‹ Du siége et de la nature des maladies; ou, Nouvelles considérations touchant la veritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 14 sur 19 · DES M V L A D I ES. /^S · texte numérisé non relu

DES M V L A D I ES. /^S

à des mouvemens réguliers qui ne peuvent ni s'altérer ni s'interrompre sans un imminent danger pour la vie , sans une profonde perturbation de l'économie amniale? Il est évidunt que cela ne peut être, et que le système absorbant possède seul les propriétés et les attributions d'où peuvent dériver les phénomènes que développent ces dispositions.

Au reste, les hémorrha£[ies actives siégeant sur la branche du système absorbant particulièrement appliquée à la sanguification et aux exhalations nutritives , présentent seules les doubles mouvemens dont nous venons de parler, et les présentent dans des proportions diverses entre eux. Tantôt les réseaux répandus sur les diirérentes surfaces acquièrent sur ceux qui sont spécialement chargés de l'hématose une prépondérance telle que la quantité de sang entraînée au dehors excède de beaucoup la quantité qui s'en trouve formée , et , dans ce cas, les hémorrhagies,quoiqu'offrant tous les caractères de l'activité , quoique naissant sur des sujets jeunes et pléthoriques, devienne l funestes par répuisement des forces; tantôt , au contraire, la prépondérance d'action est plus considérable dans les premiers réseaux que dans les seconds , et , dans ce cas , les malades semblent toujours regorger de sang, malgré des effusions sanguines

fréquemment renouvelées. G est surtout sous 1 influence de cette dernière disposition que naissent les hypertrophies du cœur et des organes musculaires , les hémorrhagies iutersticielies qui éteignent plus ou moins rapidement la vie dans les viscères parenchymateux , ainsi que les complications de l'état inflammatoire qui viennent quelquefois ajouter de grandes douleurs à ces maladies.

2°. Des Hémorrhagies passives , ou de sang veineux.

Mais, indépendamment de ces sortes d'hémorrhagies qu'on a coutume de nommer actives , en raison des circonstances qui paraissent les préparer et des accidens qui les accompagnent, il en estd'autresqui reconnaissent des causestoutà-fait opposées , et présentent une série de symptômes qui les distinguent essentiellement des premières. Une conslilution faible , un régime débilitant, des veilles prolongées, des maladies de longue durée , particulièrement des affections chroniques des viscères de l'abdomen , des passions trisles semblent disposer de préférence au genre d'effusion sanguine dont il est ici question. Le caractère particulier de ces effusions est de n'être précédées, la plupart du temps, d'aucune excitation générale ou locale préliminaire, ni

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par conséquent d'aucune congestion sanguine dans la partie où elles doivent s'élabiir j de n'y point déterminer de picotement ou de sentiment d'ardeur , de ne point montrer d'inégale répartition de chaleur comme les hémorrliagies actives. La pâleur de la face, la faiblesse du pouls, la chute rapide des forces , les fréquentes lipothymies accompagnent , au contraire , ces hémorrhagies , leur impriment un cachet particulier , les rendent inquiétantes et trop souvent même funestes. Le sang qui s'écoule possède rarement ses qualités naturelles , et surtout ne possède jamais les qualités du sang artériel : il est noirâtre ou pâle et aqueux ; il se coagule difficilement, et sea)bîe , dans certains cas, avoir subi quelque commencement de décomposition.

D'un autre côté , les principales affections avec lesquelles on voit ces hémorrhagies s'associer sont des fièvres adynamiques , la peste, la fièvre Jaune , le scorbut , le squirrhe du foie , l'ictère ; et les espèces de poisons qui déterminent des accidens analogues aux symptômes dominans dans ces dernières maladies, c'est-à-dire la prostration des forces, un surcroît de bilescence , des ecchymoses, des tâches gangreneuses , la gangrène profonde des parties lésées et (les viscères, sont également celles qui deler-

minent des écoulemens souvent ialarissables d'un sang noir et fluide , écoulemens qui présentent les mêmes caractères que ceux qu'on reconnaît à ce nouveau genre d'hémorrhagies , désignées aujourd'hui sous le nom à'hémorrhagies passives.

