‹ Du siége et de la nature des maladies; ou, Nouvelles considérations touchant la veritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 11 sur 19 · IZ · texte numérisé non relu

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neux du tissu cellulaire , et surtout du tissu cellulaire abdominal. Ajoutons encore qu'indépendamment des deux principales divisions que semble autoriser dans les membranes muqueuses la différente proportion dans laquelle s'y distribuent ces vaisseaux , ou y trouve un grand nombre de points qui servent d'aboutissans ou d'origine à de petits systèmes obsorbans dont les propriétés vitales ^ adaptées aux fonctions diverses des organes que tapissent ces membranes doivent nuancer infiniment les phlegmasies qui peuvent y survenir,, ce qu'on ne remarque dans aucune partie des tégumens. Mais quelle que soit la variété des résultats obtenus par la nature à laide des différentes proportions dans lesquelles se trouvent mêlées et distribuées les trois principales branches du système absorbant , à Faide des modifications variées de sensibilité qu'elle leur imprime , on ne peut se dissimuler qu'en dernière analyse, l'action physiologique, ainsi que l'action morbide, n'a réellement d'autre base , soit sur la peau , soit sur les autres membranes, quç les propriétés absorbantes dont se trouvent doués ces vaisseaux , propriétés électives et spécifiques tant que dure l'état de santé , mais que lirritatîon altère d'une manière tellement uniforme , que ces vaisseaux s'emparent alors aY<ic avidité , et s'injectent sans choix des

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iiumeurs avec lesquelles leurs orifices se trou-^ vent en contact. Aussi les caractères par lesquels les médecins distinguent l'inflammation de chacun de ces organes tiennent beaucoup plus à la ditîereule structure qui leur est départie , qu'à la nature intime des mouvemens vasculaires , d'où dérive ce mode d'afifection dans les uns et dans les autres.

Nous venons de voir , en effet, qu'il règne la plus parfaite uniformité dans les mouvemens inflammatoires des corps membraneux déjà soumis à notre examen. Si chacun d'eux , en vertu d'une disposition primordiale, présente un arrangement particulier des parties vasculaires qui en composent la texture intime ; si chacun d'eux présente un mélange différemment proportionné de vaisseaux absorbans artériels , de vaisseaux absorbans veineux et de vaisseaux absorbans lymphatiques ; si les fonctions de chacun de ces organes , d'accord avec les particularités de leur structure , dispose l'une ou l'autre de ces branches vasculaires absorbantes à recevoir plus facilement que les autres l'impression des causes irritantes, il n'est pas moins certain qu'une foule de circonstances individuelles ou accidentelles peuvent indifféremment établir l'irritation inflammatoire sur tous ces vaisseaux , quelle que soit d'ailleurs la diffe'rence

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du tissu dont ils font parlie. C'est ainsi que sur la peau, sur les membranes muqueuses supérieures , sur le tissu cellulaire sous-cutané , sur les membranes séreuses qui reçoivent une quantité prépondérante de vaisseaux absorbans artériels ou exlialans , les inflammations , quoique le plus souvent produites par l'irritation de ces vaisseaux , s'injectant du saiigqui coule dans les artères^ peuvent néanmoins siéger quelquefois, quoique plus rarement, sur les vaisseaux absorbans veineux , lesquels se remplissent alors de sang noir; peuvent d'autres fois se fixer sur les vaisseaux absorbans lymphatiques , lesquels pompent dans ce cas et dévient les sucs déjà dirigés vers le canal tboracique. C'est ainsi que sur les membranes abdominales dans lesquelles prédominent les vaisseaux absorbans veineux ^ les inflammations ordinairement produites par l'irritation de ces vaisseaux peuvent néanmoins abandonner leur teinte violacée pour la couleur vive que détermine l'irritation des vaisseaux absorbans artériels, ou pour la teinte jaunâtre et lardacée qui résulte de l'irritation des vaisseaux absorbans lymphatiques; et si nous poussions nos recherches jusqu'aux men-branes fibreuses, nous verrions également que sur ces membranes, en grande partie formées de vaisseaux absorbans lymphatiques , les phénomènes

