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MATIÈRES ALBUMINOIDES DU SÉRUM

§ 1. — Matières albuminoïdes du sérum.

Le sérum représente le plasma moins la fibrine et les éléments du sang, altérés dans une certaine mesure. :

A. Serine. — Il renferme une matière albuminoïde [albumine ou serine de Denis) dans une proportion qui varie, suivant les espèces animales, de 4, 5 à 2,7 p. 100. On s'accorde depuis Denis à en considérer la proportion comme étant égale dans le plasma et le sérum.

B. Paraglobuline. — A côté de cette matière s'en trouve une autre, plus importante pour notre sujet, la fibrine dissoute de Denis. Elle a reçu depuis différents noms : globuline du sérum (Weyl et Heynsius), caséine du sérum (Panum), albuminate du sérum [pro parte) (Kuhne), substance fibrino-plastique ou sérum-globuline (A. Schmidt). On la désigne aujourd'hui sous le nom as paraglobuline.

Pour l'obtenir, A. Schmidt neutralisait le sérum à l'aide de l'acide acétique. Il employait quatre gouttes d'acide acétique à 25 p. 100 pour 10 centimètres cubes de sérum de bœuf étendu de 15 volumes d'eau et de trois gouttes seulement du même acide dans 10 centimètres cubes de sérum de cheval. Il atteignait aussi le même but en faisant passer un courant d'acide carbonique à travers le sérum, étendu de 15 volumes d'eau et en prolongeant l'action de l'acide carbonique pendant longtemps. Dans les deux cas, il attendait vingt-quatre heures après la précipitation pour laisser le coagulum se rassembler, puis il opérait la filtration.

D'après O. Hammarsten, on laisserait ainsi échapper une portion de la paraglobuline. En se fondant sur les propriétés du sulfate de magnésium reconnues par Denis, il a proposé d'isoler la paraglobuline en saturant le sérum à l'aide de ce sel et en purifiant le précipité par des redissolutions dans l'eau et des précipitations alternatives.

On remarquera que dans ce mode de préparation le sulfate de magnésium donne deux précipitations successives.

La paragobuline existe en grande proportion dans le sérum, au point que celui du bœuf n'en renferme pas moins de 4 p. 100. A l'état humide elle se présente sous la forme de pâte finement granuleuse, blanche , se dissolvant facilement dans les solutions

diluées de sulfate de magnésium et de chlorure de sodium. Cette matière précipitée ou dissoute se conserve plus longtemps que les autres matières albuminoïdes. Les solutions en sont opalescentes, et fournissent un coagulum à la température de -|- 75°. Au polarimètre elles donnent comme pouvoir rotatoire — 47,8 (L. Fredericq) (1).

Enfin nous rappellerons qu'outre ces matières albuminoïdes on trouve encore dans le sérum une certaine quantité de peptones et d'albuminates alcalins et peut-être aussi une certaine proportion de fibrinogène.

§ 2. — Matières albuminoïdes du plasma.

Lorsqu'on cherche à analyser le plasma sanguin on se heurte à plusieurs difficultés. La première consiste dans l'impossibilité d'obtenir une séparation complète du plasma des éléments anatomiques ou du moins d'empêcher ces éléments de s'altérer pendant les manipulations ayant pour but cette opération. On est par suite obligé de se demander si les matières révélées par l'analyse existent bien réellement dans le plasma du sang vivant, sous la forme et dans la proportion où on les trouve.

Pour opérer sur le plasma on peut employer divers procédés. Nous savons que l'addition de certains sels au sang entrave la coagulation.

(1) M. Winter a vérifié quelques-uns des faits cités par Haminarsten au sujet de la paraglobuline. J'extrais de ses recherches les renseignements suivants :

La paraglobuline est précipitée par le chlorure de sodium; mais d'une manière incomplète. Le précipité augmente par une chaleur modérée (30 à 40°) et se redissout lorsqu'on refroidit la masse.

Le sulfate de magnésium en poudre précipite complètement la paraglobuliner quand elle existe seule dans une solution. La précipitation est incomplète en présence de la serine, c'est-à-dire dans le sérum du sang et les sérosités naturelles.

L'acide carbonique précipite la paraglobuline en solution étendue ; un excès d'acide carbonique redissout le précipité.

Lorsqu'on soumet les solutions de paraglobuline à des précipitations et des redissolutions successives, la solubilité de la paraglobuline diminue très rapidement.

Le sulfate de sodium précipite également la paraglobuline. Il ne précipite ni la serine ni l'hémoglobine à la température ordinaire.

Pour démontrer que la précipitation de la paraglobuline est incomplète par lechlorure de sodium, on concentre dans le vide la solution saturée de chlorure de sodium d'où s'est déposée de la paraglobuline ; on soumet ensuite cette solution à la dialyse. De nouvelles quantités de paraglobuline se séparent dans le dialyseur.