Des analogies aussi multipliées et aussi frappâmes entre ces effusions sanguines et les maladies que nous avons vu siéger dans la portion du système absorbant directement en rapport avec les veines , doivent nous laisser peu d'incertitude sur les organes qui peuvent en être les instrumens et se trouvent mis en jeu pour les produire et pour les entretenir; avec d'autant plus de raison que nous ne retrouvons plus ici , comme dans les hémorrhagies actives, les indices d'un ébranlement sympathique du cœur et des artères ; que nous ne retrouvons plus la couleur rouge du sang artériel dans le liquide qui s'écoule ; que nous ne retrouvons plus l'irrégulière production d'une chaleur plus ou moins élevée; que tout, en un mot, annonce l'extrême faiblesse et le sommeil des vaisseaux le plus intimement liés aux tubes artériels, et par l'unique action desquels ces phénomènes s'effectuent dans l'économie animale.

L'anéantissement des forces qu'une mauvaise nourriture , ou toute autre cause , a pu pro-

duire dans la constilulion individuelle , élat)t une des principales conditions qui préparent ces fluxions hémorrhaî^iques , on a pensé que de la seule atonie des vaisseaux dépendait récoulement sanguin dans cette circonstance. Préoccupés de cette idée, les médecins se sont servis pour désigner ces maladies de la plus fautive des dénominations. En eftét, peut-il y avoir quelque chose de passif dans les phénomènes de la vie qui produisent le déplacement des liquides ? Les vaisseaux qu'on suppose lai.sser échapper le sang par faiblesse le contiennent-ils. durant la santé? Ne doivent-ils pas le puiser , avant de le répandre j dans le torrent circulatoire sanguin ? Le laissent-ils échapper ainsi chaque fois que le corps est exténué, à la veille de la mort , par exemple , ou bien encore lorsque la vie s'est éteinte ? S'il suffisait delà faiblesse des vaisseaux pour rendre raison de ces héraorrhagies , pourquoi ne les verrait-on pas se présenter au terme de l'existence de tous les hommes ? Jamais la faiblesse n'est plus grande que dans cet itjstant, et toutefois nous n'y voyons rien de semblable se produire , du moins dans les cas les plus ordinaires. N'arrive-t-il pas, d'ailleurs, qu'une hémorrhagie , après avoir réduit un malade à l'extrémité, cesse pour reparaître quelque temps après ? Le malade est-il devenu plus faible après

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huil jours, après un mois de repos , qu'il ne l'était lorsque le sang a cessé de couler (i) ?

Convenons donc qu'ici , comme dans la fièvre adynamique, comme dans les affections gangreneuses, il ne suffît pas uniquement de la faiblesse pour faire naître les accidens qui se manifestent , et que , pour rendre raison de ces accidens , on doit avoir recours à d'autres causes. Il faut, de toute nécessité , qu'à la profonde énervation des vaisseaux absorbans artériels se joigne une irritation capable de pervertir le jeu des vaisseaux absorbans veineux , de telle sorte que ces vaisseaux , les seuls de l'économie animale en communication avec les veines , les seuls conduits par où le sang veineux puisse se dévier de la route qu'il suit vers le cœur, soient déterminés à s'emparer de ce liquide pour le verser ensuite dans les réseaux exhalans , d'où il s'épanclie au dehors. îl faut, de toute nécessité ^ qu'il s'établisse des mouvemens excentriques et expansifs tels que ceux qui produisent les hémorrliagies actives , mais occupant une autre branche du système absorbant , mais déviant une autre espèce de fluide sanguin , mais s'éloignant beaucoup plus de la direction natu-

(i) Broussais , Examen de la Doctrine médicale y pag. 241.

relie des mouvemens nécessaires au maintien lie l'exislence , et , par cela même , ëlant plus daiij^ereux et plus indomptables.