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inflammaloires, quoique le plus souvent bornes à celle portion du système absorbant , quoique ne produisant , pour l'ordinaire , dans le rhumatisme , que la déviation et l'épanchement do sucs albuminoso-gelatineux , quoique ne produisant dans la goutte que répanclienient d'humeurs de même nature ^ mêlées à des particules terreuses et calcaires, sans aberration du fluide sanguin, peuvent néanmoins , dans quelques circonstances très-rares, se fixer sur les vaisseaux absorbans artériels , ou même sur les vaisseaux absorbans veineux , comme l'indiquent dans ces circonstances et la teinte rouge différemment nuancée qui se répand sur les parties affectées, et la différence des produits que détermine rinflanimation ^ cl la diflérence tout aussi marquée des accidens qui l'accompagnent. Il n'est pas, au reste, de tissu membraneux dans le corps humain qui ne puisse présenter ces trois modes d'inflammation, parce qu'il n'en est probablement pas qui puisse entièrement se passer de l'une et de l'autre des trois fractions du système absorbant , siège constant de ces phénomènes. L'anatomie pathologique en reconnaît même des traces jusque s;:r les tubes artériels et veineux , dont la sensibilité a été le sujet d'une si grande fluctuation dans les opinions des physiologistes et des Tnédecins.

On sait aujourd'hui que , quelles que soient les variétés de structure qui distinguent les parois artérielles des autres membranes , quelque isolées que soient ces parties des influences extérieures , il est pourtant des circonstances capables de déterminer dans la texture déliée dont elles se composent des phénomènes tout-àfait semblables à ceux que nous avons vu l'inlîammalion développer dans les autres corps membraneux. Les mouvemens inflammatoires qui s'établissent d'ordinaire sur les parois des artères y produisent une rougeur bien moins légère et superficielle, que très-^vive, très-foncée, très-profonde , rougeur tantôt accompagnée d'une exhalation de matière puriforme , sans doute balayée par le courant sanguin , a mesure qu'elle se produit à la surface , où rarement il est possible d'en apercevoir des vestiges après la mort j mais retenue dans les cellulosités intérieures où nous la trouvons arrêtée et , pour ainsi dire, combinée avec le tissu très-épaissi de ces organes , tantôt accompagnée de l'exhalation d'une lymphe coagulable et adhésive, absolument semblable, et par ses qualités et par ses effets, à l'exsudation qui sert de base aux fausses membranes , aux brides cellulaires , aux cicatrices des tissus muqueux , séreux et der-t Tpoïde. Nulle part, même, ce mode infi9,n,i,^

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maloire n'est plus frappant, n'est plus simple, n'est plus exempt de complicalion. C'est ce procédé de la nature qui est ici plus directement , plus évidemment , que partout ailleurs , le premier agent réparateur; c'est cet épanchement lymphatique qui réunit les extrémités du vaisseau divisé, et qui, s'élendant à sa membrane interne , devient la base de l'adhérence finale. C'est au moyen de cet épanche^ ment que les parois des artères pi({uées se referment et se réunissent ; c'est à i aide de ce procédé qu'une artère irritée par la compression se remplit , s'oblitère , et peut se convertir avec le temps en un cylindre plein , celluloso-fîbreux (i). Mais tandis que ces parties affectent une si grande tendance à l'inflammation adhé-» sive, nous devons avouer qu'elles se trouvent si rarement exposées à l'inflammation gangreneuse , qu'à peine en pourrait-on découvrir un, exemple dans les recueils d'anatomie pathologique. Cela ne tiendrait-il pas à ce que les artères, destinées à de continuels rapports avec le sang rouge , possèdent dans leur organisation capillaire une très-grande proportion de vais-» seaux absorbans artériels , pendant que les vais-

(i) Traité des Maladies dçs artères et des veines par Uogdson , I. i.

seaux absorbans veineux y sont , au contraire, ireF-rdres ? Telle est, du moins, l'induction naturelle qui résulte du point d'observation que nous venons de rappeler. Mais, quoi qu'on doive penser de cette exception à la loi générale , toujours est-il certain qu'elle ne porte que sur les vaisseaux absorbans veineux , et non sur les vaisseaux absorbans lymphatiques contenus en assez grande quantité dans les artères , comme îe prouvent les altérations qu'on rencontre si souvent dans le tissu de ces vaisseaux, altérations sourdement établies , lentement développées, dans lesquelles les capillaires sont injectés de sucs grisâtres, jaunâtres et osseux; altérations qui nous indiquent suffisamment, par leur mar-; che et par leur nature, que les mouvemens vascuîaires qui leur ont donné naissance ont eu lieu dans la seule portion du système absorbant exclue par sa position de tout rapport direct avec l'une ou l'autre espèce de fluide sanguin.

