules blancs du second type de cette variété se reconnaîtront, en général, facilement, grâce à leur contenu grossièrement granuleux, à leur forme sphérique, au contour sinueux de leur bord, dû aux saillies des granulations. Ce n'est guère que dans les préparations sèches que ces éléments seront parfois d'une détermination douteuse, à cause de la coloration intense de leur protoplasma desséché.

Mais c'est évidemment avec les globules blancs du premier type que les hématoblastes peuvent être le plus facilement confondus. Nous résumerons dans le tableau suivant les caractères différentiels entre ces deux espèces d'éléments :

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