MODIFICATIONS DU PROCESSUS DE COAGULATION DANS LES MALADIES
mêmes proportions que dans le sang normal. Puis, l'attention est attirée par les hématoblastes qui forment, en général, des amas plus volumineux qu'à l'état normal. Au bout d'un temps variable, mais dépassant toujours très sensiblement celui qui est habituellement nécessaire à la coagulation, on voit apparaître, çà et là, dans un des angles des lacs, des fibrilles entre-croisées formant une sorte de treillis ; puis, de tous côtés, des fibrilles de plus en plus nombreuses, de plus en plus nettes, qui bientôt constituent par leur ensemble un réseau filamenteux occupant toute l'étendue des espaces plasmatiques et comprenant dans son épaisseur tous les hématoblastes.
Etudié dans ces conditions, le réticulum est constitué par des fibrilles à la fois très nombreuses et très volumineuses. Ces fibrilles, certainement beaucoup plus grosses que les fibrilles normales, paraissent formées par un filament effilé aux deux bouts et épais au centre. Lorsqu'il part d'un hématoblaste, il prend l'apparence d'une épine, épaisse à sa base, fine à son sommet, qui va se confondre avec le reste du réticulum ; la partie large des plus gros filaments mesure environ 2 [x de diamètre. Au niveau des points où les filaments sont le plus abondants et forment des espèces de treillis, ainsi que dans certains points du réseau, on aperçoit de petites taches claires, brillantes, entourées d'un cercle noir foncé. Ces apparences sont dues très probablement aux filaments qui se portent d'une lamelle à l'autre et sont ainsi vus de champ ou à peu près.
Il est impossible de faire plus complètement, à l'aide du sang pur, l'examen du réticulum fibrineux. Ajoutons, cependant, qu'on peut encore, dans les préparations de ce genre, constater les modifications que subissent les globules rouges. Dès le début de la coagulation, leur bord devient plus net; en partie confondus entre eux pendant les premières minutes dé l'examen, ils semblent pour ainsi dire s'individualiser. Puis, après la formation du réticulum, si on imprime un léger traumatisme à la lamelle, on voit les globules rouges se dessouder, se séparer les uns des autres aussi facilement que dans le sang normal, bien que les piles aient paru d'abord plus cohérentes et plus compactes.
Cette étude est complétée par les faits que le lavage et la coloration du réticulum mettent en évidence.
En utilisant ce dernier procédé, on observe quelques particu-
larités nouvelles. Le caillot sanguin paraît constitué par deux parties qui, dans une préparation bien réussie et bien colorée, se distinguent immédiatement à un faible grossissement, l'une formant des espaces sombres et l'autre des espaces clairs. Les espaces sombres, fortement colorés, correspondent aux lacs plasmatiques ; les espaces clairs sont ceux où se trouvaient primitivement les amas d'hématies.
A l'aide d'un grossissement suffisant on voit que les premiers sont occupés par plusieurs couches de fibrilles d'un diamètre très variable parmi lesquelles quelques-unes, comme dans le sang pur, sont remarquablement épaisses. Ces fibrilles sont plus raides, plus rectilignes que celles du sang normal. Au milieu d'elles se trouve assez souvent retenu, malgré le lavage, un certain nombre de globules blancs. Quelques-uns de ceux-ci affectent l'apparence de plaques étalées, irrégulières, anguleuses, qui sont fixées sous cette forme par des filaments de fibrine paraissant partir des angles. C'est là une disposition que je n'ai pas encore vue dans le sang sain et qui pourrait être considérée comme une preuve de la participation des globules blancs à la formation du réseau fibrineux. Cependant, quand dans le sang pur on examine les globules blancs après la coagulation, on voit que ces éléments n'ont subi aucune modification appréciable. Ils présentent les mêmes mouvements amœboïdes qu'à l'état sain et, lorsque leur reptation est entravée par les filaments de fibrine qui les entourent et qui paraissent quelquefois y adhérer, on parvient toujours avec un peu de patience à les voir se déplacer au milieu de ces filaments. Si donc les globules blancs fournissent une partie de leur substance au moment de la coagulation, ils ne font pas, comme les hématoblastes, partie intégrante du coagulum. On peut donc interpréter la disposition en plaques, décrite précédemment, comme le résultat de déformations amœboïdes des globules blancs adhérents à quelques fibrilles et surpris en cet état par le lavage. Toutefois, cette adhérence avec les fibrilles, assez intime pour résister à l'action de l'eau, est intéressante à constater à cause du rôle que certains auteurs ont attribué aux globules blancs dans le phénomène de la coagulation.
Les espaces plus clairs, répondant aux points primitivement occupés par les hématies, sont parcourus par un réseau extrêmement fin, à petites mailles très régulières, réseau qui se continue