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Ce résultat, isolé il est vrai, semble cependant venir confirmer jl’opinion émise par M. Jacquin que, chez les chroniques mêmes, tels les déments séniles, les persécutés, les maniaques, chez lesquels il se produit des poussées délirantes surajoutées, on pourra peutètre avoir recours au sérum avec quelques chances de succès.
Chez les deux malades alcooliques (obs. VI et XIV), que nous avons eu l’occasion de soigner par le sérum artificiel, nous avons obtenu, dans les deux cas, une amélioration rapide de l’état physique, une urination abondante, la disparition de la fièvre. L'état mental ne s’est amélioré que lentement, mais il faut reconnaître que ces deux malades se livraient depuis longtemps à la boisson , l’une d’elles présentaient un gros foie alcoolique, l’autre avait déjà fait un séjour antérieur à l’Asile et avait présenté des troubles paralytiques d’origine alcoolique. Néanmoins, dans ces deux. cas, l’élat physique est devenu rapidement satisfaisant et a permis la guérison dans l’un d'eux. L'autre malade, qui présentait des eschares, a été améliorée momentanément et n’est morte que quelques mois après par suite d'affaiblissement progressif.
Il est donc très probable que le sérum a permis la survie.
Si nous rapprochons ces deux observations de celles. de M. Jacquin et de M. Cullere nous voyons qu’en somme les résultats que nous avons obtenus ne sont pas défavorables et qu’il est à espérer que, lorsque l'intoxication alcoolique sera récente,on pourra obtenir rapidement la guérison des troubles psychiques en
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soumettant les malades au traitement par les injections sous-cutanées de sérum artificiel.
M. Masbrenier, qui a eu l’occasion de soumettre à cette médication trois malades en état de délirium tremens, a obtenu, grâce à elle, une guérison rapide.
On a donc là un moyen de guérir presque à coup sûr des malades en état de délire d’origine alcoolique et qui a l’immense avantage de ne pas ajouter de nouveaux toxiques à l'organisme.
Nous avons essayé notre méthode chez plusieurs lypémaniaques (obs. VIT, VIII et IX), encouragé à le faire par les publications de Chéron et de M. de Fleury qui,dans les états de dépression ont obtenu parfois les meilleurs résultats, grâce au sérum artificiel, et, d’autre part, parce que, par leur état, ils se rapprochaient beaucoup des malades sous le coup d’une infection ou d’une intoxication.
Après quelques injections nous voyons la température abaïissée revenir à la normale (obs. IX), la tension sanguine se relever, la sensibilité et les réflexes reparaître, les fonctions digestives se réveiller et la sitiophobie disparaître, enfin l'état de torpeur se dissiper. L'un des malades est en bonne voie de guérison ; les deux autres,presque complètement guéris,ont présenté une rechute que l’on a traitée à nouveau par le sérum. Si la guérison se produit, ce qui est probable, sera-telle définitive. Il est impossible de l’affirmer car, de par leur état mental, ils paraissent devoir rentrer dans une catégorie spéciale d'individus chéz lesquels les troubles mentaux sont fréquents et qui présentent des symptômes d'aliénation sous un prétexte quelconque.
Nous croyons donc que la rechute est indépendante du sérum et ne peut pas lui être reprochée.
Le sérum artificiel, en tous cas, agissant Surtout à titre de stimulant, paraît avoir donné des résultats appréciables et que l’on doit retenir.
Enfin nous avons employé le sérum dans quelques cas qui,quoique n'étant pas nettement infectieux,semblaient cependant par leur délire de confusion se rapprocher le plus des états d'infection. Les injections paraissaient encore indiquées par l'insuffisance urinaire, l’état saburral, la sitiophobie.
L'état général s’est assez rapidement modifié, les urines sont devenues claires et abondantes, lalbumine a disparu, la langue s’est débarrassée de son enduit et l'appétit est revenu. Quant à l’état mental, ilne paraît pas avoir été sensiblement amélioré.
- Ce résultat qui, au premier abord, paraît être médiocre,tout au moins au point de vue des modifications des troubles psychiques, mérite encore d’être interprêté.
Tout d’abord la notion étiologique est mal connue ou n'est pas nettement infectieuse, dans l’un des cas des contrariétés semblent avoir joué un grand rôle sur l'apparition des idées délirantes. D’autre part le casier mental, si l’on peut s'exprimer ainsi, n’est pas absolument pur, et l’on est obligé d'enregistrer des bizarreries de caractère datant de l'enfance, bizarreries héréditaires ou acquises à la suite d’une fièvre typhoïde, ou d’une grande frayeur.
Le sérum, dans ces divers cas, nous paraissait surtout indiqué par l’état physique du maladeet, selon nos