Il est si loin de la vérité que ces hémorrljagies aient quelque chose de passif, dans le sens rigoureux de ce mot , qu'on les voit quelquefois revêtir des apparences pyre^iques tout aussi-bien que les hémorrhagies actives. Ces sortes de mouvemens fébriles , connus sous le nom de Jîèi^res tachetées hémorrha^iques , produisent, indépendamment de l'effusion d'un sang noirâtre, une éruption générale de lâches purpurines et livides , lesquelles peuvent varier de grandeur depuis celle de la pétéchie jiîsqu'à celle d'une large ecchymose. On voit ces mouvemens fébriles accompagner le développement du scorbut ; tantôt arrêter les progrès de cette maladie, tantôt l'aggraver par de fréquentes récidives ; mais toujours présenter dans leurs symptômes des analogies frappantes avec les fièvres adynamiques et le scorbut lui-même ; de manière qu'il est difficile de ne pas reconnaître que toutes ces maladies occupent le même siège et dépendent de la lésion des mêmes vaisseaux , lésion essentiellement distincte de la faiblesse , puisqu'elle offre souvent tous les caractères d'une action violente et désordonnée. Comment se rendre raison d'une autre ma-

nière de ces brusques mouvemeiis qui Iraiisportent tout-à-coup le sang veineux dans les réseaux cellulaires superficiels et membraneux , couvrent en un instant le corps d'ecchymoses violacées, et font rapidement périr par d'énormes déperditions d'un sang noirâtre s'exhalant de toutes les surfaces muqueuses , comme les auteurs en rapportent de terribles exemples ? Comment se rendre compte d'une autre manière de la ténacité de ces raouvemens que les astringens les plus énergiques semblent plutôt accroître qu'arrêter ; de ces alternatives qui les font, sans cause appréciable, s'interrompre parfois, reparaître, cesser et reparaître encore? Comment expliquer autrement la prédilection qu'on leur voit atîecter pour les fièvres adynamiques et pestilentielles , pour la fièvre jaune , le scorbut , les affections chroniques des viscères abdominaux , surtout pour les affections des organes hépatiques , ces principaux centres du système absorbant veineux ; tandis qu'on voit d'ailleurs une foule d'autres maladies entraîner la plus grande faiblesse, et même consumer la vie sans produire de tels accidens, sans éveiller de telles sympathies?

Plus nous réfléchirons sur la nature des mouvemens d'où naissent les hémorrhagies passives , plus nous serons frappés des caractères

de spécialité qui les distinguent , et plus nous aurons la certitude qu'ils prennent leur source dans une modification de sensibilité propre à mettre en jeu , d'une manière particulière , certains vaisseaux de l'économie animale. Or, nous savons qu'il n'existe qu'un seul système vasculaire susceptible d'obéir ainsi aux diverses impulsions delà sensibilité^ d'assumer, de faire mouvoir et de rejeter toutes les sortes de fluides au gré de cette sensibilité si mobile, si facilement exaltée ou pervertie, et que ce système de vaisseaux est le système absorbant : ce n'est donc pas sans raison que nous regardons ce système comme le siège et le principal instrument des eftusions sanguines qui constituent les hémorrhagies passives , de même que nous l'avons considéré comme l'unique instrument des hémorrhagies actives. Nous savons également qu'une des principales branches de ce système s'implante par d'innombrables radicules aux parois des veines capillaires, et que nul autre débouché n'est ouvert au sang veineux pour sortir des voies de la grande circulation: ce n'est donc pas encore sans raison que nous regardons celte importante branche du système absorbant comme la seule qui ait pu détourner le sang veineux ; tantôt le conduire dans les réseaux cellulaires où nous le voyons séjourner sous

forme d'ecchymoses ou de pe'lechies ; lanlôt l'amener jusqu'aux expansions exhalantes qui le versent parfois avec une effrayante rapidité', et une profusion qui ne devient que trop souvent mortelle.

