MATIÈRES ALBUMINOJDES DU PLASMA
aux parois des vases, à peine finement fibrillaires et ne présentent qu'une faible résistance quand on cherche à les enlever. Plus tard et rapidement ils se groupent en une masse qui prend de la consistance et devient filamenteuse. Lorsque cette masse, qui a beaucoup de tendance à se pelotonner, nage à la surface du liquide, on peut l'enlever facilement et presque d'un seul morceau Elle est constituée par du fibrinogène impur, coloré par de l'hémoglobine. Ce fibrinogène est très soluble dans l'eau grâce au sel qui l'imprègne.
Pour le purifier Hammarsten le redissout dans de l'eau salée et le reprécipite de la même manière plusieurs fois afin de le débarrasser complètement de la paraglobuline.
La matière blanche que Ton obtient est formée de flocons visqueux, s'attachant aux parois des vases. Elle diffère de la paraglobuline par ce fait que ses solutions précipitent à la température de-j-56°, de sorte qu'en chauffant la solution de plasmine obtenue par Denis, on obtient à cette température un premier précipité (fibrinogène) et plus tard une coagulation plus abondante à -f-75° (température de coagulation de la paraglobuline), ce qui établit bien la constitution complexe de la plasmine.
Cette propriété a permis àL. Fredericq de démontrer l'existence du fibrinogène dans le plasma contenu encore dans l'intérieur de la veine. Cet habile observateur a fait voir qu'une veine de cheval gorgée de plasma peut être chauffée à -f- 55° sans que le plasma perde sa limpidité et la propriété de se coaguler spontanément au sortir du vaisseau; mais qu'en chauffant à -J- 56-57°, le liquide se trouble, laisse précipiter le fibrinogène et perd sa coagulabilité(l).
Le fibrinogène obtenu par la méthode d'Hammarsten est soluble dans l'eau salée (5 à 8 p. 100 de chlorure de sodium); ses solutions donnent également, comme le plasma sanguin, un précipité à— J— 56°. Ce précipité se présente sous forme de masses visqueuses et très adhérentes. Quelle que soit sa provenance (plasma ou solution de fibrinogène), il se comporte comme toutes les matières albuminoïdes précipitées par la chaleur : il est insoluble.
Lorsque, en suivant le procédé d'Hammarsten, on cherche à purifier le fibrinogène, on constate que les précipitations et disso-
(1) L. Fredericq, loc. cit. Hewson avait déjà reconnu l'action exercée sur le plasma du sang par la température de -f- 56°.
lutions nécessaires le rendent de plus en plus blanc; mais qu'en même temps elles en diminuent de plus en plus la solubilité. A chaque précipitation nouvelle le fibrinogène se sépare plus facilement en formant des masses qui sont de plus en plus fibrillaires et pelotonnées. Recueilli sur un linge ou sur un filtre, il présente alors, après expression, la même apparence que la fibrine obtenue par le battage et lavée; il forme comme elle, quand on l'étalé sur le linge, une sorte de membrane irrégulière, luisante, adhérente. Il conserve cependant encore la propriété de se dissoudre dans une solution salée (de 5 à 8 p. 100 environ), lorsqu'il n'a subi qu'une seule précipitation.
Le fibrinogène, quelle que soit sa provenance, décompose, comme la fibrine, l'eau oxygénée; mais on sait qu'il en est de même des autres matières albuminoïdes du sang.
Ainsi obtenu et défini, ce principe est-il simple et préexiste-t-il dans le plasma en circulation?
Au microscope, il est constitué par une trame fibrillaire analogue à celle de la fibrine ; mais les filaments très fins de cette trame sont toujours couverts de granulations grisâtres qui paraissent dues à l'interposition d'une autre substance.
Quand le fibrinogène provient de la précipitation du plasma sanguin à -f- 56°, il a, malgré son insolubilité, la même constitution histologique. Habituellement il est moins pur, caries filaments entraînent avec eux les hématoblastes et les globules blancs en suspension dans le plasma. Quoi qu'il en soit de cette question de pureté, le fibrinogène est certainement plus instable et plus modifiable que les autres matières albuminoïdes du plasma sanguin. Nous en aurons bientôt des preuves.
D'autre part, il est possible qu'il puisse exister sous des formes diverses, qu'il y ait par conséquent plusieurs variétés de fibrinogène. En tout cas, il est indispensable, avant d'en arriver à la théorie de la coagulation, de l'étudier dans les autres sérosités coagulables.
On se souvient que celles-ci forment deux groupes : les spontanément coagulables, et celles qui ne se prennent en masse que par addition de sérum de sang ou de caillot lavé.
Les premières comprennent, outre le sang, la lymphe et les sérosités inflammatoires (hydro-phlegmasiques).
La lymphe se comporte à peu près comme le plasma sanguin :