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est très désagréable, violente et grossière, elle insulte les infirmières et frappe l’une d'elles d’un coup de pied au ventre. Elle sort guérie le 26 mars 1932.
Elle retombe, il y a un an, à la suite de chagrins et d’ennuis, et entre le 22 juin 1934 prenant cette fois un gramme d’héroïne par jour.
Malaise et manifestations névropathiques — exigence — cris — gémissements et réclamations réapparaissent au cours de cette deuxième cure.
Elle vomit, mais surtout les derniers jours. (Ce qui est anormal).
Les vomissements sont liés à une dilatation énorme de l’estomac, qui est plein de liquide, ne se vide pas et est le siège d’un clapotis considérable. La radiographie montre un estomac invraisemblablement allongé et distendu, descendant dans le petit bassin:
Le malade sort cependant guérie le 30 juin, n’éprouvant plus aucun besoin de stupéfiants, mais ayant encore un régime très sévère à suivre en raison de son
affection gastrique.
Vile OBSERVATION. — Tr.., Félix, 24 ans. Garçon de restaurant.
Héroïnomane nasal depuis 1929, à la dose d’un gramme par jour.
À été désintoxiqué en décembre 1933. La cure a été douloureuse et s’est accompagnée de vomisse-
ments pénibles et de céphalées atroces.
PU (nu
Deux mois après, retombe dans un milieu de toxicomanes et reprend de la drogue.
Porteur d’un gramme d’héroïne, il est arrêté par la police et est sevré en prison. Cure très pénible.
A sa sortie, il contracte de nouveau sa fâcheuse habitude et, le 2 juillet 1934, sa mère l’amène dans le service.
Sort le 10 juillet complètement guéri. N’éprouve plus la sensation de besoin et promet de ne plus
recommencer.
VIIIe OBSERVATION. — Ba..., Charles, 44 ans, Journaliste.
Héroïnomane nasal à la dose journalière de 0,50. A fumé l’opium au Caire, il y a douze ans, par curiosité.
À été désintoxiqué, il y a six ans à Toulouse.
Les souvenirs de cette cure lui sont pénibles : vomissements douloureux — céphalées — angoisse — insomnie — abattement et amaigrissement.
Quelques semaines après, profondément déprimé, reprend de la drogue : Trouve un médecin complaisant pour lui fournir une moyenne de 120 à 140 ampoules ‘par semaine.
Entre dans le service le 3 juillet. La cure est normale. Il sort le 11 juillet reconnaissant et étonné de
n’avoir presque pas souffert.
NO
IXe OBSERVATION. — Pr, Renée, 45 ans.
Infirmière.
A fumé lopium, il y a douze ans, en Egypte, à la suite du prosélytisme de ses amis.
A été désintoxiquée plusieurs fois par la méthode dégressive, qui l’a faite beaucoup souffrir, et qu’elle a trouvée trop longue et exigeant trop de sacrifices de la part des malades.
Entre le 3 juillet 1934. La cure a été difficile, car la malade a présenté pendant son séjour un point appendiculaire qui a retardé sa sortie
Sort quinze jours pli tard, ne sentant plus le besoin de la drogue et entre dans un service de chi-
rurgie.
Xe OBSERVATION.— Fo, Solange, 30 ans.
Ménagère.
Héroïnomane nasale — 1 gramme par jour depuis deux ans, par entraînement.
N'a jamais été désintoxiquée. Entre le 7 janvier 1935. Cure parfaite en quatre jours. Sort guérie
complètement le 11 janvier.
XIe OBSERVATION. — Pas, Donald, 36 ans.
Musicien.
Vieux chloralomane. Entre le 21 janvier 1935 à l'Hôpital Henri-Rousselle et en sort guéri le 24, ayant
gagné deux kilogrammes.
RE, pare
XIIe OBSERVATION. — De, Albert, 44 ans.
Employé de commerce.
Envoyé de la province par son médecin parce qu'il prend chaque jour trois à quatre ampoules de Pantopon. Il a contracté cette fâcheuse habitude en 1922, à la suite de douleurs d’origine tabétique.
À été désintoxiqué en 1923, en maison de santé, et trouve que la cure a été fantaisiste. Après un séjour de trois mois, il continuait à prendre de la drogue.
Est entré dans le service le 25 janvier 1935. A vomi et se plaint d’avoir souffert surtout de la région de l’hypocondre gauche.
I] quitte le service le 9 février, ne se sentant plus le besoin de prendre de la morphine. Sa famille vient le chercher et se propose de le faire séjourner pendant quelque temps dans une maison de repos de la pro-
J vince. Ce que nous ne saurions lui déconseiller !
XIIIe OBSERVATION. — Ai, Renée, 28 ans.
Artiste chorégraphique.
Héroïnomane — chaque jour, se faisait une injection de 1 gr. par voie sous-cutanée.
À commencé il y a quinze mois, à Ja suite d’ennuis d’ordre sentimental. Entre dans le service le 7 janvier 1933 et en sort le 15 janvier.
La cure n’a pas été trop pénible, malgré l’existence
NOR ts
d’un point appendiculo-salpingien avec légère défense de la fosse iliaque droite.
En sortant, a rassemblé ses impressions sur une feuille de papier qu’elle remet à la surveillante :
« Voici en un mot, écrit-elle, la définition de ma cure. J’ai souffert énormément le premier jour, surtout de la tête, des jambes et du ventre. Mais au bout du troisième jour, je me suis sentie bien mieux. J’ai pu me lever malgré qu’étant bien faible, car j'avais la ferme résolution de guérir. Je suis bien résolue à ne plus recommencer...
Pour maintenant, je souffre encore un peu des jambes et, si on ne me donnait pas de cachet, je ne pourrais pas dormir. Je suis encore très faible et quand je me lève, la tête me tourne et j’ai des frissons. Je crois que c’est le traitement et que je me jrétablirai très vite. J’ai été soignée dans cet hôpital à la perfec-
tion...».
XIVe OBSERVATION. — Le.., Philippe, 46 ans.
Sans profession.
Opiomane. A l’âge de 22 ans, entraîné par des camarades snobs, fume. Episodiquement, prend de la cocaïne, de l’éther. À été guéri plusieurs fois en maison de santé. À toujours retombé parce qu’il se sentait faible lors de sa sortie.
Ces derniers temps, il préparait avec l’opium de
Rae Re
la régie indochinoise une solution concentrée dont il absorbait journellement un certain nombre de gouttes représentant environ un gramme d’opium.
Vient de passer trois mois en maison de santé pour y subir une cure lente. Echec complet.
Le 8 janvier 1935, il entre à l'Hôpital Henri-Rousselle et en quatre jours, la cure est terminée. Au cours de son séjour, il n’a jamais vomi.
Il sort guéri le 14 janvier. Voici ses appréciations :
« Cure commencée le mardi sur très forte dose prise la veille pour la dernière fois. Je ne dirai pas que je suis étonné. J’avais confiance, car c’est ce que j’espérais d’après ce que j’avais entendu dire de la méthode.
J’ai souffert oui, d’une façon supportable et guère plus de 24 heures. Par suite, j’ai été stupéfié de mon état (comment dirai-je) potentiel, comparé à l’effroyable dépression qui a suivi immédiatement chacune de mes désintoxications :
Lassitude générale — dégoût de tout — bon appétit pourtant, comparable aux suites d’une fièvre typhoïde — nécessité d’une canne pour marcher; or, dès vendredi, je me suis essayé et, de suite, j’ai repris mon équilibre et me sens aujourd’hui dimanche, très capable de partir chez moi avec ma valise
à la main ».