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distinguées par leurs fonctions , ou que celte irritation s'est propagée de l'une à l'autre par continuité , en vertu des dispositions particulières dans lesquelles se trouvent les malades, et des eflels que peuvent produire sur eux les circonstances qui les environnent; et, loin que ces témoignages soient les seuls qu'on puisse alléguer en faveur de cette complication de mouvejTiens vasculaires , une judicieuse observation nous en fournit encore de plus certains dans la manière successive dont les symptômes se montrent et se développent.
En effet , que l'ébranlement produit par continuité dans le tissu cellulaire sous-cutané durant le cours d'un érysipèle simple , se convertisse en une véritable inflammation , et de suite l'on voit l'expansion qui tuméfie cet organe changer de nature. Les sucs séreux qui l'abreuvaient disparaissent pour faire place au sang qui vient le pénétrer , et la pression du doigt ne fait plus apercevoir le chorion blanchâtre au-dessous du réseau réticulaire injecté. L'action plus irritante, l'afflux , par cela même, plus impétueux du sang artériel, accroissant rapidement ia turgescence cellulaire, ajoute à la distension des aréoles du chorion , et la dureté de la tumeur devient rénitente , et la douleur, sans cesser d'être cuisante, devient poignante et grayative. La disten-
sîon toujours croissante des cellulosilës qui sont îe siège de rinflammalion exaltant de plus en plus la sensibilité de la partie, la pulsation des artères s'y fait sentir d'une manière pénible, et la dilatation artérielle devient douloureuse par elle-même , soit par l'effet du voisinage des pliénomènes inflammatoires , soit par l'etlet de la propagation de ces pliénomènes sur les parois de ces vaisseaux , et les douleurs pulsatives se joignent aux premiers accidens : c'est ainsi qu'un œil attentif voit le phlegmon venir compliquer rérysipèle,et former ce que l'on a coutume de nommer éïysipèle phlcgmoiieux. Que 1 ébranlement qui colore en rouge le tissu réticulaire pendant qu'une inflammation phlegmoneuse occupe le tissu cellulaire sous cutané , se convertisse lui-même en une véritable inflammation , et l'on verra bieulùt la douleur superficielle, d'abord légère , devenir cuisante, 1 exliaïatioQ et la sufiusion de la sérosité sous l'épiderme donner à la couleur rouge de la tumeur une teinte orangée , l'épiderme se soulever en vésicules plus ou moins grandes ou nombreuses, et tomber en écailles furfuracées dès que le mai commence à peidre de son intensité : c'est ainsi que l'érjsipèle vient s'ajouter au phlegmon , et former ce que les auteurs connaissent sous le uom de phlegmon érjsipélateuoc. Que l'une ou
l'autre tîe ces maladies vienne compliquer l'inrflammalioii des vaisseaux absorbans lymphatiques du cborion et du tissu cellulaire sous-jacent, et bientôt à la douleur aigdë, à la trace rocige et bosselée qui marque le trajet des principaux troncs de ces vaisseaux , aux douleurs et aux gonflemens glandulaires viendra se joindre , si c'est l'ërysinèle , la douleur cuisante de la peau; si c'est le plilegmon légitime , la douleur pulsative et po:gnaale. L'engorgement , pâle et rénitent, prendra promptement une couleur rouge, laquelle disparaîtra dans le premier cas sous la pression du doigt , et ne pourra s'effacer dans le second. Cette couleur rouge , l'unique produit dans le principe d'un ébranlement de continuité qui n'est pas encore inflammatoire , se trouvera bientôt suivie , si l'exaltation des propriétés vitales monte 'm degré de l'inflammation, du travail morbifîque, d'où résulte tantôt l'exhalation de la sérosité , tantôt l'exhalation de la matière puriforme ; et^ d'un côté, la nuance de la tumeur deviendra jaunâtre , l'épiderme se soulèvera sous lorme de vésicules séreuses pour se détacher bientôt en écailles furfuracées; et,, de l'autre côté , des foyers purulens se formeront dans l'épaisseur du derme et des cellulosités sous-cutanées , foyers moins vastes que dans le phlegmon légitime ^ mais beaucoup plus multi-
