X PRÉFACE
l'aide de substances chimiques bien définies, parfaitement pures (1).
Le domaine de la chimie tend donc à s'élargir d'une manière considérable; mais la chimie n'expliquera qu'une partie de la séméiologie morbide ; elle ne peut prétendre à transformer les maladies infectieuses en de simples empoisonnements. Elle n'a rien à voir avec la cause morbide elle-même qui a été élevée au rang d'individu, car il s'agit d'une espèce vivante et non d'une espèce chimique.
Ces causes pathogènes vivantes ne représentent qu'une partie des causes morbides capables de produire une intoxication du sang.
Nous avons dit que les cellules de l'organisme produisent elles-mêmes comme les microbes, comme tous les éléments vivants, des matières nuisibles.
Toutes ces matières, déversées dans le sang, soit directement, soit par l'intermédiaire de la lymphe, sont distribuées dans tout l'organisme.
Lorsqu'elles ne sont pas rejetées au dehors, au fur et à mesure de leur production, elles s'accumulent dans le sang au point de provoquer des phénomènes morbides, tels que ceux qui résultent, par exemple, d'un mauvais fonclionnement des reins. Mais il peut se faire aussi que sous des influences morbides diverses, encore mal déterminées, les cellules de l'organisme fabriquent en excès des produits de déchet ou même des produits anormaux. De là encore la possibilité d'intoxications, même en l'absence de toute modification dans les actes d'excrétion. Le diabète sucré nous offre un exemple d'accumulation d'un produit normal, par excès de production ou par diminution de l'activité réductrice des éléments des tissus.
Nul doute que des produits plus toxiques que le sucre
(1) Tout récemment M. Roussy, mon chef de laboratoire, est parvenu à extraire de la levure en état d'autophagie une diastase à laquelle il donne le nom àzpyrétogénine, en raison de sa remarquable propriété de produire un violent accès de fièvre lorsqu'on la fait pénétrer à petite dose dans l'organisme des animaux fAcad. de médecine, 12 février et Bull, méd., 13 mars 1889).