‹ Du sang et de ses altérations anatomiquesChapitre 5 sur 165 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

Tout d'abord on a cru que les microbes pathogènes pouvaient par eux-mêmes expliquer les symptômes de ces maladies. On les a représentés comme des envahisseurs, s'établissant dans des pays conquis et entrant en lutte avec les premiers occupants, c'est-à-dire avec les cellules de l'organisme, Cette ingénieuse comparaison donne une idée fort imparfaite de leur rôle pathogénique.

Par eux-mêmes ils ne peuvent guère provoquer que des gênes mécaniques et des processus limités ; ils ne paraissent pas non plus pouvoir être fort nuisibles, quoi qu'on en ait dit, par l'assouvissement de leurs grands besoins nutritifs et par leur rapide multiplication.

Aussi tend-on actuellement à revenir aux idées plus humorales, émises dès le début par divers médecins, et à faire jouer un grand rôle aux substances solubles excrétées par les organismes inférieurs.

En isolant ces matières provenant de la vie de ces microbes et en les faisant pénétrer dans l'économie, on peut, en effet, reproduire un grand nombre de phénomènes morbides.

Mais, pour bien apprécier les résultats de ces recherches chimiques, il faut se garder cle confondre la notion d'espèce morbide avec celle d'élément.

L'espèce est devenue un être vivant; elle répond au terme d'espèce tel qu'il est compris en histoire naturelle, elle est représentée par le microbe pathogène. L'élément morbide commun ou proprement dit, constitutif de l'évolution morbide, parait être le plus souvent l'effet produit sur les diverses parties de l'organisme par les agents chimiques, solubles, créés par la cause morbide. C'est la conséquence de l'intoxication chimique du sang.

La (ièvre, l'adynamie, l'algïdité, le délire, la parésie, les contractures, le tétanos, peut-être aussi l'inflammation, etc., semblent devoir être rapportés aux effets des poisons chimiques d'origine infectieuse, et le temps est proche où l'on pourra reproduire à volonté ces phénomènes morbides à

Page 1