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plies , parce que les laminules cellulaires , déjà péne'lrées de sucs lymphatiques qui les épaississent et les condensent , se déchirent moins facilement , et que le pus exhalé trouvant plus de résistance , brise et renverse un petit nombre de ces cloisons , et se trouve plutôt infiltré dans ces tumeurs que rassemblé sur un seul point en collections considérables , comme il arrive dans le plilegmon légitime dégagé de tout mélange. Que l'inflammation des vaisseaux absorbans lymphatiques se trouve enfin compliquer à son tour l'une ou Tautre de ces maladies , et les symptômes qui caractérisent celte sorte d'inflammation viendront se joindre aussitôt à ceux qui sont le propre des érys: pèles et des phliginons sanguins dans leur état de simplicité; les glandes du voisinage deviendront ou douloureuses , ou gonflées , quelquefois l'un et l'autre ; des bosselures s'élèveront sur la tujneur et suivront le trajet des principaux troncs lymphatiques; les phénomènes inflammatoires perdront de leur acuité, leur marche deviendra plus lenle^ et, loin de se terminer rapidement par la résolulion, la suppuration ou la production de quelques sérosités, ils laisseront dans la partie une induration toujours difficile à détruire et trop souvent même incurable. Ajoutons encore que rébranlement inflammatoire des vaisseaux ab-
sorbaus lymphatiques du chorion et du tissu cellulaire se propageant également dans cette circonstance à ceux de ces vaisseaux qui rampent dans les réseaux réliculaires , il est rare que les tumeurs nées d'une telle simultanéité de niouvemens vasculaires ne se recouvrent pas d'efïlorescences dartreuses ordinairement assez rebelles: c'est , encore une fois , ainsi que 1 on voit se former les érjsipèles et les phlegmons squirvheux que mentionnent certains auteurs ; c'est ainsi que l'observation nous dévoile la marche et les principaux traits de toutes ces complications.
La fréquente confusion de ces divers élémens inflammatoires n'a pu manquer de répandre du vague dans les descriptions que nous donnent de l'érysipèle et du phlegmon la plupart des auteurs qui ne se sont pas rendu compte des effets de cette sorte d'amalgame. Rien n'est plus commun que de voir figurer dans le tableau de ces maladies des symptômes qu'elles ne présentent jamais dans leur état de simplicité, et dont la présence n'indique autre chose si ce n'est qu'elles sont arrivées à un état composé de plusieurs sortes d'affections. Rien n'est aussi plus commun que de voir attribuer à l'une ou à l'autre de ces maladies des résultats secondaires qu'elles n'offrent jamais que par suite de leur complication entre elles j ou bien avec de cer-
tai'nes lésions spéciales capables d'entraîner ceux de ces résultais qui ne peuvent être les produits de ces deux afteclions. Rien n'est plus commua encore que de voir l'inflammalion des vaisseaux absorbans lymphatiques de l'organe dermoïde méconnue , et re^arde'e , par les observateurs , tantôt comme un dépôt laiteux , tantôt comme un érysipèle rare et singulier, tantôt comme, une fièvre érysipelateuse , tantôt comme un phlegmon , tantôt même comme un squirrhe , suivant l'état de simplicité, le genre de complication , ou l'ancienneté plus ou moins grande que présente cette inflammation , tandis que ces mêmes observateurs ont été jusqu'ici peu frappés des modifications que l'irritation de cette sorte de vaisseaux peut apporter à i'érysipèle et au phlegmon légitimes, lorsqu'une telle irritation vient se joindre à celle des vaisseaux ab-» sorbans artériels , cutanés , superficiels ou profonds , qui constitue ces dernières maladies. Mais les développemens dans lesquels nous venons d'entrer au sujet de l'irritation inflammatoire de chacune des principales branches du système absorbant dermoide , nous apprendront à mieux distinguer désormais , à travers celte apparente confusion de symptômes, ceux qui sont le propre de chacune de ces lésions combinées, et nous permettront de mieux apprécier
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l'influence de ces combinaisons sur la marche , la durée et la terminaison des maladies qui s'ea trouvent spécialement formées.
