ARTICLE PREMIER
générales).
Au commencement de notre siècle, au moment où l'anatoniie pathologique moderne entra dans cette èrede progrès incessants qui est encore loin d'être close, l'étude des altérations des humeurs fut entreprise presque exclusivement à l'aide des procédés chimiques. C'était le beau temps de la saignée et il était assez facile de se procurer la quantité de sang, relativement assez considérable, nécessaire pour une analyse chimique. Les notions qui furent ainsi acquises sur les altérations du sang sont certainement d'une grande valeur et eurent un grand retentissement. Mais à cette époque, la chimie biologique n'était pas encore assez avancée pour qu'on pût tirer de ces remarquables recherches tout le parti désirable. Depuis, la phlébotomie est tombée de son piédestal et aucun médecin n'oserait se permettre de saigner ses malades pour faire systématiquement l'étude des altérations du sang. Devonsnous le regretter?
Certes, il serait très intéressant de pouvoir poursuivre des recherches chimiques dans les diverses maladies de l'homme. On pourrait peut-être ainsi résoudre l'obscure question des altérations des matières albuminoïdes du plasma; déterminer les ptomaïnes des diverses maladies infectieuses; reprendre l'étude des variations des matières salines, etc.
Mais, en somme, le point de vue chimique est restreint et, bien
évidemment, la plupart des questions qu'il comprend peuvent être résolues à l'aide de l'expérimentation chez les animaux. L'abandon obligatoire des procédés chimiques n'a donc pas été un événement très fâcheux; il me paraît avoir été compensé par la substitution à ces procédés de méthodes purement physiques qui ont ouvert des horizons nouveaux et fait accomplir à l'hématologie des progrès sensibles.
Les procédés physiques, ne réclamant qu'une quantité de sang insignifiante, sont essentiellement pratiques. Actuellement ils ont supplanté d'une manière probablement définitive les analyses chimiques. Ce n'est pas que ces procédés puissent à eux seuls, pas plus que ces dernières, fournir tous les renseignements si divers et si multiples dont le médecin doit s'enquérir, mais ils ont sur tous les autres l'avantage de pouvoir être utilisés chez tous les malades, à toutes les phases d'une maladie et d'être d'un emploi facile et expéditif. Ils n'excluent pas d'ailleurs les autres méthodes d'étude ; mais celles-ci sont devenues des procédés de laboratoire et les résultats qu'on en peut obtenir se rattachent plutôt à la pathologie expérimentale qu'à la pathologie humaine proprement dite.
Comme mes travaux ont eu principalement pour objet de perfectionner les procédés cliniques, je vais avoir à exposer surtout les notions que ces moyens d'examen permettent d'acquérir sur l'anatomie pathologique du sang.
J'aurai plusieurs fois l'occasion de les compléter par divers renseignements empruntés à la pathologie expérimentale.