‹ Du sérum artificiel en aliénation mentaleChapitre 20 sur 35 · DUT · texte numérisé non relu

DUT

mauvais, troublé par des cauchemars dans lesquéls elle voit des araignées, des papillons, entend des voix et se figure qu’on la brûle. Onirisme.

Les sentiments affectifs et moraux sont bien diminués, l’intelligence paraît amoindrie. Pas de troubles de la parole.

Examen somatique. — Aux poumons on note un peu de congestion à droite et en avant. Submatité, vibrations +-.

Coeur. — Choc intense de la pointe. Bruits énergiques, claquements des valvules. Pas de souffle, pas d’arythmie. — Pouls régulier, tendu.

SYSTÈME DIGESTIF. — La langue est sale, épaisse, l’haleine fétide, l'appétit capricieux. L’estomac est très légèrement dilaté. La malade à eu jadis des pituites matutinales.

Le foie déborde un peu les fausses côtes et est douloureux à la pression. Ventre non ballonné. Sujette à la constipation.

SYSTÈME NERVEUX. — Motricité. Tremblement marqué des doigts. Tremblements fibrillaires des muscles du menton. Pas de troubles de la marche. Pas de crampes. Kéflexes rotuliens sensiblement exagérés.

SensiBitiTÉ. — Subjective. Se plaint qu'on lui brûle la plante des pieds.

Objective. — Hyperesthésie. Douleur à la pression des masses musculaires. Hyperesthésie ovarienne. Hyperesthésie mammaire à droite. Pas de troubles des organes des sens.

Etat physique assez bon ; la malade est plutôt grasse, mais le teint est jaunâtre, le nez est couperosé, les joues un peu rouges. — Subictère léger des conjonctives.

Sillors unguéaux.

Pas de troubles trophiques. La malade à eu des panaris aux doigts et en porte les cicatrices.

Urines troubles, rares, très chargées en urates. Pas de sucre. Albuminurie légère.

Température 37°1.

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13 mai. — Malgré l'administration de purgatifs, la température se maintient depuis trois jours au-dessus de 38°4.

Urines toujours rares. — On fait une injection de sérum artificiel de 500 grammes contenant 1 gramme de caféine. Etat général très médiocre.

14 mai. — Pas de modification dans l’excitation de la malade ni dans la quantité des urines.

15 mai.— La malade a uriné plus de 1 litre et les règles sont apparues.

Malade très constipée, ne va à la selle que par lavements.

Nouvelle injection de 500 grammes de sérum artificiel avec caféine 1 gramme.

16 mai. — La triade symptomatique, albuminurie, fièvre avec excitation aiguë, esquisse de pertes sanguines font penser à un avortement possible.

Le toucher montre :

1° Un utérus peu volumineux, dont le col n’est pas ramolli ; on ne peut le saisir entre les doigts par la palpation combinée ;

2° Dans le cul-de-sac postérieur et latéral gauche, une tumeur rénittente et douloureuse à la pression, mais nous savons que la malade est une constipée opiniâtre et se plaint de douleurs spontanées.

Le toucher vaginal ramène un peu de mucus teinté de rose, mais pas de caillots.

17 mai. — [a perte sanguine, après un arrêt de courte durée, s’est reproduite, mais peu abondante.

L'état général est meilleur. Depuis qu’on fait à la malade des injections de sérum, la quantité d'urine a doublé, mais la constipation persiste.

La malade est au régime lacté. Pour la première fois, elle demande à uriner dans son vase.

Injection de sérum artificiel 500 grammes.

19 mai. — Malade va mieux ; la mimique est correcte, les réponses raisonnables, l’excitation moindre.

LU -npteS

Urines 1 600 grammes en 24 heures.

Dernière injection de sérum artificiel 500 grammes.

25 mai. — La malade va beaucoup mieux. Les urines sont claires et ne contiennent plus d’albumine.

On met la malade au traitement par le calomel 1 cent. par jour et on le prolonge jusqu’en fin juillet.

Juillet. — Le foie revient peu à peu sur lui-même, mais lentement. Les urines sont abondantes, claires, ne contiennent pas d’albumine. On ne note pas en ce moment de troubles de la marche ni de la station debout. Les pupilles sont égales et réagissent à la lumière,

Au point de vue mental, la malade, qui répond bien, cause à peu près correctement et n’est plus agitée, n’est cependant pas encore complètement guérie. La mémoire n’est pas revenue entièrement, il y a encore bien des points dans son histoire qui ne sont pas lucides. Cependant, elle gagne tous les jours du terrain et les moments d'absence cérébrale deviennent de moins en moins nombreux. On peut donc supposer que la guérison se produira, mais sera longue à venir, car on a affaire à une alcoolique invétérée, qui, sous l'influence de ce toxique, a acquis des lésions profondes qui ne pourront s’améliorer qu’à la longue.

La malade sort guérie de l’Asile, le 9 mai 1900.

Nous avons eu chez cette malade, grâce au sérum artificiel, une amélioration rapide de l’état général, tout au moins de l’état infectieux aigu que présentait la malade à son entrée. Cette amélioration a amené parallèlement une amélioration psychique, mais la guérison n’a été obtenue que plusieurs mois après. Il faut dire aussi que la malade présentait des troubles profonds, le foie est resté pendant très longtemps vo-

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lumineux, et indiquant par lui-même une atteinte grave de l’organisme. fl n’est donc pas étonnant que l’état mental n'ait pu se modifier qu’à la longue.

OBsERvATION VII. (/nédite.)

(Service de M. Rousset.)

Lypémanie stupide. — Lavements puis injections de sérum artificiel. — Amélioration.

X..., 39 ans, entre à l'asile de Bron le 27 mars 1900, en état de lypémanie stupide, avec quelques troubles gastriques. C’est un vieil habitué des asiles. On note cinq ou six séjours dans des asiles divers et enfin un dernier séjour à Bron du 16 juin au 21 novembre 1898. Lors de son dernier séjour, il était en état d’excitation maniaque très marqué, agressif et dangereux. On a affaire à un dégénéré avec perversion des instincts et des actes, qui présente des accès soit d’excitation, soit de stupeur.

Examen à l'entrée. — Le malade est inerte, ne présentant aucune réaction. |

Il est impossible de le tirer de cet état de torpeur. Ne répondant rien, il ne prononce d’ailleurs aucune parole, et ne réagit pas à la piqûre même profonde (anesthésie complète).

Il reste immobile dans son lit, la mimique triste et adéquate, les sourcils froncés. L’haleine est fétide, la langue blanche est très chargée. Pas d’autres troubles somatiques à signaler. Le malade reste ainsi dans cet état de stupeur avec gâtisme pendant tout le mois d’avril.

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