On peut, an reste , suivre de l'œil les difFérens effets de ces irritations spéciales ^ lorsqu'une solution de continuité met à découvert le derme ou le tissu cellulaire. On peut voir la même plaie tantôt fraîclie et vermeille, tantôt noire et livide , tantôt recouverte d'un enduit jaune ou grisâîre, lanlol unie et superficielle, tantôt inégale et profonde, tantôt promptement cicatrisée, tantôt s'établissant obstinément sur les parties , s'agrandissant même et produisant une véritable perte de substance , suivant que l'inflammation d'où dérive cet ulcère passe elle-même par certaines nuances successives analogues à celles sur lesquelles nous avons précédemment fixé notre attention. On peut remarquer , d un autre côté, que les ulcérations provenant de quelque cause interne présentent les caractères de la cause qui les a déterminées, et maoifeslent par des signes constans quelle est la porlioi) du système absoibant le plusparticulièreineiil lésée dans chacune de ces circonstances ; que , par exemple , à la suite de la dispositiviu inflammatoire propre à faire naître sur la peau des clous , des furoncles , des anthrax, Faspect rouge et granulé de l'ulcération
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qui peut succéder à ces liimcurs , la suppuralion qui s'en échappe , ainsi que la promple cicatrisation qui la termine, indiquent suffisauT ment que les vaisseaux absorbans artériels sont, dans ce cas , l'unique siège de l'irritation ; que l'apparence brunâtre et violacée des ulcères scorbutiques, la tendance de ces ulcères à devenir putrides, ichoreux et sanguinolens , leur difficiieet lentecicalrisation font assez connaître que les vaisseaux absorbans veineux sont ici plus particulièrement affectés, comme les vaisseaux absorbans lymphatiques paraissent l'être d'une manière plus directe dans les ulcères pustuleux , croiliteux , gommeux , miiqueux, calleux , nés sous l'influence des diaihèses vénérienne, herpétique , scrophuleuse , ou se montrant sur les tumeurs des éléphanliasis , ulcères non-seulement chroniques et souvent interminables , mais présentant en outre, pour l'ordinaire , une surface vicieusement absorbante qui détache et résorbe les molécules solides de la partie malade , corrode et ronge lestissus en même temps qu'elle renvoie les funestes produits du travail morbifique local vers les sources de la nutrition et de la vie.
§ VIII. Rapprochement des phénomènes inflammatoires cutanés, et des phénomènes de même nature qui se fixent sur les autres corps membraneux.
Au reste , si la nature expose à nos regards , dans les plaies et les ulcères , les phénomènes que recouvrent et voilent Tépiderme et les parties superficielles des tëgumens dans les tumeurs ërjsipëlaleuses et phlegmoneuses, on peut dire avec autant de vérité qu'elle nous manifeste également, dans celte circonstance, ce qui se passe sur les autres organes membraneux , et particulièrement sur les surfaces muqueuses et séreuses, durant le cours de leurs inflammations. Le derme qu'on irrite , et qu'on fait suppurer à l'aide des épispastiques, n'a-t-il pas, en etTet, la plus grande analogie avec les membranes muqueuses en état de catarrhe? La pellicule cellulaire qui revêt les bourgeons charnus ne se rapproche-t-elie pas essentiellement des membranes séreuses enflammées? Les phénomènes vasculaires ne sonl-iis pas les mêmes , dans les deux cas , sur les unes et sur les autres de ces parlios ? Le premier eft'et de l'irritation n' est-il pas , sur ces membranes, comme sur la peau , l'afïlux plus considérable du sang et des hu-