Au reste , s'il est vrai que l'état de la constitution qu'on désigne sous le nom de pléthore , aidée d'une certaine susceptibilité vasculaire , dispose éminemment aux hémorrhagies actives et en offre souvent les préludes , il est tout aussi vrai que celui que l'on désigne sous le nom de cachexie scorbutique dispose également aux hémorrhagies passives et en présente de fréquens vestiges. On n'ii^nore pas que si le premier de ces états colore d'un vif incarnat les tégumeus et les surfaces muqueuses , le second leur imprime une teinte sombre et livide ; que si l'un entraîne avec les hémorrhagies actives les maladies inflammatoires , l'autre produit avec les hémorrhagies passives les atïeclions adynamiques et gangreneuses ; que si l'un détermine l'hypertrophie des organes musculaires par une sorte d'intùs-sûsception de sang rouge qui augmente l'énergie de ces organes, l'autre les pénètre d'un sang noir qui les affaiblit et paralyse même entièrement leur action. On n'ignore pas, enfin, que si l'ébranlement pléthorique engendre une surabondance de sucs nutritifs qui surcharge

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tÇ>ules les parlies , l'élat scorbutique fait qu'il s'échappe dans les aréoles cellulaires une grande quantité de sucs mal élaborés^ en même temps qu'il s'établit un travail de résorption qui consume l'économie animale , prive même les os de leur substance calcaire , et les rend frai^iles et sans consistance , comme ils le sont dans l'extrême décrépitude. Dans l'un et l'autre cas^ les modifications de sensibilité sont peut-être semblables; mais placées sur des vaisseaux difïérens, elles produisent des effets absolument contraires. Quoi qu'il en soit , il est trop certain que les conditions ne sont pas égales des deux parts. La pléthore n'est que l'excès desmouvemens qui entretiennent la vie et la santé; aucune altération ne l'a précédée ou préparée : en modérant ces mouvemens ou rétablit facilement l'équilibre ; tandis que le scorbut est le résultat d'un affaiblissement préliminaire, et se compose de mouvemens , ou totalement contraires à la marche naturelle des fonctions , ou détruisant rapidement la cohésion des parties , sans qu'i nous soit toujours facile d'en arrêter le cours. Mais de tels contrastes ne peuvent-ils pas s'expliquer par la position et les usages des deux fractions du système absorbant qui sont le siège du désordre dans les deux circonstances ? Car, de même que nous avons vu la pléthore dépendre.

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d'une sur-excitation des vaisseaux absorbans artériels , de même le scorbut a pour cause la sur-excitation des vaisseaux absorbans veineux préparée par la destruction de l'utile antagonisme des premiers vaisseaux. En d'autres termes , ce que la pléthore est aux maladies inflammatoires el aux hémorrhagies actives , le scorbut se trouve l'être aux maladies adynaraiques et aux hémorrhagies passives ; il est donc naturel que le scorbut présente l'ébauche des funestes caractères qui marquent toujours les affections dépendantes de la lésion des seuls vaisseaux absorbans directement en rapport avec les veines , comme la pléthore présente l'ébauche des principaux caractères des affections qui dérivent de la lésion des seuls vaisseaux absorbans directement en rapport avec les artères.

Déjà plusieurs médecins avaient reconnu , malgré les apparences contraires , l'influence du système absorbant dans la production de la cachexie scorbutique. J. J. Hachstedt , dans une dissertation publiée en 1792 , avança le premier que le scorbut était une maladie du système des vaisseaux absorbans dans laquelle la faiblesse de ces vaisseaux permettait aux liquides de stagner et de se corrompre. Sœmmering, de son côté, attribua, quelque temps après, à la résorption trop rapide de ces vaisseaux la fragilité des par-

U E s iM A J . A 1) 1 E S* /^J 1

lies osseuses qui , dans cette disposition de l'économie animale , détermine les fractures qu'on a coutume de nommer spontanées on de cause interne y d'où il conclut que le scorljut consistait dans l'augmentation du jeu de ces vaisseaux (i).

