MODIFICATIONS DU SÉRUM
avec celui des lacs et ne contient ni hématoblastes, ni globules blancs, ces éléments ayant été complètement refoulés dans les espaces plasmatiques par l'empilement serré des hématies.
Enfin on met encore en évidence un caractère important du sang phlegmasique en le mélangeant avec le liquide A dans la proportion d'une partie pour 200 à 500 du réactif. On voit ainsi se former les petits grumeaux qui ont été décrits à propos des altérations des hématoblastes (p. 378 et 379, fig. 69).
Les caractères du sang phlegmasique varient nécessairement suivant les diverses maladies et, pour chacune d'elles, suivant les époques de son évolution. Les plus constants et les plus significatifs sont ceux qui sont relatifs à la disposition des piles, à l'épaississement des fibrilles et, enfin, à la production des plaques. On peut se fonder sur eux pour faire le diagnostic d'une lésion inflammatoire. Comme ils indiquent l'augmentation de la fibrine, ils sont d'autant plus prononcés que cette matière est plus abondante et, par suite, leur appréciation exacte équivaut à un véritable dosage de la fibrine.
Nous aurons plus tard à indiquer les principales variétés de sang fibrineux à propos des processus dans lesquels la proportion de fibrine est modifiée.
— On peut encore se rendre compte d'une altération particulière du plasma dans les préparations faites par dessiccation rapide.
Lorsqu'on prépare de la lymphe par ce procédé on voit dans la préparation un grand nombre de petits cristaux mal formés, assez analogues à ceux qui se produisent autour des globules rouges et des hématoblastes dans certains cas d'anémie.
Le plasma du sang peut se comporter de même, comme s'il avait conservé en quelque sorte une constitution analogue à celle de la lymphe. J'ai observé cette particularité dans divers cas d'anémie symptomatique ; elle coïncidait avec la production de masses cristallines autour des hématies et des hématoblastes.
§ 2. ■ — Modifications du sérum.
Lorsqu'on s'est procuré du sérum par le procédé indiqué p. 58, on peut étudier un certain nombre des caractères qu'il présente dans les maladies.
A. Réactions du sérum. — On sait que le sang possède nor-
malement une réaction alcaline. Cette réaction est très franche et très facile à constater lorsqu'on opère sur le sérum. Mais il est probable que, même chez l'homme sain, l'alcalinité du sérum est très variable. Il serait donc intéressant de connaître un procédé permettant de doser l'alcalinité du sérum dans une petite quantité de véhicule.
Dans les maladies cette alcalinité persiste, sauf dans le choléra où l'on trouve, pendant le collapsus, le sérum tantôt neutre, tantôt légèrement acide, mais jamais franchement alcalin. Cependant, récemment de Renzi et Marotta ont vu que la réaction du sang devient neutre ou même acide dans quelques cas d'ictère intense dépendant, soit d'un catarrhe des voies biliaires, soit d'une atrophie jaune aiguë du foie (1).
B. Coloration du sérum. — Nous nous souvenons que le sérum présente normalement une coloration verdâtre ou j aune-ver dâtre clair.
A l'état normal cette coloration est variable : très faible chez quelques individus, chez d'autres elle est, au contraire, assez intense, tout en ne dépassant pas cependant certaines limites.
Elle est due à une ou plusieurs matières colorantes encore mal définies.
A l'examen spectroscopique, quel que soit le soin avec lequel le sérum ait été préparé, on aperçoit toujours une certaine quantité d'oxyhémoglobine. Il y a donc toujours, même à l'état normal, des traces d'hémoglobine dans le sérum. Peut-être même cette faible proportion de pigment sanguin est-elle un constituant du plasma; mais on ne peut avoir toute certitude sur ce point, cette faible proportion d'hémoglobine pouvant fort bien n'être mise en liberté que pendant la coagulation du sang et la séparation du sérum. Quoi qu'il en soit, la matière colorante propre du sérum ne donne pas de réaction spectrale.
Quelques auteurs ont admis dans le sérum la présence de l'urobiline. Le sérum frais, même quand il est nettement coloré, ne présente pas normalement la bande de l'urobiline. Mais il est certain que ce corps se forme très facilement dans le sérum conservé à l'air, à l'abri de la putréfaction, soit par suite de l'oxydation d'un chromogène de l'urobiline, soit par transformation de l'hé-
(1) De Renzi et Marotta, Réaction chimique du sang (Rivista clin, e terap., juin 1885).