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DU ROLE DES ÉLÉMENTS FIGURES DU SANG

Le premier point qui mérite d'être examiné concerne la constitution et les propriétés du plasma sanguin. Ce plasma contient -il, tel qu'il existe dans les vaisseanx, tous les matériaux nécessaires à la production de la fibrine? Il est clair que si l'on doit répondre par la négative à cette première question, il faudra en conclure que l'intervention des éléments anatomiques est indispensable à la production de la fibrine. Pour arriver à une solution bien nette, il faudrait pouvoir séparer le plasma sanguin des éléments anatomiques avant toute altération de ces éléments, et voir si un tel plasma serait encore coagulable.

J'ai déjà eu l'occasion de faire remarquer que les procédés employés dans la préparation du plasma sanguin sont loin de répondre à cette exigence.

La préparation du plasma salé d'après le procédé d'A. Schmidt me paraît être encore celle qui permet le mieux la séparation du plasma des éléments anatomiques. Mais je me suis assuré maintes fois qu'un bon nombre de ces éléments s'altèrent et que, par suite, ce liquide doit contenir des principes émanés de ces corpuscules, particulièrement des hématoblastes. J'ai donc tenté, de mon côté, d'obtenir une séparation aussi parfaite que possible du plasma et des éléments du sang. J'y ai réussi dans des conditions qui ne m'ont pas permis de poursuivre des recherches chimiques. Néanmoins, les résultats que j'ai obtenus sont de nature à démontrer l'intervention des éléments anatomiques dans la formation de la fibrine et, à ce titre, je rapporterai les principales expériences que j'ai faites sur ce point.

En 1878, j'avais à ma disposition deux échantillons de liquide amniotique iodé, préparé par la méthode de Max Schultze. L'un d'eux avait la propriété de fixer d'une manière remarquable les éléments du sang de la grenouille. Le second laissait ces éléments s'altérer à la longue. J'eus l'idée d'utiliser ces liquides pour la préparation du plasma de grenouille.

L'opération était conduite de la manière suivante -.

Le sang obtenu par la section du cœur était reçu immédiatement dans une capsule contenant une certaine quantité de liquide amniotique iodé, de telle sorte que le mélange renfermait à peu près deux tiers de sérum contre un tiers de sang ou un égal volume des deux liquides. Après agitation, le sang dilué était immédiatement versé dans un tube à essai, maintenu verticalement et entouré de glace fondante.

Au bout de quelques heures, on pouvait décanter le liquide surnageant la couche des globules, et agir séparément sur ces deux parties. Gomme le liquide amniotique renferme une quantité assez abondante de chlorure de

sodium qui possède une action anticoagulatriee, on ajoutait une certaine proportion d'eau au plasma décanté ainsi qu'au mélange de plasma et de globules, et on conservait ces liquides.

Avec le premier échantillon de liquide amniotique, j'obtins non seulement un plasma incoagulable, mais une telle fixation des éléments anatomiques que le mélange de ceux-ci avec du plasma dilué ne donnait lieu également à aucune coagulation. L'expérience suivante en fait foi.

Le 14 février 1878, on recueille le sang du cœur d'une rana temporaria bien vivace, et on le traite comme il vient d'être dit. Au bout de deux heures, on décante la partie supérieure claire du plasma (n° 1); puis au fur et à mesure que le liquide s'éclaircit on obtient d'autres échantillons de plasma (numéros 2, 3, 4), renfermant à peine quelques éléments anatomiques. Enfin l'échantillon numéro 5 contient la couche des globules déposés avec un volume égal de plasma rendu louche par la présence de nombreux éléments anatomiques tenus en suspension.

Ces échantillons sont maintenus à la température du laboratoire (17° G), Au bout de quelques heures les échantillons numéros 1, 2, 3, 4 laissent déposer au fond du vase une légère couche insignifiante d'éléments figurés ; l'échantillon numéro 5 laisse se former, au contraire, un dépôt abondant,

Ces cinq échantillons sont additionnés d'un égal volume d'eau (ce qui est suffisant pour atténuer l'effet du liquide amniotique); il ne se forme de caillot dans aucun d'eux, bien que le sang pur se soit parfaitement coagulé.

Le second échantillon de liquide amniotique iodé m'a donné des résultats moins complets; mais également intéressants. Lorsque le plasma décanté était presque complètement dépourvu d'éléments anatomiques, il ne laissait précipiter qu'une quantité insignifiante de fibrine. En l'allongeant d'eau, il ne se coagulait pas davantage. Au contraire, lorsque après la décantation des couches superficielles on additionnait d'eau la portion restée dans le fond du tube et contenant les éléments anatomiques, on ne tardait pas à voir se former une coagulation en masse.

Prenait-on alors une portion de ce caillot pour la plonger dans Je premier liquide, celui-ci se coagulait à son tour avec rapidité.

Voici la relation d'une de ces expériences :

Le 17 janvier 1878, on recueille le sang du cœur d'une rana viridis dans du sérum iodé, dans la proportion d'environ deux tiers de sérum pour un tiers de sang. Le mélange est placé dans un tube entouré de glace fondante.

Au bout de trois heures, on décante le plasma clair surnageant le dépôt globulaire, et on l'allonge d'eau à volume égal (échant. n° 1).

La partie qui reste au fond du tube, et qui est constituée par une couche rouge et une couche louche d'égale hauteur, est recueillie à part et additionnée d'un égal volume d'eau (n° 2).

Au bout d'une demi-heure, on ne trouve dans le numéro 1 qu'une petite mèche filamenteuse englobant les quelques éléments anatomiques entraînés avec le liquide.

Le mélange numéro 2 est au contraire pris totalement en gelée

Le numéro 1 est alors divisé en deux portions (nos 3 et 4).

Dans le numéro 3 on plonge un fragment du caillot retiré du numéro 2 et

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