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MODIFICATIONS DU PROCESSUS DE COAGULATION DANS LES MALADIES

(p. 34), car il est facile de reproduire une altération semblable en additionnant le sang' d'un sérum étranger (en ajoutant, par exemple, au sang du chien du sérum de sang de bœuf). Il est permis de supposer qu'inversement certaines altérations du plasma sont la conséquence de modifications correspondantes des éléments anatomiques.

Parfois il serait bien difficile de dire quel est le siège primitif de la lésion. Ainsi dans les cas de dissolution de l'hémoglobine faisant prendre au sérum une coloration rouge, on est en droit d'invoquer une altération des globules presque avec autant de raison qu'une lésion du plasma. Enfin, dans d'autres circonstances encore, l'adultération du sang est certainement la conséquence à la fois d'une modification dans la partie liquide et dans les éléments anatomiques.

C'est ce qui a lieu notamment lorsque le processus de coagulation est anormal, puisqu'on ne saurait plus nier la participation des éléments du sang à la formation du coagulum fibrineux. Ce n'est donc que pour la clarté de l'exposition des faits qu'il nous faut maintenant exposer dans un chapitre distinct les modifications des parties liquides du sang.

§ 1. — Modifications du processus de coagulation dans les maladies.

J'ai substitué à l'analyse chimique du sang et au dosage de la fibrine par les procédés anciens l'étude du processus de coagulation faite à l'aide : 1° de l'examen du sang en couche mince au moyen de la cellule à rigole ; 2° de l'examen qualitatif du sang à l'aide du liquide A; 3° de la préparation du réticulum fibrineux par lavage et coloration, à l'aide de l'iode ou de la fuchsine.

Ces moyens d'étude mettent en évidence les plus légères modifications du processus de coagulation. En se complétant l'un par l'autre, ils constituent un essai à la fois quantitatif et qualitatif de la fibrine. Ils offrent sur les analyses chimiques l'avantage incontestable de n'exiger que quelques gouttes de sang et de permettre de suivre pas à pas la marche de l'altération pendant le cours des maladies, depuis leur début jusqu'à leur dernier terme.

Pour reconnaître les modifications du processus de coagulation dans le sang pur, on doit particulièrement se préoccuper :

1° De la disposition générale des piles et des espaces plasmatiques laissés entre elles ;

2° De la répartition des hématoblastes isolés ou réunis sous forme d'amas; du nombre, de l'étendue de ces amas; des modifications subies par les hématoblastes et de la rapidité plus ou moins grande avec laquelle ces modifications ont lieu ;

3° Du nombre apparent des globules blancs ;

4° Du temps qui s'écoule depuis le moment où l'on vient de faire la préparation, jusqu'au moment où apparaît le réticulum fibrineux ;

5° Des caractères de ce réticulum et particulièrement du nombre et de l'épaisseur des fibrilles qui le constituent.

Pour compléter ces études, faites sur le sang pur, on peut traiter le sang par le liquide A et faire une préparation du réticulum lavé et coloré (1).

Ces procédés permettent de reconnaître facilement les caractères du sang phlegmasique. Je prendrai pour type de description le sang de la pneumonie franche à sa période d'état.

Au moment où la préparation vient d'être faite, on observe le plus habituellement, à moins que la maladie ne se soit développée chez un individu très anémié, une disposition particulière des amas de globules rouges et des espaces plasmatiques.

Les hématies sont réunies sous la forme de piles serrées les unes contre les autres et en partie confondues, de manière à former des amas compacts dont le bord est relativement peu sinueux. Ces amas volumineux, reliés presque tous entre eux, circonscrivent des espaces plasmatiques irréguliers, moins nombreux que ceux du sang normal, espaces qui, étant entourés de tous côtés par des éléments colorés, prennent l'apparence de véritables lacs (voir plus loin les fig. 75 et suivantes relatives au processus inflammatoire).

Dans les lacs circonscrits par les éléments colorés, on remarque d'abord un nombre insolite de globules blancs. Cette augmentation de nombre porte d'une manière égale sur les diverses variétés qui conservent entre elles sensiblement les

(l)LII, LIX, LX.

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