‹ Du Service Hospitalier: Dans les Guerres Terrestres et MaritimesChapitre 12 sur 52 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des aides-volontaires et des Sociétés de secours.

Dans le Souvenir de Solférino, M. H. Dunant dépeignait l'insuffisance du personnel sanitaire ; aussi se demandait-t-il s’il n’y aurait pas moyen « de créer des sociétés volontaires de secours qui auraient pour but de donner ou de faire donner en temps de guerre des secours aux blessés (1). »

Ce fut sous l’inspiration de ce grand philanthrope que la Société Genevoise d'utilité publique voulut soumettre la question à un Congrès.

M. Moynier, président de cette société, dans la séance ordinaire du 9 février 1863, proposa la formation de sociétés permanentes de secours avec mission, en temps de paix, de préparer les moyens propres à venir en aide sur le champ de bataille

(1) Dunant, Souvenir de Solférino, p. 150.

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aux blessés et à recruter les personnes désireuses d'apporter leur concours pour le rétablissement des victimes du combat.

Cette proposition fut acceptée; mais il fallait que par voie diplomatique on arrivat à la faire accueillir parles différentes puissances.

Les promoteurs, MM. le général Dufour, Moynier, Maunoir, Appia et surtout M Dunant purent, grâce à leurs démarches, adresser, le 1# septembre 1863, aux sommités médicales ou militaires, une invitation à une conférence internationale.

Cette conférence, qui devait se réunir à Genève le 26 octobre 1863, avait pour but de délibèrer sur. les moyens d’adjoindre des corps d'infirmiers volontaires aux ‘armées belligérantes et sur le moyen de remédier à l'insuffisance du service sanitaire pendant la guerre.

M. Dunant fut envoyé à cette époque à Berlin où avait lieu un Congrès international de statistique qui dura du 4 au 12 septembre 1863. Il fit part de son vœu consistant en ce que le Congrès prononçat une parole d'intérèt et de sympathie pour la cause dont il était le représentant.

Le docteur Basting, rapporteur de la quatrième section (statistique sanitaire et mortuaire compare de la population civile et militaire) engagea les membres, au nom du Comité de Genève, à prendre part à l'assemblée projetée (x).

(1) Sur tous ces points voir Lueder, doc. eif., p. 62 ets.

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Trente-six représentants des différents Etats de l’Europe répondirent, en effet, 4 l'appel et aû jour fixé eut lieu la première séance, dans Ja salle de l’Athénée, à Genève.

L'ouverture des délibérations fut faite par le général Dufour, président. Après un long discours où il fit valoir les bienfaits d’une entente internationale sur les propositions qui allaient être soumises, il donna Îa présidence à M. Moynier qui lut le texte du projet de Concordat (2),

Tous les congressistes, animés des meilleures intentions, furent unanimes 4 reconnaître l'utilité d'encourager le service hospitalier, mais ils ne furent pas d'accord sur les moyens à prendre pour arriver à une augmentation de secours. |

Certains délégués, et en particulier le docteur Lôffler, représentant du Ministère de la guerre de Prusse, prétendirent que l’assistance sur le champ de bataille devait être laissée seulement aux Gouvernements. D’après Lôffler, l’immixtion des secourezrs volontaires occasionnerait une difficulté et de satisfaire aux besoins matériels et de créer un stimulant pour l’espionnage,

Le représentant du Ministère de la guerre fran-

çais, l’intendant de Préval, ne voulait point que

les aides volontaires pussert faire partie’ du service de santé militaire; ils devaient seulement

(1) Lueder, loc, cit, p. 67.

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