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(2) Voir le Journal des Débats du 17 mai 1897. (3) Lettre du correspondant du Daily Chronicle à la
directrice de l’ambulance de Volo dansle Messager d’Athènes du 2/14 mai 1897.
L'église de Grizovali, contenant des blessés, fut incendiée par les Turcs (1). Les chefs de l’armée ottomane, tout en déplorant ces faits, étaient obligés d’enconvenir. Le chef d’état-major Seyfoullah- Pacha, auquel un des attachés militaires des ambassades européennes faisait constater ces destructions lui répondit : « Que voulez-vous, j'en suis désolé, mais c’est une habitude que nous ne pouvons faire perdre à nos soldats ; ils se battent bien, mais ils détruisent tout (2). »
On peut encore signaler le bombardement de Phôpital d’Arta, sur lequel flottait le drapeau de la Croix-Rouge. Il faut cependant observer que le ministre des affaires étrangères de Turquie protéstaténeroiquement., mel comitéroitoman ‘du Croissant-Rouge transmitsa déclaration au comité internationalde Genève danslaquelleilest dit«que les autorités militaires n'avaient aperçu nulle part, dans le rayon de leurs opérations, le drapeau de la Croix-Rouge et que, d’ailleurs, l’action de l’artillerie ottomane avait été dirigée contre les fortifications seulement (3)»,
Ajoutons qu’à Salonique, on a pu constater parmi les prisonniers grecs plusieurs infirmiers
{) Voir Messager d'Athènes, 24 mais juin 1897.
(2) Paroles rapportées par le correspondant du Journal dans un article intitulé « La légende du bon Turc », le 3 Juillet 1897.
(3) Bulletin international des Sociétés de la Croix-Rouge,
juillet 1897, p. 163.
auxquels les Turcs avaient eu la précaution de découdre et d'enlever les brassards (1). C'était la une violation de l’article 2 de la Convention d’après lequel les membres du personnel sanitaire ne peuvent être faits prisonniers de guerre.
Du côté des Grecs, l’organisation du service des ambulances au début de la guerre laissait a désirer (2) ; il s’est amélioré par la suite, on a installé dans les villes des hôpitaux militaires où, grâce au dévouement des médecins civils et des dames grecques, les blessés ont été bien soignés. Le gouvernement avait, en outre, organisé des bateaux-ambulances pour le transport des blessés des frontières ‘aux villes (3) "Ear CiorcRouge grecque ne semble pas avoir eu beaucoup de blessés turcs à soigner, mais ceux recueillis par les ambulances helléniques, surtout dans la région d’Epire, ont été soumis aux mêmes traitements que les blessés nationaux (4).
Dans la guerre hispano-américaine de 1898, les belligérants ontobservé dansla mesure du possible la Convention de Genève. On ne cite ni violation de neutralité à l’égard du personnel sanitaire, ni actes de cruauté contre les blessés. A un moment,
(1) Voir Messager d'Athènes 3/15 mai 1897.
(2) Voir le journal Z Temps, numéros des 24 avril et 10 mal 1897.
(3) Voir le Journal des Débats, numéro du 20 mai 1897.
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on crut que les Espagnols avaient mutilé les blessés américains, mais devant leurs protestations les médecins américains reconnurent à l'examen des cadavres que c'était simplement l'effet de balles tirées parles fusils en usage chez leurs adversaires.
Les services sanitaires étaient mal organisés dans les deux pays, surtout en Amérique, si bien que les généraux signèrent une pétition demandant le rapatriement de l’armée, réduite à l’impuissance par la malaria (1).
Arrivons à la guerre qui ensanglante actuellement. l'Afrique du Sud entre P Angleterre et le Transwaal. Disons tout d’abord qu'il s’agit bien ici d’une guerre internationale, à laquelle on doit appliquer les lois de la guerre. Sans doute, l’Angleterre prétend bien à un droit de suzeraineté sur la République Sud-Africaine, qui résulterait du traité du 3 août 1881, remplacé par celui du 17 février 1884, mais elle-même, après avoir voulu considérer son expédition comme la répression d’une simple révolte de $es sujets, a dû adresser fin novembre 1899, aux diverses puissances, une notification de guerre internationale (2).
Elle voulait ainsi pouvoir valider la visite du Cordoba, navire français, arrêté le 13 novembre par un croiseur anglais comme soupçonné de
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a EEE transporter de la contrebande de guerre dans la baie de Delagoa.
On doit donc appliquer au conflit actuel les dispositions de la Convention de Genève, puisque les deux parties y ont adhéré, ainsi que l'Etat libre d'Orange (1).
Comment ces dispositions ont-elles été observées ? C'est en Ces matières que l'éducation morale et la discipline des troupes peuvent avoir suivant leur développement ou leur insuffisance, les meilleurs résultats comme les plus déplorables, ainsi que le montre la comparaison entre la conduite des Anglais et celle des Boërs.
Ceux-ci combattent uniquement par nécessité pour leur indépendance; ils sont imbus par leur forte éducation religieuse des séntiments-de/la morale chrétienne et s’acquittent de leur pénible
(1) L’annexion proclamée le 28 mai 1900 pour l'Etat d'Orange et le 1° septembre pour le Transwaal, ne soumet pas moins l’Angleterre à l’observation de cette Convention. Cette annexion est un acte unilatéral, qui ne peut se baser, ni sur la volonté des habitants, ni sur la conquête, car, peut-on dire qu’au point de vue des faits, le pays était suffisamment soumis par les Anglais pour qu’ils fussent autorisés à s’en considérer comme maîtres réels et effectifs ? (Voir Mérignhac: Les pratiques anglaises dans les guerres terrestres, R. D. I. P.,t. VIII, mars-avril 1901, p. 94 et suiv.) En tous cas, les armées britanniques ont le devoir moral de se conformer aux principes, qui dans cette Convention, relèvent du droit humain, alors même qu'il ne faudrait considérer les Boërs que comme des insurgés.