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En procédant ainsi, presque toujours, les lavements ont été complètement absorbés.
Le rectum est une bonne voie d’absorption médicamenteuse, qui a été de tout temps utilisée en médecine. Trop largement employée sous Louis XIV, que M. Dujardin-Beaumetz appelle plaisamment le règne du lavement, cette voie d'absorption toute naturelle tomba un instant dans l’oubli, malgré les résultats positifs obtenus par Helvétius au début du xvirte siècle. Il n’y a que quelques années que l’on a songé de nouveau à l'utiliser.
M. Condamin, chez les enfants, la préfère de beaucoup à la voie sous-cutanée pour l’administration médicamenteuse et M. Chantemesse, à la suite de nombreuses expériences, a pu se convaincre que l’absorption par la muqueuse intestinale, se fait aussi facilement et aussi rapidement que par le tissu cellulaire sous-cutané. Quant aux effets produits, ils lui ont paru être les mêmes qu'avec l'injection hypodermique.
M. Pauchet (1) recommande les lavements d’eau salée chaude (500 gr. d'emblée, puis de 200 à 400 gr. toutes les 3 heures, suivant la tolérance). M. Morange estime que la plupart des effets obtenus avec la solution physiologique intra-veineuse ou hypodermique peuvent s’obtenir avec le lavement d’eau salée. M. Camescasse (2) va plus loin ei attribue la même valeur aux Jlavements d’eau simple, mais M. Le Gendre fait remarquer qu’il y a lieu de distinguer entre les lave-
(1) Pauchet. — Bull, médical, 1897, no 9,8.
(2) Camescasse, Morange, Le Gendre. — Soc. de thérap., nov. 1898,
ments d’eau et l'introduction rapide d’une grande quantité d’eau dans l’économie par voie intra-veineuse ou sous- cutanée.
Si l'absorption pour les substances alimentaires est encore discutée à l’heure actuelle, il n’en est pas de même pour l’eau et les sels; or le sérum artificiel n’est pas autre chose qu’un peu d’eau distillée et de chlorure de sodium.
De plus, cette absorption est rapide et l’on a là un moyen excessivement commode de donner du sérum artificiel à des malades.
Nous avons été encouragé à utiliser la voie rectale après la publication de la thèse de M. Louis Lépine (1), inspirée par M. le professeur Poncet et nous croyons que les injections intra-rectales de solutions salines peuvent rendre des services signalés.
Nousavons obtenu desguérisons par ce moyen, mais pour l'utiliser avec fruit, il faut bien se rendre compte de la façon dont les malades tolèrent et absorbent les lavements de sérum; d'autre part, après une série d'épreuves qui seront restées sans résultat, il ne faudra pas hésiter à employer la voie hypodermique qui, chez quelques-uns de nos malades où nous avons eu recours successivement aux deux méthodes, nous a donné des résultats immédiats alors que les injections intra-rectales n’avaient produit aucune modification.
Aussi nous sommes-nous servi de préférence de la voie sous-cutanée pour expérimenter le sérum en alié-
| (1) L. Lépine. — Injections intra-rectales de sol. salines. Th. de Lyon. 1899.
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nation mentale, cela dit sans préjudice pour la valeur des injections intra-rectales qui ont fait leurs preuves dans différents services lyonnais.
Injections sous-cutanées. — On ne compte plus maintenant les instrumerts proposés pour pratiquer les injections sous-cutanées. On peut en trouver une description déjà très complète dans les thèses de MM. Bôureau (1) et Desmons (2).
Beaucoup d’autres ont été imaginés depuis. Nous ne rappellerons ici que les plus usuels. On pourra se servir soit d’une simple seringue de Roux, soit d’un trocart fin de Potain que l’on mettra en relation, par le moyen d’un tubeen caoutchouc, avec un entonnoir en verre ou une seringue à hydrocèle soigneusement désinfectés.
On pourra encore se servir d’un matras ou d’une bouteille graduée de 500 gr. que l’on obture au moyen d’un bouchon en caoutchouc muni de deux tubes, l’un
plongeant au fond du vase, l’autre affleurant le bouchon : au tube long on adaptera un tube en caoutchouc
muni d’un trocart en métal destiné à être insinué dans les tissus; le tube court sera coiffé d’une soufflerie destinée à injecter de l’air dans le matras et à exercer -sur le liquide une pression suffisante pour le faire pénétrer dans les tissus. Le tout sera bien entendu préalablement stérilisé par l’ébullition.
(1) Boureau, — Technique des inject, de sérum artificiel. Th. de Paris, 1898.
(2) Desmons.— Inject. salines intra-veineuses et sous-cutanées.Th, Paris, 1898.
. Enfin signalons, pour terminer, l’appareilque M. Bérard a présenté tout dernièrement au nom de M. Lumière à la Société des Sciences médicales de Lyon.
C’est un ballon à deux tubulures que l’on remplit de sérum avant de le placer dans l’autoclave pour en stériliser le contenu. Les tubulures sont bouchées avec du coton, maintenu en place par un procédé très simple. Une fois le ballon stérilisé, il peut être conservé uu temps indéterminé. Pour s’en servir, il suffit d'adapter à l’une des tubulures un tube en caoutchouc muni de l'aiguille à injecter, de le renverser et de le maintenir à une certaine hauteur pour pratiquer l’injection. Cet appareil est des plus pratiques et d’un prix de revient tout à fait minime.
Manuel opératoire des injections sous-cutanées.
. Le manuel opératoire est des plus simples. Voici notre façon de procéder.
. Après désinfection soigneuse à l’éther et à l'alcool de la face externe de la cuisse, nous enfonçons profondément dans les muscles aiguille ou le trocart et nous faisons pénétrer lentement le liquide. Cette méthode nous a paru plus rapide que l'injection dans le tissu cellulaire sous-cutané, Les muscles ‘de la cuisse se laissént facilement distendre ‘par le liquide qui est ensuite absorbé et entraîné lentement dans le torrent
circulatoire,