meurs , la suspeiisloa momentanée de toute exhalation , de toute sécrétion et de toute absorption? la partie malade ne rougit-elle pas à roccasion du passai^e du sang dans des vaisseaux qui n en contenaient pas un instant avant, ou qui n'en rentermaient qu'une quantité beaucoup moindre? Dès que l'irritaliou commence à perdre de son intensité , l'exsudation ou la sécrétion de ces membranes , d'abord suspendue, ne se rétablit-elle pas , comme celle de la peau dans l'érysipèle, comme celle du tissu cellulaire dans l'inflarhniation phlcgmoneuse ? Ne présente-t-elle pas le même genre d'altération que nous avons remarquée dans les produits vasculaires cutanés? Ne ressemble-t-elle pas d'abord aux sérosités érjsipélateuses , et bientôt après aux matières puriformes du vésicatoire et du phlegmon ? Si les ulcérations cutanées se recouvrent d'exsudations albuminiformes , susceptibles de s'organiser en cicatrices , les membranes muqueuses et les membranes séreuses n'ont-elles pas aussi leurs fausses membranes produites en vertu des mêmes lois et par l'action du même genre de vaisseaux ? îl Faut ea convenir; si quelques différences se font apercevoir entre les affections inflammatoires de tontes ces parties , ces différences tiennent plus à la diversité de structure primitivement établie
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claijs chacun de ces lissas qu'à la diversité de nature des vaisseaux qui les composent. C'est parce que les membranes muqueuses et les membranes séreuses sont beaucoup moins épaisses que la peau , qu'on ne voit presque jamais les fluides s'y accumuler en tumeurs circonscrites, comme dans celte dernière ; c'est parce que le tissu cellulaire qui péiiètre et soutient le cliorion muqueux est beaucoup moins abondant , beaucoup moins expansible que celui du chorion dermoïde , qu'on ne voit presque jamais le premier de ces organes être le siège d'engorgemens semblables aux engorgemens phlegnioneux. C'est par les mêmes raisons encore qu'on voit rarement i'inflammaiion se terminer en formant dans l'épaisseur de ces membranes des collections du produit de Firrilation inflammatoire, et que ce produit, déposé à la surface, se confo.id toujours pour nous avec celui de la sécrétion ou de fexbalalion cutanée, laquelle l'entraîne et lui donne , en s'y mêlant , une foule d'apparences diverses , comme on peut en juger par les mucosités jaunâtres, verdâlres , brunâtres , visqueuses des narines , des broacbes , des poumons , des voies intestinales , de la vessie, de l'urètre , ainsi que par les sérosités grisâtres , lactescentes , floconneuses , roussâlres, ichoreuses du péritoine, de la plèvre >
du péricarde; humeurs qui s'e'coulent en abondance au dehors, ou f"ora;ent des ëpanchemens plus ou moins considérables dans les principales cavités, selon la disposition des parties affectées et les fonctions qui leur sont dévolues.
Sans doute , les points d'analogie que nous venons de remarquer ne sont applicables qu'à la circonstance où l'irritation est spécialement fixée sur les vaisseaux absorbans artériels^ seuls vaisseaux de l'économie animale qui s'injectent, dansTinflammalion, d'un sang rougît et vermeil; seuls vaisseaux de l'éconoa^if» animale dont le travail morbifique ait pour re-.uhat la production de la matière puriforme. Mais on n'ignore pas que la pratique offi e des exemples dans lesquels ces vaisseaux, frappés (l'une sorte d inertie, semblent ici , comme sur les léi^umens , ai)aadonner presque toute laction inflammatoire à leurs antagonistes , les vaisseaux absorbans veineux, et que cette disposition fait naîîre des phlogoses violettes , noirâtres et i^^angréneuses , qui exfolient et dénudent les membranes muqueuses dans une étendue, tanlôt limitée, tantôt plus ou moins considérable , ainsi oue des espèces de sidérations qui frappent de mort certains points des membranes séreuses durant le cours des maladies adjnamiques et pestilentielles. On n'ignore pas davantage qu'il se forme parfois, sur
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quelques portions des membranes muqueuses, telles que le cardia , le pylore , le col de la matrice , etc. , des épaississemens chroniques et lardacés qu'on ne peut se défendre de regarder comme le produit de Tirrilalion inflammatoire des vaisseaux absorbans lymphatiques, de même qu'il n'est pas rare de lencontrer, dans les autopsies , les membranes séreuses transformées en un tissu blanc, quelquefois simplement lardacé , d'autres fois entremêlé de petits noyaux osseux ou tuberculeux , indices qui laissent peu d'incertitude sur le siège spécial de l'inflammation dans ces dernières circonstances.
