‹ Du sérum artificiel en aliénation mentaleChapitre 22 sur 35 · ANT DRE · texte numérisé non relu

ANT DRE

APPAREIL piGEsTir.. — La langue est un peu saburrale, l’haleine fétide. Le malade indique par es mouvements de tête que les digestions se font mal et qu’il n’a pas d’appétit.

L'examen de l’estomac et du foie ne révèle pas de troubles appréciables.

On ne trouve pas d'augmentation de la rate.

Poumoxs. — Pas de modification de la sonorité ni des vibrations.

La respiration est à peu près bien perçue dans toute l’étendue du poumon, mais l’auscultation est rendue difficile, car le malade respire mal. On perçoit quelques râles sibilants. Toux très légère.

Coeur. — Battements bien perçus, réguliers. Je premier bruit est un peu sourd. Pouls régulier, assez tendu.

Les urines contiennent un peu d’albumine.

Notons quelques signes physiques de dégénérescence, voûte palatine ogivale, lobule de l'oreille adhérent.

Le 8 mai, la température, qui était normale à l'entrée, monte à 3808. :

Le 9 mai. — Température 389.

A cause de l’état d’anxiété du malade, de la présence d’un peu d’albumine, de l’état saburral des voies digestives et de la température, on pratique aujourd’hui une injection de 500 grammes de sérum artificiel.

Le lendemain, la tempéralure tombe à 37°3, mais l’état mental est le même.

Les urines sont très abondantes 1 800 grammes, la constipation persiste. :

16 mai. — Les injections de sérum ont été continuées tous les deux jours.

Le malade urine abondamment, va à la selle sans lavements, est calme dans son lit, ne cherche pas à fuir et répond aux questions posées. Il se rend à peu près compte de son état,

dit qu'il a été malade et qu'il est à l’Asile, mais il ne sait comment ni pourquoi il y est venu.

17 mai. — Dernière injection de sérum artificiel. Dans les jours qui suivent on donne, à titre d’excitant, du sérum en lavement jusqu’au 27 mai.

27 mai. — A cette époque, on remplace le sérum par des douches froides.

31 mai. — Le malade est guéri de son état lypémaniaque, mange et dort bien et travaille au jardin.

15 juin. — Le malade, qui était sur le point de sortir, s’est agité à nouveau, profère des menaces et est remis à l’infirmerie. Il n’y à pas de température et l’on note seulement quelques troubles gastriques. L'état mental n’est pas tout à fait le même que lors de l’entrée. Le malade répond beaucoup mieux aux questions qu’on lui pose ; de plus, au lieu de la dépression, on note au contraire de l’excitation et il chante toute la journée.

Les troubles gastriques ont rapidemment disparu après l'administration de quelques purgatifs et le malade, qui n’a pas été traité à nouveau par le sérum,qui ne paraît pas absolument indiqué vu l’état d’excitation, est à peu près dans la situation où il se trouvait au moment où s’est produite la rechute. On le maintient encore quelque temps en observation.

Hn'ya pas de notion infectieuse bien nette dans l’histoire de ce malade; peut-être un peu de bronchite, mais en somme rien de caractéristique au point de vue infection. Lors de l'entrée du malade, nous n'avions d’ailleurs aucun renseignement sur son état antérieur, et à cause de son état de dépression et d’un mauvais état général, nous avons pensé que le sérum artificiel par son action tonique, pourrait être utile. L'’améliora-

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tion physique et mentale s’est produite rapidement et nous croyons qu'il faut en attribuer une certaine part au sérum. Dans la rechute, l'amélioration s’est produite très rapidement et il n’y a pas eu lieu d’y avoir recours.

OgsenvaTion IX. (/nédite.) (Service de M. Rousset.)

Lypémanie anxieuse avec stupeur et mauvais état général. — In- Jections de sérum. — Amélioration rapide. — Rechute traitée à nouveau par le sérum. — Encore en traitement.

X..., charpentier, 28 ans, entré à l’Asile, le 12 mai 1900, en état de lypémanie anxieuse. Pendant les trois jours qui ont précédé son entrée, le malade est parti subitement et sans motif de chez lui, refusant de parler ou de répondre. Il a parcouru les rues de Lyon sans savoir où il allait. Il voulait sortir tout nu et s’est jeté sur une jeune fille qui n’a été sauvée que grâce à l’arrivée opportune de personnes voisines,

On ne possède aucun renseignement sur les antécédents héréditaires ou personnels du malade.

Examen à l'entrée. — L'état mental du malade est celui d’un lypémaniaque stupide. 11 ne répond pas aux questions qu’on lui pose et reste absolument inerte et indifférent à tout ce qui se passe autour de lui, ne prononçant pas une seule parole. Pas la moindre réaction mimique, pas de changements dans la physionomie, en rapport avec les idées qui peuvent naitre dans son cerveau. Les yeux sont sans expression, vagues, ne réfléchissant aucune impression intérieure, si fugitive soit-elle. .

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