Les deux façons de voir de ces auteurs , conformes en un point , sont d'autre part tellement contradictoires qu'elles ont diï paraître inconciliables; et pourtant elles sont l'une et l'autre le résultat de l'expérience et de l'observation. Instruits par ce qui précède, il doit nous paraître évident que ces médecins ne difïerent d'opinion sur l'état où se trouve le système absorbant dans celte disposition de l'économie animale , que parce que Je premier n'a été frappé que de la faiblesse dans laquelle sont tombés les vaisseaux absorbansexhaians, faiblesse qui leur fait abreuver les parties de sucs mal élaborés; tandis que le second a remarqué davantage l'action déréglée des vaisseaux absorbans résorbans , action qui , dans ce cas, détruit la consistance et jusqu'à la contexture des parties les plus dures, lorsque les secours de l'art ne viennent pas à bout d'arrêter cette funeste tendance des mouvemens. Car, nous devons nous rappeler sans cesse que le

(i) De Morbis Vas, a6#,,,pag. yS et suiv.

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propre des maladies situées sur les re'seaux absorbans veineux est de ne jamais présenter la simplicité des maladies fixées sur les réseaux absorbans artériels , et d'être , au contraire , toujours compliquées des effets qui résultent du profond ailaiblissement de ces derniers vaisseaux. Sœmmering ajoute que le scorbut est pour les adultes ce que le rachilis est pour les enfans ; que ces deux maladies proviennent des mêmes causes , se guérissent par les mêmes remèdes , et qu'elles ne diffèrent l'une de l'autre qu'autant que le corps d'un enfant diffère de celui d'un adulte. Cette observation pleine de sagacité s'adapte parfaitement à nos développemens antérieurs. Nous avons eu jusqu'ici plus d'une occasion de nous convaincre que dans l'enfance les causes de faiblesse qui déterminent les digestions imparfaites , et laissent les vaisseaux absorbans artériels dans le relâchement et l'inaction , décident^ au contraire, un accroissement vicieux dans le jeu des vaisseaux absorbans lymphatiques , prolongent leur prépondérance audelà des justes limites nécessaires à l'établissement d'une bonne constitution , et que de là naissent les cachexies rachilique et scrophuleuse ; que dans la maturité de l'âge les mêmes causes déterminant également, et des digestions imparfaites et la faiblesse des vaisseaux absor^

bans artériels , produisent néanmoins des pliéuoniùnes qui ne ressemblent nullement à ceux qu'on observe dans l'enfance , parce qu'après raccroissement les forces vitales tendent à se porter sur les vaisseaux absorbans veineux qui doivent cire les artisans de la décomposition , comme les vaisseaux absorbans lymphatiques l'ont été de l'accroissement; et que la vicieuse prépondérance qui s'établit alors en faveur des premiers vaisseaux est la véritable source de la cachexie scorbutique. Enfin , nous ne pouvons plus ignorer, après tous les faits consignés dans cet ouvrage , que c'est eh vertu des mêmes lois qu'une trop forte alimentation , qu'un excès de sensibilité et d'action dans les vaisseauxabsorbans artériels entraîne la pléthore proprement dite , qui n'est elle-même qu'une sorte de cachexie produite par le sang rouge; comme le scorbut est une cachexie produite en grande partie par le sang noir ; comme les scrophules et le ra-chiiisme sont des cachexies produites par les sucs lymphatiques imprégnant toutes les parties.

3**. Des Phlegmatorrhagies.

