‹ Du siège des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 25 sur 38 · C. Ecorces contenant des alcaloïdes, glucosides, etc · texte numérisé non relu

C. Ecorces contenant des alcaloïdes, glucosides, etc

Les substances actives en raison desquelles certaines de ces écorces occupent une place considérable dans la matière médicale, sont généralement encore mal connues dans leur siège précis, les quinquinas sont presque seuls à faire exception.

Écorces de quinquinas. — Il est impossible, dans un exposé du genre de celui-ci, de décrire les diverses sortes commerciales de quinquinas et de discuter la valeur des différentes espèces de Cinchona auxquelles on les rapporte, questions jadis si obscures, aujourd’hui si bien élucidées, grâce aux travaux de mon savant maître M. le professeur G. Planchon (2). Je dois me borner uniquement à mentionner le siège des alcaloïdes de ces précieuses Rubiacées, et les résultats précédem ment rappelés me permettront de l’indiquer brièvement.

Si l’on examine au microscope une des écorces du commerce, on peut aisément y reconnaître les trois zones suivantes :

(1) Bien que les écorces de Barbatimao comptent uniquement dans la médication astringente, je rappellerai que l’action de la matière tannique y est singulièrement affaiblie par la présence d’un mucilage assez abondant et localisé principalement dans certaines cellules du parenchyme libérien.

(2) G. Planchon. Des quinquinas ( Thèse de Concours ), 1864. — Id. Histoire naturelle des drogues simples , 7 e éd., t. III, 1876. — Id. Art. Quinquina, in Dict. encycl. des sciences médicales, 1873. — Id. Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale ,

t. II, 1875, etc.

1° Une couche subéreuse à cellules aplaties, vides ou remplies d’une matière colorante rouge.

2° Une écorce moyenne , formée d’un parenchyme à cellules étendues tangentiellement et remplies soit d’amidon, soit de cristaux, sur lesquels je reviendrai plus loin; dans ce parenchyme, se voient quelques cellules pierreuses, et vers sa partie interne on observe, surtout chez les écorces jeunes, des lacunes ou plutôt des lati— cifères contenant des sucs propres.

3° Le liber formé de cellules parenchymateuses et de fibres isolées ou groupées entre elles en petit nombre. Des rayons médullaires, de dimension variable, traversent cette zone.

Cette structure est également importante à connaître, soit que l’on veuille distinguer les divers types commerciaux, soit que l’on cherche à préciser le siège des alcaloïdes. Dans la première de ces recherches ce sont les fibres libériennes, M. Weddell l’a montré depuis longtemps, qui devront servir de guides dans la détermination des diverses écorces : courtes, fines, isolées, ou peu adhérentes entre elles dans le C. Calisaya , type des bonnes espèces, elles seront au contraire volumineuses, réunies plusieurs ensemble et très-adhérentes dans le C. pubescens autour duquel viendront se ranger les espèces inférieures. Divers types intermédiaires (C. scrobiculata) pourront d’ailleurs être établis grâce à l’étude de ces mêmes fibres et permettront ainsi une classification anatomique comprenant les Quinquinas les plus répandus.

Quant aux alcaloïdes, on ne devra pas les chercher dans le liber, mais dans ce parenchyme cortical que j’ai signalé comme se trouvant immédiatement au-des-

| sous (le la zone subéreuse. C’est là, dans des cellules j arrondies ou plus souvent polyédriques, que M. Howard a découvert les cristaux de quinine et de cinchonine j dont j’ai déjà fait mention et qu’on observera dans les I couches corticales les plus extérieures , dans celles qui ! seront les moins riches ou tout à fait pauvres en fibres libériennes.

Ecorce défaussé angusture .{Strychnos nux-vomica). — Cette écorce, que les caractères extérieurs joints aux notions fournies par l’examen histologique (cellules pierreuses séparant le liber du parenchyme cortical, etc.) permettent de distinguer aisément de F Angusture vraie, doit son action toxique à la Strychnine et à la Brucine qu’elle contient, et dont la présence (de cette dernière surtout) est facile à reconnaître par la coloration rouge qu’elles prennent en présence de Facide nitrique. Or, quand on touche avec ce réactif la face interne de l’écorce, elle se colore en rouge de sang, tandis que sur la face externe la teinte obtenue est d’un jaune brunâtre ou verdâtre. Il semble donc assez vraisemblable de regarder la couche libérienne comme étant le siège du principe actif ; mais des analyses chimiques convenablement multipliées pourront seules fixer nos connaissances sur ce point, le microscope ne montrant dans les cellules de cette zone que des grains d’amidon, mais nulle trace d’huile essentielle ou de cristaux.

À la suite de ces écorces je me borne à mentionner celles de Frêne ( Fraxinus excelsior) de Garou [Daphné Gnidium ), de Saule (divers Salix), dont les principes actifs ( Fraxine , Daphniner Salicine ), n’ont pu être encore localisés d’une manière précise. Je citerai encore

celle du Cerasus Parlas ou bois de Sainte-Lucie, qui donne (comme les feuilles) de l'essence d’amandes amères et de l’acide prussique par la décomposition d’un glucoside.

B. Bois.

Quant aux Bois, on estime généralement que ceux dont la coloration n’e ! [ as très-marquée possèdent la môme valeur thérapeutique dans toutes leurs parties ; tel est le Quassia amara. Mais, dans la plupart des cas, ce sont les couches du duramen qui sont employées (Gayac, Santal rouge (1)).

Les produits oléorésineux (Santal citrin) résine-ux (Gayac) ou colorants (Santal rouge, Campêche) se trouvent généralement dans tous les tissus du bois (rayons médullaires, puis vaisseaux et libres.

Les principaux détails relatifs à la localisation des principes contenus dans les bois ont été d’ailleurs relatés dans la première partie. (Vaisseaux et Fibres) ; il est donc inutile de les répéter ici et je me borne à les résumer succinctement. Dans les bois de Gayac et d’Aloès, la substance résineuse se trouve dans les cellules des rayons médullaires et dans les vaisseaux; la matière oléorésineuse des Santals et du bois de Rhodes (' Convolvulus scoparius) offre une semblable localisation et la « Quassine » semble répartie dans toute la masse du Quassia amara. Quant aux bois de Santal rouge, de Campêche ( Hœmaloxylon Campechianum ) et du Brésil ( Caesatpinia echinata ), la matière colorante s’y trouve dans les cellules du parenchyme ligneux et

[1) On peut en rapprocher Y Acacia Catechu dans lequel, d’après divers auteurs, le duramen servirait seul à l’extraction du Cachou.

clés rayons médullaires. Parfois aussi, mais plus rarement, elle se montre dans les vaisseaux.

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