PRÉFACE. XI
ne puissent aussi provoquer de graves altérations du sang.
Ces intoxications de cause intra-organique relèvent le plus souvent des maladies dites de la nutrition.
Malgré les remarquables recherches dont elles ont été récemment l'objet, et en particulier celles de notre collègue M. Bouchard, ces maladies sont encore d'une origine obscure.
En les rattachant à une manière d'être anormale, innée ou acquise, delà cellule vivante, on exprime une idée très générale, sans rien spécifier relativement aux causes qui peuvent être le point de départ de cette perversion nutritive. Très évidemment les modifications dans les qualités du protoplasma cellulaire, alors même qu'elles sont de nature à être transmises par voie d'hérédité, et par suite à devenir sensibles sans l'intervention chez l'individu de causes apparentes, ne peuvent pas avoir d'autre source originelle qu'une altération du milieu nutritif. Ce sont les transgressions des lois de l'hygiène, les écarts de régime, les excès de tout genre, le défaut d'exercice, le sédentarisme, parfois certaines maladies agissant dès l'enfance et laissant derrière elles une modification des cellules de l'organisme, qui créent chez l'individu la maladie dite de la nutrition qui, plus tard, se transmet aux descendants.
Une fois réalisée, cette maladie a pour résultat constant une altération du sang (uricémie, diabète, etc.) qui généralise les effets de la déviation nutritive quand bien même son point de départ est primitivement localisé à un groupe d'éléments anatomiques.
De quelque côté que nous portions nos investigations sur les divers types nosologiques, nous rencontrons des altérations du sang, tantôt comme causes premières des processus morbides, tantôt et plus souvent comme intermédiaires obligés entre les causes des maladies et les déterminations qui les caractérisent; tantôt encore, conséquences des processus primitifs, ces altérations deviennent le principal moyen de généralisation des effets de ces processus sur l'économie tout entière.