Si la pléthore de sang rouge dispose émi-i nemment aux maladies inflammatoires légitmies 6l aux exhalations sanguines actives ; si la pléthore de sang noir dipose aux maladies adynamique*:,

gangreneuses et aux exhalations sanguines pas« sives, il est tout naturel de penser que la pléthore de sucs lymphatiques doit disposer aux phlegmasies blanches et aux exhalations d'humeurs lymphatiques , qu'il faut soigneusement distinguer des inflammations catarrhales avec lesquelles on a l'habitude de les confondre.

Juncter et Salmulh (i) donnaient le nom de j)lîlegmatorrhagie à une affection semblable à l'hémorrliagie des narines, qui fait couler pendant quelques jours, et même pendant quelques heures seulement , une grande abondance de pituite claire et limpide Cette dénomination prouve que ces médecins attachaient à ces sortes de flux une toute autre idée qu'aux affections catarrhales. Plusieurs autres médecins ont également senti la différence qui existe entre ces écoulemens pituileux et l'inflammation des membranes muqueuses désignée sous le nom de catarrhe. Les maladies catarrhales , dit Sauvages , digèrent des pituiieuses en ce qu elles sont l' effet de V impression brusque du jroid reçue pendant que le corps est échauffé ; en ce quilj a toujours sur le siège du mal une phlogose plus ou moùis vive qui donne lieu à la douleur , phlogose suivie d'un écoulement mé^

(1) Cent, I, Obs, xxxvh.

diocre et soia'ent accompagnée de fièvre. Lc^ maladies catavrhales , ajoute cet auteur , lorsquelles sont récentes , ont beaucoup de rapports avec les injlammations modérées ; lorsque j au contraire , elles sont anciennes , elles deviennent pour ainsi dire pituiteuses (i).

On peut donner encore plus de force à ces rapprochemens en faisant observer que les inflammations des membranes muqueuses auxquelles les modernes ont spécialement appliqué le nom de catarrhe y ont, comme toutes les autres inflammations, une marche uniforme et constante qui leur fait parcourir les trois périodes de l'augment ou de la crudité , de l'état ou de la coclion , du déclin ou de la crise ; tandis que ces sortes de flux sont , ainsi que les hémor* rhagies, le résultat d'un mouvement vital moins violent et moins suivi que celui des inflammations ; tandis que. ces flux atfectent la même périodicité que les hémorrhagies , apparaissent instantanément et indépendamment des influences atmosphériques comme les hémorrhagies , et disparaissent brusquement comme les hémorrhagies, sans laisser sur les parties qui en ont été le siège plus de traces de phlogose ou d'engorgement que ne le font les hémorrhagies.

(i; Kosol.y 1. 1 de la traduct. in-12 , art. Mal. pilait.

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Des considérations de celle nature paraissent avoir de'terniiné , de nos jours , l'illustre Cabanis (i) et M. AIibert(2) , à croire que les modernes ont trop circonscrit le tableau des aftections calarrhales. Toutefois, n'est-ce pas à tort que ces deux célèbres écrivains témoignent des regrets pour la doctrine des anciens sur ces maladies ? Les modernes ont sans contredit éclairé^ par des recliercîies anatomiques mullipliées , par des connaissances positives judicieusement appliquées, l'histoire des inflamma-lions des membranes muqueuses, auxquelles ils ont spécialement réservé la dénomination de ca^ tarrhe. Rien n'était si vague et si obscur que les idées des anciens sur ces maladies; rien n est plus clair et plus précis que ce que les modernes nous ont enseigné sur la nature et la marche de ces affections. Leurs recherches nous ont appris à rapprocher ce que les anciens séparaient, et nous ont fait embrasser d un coup-d'œil des maladies liées par de nombreuses analogies que n'avaient pu saisir nos devanciers. Ce qui concerne les catarrhes aigus a été , surtout, traité par les modernes de manière à ne rien laisser à désirer. Mais nous devons convenir qu'ils n'ont

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