S PRÉTORIENNES
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7 oN
La date correspond au 1° juin de l’an 184 de Jésus- Christ.
Chacune de ces deux inscriptions est une dédicace au génie d'une centurie. Elles sont conçues presque dans les mêmes termes; elles portent les noms des mêmes consuls, et sont, par conséquent, de la même année, l’une du 1“ mai, l'autre du 1‘ juin, elles ont donc été gravées à un mois de distance. Toutes ces circonstances, jointes à leur provenance et à la mention des evocati, démontrent d'une manière certaine qu'il s’agit de troupes prétoriennes, et l’on peut même en conclure, avec une grande vraisemblance, que les deux cenliuries en question appartenaient à la même cohorte. Ces deux inscriptions ont une réelle importance pour le sujet qui nous occupe, et présentent des particularités sur lesquelles il est indispensable de fixer l'attention.
D'abord la première nous montre d'une manière positive qu’il n’y avait pas, dans les troupes prétoriennes, de titre de médecin au-dessous de celui de médecin de cohorte, puisque nous y trouvons une dédicace faite par une centurie qui, après avoir nommé son commandant, ses evocali et ses soldats, mentionne le médecin, non pas de cette centurie, mais de la cohorte à laquelle appartenait cette centurie. Il est donc certain, par cette intervention du medicus cohortis dans une fraction de cette cohorte, qu'il n’y avait pas de médecin de centurie, et que tous les médecins de cohorte avaient le même titre et, sans aucun doute, le même grade. Voilà des faits très-importants qui me paraissent acquis à la science d’une manière incontestable.
Nous observons, en outre, que le médecin est men-
tionné dans la première inscription et ne l'est pas dans la seconde, bien que toutes les deux aient le même objet et soient conçues dans les mêmes termes. Ce fait est trèsremarquable. Il nous apprend, en effet, une des parlicularités les plus essentielles de l’organisation du service de santé; c’est-à-dire que la distribution du service médical dans les cohortes se faisait par centuries. Or, les centurions mentionnés dans les inscriptions n°* 8 et 9, étant au nombre de sept, il en résulte que les cohortes de vigiles, et sans doute aussi les cohortes prétoriennes et urbaines, étaient divisées en sept centuries comprenant chacune environ deux cent vingt-cinq hommes, d’où l'on peut conclure que, parmi les quatre médecins de chacune de ces cohories, trois étaient chargés du service de deux centuries, un, probablement le moins ancien, du service d’une seule centurie. Ïls n’en étaient pas moins de même grade, puisqu'ils portaient tous également le même titre de medicus cohortis ; ils ne différaient que par leur rang d'ancienneté, et c’est sans doute ainsi qu'on les a classés dans les inscriptions dont il s'agit.
Il résulte, en outre, de ces circonstances et de ces observations que les médecins militaires ne faisaient point, comme chez nous, partie. de l'état-major de la cohorte ; mais qu'ils étaient inscrits et immatriculés dans une des centuries qui étaient confiées à leurs soins, et que c'était dans celte centurie qu'ils recevaient leur subsistance et leur solde, au même titre et de la même manière que les sous-officiers ou principales. Seulement, inscrits comme militaires dans les cadres d’une seule centurie, ils étaient réellement, comme mé-
decins, attachés aux deux centuries dont la santé leur était confiée. |
Telles sont les conséquences qui me paraissent se déduire naturellement de l'examen et de l’analyse comparatifs de ces deux inscriptions; elles nous révèlent clairement la situation des médecins militaires dans l’armée; et, sous ce rapport, ces deux documents sont peut-être les plus importants de tous ceux que j'ai pu réunir. e
La partie du monument sur laquelle étaient gravés les noms des evocati, des soldats et du médecin dont il est question dans l’inscription n° 13 a ëté perdue, et l’épistyle sur lequel est gravée cette inscription est actuellement placé sur un autre ædicule. |
Je dois rappeler que la seule inscription mentionnant un médecin d’une des cohortes urbaines est celle de Lyon, reproduite plus haut (n° 2), et donnant à ce médecin le titre de castrensis. Mais tout ce que j'ai dit au sujet des cohortes de vigiles et des cohortes prétoriennes s’applique également aux cohortes urbaines, dont la constitulion était en tout semblable à celle des cohortes dont je viens de parler.
Nous arrivons maintenant au corps de cavalerie désigné sous le nom d’equites singulares, et qui faisait partie de la garde des empereurs. Nous avons une seule in- * scriplion qui mentionne, avec une très grande probabilité, un médecin de ce corps de troupes. Je dis avec une très-grande probabilité, parce que, bien que l'inscription ne soit pas explicite à cet égard, il vient naturellement à l'esprit que le décurion Ulpius, qui l’a fait graver en reconnaissance de sa guérison, avait dû s'adresser
au médecin du corps dans lequel il servait, pour recevoir ses Soins.
No 45,
AESCVLAPIO. ET: HY GIAE. M. VLPIVS. HO NORATVYS. DEC.
EQ. SING. IMP. N PRO SALVTE. SVA SYVORVMQVE. E'.
L. IVLI. HELICIS. ME DICI QVI CVRAM MEI DILIGENTER EGIT SECYNDVM. DEOS V.S. L.L. M.
Æsculapio et Hygiæ. M(arcus) Ulpius [lonoratus, dec(urio) eq{uitum) sing(ularium) Imp'eraloris) n(ostri), pro salute sua suorumque et L(ucii) Iuli(i) Helicis, medici, qui curam mei diligenter egit secundum Deos, v(otam) s{olvi) l(ibens) l(ætus) m{erito).
Cette inscription a été copiée à Rome, au musée du Vatican, par M. Léon Renicr, qui me l’a communiquée. Elle se trouve dans les recueils de Muratori (4) et d’Orelli (2). M. Léon Renier pense que les noms du décurion permettent de l'attribuer avec certitude au règne de Trajan. On sait, en effet, que ce prince portait les noms de Marcus Ulpius, comme l’auteur de cette inscription. |
(1) Novus thesaurus inscripl. veler., p. 20, n° 2. (2) N° 1576.