‹ Du sérum artificiel en aliénation mentaleChapitre 29 sur 35 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

On sait depuis longtemps combien est complexe la pathogénie des maladies mentales. Si les perturbations intellectuelles héréditaires ou acquises jouent un rôle considérable en aliénation, si le terrain, en un mot, favorise pour une grande part l'apparition de la folie, il ne fait cependant pas tout et pour que les troubles psychiques se développent, il faut un autre facteur qui, surajouté, vienne faire pencher la balance du côté le plus faible. Ce facteur est souvent l'infection ou l’intoxication. Qu'il vienne du dehors ou du dedans, il agit en favorisant l'apparition des symptômes psychiques et souvent en les créant de toutes pièces. Il est donc de la plus haute importance de chercher à éviter toutes les causes infectieuses ou toxiques et, lorsqu’elles existent, de les faire disparaître le. plus tôt possible.

Le sérum artificiel répond d’une façon parfaite à cette dernière indication. On admet qu’en produisant le lavage du sang, il le débarrasse ainsi de tous les produits hétérogènes et diminue leur action néfaste

en les diluant et que d’autre part, par le coup de fouet qu’il donne à l'organisme, il favorise sa réaction dé- ‘fensive et lui permet de lutter avec avantage. |

Les résultats obtenus par nos prédécesseurs, ceux que nous avons obtenus nous-même, viennent justement montrer tout le côté pratique de cette médication. A R

C’est surtout dans les cas où une maladie aiguë infectieuse a été la cause de la folie que le sérum artificiel agit le mieux. Nos essais dans ces cas (bronchopneumonie, scorbut, puerpéralité) sont des plus encourageants puisque, sur quatre cas, nous avons eu trois guérisons. Les symptômes psychiques apparus avec la maladie infectieuse ont disparu avec elle.

Le sérum artificiel nous paraissait indiqué dans ces divers cas tout d’abord par la rareté des ürines (obs. III et IV), par l’état d’anémie et de dépression physique et mentale (obs. IT), par l’état fébrile avec infection générale. En provoquant la décharge urinaire, en excitant notre malade et en le débarrassant de ses toxines, nous avons vu l’état physique se modifier peu à peu en même temps que l’état mental recevait lui aussi une action bienfaisante.

Dans notre première observation, le cas paraissait désespéré car l’on avait affaire à une broncho-pneumonie grave. Nous avons appliqué à la pathologie mentale cette méthode déjà suivie avec succès en médecine générale par MM. Bosc etVedel (1), Reynaud (2),

(1) Bosc et Vedel. — Rev. de Médecine, 1897, p. 888. (2) Reynaud. — Trait. de la pneumonie par la saignée et les injections de sérum. Soc. Thérap., 25 octobre 1899.

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Michel (1) et nous avons obtenu non seulement la guérison de l8 maladie pulmonaire mais encore la guérison des troubles psychiques. Deux mois après son entrée, le malade pouvait être rendu à la liberté.

Dans l'observation IV nous avons à faire à une folie post-grippale et post-puerpérale qui, comme telle, paraissait devoir donner les meilleurs résultats, A l'entrée on constate un état général médiocre, de l’oligurie et de la constipation et les troubles mentaux remontent déjà à deux mois et demi.

La malade est à peu près consciente et est plus neurasthénique qu’aliénée. Sous l'influence du sérum nous avons obtenu une amélioration physique rapide et si l’état mental s’est peu modifié nous avons eu cependant là un résultat qui n’est pas négligeable.

Si nous rapprochons nos observations de celles publiées antérieurement, nous voyons que les résultats sont très encourageants et que les chances de succès seront d'autant plus grandes que l’on pourra agir plus tôt.

L'observation V concerne une malade qui a de la sénilité précoce et qui, sous une influence mal déterminée, peut-être la privation, a pris des symptômes de psychose surajoutée.

Elle à des hallucinations et des illasions et un état voisin de la confusion mentale. L'amélioration, à la suite du traitement par le sérum, a été rapide et paraît dû en grande partie à la méthode.

(1) Michel.— Trait. des pneumonies et broncho-pneumonies graves par la saignée, les injections de sérum et l’enveloupement frrid. Gazette des Hôpitaux, 1900, n° 45.

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