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espérances, il y a toujours eu une amélioration appréciable de l’état général. C’est là un résultat sérieux, qui permet de mettre le malade dans les meilleures conditions pour l’amélioration de son état mental.
De ce que tous les états de confusion mentale ne guérissent pas nécessairement par le sérum, il ne faut pas en conclure qu’il est inutile, et nous continuons à croire néanmoins avec nos prédécesseurs, que ces états en bénéficieront considérablement dans tous les cas où la notion étiologique infectieuse ou toxique sera nettement définie et de date récente.
Les deux cas de mort que nous avons observés ont trait à des malades arrivés à l’Asile en état de misère physiologique marquée. L'un des cas se rapporte à une mélancolique avec confusion mentale, albuminurie et sitiophobie chez laquelle les règles ont provoqué un état infectieux marqué. Sous l'influence des injections de sérum, la température est tombée et l’amélioration s’est produite; puis quelques jours après un phlegmon diffus se déclare etla malade meurt.
L’autrea trait à une alcoolique invétérée qui, d’abord améliorée, retombe quelques mois après et meurt par affaiblissement progressif. Ces deux cas, dont la mort s'explique facilement, ne peuvent donc pas être imputés au sérum.
En résumé, dans tous les cas où nous avons employé le sérum artificiel, nous avons obtenu comme résultats constants une amélioration physique maärquée et dans quelques cas, ceux plus nettement infectieux, la disparition des troubles psychiques. Les injections de sérum ont constamment rendu l’urina-
tion normale, car, si l’on se le rappelle, la plupart de. nos malades avaient de l’oligurie et parfois de l’albuminurie. De plus, on a vu sous leur influence les fonctions digestives se régulariser, et la sitiophobie disparaître, les eschares se modifier, l’état général devenir rapidement meilleur et permettre dans certains cas une survie manifeste.
Quant à l’état mental, s’il n’a pas toujours été complètement modifié, la guérison définitive s’observe cependant dans plusieurs cas, dans ceux où le rapport étiologique infectieux ou toxique est étroit.
Nous tenons à insister avec quelques détails sur les modifications urinaires que nous avons constamment observées dans nos recherches, car c’est là le résultat le plus constant et le plus satisfaisant. |
L’insuffisance urinaire que nous avons constatée dans plus de la moitié des cas a été pour nous l’une des meilleures indications du sérum artificiel et nous avons vu régulièrement l’amélioration physique et souvent mentale se produire dès que les urines étaient devenues normales. L’albuminurie que nous avons trouvée accompagnant presque toujours l'oligurie, a disparu sous l’influence du sérum et paraît être plutôt une indication qu’une contr’indication.
On voit donc quelle importance il y a à examiner scrupuleusement les urines des aliénés et à surveiller les divers émonctoires chez ces malades.
« Nous pouvons, dit M. le professeur Pierret (1), par. l'examen des urines, acquérir des idées très vraisem-
-(4) Voir Charrin et Desgrez. — Action des solutions minéralisées sur l’organisme. Arch. de Phys., 1896, p. 780.
blables sur la composition des humeurs qui baignent les éléments anatomiques d’un sujet donné,
« Nous savons que la cellule fatiguée s’empoisonne elle-même et peut mourir tuée par ses propres produits si les opérations de voirie cérébrale sont entravées de quelque façon. » &
L'examen qualitatif et quantitatif des urines révèle ainsi souvent un défaut d'élimination qui disparaît après l’application d’un traitement rationnel et permet d’obtenir parfois des guérisons miraculeuses.
Eufin, rappelons à la fin de ce chapitre que dans les états de mal épileptique, où M. Jacquin et nous-même avons essayé les injections de sérum artificiel, nous avons vu le nombre des crises diminuer rapidement
en même temps que l’obnubilation et le coma disparaissaient. Ce résultat encourageant fait penser que l’on pourra à l’avenir les utiliser avec avantage chez les épileptiques en état de crises subintrantes.
De ce que le sérum ne donne pas toujours la guérison de l’aliénation mentale, il ne faut pas en conclure
que c’est, une méthode vaine et inutile. Les modifications de l’état général que l’on peut. toujours obtenir ne sont pas négligeables puisque l’on a vu souvent l'é- .tatmental-subir une amélioration parallèle et que l'on sait maintenant que les aliénés délirent parce qu’ils sont malades. Il y a donc intérêt à les guérir. physiquement, puisque c’est souvent aussi les guérir men- .talement.’,,