D'autre part , on n'ignore pas que la même lumière [qui vient d'éclairer les modernes sur les altérations infiammaloires des artères s'est également répandue sur celles des veines. L'anatomie pathologique a singulièrement multiplié de nos jours les exemples de ces dernières aft'ections , beaucoup plus fréquentes qu'on ne se rélait figuré d'abord. On a pu reconnaître^

à l'aide des autopsies cadavériques plus soigneur sèment exécutées, non-seulement la présence de ces lésions sur ces organes , mais encore les caractères qui les distinguent des lésions de même nature fixées sur les artères ; on a pu reconnaître leur moindre tendance à la terminaison adhésive , leur marche, en général , plus lenle, leur facilité plus grande à devenir gangreneuses , facilité relative , toutefois , et qui ne paraît telle que par comparaison hTinapti-tude des artères pour une semblable terminaison. Il arrive , en effet, de rencontrer dans les parties frappées de gangrène les tuniques des veines devenues noires et se déchirant facilement , en même temps que ces vaisseaux con^ tiennent de la sanie (i) , ce qui paraît n'avoir jamais été remarqué sur les parois artérielles , d'après le témoignage de M. Plogdson. Ne semble-t- il pas naturel d'attribuer de telles puances de vitalité développées dans les inflammations de ces deux ordres de vaisseaux , à ce que , tandis que les premiers reçoivent, dans leur texture intime, une proportion plus grande

(i) Voyez le Mémoire déjà cité de M. Ribes , Mém. de la Société médic. d'Èmul. , t. vni. Voyez aussi les notes dont M. Brcschet a cnriclii sa tiaduction de l'ouvroge de Hogdson.

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de capillaires absorbons artériels , les seconds en coiilieiinent un plus grand nombre d'absorbans veineux ? Mais celle proportion n'est pas telle qu'on ne puisse voir assez fréquemment les veines exposées à l'inflammation aiguë, dont le siège se trouve dans les vaisseaux absorbans artériels, à i'inflammation qui colore les surfaces d'un rorjge vif, et donne pour produit la matière puriforme; et si l'on ajoute que ces vaisseaux peuvent aussi se convertir en un tissu épais, gris , blanchâtre et fibreux , dont le-^éveloppement se fait d'une manière insensible et lenle, ne trouvera-t-ou pas dans ces dispositions une nouvelle preuve que ces parties membraneuses sont , comme celles que nous venons de passer en revue , susceptibles de devenir le siège des trois modes d'inflammation qui dépendent de l'irritation fixée tantôt sur l'une , lanlot sur l'autre des trois principales branches du système absorbant , en rapport soit avec le sang rouge, soit avec le sang noir, soit enfin avec les humeurs lymphatiques? Au reste, nous ne craignons pas de le répéter^ il n'est pas de tissu membraneux dans l'économie animale qui ne puisse offrir ces trois modes inflammatoires, puisqu'on en pourrait même retrouver les caraclères sur le périoste dans un certain nombre de circonstances.

§ IX. De l'Inflammation dans les vaisseaux absorbans artériels du parenchyme pulmonaire.