Quoiqu'il soit vrai de dire que l'inflammation peut siéger isolément ^ tantôt sur l'une, tantôt sur l'autre des trois branches principales du système absorbant qui font partie de la texture de ces corps membraneux , tout aussi-bien que du corps dermoide, il n'est pas moins exact de reconnaître qjie la proportion dans laquelle ces vaisseaux s'y trouvent distribués peut influer sur les particularités qui distinguent les inflammations de ces parties, en déterminant l'afilèclion plus fréquente de l'une de ces branches plutôt que de l'autre, ou certaines complications de mouveraensvasculaires, de préférence à d'autres. Cetie réflexion porte surtout sur les membranes muqueuses, d'une organisation pluscom-
pliquëe que les séreuses , lesquelles ne sont , à proprement parler , que de vastes toiles cellulaires. On voit rarement les phlegmasies des organes muqueux déployer le même caractère de simplicité que celles de la peau. Si quelques observateurs parlent de plaques érysipélaleuses se promenant sur les réseaux muqueux , on ne peut douter que le plus fréquemment les causes irritantes ne produisent sur ces organes ce que l'on a coutume de désigner sous le nom de catarrhes jSor le d'affections composées de l'irrilalion et de l'injection sanguine des réseaux superficiels , de 1 irritation des follicules et des glaudules disséminées à la surface ou dans l'épaisseur de ces membranes , en même temps que de l'afîlnx des humeurs lymphatiques vers ces petits organes sécréteurs , d'où résulte l'écoulement abondant et de nature variée qu'on voit toujours accompagner et caraclériser ces phlegmasies. L'irritation ainsi iixée d'une manière simultanée sur les vaisseaux absorbans artériels , et sur les vaisseaux absorbans lymphatiques , non-seulement donne lieu à des phénomènes locaux qui se distinguent par une physionomie propre , mais imprime encore aux phénomènes généraux qu'elle détermine des caractères spéciaux parfaitement saisis par les observateurs, et qui semblent tenir le milieu entre
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l'état de vigueur et d'acuité des maladies sangulues , et l'élat de langueur et de chronicité des maladies lymphatiques.
La différence que nous venons de remarquer entre les inilamniations muqueuses et les inflammations dermoides n'est pas la seule qu'établisse la disposition variée des parties, quoique , au fond , les phénomènes aient toujours leur siège dans le même système de vaisseaux. Loin que ces membranes présentent une surface uniforme dans toute leur étendue, elles reçoivent , au coniraire , dans chaque région qu'elles traversent, des modifications telles que certains aualomistes modernes sont tentés de les regarder pluîot comme une suite départies distinctes et contiguës , que comme uu vaste ensemble lié dans tous ses points , ainsi que paraît l'être le tissu cutané. Les nmqueuses pectorales et supérieures , par exemple , sont fournies d'une proportion beaucoup plus grande de vaisseaux absorbans artériels que les muqueuses abdominales et inférieures , lesquelles reçoivent , au contraire, dans leur texture, beaucoup plus de vaisseaux absorbans veineux. Il est f ;cile d'expliquer , d'après une telle disposition , pourquoi l'aspect , les phénomènes , la marche et la terminaison des inllammations qui se fixent sur ces différentes parties , sont aussi fréquemment
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tllssemblables : pourquoi les phlegmasies des membranes supérieures vivement colorées en rouge , alTeclent une marche plus aiguë que celles des inférieures , et déterminent une abondante exhalation de matière puriforme qui se mêle aux mucosités que rejettent ces membranes , tandis que les phlegmasies des mu-» queuscs inférieures, plus lentes, plus obscures, d'une teinte plus sombre, donnent presque toujours lieu à des produits morbifiques brunâtres , noirâtres et quelquefois sanguinolens j dans lesquels la matière puriforme ne se trouve jamais mêlée, ou se rencontre en si petite quantité qu'on ne peut l'y apercevoir. C'est en considérant une telle disposition qu'on explique pourquoi les phlegmasies des muqueuses supérieures , lorsqu'elles sont assez intenses pour déterminer un ébranlement pyrexique, susci-^tent des mouvemcns qui se rapprochent de ceux de la fièvre inflammatoire que nous avons vu siéger dans les réseaux de vaisseaux absorbans artériels du tissu cellulaire général et sous-culané , tandis que les phlegmasies des muqueuses inférieures, poussées au même degré de violence, entraînent plutôt des mouvemens fébriles qui prennent le caractère des atleclions adynamiques , dont le siège nous a paru se concentrer dans les réseaux des vaisseaux absorbans vei-