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État physique. — Mauvais : l’aflaiblissement est très marqué et le malade, incapable de se tenir sur ses jambes, se laisse trainer, sans opposer la moindre résistance, ni essayer ce faire le moindre mouvement. L'examen somalique est rendu, à ce moment, à peu près impossible. ;
APPAREIL DIGESTIF. — L'haleine est fétide, la langue est sèche, les gencives fuligineuses. Le ventre n’est pas douloureux, à la pression, et n’est pas ballonné. Le foie et la rate paraissent normaux,
Coeur. — Les battements sont réguliers, bien perçus,
quoiqu'un peu faibles. Le pouls est régulier, un peu dépres-
sible : on ne note pas d’arythmie, ni d'accélération.
La température, à l’entrée, est de 38°. Le malade est mis au lit et on lui donne des toniques généraux.
17 mai. — L'état du malade est le même: on arrive à grand peine, à l’alimenter un peu. L'état physique est toujours aussi précaire, l'abattement presqu’aussi marqué qu’à l'entrée : le teint est terreux, les pommettes seules sont un peu rouges. Les urines, examinées à ce moment,contiennent un peu d’albumine. La température est de 36°6.
Devant la persistance ce cet état d’abattement et de torpeur, que nous croyons pouvoir attribuer à un état infectieux antérieur à l'entrée du malade (nous n’avons aucun renseignement sur ce sujet), nous faisons aujourd’hui une injection de sérum de 500 gr.
18 mai. — La température est remontée hier soir à 37°2 et ce matin elle est à 3608. L'asthénie est moindre, les yeux sont moins perdus dans le vague. La tension sanguine paraît se relever.
L'examen du système nerveux fait à ce moment dénote un état d’hypo-esthésie. La réaction à la piqüre est très diminuée : cela tient probablement à une réceptivité moindre des centres nerveux. Le malade réagit cependant un peu plus vivement
aujourd’hui lorsqu'on enfonce le trocart dans les muscles de la cuisse pour lui faire une injection. Les réflexes rotuliens sont également, un peu diminués. L’auscultatiou du poumon n’est pas encore possible, cependant nous ne croyous pas qu’il y ait des lésions notables, car la sonorité est égale des deux côtés, et le malade n’a ni toux, ni expectoration.
Injection de 500 gr. de sérum artificiel.
92 mai. — On donne, le 20 et le 21, deux lavements de sé-: rum de 300 gr. qui ont été bien conservés. Malgré l’administration de stimulants généraux et du sérum, la température était hier scir à 36°? et ce matin à 6° 4.
L'état mental du malade est cependant meilleur. La censcience revient peu à peu et le malade reconnaît les personnes qui l’approchent: il est moins déprimé, boit bien et urine bien.
Il ne se rend pas compte de l'endroit où il est : il y a bien quelques éclaircies, mais le malade ne peut pas encore nous donner de renseignements utiles sur son internement.
. On fait une nouvelle injection de sérum artificiel (500 gr ).
23 mai. — Le malade aujourd’hui est beaucoup plus lucie; il nous raconte qu'avant son centrée, il se sentait malade et qu’il est parti subitement de chez lui pour venir à Lyon. Depuis ce moment, il ne se rappelle pas ce qu’il est devenu. La température maintenant oscille autour de 37°. On fait une dernière injection de 250 gr. de sérum artificiel et le lendemain on. donnne deux lavements de sérum de 250 gr.
31 mai. — On note une amélioration considérable. L'état général est bon et le malade se lève. Son état mental s est en: même temps beaucoup modifié. Le malade reconnaît qu'il aété fou et qu’il ne savait pas ce qu'il faisait. Ses conceptions son: nettes et précises. à
. Il'existe encore cependant. Ho idées de tristesse qui Liennent à ce qu’il se voit maintenant à Bron. Il sé lamente un : peu d’avoir rendu ses parents malheureux ct veutleur demander pardon.
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Iroconte qu’il a eu du rhumatisme, il y a déjà longtemps :
il était sujet à quelques douleurs dans les membres. Il est im-
possible de savoir si une maladie infectieuse nette a été la
cause des troubles mentaux qui ont nécessité son internement:
Yat-il eu d'autre part des excès alcooliques ? C’est ce qu’on ne sait pas. Te 5 a
Le malade reste ainsi Dean dote jours, paraissant aller beauconp mieüx, puis, sans qu’on puisse en savoir Îa £ause, il se produit une rechute, et l’état de lypémanie an- xieuse reparait à peu près aussi marqué qu’au moment de l'entrée. De nouveau, les idées deviennent confuses, la torpeur ‘intellectuelle reparait en même temps que l'état physique suit une évolution rétrograde parallèle, ke | . L'état saburral est revenu, la température est ésbrment montée et oscille autour de 38°.
8 juin. — On fait aujourd'hui une injection massive de sérum -artificiel (1 litre). :
14 juin. — La Au du malade pendant ces cinq jours a oscillé autour de 38°, pour retomber à la normale. On a fait, à titre de stimulant, deux injections de sérum caféiné de 500 grammes (caféine. 25 centigr.), Le malade répond un peu, mais est très anxieux et demande qu’on lui coupe la tête. L'examen fait à ce moment ne révèle pas de troubles. somatiques. Les “urines ont repris un peu d’ albumine, elles sont claires et abondantes. On met le malade au régime lacté absolu et on le purge à trois reprises successives pour faire disparaître l’état saburral persistant.
21 juin. — Les idées lypémaniaques sont presque aussi marquées, mais il semble cependant que la rechute s’achemine vers la guérison. Les réponses sont plus faciles, l’état général lui-même évolue et très probablement d'ici à quelques jours l’état mé ancolique va disparaître. On fait encore aujourd’hui une injection de sérum à titre de stimulant (300 gr.),