Si telle est la nature spe'ciale et le siège constant des phénomènes inflammatoires dans les membranes, on ne doit pas s'attendre à leur trouver une nature et un siège dilTërens dans les parenchymes composes des mêmes élémens organiques. Il n'est besoin , pour s'assurer de rentière analogie de ces sortes de phénomènes dans ces ditlérenles parties, que d'examiner allentivement les inlîammalions qui se fixent sur les poumons. Ces inflammations pourront devenir le type de toutes les autres de même espèce , comme les phlegmasies cutanées et cellulaires viennent de nous en servir pour les ■inflammations membraneuses. Aucun organe intérieur ne s'enflamme , en efl'et , plus souvent et plus facilement que le poumon. 11 n'en est aucun de plus exposé aux irritations directes de l'extérieur, soit par l'air qui le pénètre sans cesse et qui peut l'irriter au moyen des changemens brusques de température, soit par les substances hétérogènes dont cet air peut étro le véhicule et l'introducteur. D'où vient que nulle partie de l'économie animale ne peut s'engorger avec autant de promptitude , ne peut

acquérir un aussi grand volume et un excès de pesanteur aussi considéiable en si peu de temps? Doit-on attribuer cette élonnanle rapidité de l'er)gorf,'ement inflammatoire à ce que ce viscère reçoit à lui seul autant de sang que tout le corps ensemble ? Sans doute que celte raison mérite d'être prise en considération ; mais est -elle vraiment la seule qu'on puisse trouver de cette singulière disposition ? Les ramifications artérielles et veineuses sont , il est vrai , Irès-divisces et très-multipliées dans le tissu pulmonaire ; mais le témoignage de plusieurs grands analomisles nous donne la certitude que ces deux sortes de vaisseaux s'anastomosant ensemble , forment un canal continu , dans lequel la circulation n'est jamais interrompue tant que rien ne trouble les baltemens réguliers du principal agent circulatoire ; mais ces analomistes ont observé , sur des êtres vivans , le passage du sang de l'un à l'autre de ces vaisseaux sur l'organe même qui nous occupe. Tout se bornerait donc à la stérile progression du fluide sanguin à travers cet organe, si ces ramifications artérielles et veineuses n'étaient ellesmêmes plongées dans une masse de ceilulosités composées de cloisons diaphanes , dans la texture desquelles entre , comme base principale , une multitude infinie de vaisseaux absorbans.

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chargés ici , comme par-tout ailleurs, de l'elaboratioa qui préside à l'entretien de la vie. Ces vaisseaux retirent de l'air introduit dans les vésicules puhuonaires certains principes qu'ils vont mêler au sang ponr lui rendre d'éminentes qualités vitales; ces vaisseaux sont ici , comme par-tout ailleurs, les instrumens et le siège de cette circulation capillaire qui fait mouvoir les fluides , indépendamment de 1 impuLion du cœur , et hors du cercle circuktoire sanguin; ces vaisseaux agissent ici , comme par-tout ailleurs , eu vertu du mode de vitalité qui les caractérise, et que les moindres irritations altèrent et dénaturent ; ces vaisseaux s'implantent ici , comme par-tout ailleurs , aux parois artérielles et veineuses , ainsi qu'à toutes les auli«€S surfaces ; en un mot , ces vaisseaux se trouvant ici dans une situation relative tout à-fait semblable à celle que nous avons reconnue dans les autres parties aux vaisseaux du même système, il est naturel de penser que leur irritation doit y produire des phénomènes analogues à ceux qui constituent l'inflammation dans les corps membraneux, phénomènes distingués des précédens par quelques nuances tenant à la texture , à l'organisation, à l'usage des parties, plutôt qu'à la nature spéciale des mobiles vaisseaux qui les produisent.

Aussi , peut-on dire avec assurance que la péripneumonie n'est qu'un vaste phlegmon dégage' des entraves que le cborion cutané met à l'expansion inflammatoire du tissu cellulaire. Dans l'un et l'autre cas, les altérations locales présentent des apparences semblables; dansl'un et l'autre cas, le travail morbifîque a les mêmes résultats; dans l'un et l'autre cas, les mouveniens généraux de sympathie se rapprochent par* un grand nombre de caractères. 11 est vrai que, dans celte affection profondément située , il ne nous est plus permis de voir naître et se développer , de suivre de l'œil , en quelque sorte , dans leur marche successive, les nouveaux mouvemens vasculaires qui s'établissent. Mais, au défaut des observations auxquelles se refuse la nature vivante , l'anatomie pathologique nous fournit un certain nombre de données propres à justifier de tels rapprochemens. On ne retrouve plus , en efiél , à la suite de la péripneumonie , cet orgaue celluleux , mou , léger, crépitant , grisâtre , dont tous les points sont perméables à l'air durant la santé. Mais les poumons ne sont plus alors qu'une masse pesante, charnue , rouge, compacte, comme celle du foie, du moins dans les parties qui ont été le siège de la maladie. Or, d'après cette disposition , n'est-il pas évident que ce viscère, éminemment absor-

