‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 24 sur 38 · III. TIGES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

III. TIGES AÉRIENNES

De toutes les tiges qui comptent dans notre matière médicale, une seule, celle de la Douce-Amère se trouve employée entière (écorce et bois) ; dans toutes les autres on se sert seulement de l’écorce ou du bois, mais plus souvent de la première de ces deux parties, qui est généralement de beaucoup la plus riche en principes.

A. Ecorces.

Si l’écorce est généralement la partie la plus active de la tige; il semble que dans cette régdon même, les couches extérieures soient également les plus efficaces; tel est du moins le résultat fourni par des recherches récentes et très-précises que j’ai déjà eu l’occasion de citer et qui sont dues à Howard. Analysant les écorces de C. lancifolia après les avoir divisées en deux parties : l’une, formée des couches extérieures et presque exclusivement cellulaires de l'écorce ; l’autre des couches internes et fibreuses, il obtint :

Pour la première partie Pour la deuxième partie

quinine , 1,18 pour 100

cinchonine..,. 1,02 —

quinine 0

cinchonine.... 0,93 (1)

J’ai dit ailleurs comment les recherches histologiques guidées par ces résultats chimiques étaient venues déceler la présence de cristaux d’alcaloïdes dans les cellules du parenchyme extérieur ; jë crois donc inutile

(1) Howard, loc. cit.

d’insister plus longuement sur l’importante conclusion qu’on en peut tirer relativement à la localisation des substances actives dans les couches corticales.

A . Ecorces contenant des matières oléo-résineuses ou résineuses, des huiles essentielles, etc.

Ecorce de Winter vraie. — Elle est fournie par une Magnoliacée, le Drimys Winteri dans lequel l’examen histologique montre, au milieu du parenchyme extérieur, des amas de grosses cellules oléorésinifères et jaunâtres. Ces amas se retrouvent même dans la zone libérienne et y forment de larges rayons qui donnent à cette partie de l’écorce un aspect strié caractéristique.

Ecorces de cannellacees. — Cette famille fournit les deux écorces de Cannelle blanche ( Cannella alba ), et de Winter fausse ( Cinnamodendron corticosum ). Ainsi qu’il arrive pour les types d’une même famille na turelle, il est aisé d’étabiir une diagnose anatomique commune à ces deux types dans les traits généraux et caractéristique de chacun d’eux. Ainsi, dans ces deux écorces, au-dessous d’une couche de cellules pierreuses, se trouve un parenchyme rempli de grosses cellules oléo-résinifères disposées non plus dans le sens radial comme chez la Magnoliacée précédente, mais selon des lignes concentriques, ce qui permet de distinguer aisément les deux écorces ditesde « Winter »; quelques-unes de ces cellules se retrouvent dans la zone libérienne. Mais, chez le Cinnamodendron , la zone à

cellules pierreuses sera plus large, plus irrégulièrement limitée que clans le Camélia ; la couche parenchymateuse renfermant des cellules à oléo-résine sera au contraire plus étroite que dans ce dernier type (1).

EcoRCEDECAÏL-GEDRA.(^TA«ya Senegalensis). — Le principe résinoïde (Caïl-Cédrine) queM. Eugène Gaventoua extrait de cette Gédrelacée (2) est contenu dans des cellules ■ brunâtres qui s’observent dans la couche des | cellules pierreuses situées au-dessous du suber et dans le tissu libérien.

Ecorce d’Angusture vraie. — Dans cette écorce de Simaroubée ( Galipea offîcinalis ), le microscope montre, dans l’ensemble du parenchyme que recouvre le suber, des cellules d’un diamètre considérable et remplies d’huile essentielle. C’est probablement dans ces cellules qu’est localisé le principe actif, Cusparin ou Cusparine, dont la composition est encore douteuse (3).

Ecorces de Laurinées. — Les différentes écorces de Laurinées groupées sous le nom Cannelles (Cannelles de Ceylan et de Chine, Cassia lignea, écorce de Culilawan, Cannelle Giroflée), doivent leur usage thérapeutique à l’huile essentielle qu’elles renferment, mais le microscope n’a pu jusqu’ici révéler le siège précis de celle-ci, qui semble combinée vraisemblablement avec la matière colorante du parenchyme cortical(4). Aucon-

(1) G. Planchon. Id. , p. 10 et suiv., fig. 282.

(2) Eugène Caventou. Recherches sur le Caïl Cedra, 1859.

(3) Regnauld. Traité de pharmacie de Soubeiran, 8° éd., 1873, p. 531.

(4) Dans l’écorce de Winter on voit parfois des cellules oléo-résinU fères mêlées aux cellules gommeuses.

traire, il a permis d’y constater la présence de ces curieuses cellules g*ommeuses que j’ai déjà mentionnées et qui se trouvent généralement dans la zone libérienne.

Écorce de cascarille ( Croton Elutheriaï) On sait que cette Euphorbiacée présente une odeur aromatique particulière due à une huile essentielle qui se montre sous forme de globules jaunâtres contenus dans de cellules localisées principalement dans la zone parenchymateuse que recouvre immédiatement le suber.

Écorce de copalchi. — La même famille nous fournit le Copalchi ( Croton pseudochina) , écorce dans laquelle nous retrouvons encore les éléments oiéo-résinifères dans le parenchyme cortical, où ils sont mêlés à des cellules contenant de l’amidon et des cristaux d’oxalate de chaux.

La substance active présente une semblable localisation dans le Croton Malambo , dont i’écorce est employée sous le nom de « Malambo » ou de « Palo Matias », et possède une saveur et une odeur très-aromatiques.

B . Ecorces contenant du tannin.

Parmi ces écorces chez lesquelles le principe astringent semble être répandu dans toute la masse tissulaire, je citerai l’écorce de Marronier d’Inde [Œsculus Hippocastanum (1), de Barbatimao ( Pithecolobium

(1) En outre de son tannin particulier, cette écorce contient deux glucosides ( Aesculine et Fraxine).

Avaremontemo et Striphiodendron Barbatimao (1), de Chêne ( Quercvs ), de Lilas ( Syringa vulgaris ), etc.

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