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XIX

G. Haye.m. — Du Sang. 31

une diminution plus ou moins sensible, parfois très remarquable, de la coagulabilité du sang. Or cette altération est une des conséquences de la formation des concrétions par précipitation.

Mais le fait le plus important, au point de vue de la pathologie, est celui qui concerne le mode de formation de ces concrétions. N'est-il pas, en effet, extrêmement curieux et instructif de voir que le sang d'une espèce animale renferme des substances qui sont, en quelque sorte, toxiques pour une autre espèce, par suite de leur action particulière sur les éléments du sang étranger?

Ces substances chimiques ne peuvent provenir que des matières déversées dans le sang par les cellules animales ; ce sont des déchets nutritifs dont la toxicité est variable suivant les espèces. S'il en est bien ainsi, n'est-il pas permis de penser que dans certains cas le sang pourra être intoxiqué par une déviation quelconque des actes de désassimilation cellulaire ? C'est précisément à cette cause d'adultération que j'ai été conduit à rattacher les hémorragies du scorbut (1). L'histoire toute récente des concrétions par précipitation grumeleuse vient donner à cette hypothèse une remarquable consécration. Semblables processus peuvent évidemment être mis en cause dans les purpuras d'origine dyscrasique et vraisemblablement aussi dans certaines maladies infectieuses. Dans ces dernières, les agents provocateurs des concrétions par précipitation peuvent être fabriqués par les microbes eux-mêmes, aussi bien que par les cellules altérées de l'organisme.

On découvrira peut-être prochainement des substances chimiques d'origine organique, capables de déterminer des hémorragies. Le siège exclusif ou tout au moins la prédominance des hémorragies dans certaines régions n'exclut pas l'hypothèse du processus de la coagulation par précipitation, car il est possible que le sang acquière des qualités particulières en traversant certains territoires vasculaires.

On voit donc que la plupart des hémorragies dyscrasiques paraissent se rattacher au processus de l'embolisme.

Dans certains cas l'altération du sang semble conduire à l'hémorragie par l'intermédiaire d'une dégénérescence des vaisseaux. C'est ce qui a lieu probablement, pour ne citer qu'un exemple, dans l'empoisonnement par le phosphore.

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