‹ Du sérum artificiel en aliénation mentaleChapitre 21 sur 35 · LOU · texte numérisé non relu

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les excitants diffusibles n’amènent aucune modification de son état; l’état physique est assez bon mais l’état mental ne se modifie pas; on ne peut pas lui arracher une parole, ni la moindré réaction défensive.

On met le malade au traitement par la noix vomique et les lavements de sérum artificiel. Tous les jours, on donne 500 grammes de sérum en lavement et l’on augmente la dose de noix vomique jusqu'à 20 gouttes de teinture par jour. sai

98 mai. — Aucune amélioration. Le malade est réduit à la vie purement végétative et l’on arrive à grand peine à le nourrir. Les lavements de sérum ont été absolument inefficaces : la langue s’est cependant peu à peu débarrassée de son enduit saburral. On essaye aujourd’hui de lui faire des injections souscutanées de sérum artificiel (500 grammes).

La température qui était de 36°8, monte à 38°1. |

29 mai. — Nouvelle injection de 500 grammes. Température revenue à 37°2, monte à 38°9. Aujourd'hui le malade sent la piqûre du trocart et a de la tendance à se défendre, mais nedit toujours rien. 11 semble cependant que les fonctions de nutrition se font mieux, car le malade accepte plus volontiers ses aliments. On est d’ailleurs obligé de le nourrir comme un enfant et de lui mettre les aliments dans la bouche: à ce moment seulement il fait des mouvements de déglutition et les avale. ‘ |

31 mai. — La mimique est moins immobile: on arrive en insistant à faire essayer au malade le mouvement de s’asseoir.

Pendant la piqûre il prononce aujourd'hui quelques paroles et dit que sa jambe lui fait mal. Osvillation de température de plus de 2° dans les heures qui suivent l'injection.

8 juin. — Il semble que les injections de sérum aient eu le pouvoir de provoquer la réaction critique, ce que n'avaient pu faire les lavements. Le malade est toujours en état de lypé-

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manie, mais il est moins anxieux; la mimique est aussi moins triste. Il répond quelquefois aux questions qu’on lui pose et sort de loin en loin de sa torpeur pour regarder ce qui se passe autour de lui. La sensibilité est revenue peu à peu: les reflexes, encore diminués, semblent également devoir revenir normaux. En un mot, la tonicité généra'e augmente, les fonctions de nutrition se font mieux et l'appétit est meilleur. Le malade gâte toujours au lit. On fait aujourd’hui une injection massive de sérum artificiel (1 litre). A la fin de l'injection, le malade se défend et se met à crier en disant qu'on lui fait mal.

29 juin. — Le malade revient maintenant peu à peu de son état de stupeur, et l'amélioration se poursuit gagnant duterrain de jour en jour. Il semble qu'il ait suffi de provoquer le premier élan pour que ce premier ébranlement donné amène une série d'ébranlemerts successifs qui se traduisent par les modifications que nous avons constatées.

Nous avons employé Successivement chez ce malade les lavements et les injections de sérum artificiel. Les premiers ont été faits régulièrement pendant près de quinze jours et n’ont nullement modifié l’état de stupeur. Devant la persistance de cet état qui dénolait un ralentissement très marqué de la nutrition et une dépression excessive, état qui durait déjà depuis un mois, nous n'avons pas hésité à pratiquer des injections intra-musculaires de sérum artificiel.

L'injection a chaque fois provoqué une élévation marquée de la température, variant de 1° à 2°2: le lendemain la température retombait à la normale.

A la suite de ces injections, nous avons vu l'état de stupeur disparaître peu à peu et le malade revenir à la

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conscience à mesure que la tonicité musculaire reparaissait et que les fonctions, particulièrement les fonctions digestives se faisaient mieux.

L'amélioration se poursuit peu à peu et il est très probable que le malade ne tardera pas à guérir de son accès de lypémanie stupide. |

OesERvATION VIII. (/nédite).

(Service de M. Rousset.)

Lypémanie anxieuse. — Injections de sérum. — Guérison d'accès. — Rechute non traitée par le sérum. — En bonne voie de guérison.

X..., cultivateur, 26 ans, entre à l’Asile de Bron le 6 mai 1900 pour des troubles mentaux caractérisés par des accès d’agitation avec idées de persécution. Le malade, qui présentait un peu de dérangement intellectuel depuis quelque temps, est devenu tout à coup menaçant et se figure que tout le monde veut le tuer.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 56 ans ; il était alcoolique. Mère bien portante, mais nerveuse, six enfants dont trois morts en bas-âge. Le malade est l'aîné des trois qui restent.

Anlécédents personnels. — Pas de renseignements sur la première enfance. Pas d’alcoolisme à part quelques excès au régiment. [1 n’a fait qu’un an comme fils ainé de veuve.

Pas de syphilis. Migraineux.

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Histoire de la maladie. — Depuis longtemps déjà, il était d’un caractère sournois, fuyant les réunions joyeuses et les cafés, soupçonneux envers tout le monde, se figurant toujours qu'on parlait de lui.

En novembre dernier, cet états’accentue encore, le malade ne veut plus rien faire et présente de la sitiophobie. Amélioration légère. Puis aggravation nouvelle des symptômes, il y à un mois et demi.

Les idées de persécution deviennent plus nettes, il accuse plus spécialement un de ses voisins de lui en vouloir, d’être jaloux de lui, et d’être la cause de tout ce qui lui arrive. Il se figure qu’on le vole. Insomnie complète, il se lève la nuit et frappe plusieurs voisins.

Pas de facteurs étiologiques nets, pas de chagrins, ni d'ennuis nouveaux, pas de maladies infectieuses aiguës ou chroniques, un peu tousseur.

État actuel. — A l'entrée le malade est en état de lypémanie anxieuse, ne prononçant que de rares paroles, refusant de répondre aux questions posées. Il reste renfermé en lui-même et oscille vaguement la tête, lorsqu'on lui demande pourquoi il est ici et s’il y a des personnes qui lui veulent du mal.

La mimique est triste, les sourcils froncés. Le malade parait absolument étranger à ce qui se passe autour de lui. Il reste presque constamment immobile sur sa chaise et par moment se lève tout d’un coup comme s’il voulait fuir, en proie à des hallucinations en prononçant quelques paroles incohérentes.

Examen somalique. — SYSTÈME NERVEUX. — Il ne paraît pas y avoir de troubles marqués de la motilité ni de la sensibilité, pas de tremblement de la langue ni des lèvres, pas de tremblement des doigts. Réaction normale à la piqûre.

Réflexes rotuliens normaux.

Les pupilles égales réagissent bien à la lumière et à l’accommodation.

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