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bant , se comporte , dans les inflammations , comme le tissu cellulaire sous-cutané ? N'est-il pas e'vident que les innombrables lacis de vaisseaux blancs et pellucides qui forment les cloisons de ses ceilulosilës se sont remplis de sang par l'cflttde l'inflammation , comme ceux qui forment les cloisons cellulaires s'injectent de ce liquide dans le phlegmon ? C'est pour celte raiso-n , sans doute, qu'il n'est besoin que d'une macération plus ou moins prolongée pour délayer et faire sortir ce sang nouvellement introduit dans ces vascularités absorbantes , et rendre au parenchyme pulmonaire sa légèreté et sa perméabilité naturelles. D'un autre coté, quoiqu'il semble, au premier aspect , qu'il sufîirait de plonger le scalpel dans cette masse rouge et solide pour en faire ruisseler le sang , les incisions qu'on y pratique ne donnent pourtant issue qu'à des humeurs blanchâtres et puriformes que la pression fait surtout couler eu assez grande abondance. Peut-on se refuser à reconnaître , dans cette dernière circonstance , un nouveau point d'analogie entre l'inflammation du tissu pulmonaire et celle du tissu cellulaire sous-cutané, puisque dans les deux cas on retrouve le pus exhalé dans des aréoles formées par des cloisons auparavant minces et diaphanes, et maintenant épaisses et colorées en rouge ?

Que si la maliùre purulente se trouve rare-^ ment rassemblée dans de grands foyers à la suite delapëripneumonie, comme on le voit presque toujours arriver à la suite du phlegmon , il est trop évident que cette légère di».semblance ne peut se rapporter qu'à la structure particulière de la partie , pour qu'il soit possible d'en rien préjuger contre l'identité de nature des vaisseaux mis en action dans les deux cas par l'irritation inflammatoire. Cette matière, épanchée dans les celluîosités pulmonaires , trouve une multitude d'issues naturelles qui la conduisent dans les bronches , d'où nous la voyons sortir avec les mucosités dès l'instant que le violent étal de spasme et de constriction qui marque les premiers temps de l'inflammation , commence à diminuer. Ces sortes de voies sont si faciles qu'elles ne sont jamais entièrement fermées , même pendant la durée du premier temps de la maladie , comme le prouve le sang qui vient teindre les crachats à celte époque , et qui arrive d un certain nombre de ces celluîosités dans lesquelles ce liquide se trouve épanché par suite des premiers efforts de l'absorption vicieuse qui vient de s'établir. On conçoit que , dans un organe construit de la sorte, le pus trouvant une multitude de points d'écoulement ne doit presque jamais faire effort contre les parois qui le

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renferment , d'où il rësulle que ces cloisons cellulaires conservent leur intégrité' , et qu'il ne se produit pas de ces sortes d'excavations dans lesquelles se trouvent rassemblées les collections purulentes , dernier terme des plilegmons ordinaires.

Il faut dire aussi que les poumons n'offrant rien , dans leur structure , qui remplace les liens fibreux dans lesquels le chorion cutané retient et captive le tissu cellulaire, la turgescence inflammatoire peut s'y développer sans contrainte. La sensibilité des portions vasculaires enflammées ne s'y tix)uve pas accrue hors de certaines proportions , ne s'y trouve pas exaspérée par les compressions , les tiraillemens , les résistances que doit produire , et que produit , en efFet , le chorion dermoïde ^ ce qui maintient la douleur locale de l'inflammation péripneumonique dans un degré de modération rarement suivi de la déchirure et de la destruction des tissus. Cette dernière modificalion organique , ainsi que la précédente, sont les deux principale» causes qui font que , dans la plupart des autopsies cadavériques pratiquées à la suite des péripneumonies , les poumons ne se trouvent presque jamais que dans un étal phlegmoneux commençant, connu des médecins sous le nom ôHhépatisation; état qui n'eût été qu'une altération très - légère s'il

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