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En traitant le sang au sortir de la veine par des sels neutres en proportions convenables et en s'aidant ou non du froid, on peut conserver le sang liquide et en retirer le plasma salé, soit par décantation, soit par filtration (v. p. 217). Quelle que soit la substance saline choisie, quelque soin qu'on apporte aux manipulations, le plasma ainsi obtenu est adultéré par l'hémoglobine et probablement aussi par d'autres matières provenant de la destruction d'un certain nombre d'éléments anatomiques. D'autre part, on ne peut pas être absolument certain, au point de vue chimique, que l'addition de ces sels anticoagulateurs ne modifie pas la constitution des principes albuminoïdes préexistants dans le plasma vivant.

Nous avons dit qu'en opérant avec le sang du cheval, l'emploi du froid permet la décantation du sang dans de longues éprouvettes conservées à environ 0°. Le plasma obtenu par ce procédé tient toujours en suspension de nombreux hématoblastes, d'assez abondants globules blancs et quelques globules rouges. On peut se débarrasser presque absolument de ces éléments anatomiques par une filtration convenable à 0* ; mais il est très probable qu'on n'empêche pas ainsi complètement les éléments de perdre une partie de leur substance exsudée pendant le cours des manipulations. On peut encore utiliser la partie plasmatique des segments veineux remplis de sang et laissés verticalement jusqu'à chute des globules rouges. On opère soit sur le segment luimême pour prévenir l'altération du plasma au contact de l'air, soit sur le plasma obtenu par ponction. La jugulaire du cheval peut ainsi fournir une quantité assez abondante de plasma. Mais il est bon de savoir que le plasma des segments veineux tient en suspension une proportion d'éléments anatomiques encore plus grande que le liquide recueilli dans les éprouvettes entourées de glace.

Dans un certain nombre d'essais dont je parlerai plus loin j'ai employé, pour séparer du plasma les éléments anatomiques du sang, le sérum amniotique faiblement iodé en combinaison avec l'action du froid.

Récemment Fano et Wooldridge se sont servis d'un procédé nouveau (1). Après avoir injecté dans le sang d'un animal une solution

(1) Fano, loc. cit. — h. C. Wooldridge, Uebersicht einer Théorie der Bhitgerinnung [Carl-Ludwig's Beitrâge zar PhysioL, p. 221, 1887).

de peptone (0,3 de peptone par kilogramme d'animal) destinée à rendre le sang- incoagulable, ils ont saigné l'animal et soumis son sang à l'action de l'appareil centrifuge pour séparer les éléments figurés du plasma auquel ils ont fait subir ensuite diverses manipulations.

A. Fibrinogène. — Le premier auteur qui ait abordé l'étude du plasma, Denis, employait (saturation par NaCl) un procédé qui lui donnait une solution complexe, la plasmine. Cette plasmine reprise par l'eau ne tardait pas à se coaguler spontanément.

Elle contenait, en effet, tous les générateurs de la fibrine. Outre la substance albuminoïde que nous connaissons déjà, la paraglobuline, on en a séparé une très voisine, le fibrinogène.

Quand on ajoute à du plasma sanguin obtenu par la décantation à 0°, et filtré à plusieurs reprises pour le débarrasser des éléments anatomiques, 10 volumes d'eau glacée, puis qu'on y fait passer un courant d'acide carbonique, on obtient un premier précipité formé par une substance qui diffère de la paraglobuline.

A ce procédé employé par A. Scbmidt, flammarsten a substitué le suivant (1).

On reçoit directement au sortir de la veine 3 volumes de sang dans 1 volume de solution saturée de sulfate de magnésium. On abandonne le mélange au repos pendant plusieurs jours à une température au-dessous de-[- 5° et on décante. Le liquide est alors mélangé avec un égal volume de solution saturée de chlorure de sodium.

En été ou par une température supérieure h-\- 5°, le dépôt des globules se faisant mal et lentement, on peut filtrer le mélange. La majeure partie des éléments anatomiques reste sur le filtre.

Après l'addition de la solution de chlorure de sodium, il suffit de quelques instants de repos pour permettre au fibrinogène précipité de venir à la surface ou parfois, ce qui est plus rare, de tomber au fond du vase sous la forme d'un précipité floconneux. Au début les flocons sont simplement mucilagineux, peu adhérents

(l) Outre le travail déjà cité d'O. Hammarsten, on consultera les suivants : Untersuchungen ûber die Faserstoffgerinnung (Nov. acta scient., Upsal, t. X, 3 875 et Centralbl. f. die med. Wissensch.,\). 249, 1876). Zur Lehre von der Faserstoffgerinnung (Arch. f. die gesam. Physiologie. Bd. XIV, p. 211, 1876). Recherches sur les générateurs de la fibrine et en particulier sur la paraglobuline et le fibrinogène (Upsala lakarefôr. fôrhandl. Bd.XI, p. 538; an. in Nord. med. Arkiv., Bd. VIII, n° 28, p. 6, 1876).

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