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(i) Nouvelles observations sur les affections cntarrhales. (2) Nosol. naturdlç..
pas mis la même exaclitude dans l'histoire des catarrhes chroniques. Loin de répe'ler , avecles écrivains que nous venons de citer , le reproche d'avoir trop restreint le tableau , nous leur ea adresserons un diamétralement contraire. Il est trop évident, en elVet , qu'ils ont surchargé cette division , non - seulement des phlegmalorrhagies qui peuvent succéder aux inflammations comme les hémorrhagies leur succèdent parfois, mais qu'ils y ont encore inséré des llux pituiteux et lymphatiques, lesquels n'ont été ni précédés, ni accompagnés , ni suivis d'aucun phénomène inflammatoire , ainsi qu'ils en conviennent euxmêmes en plus d'un lieu. Or , nous le demandons ; n'est-ce pas commettre la même faute que si l'on confondait les inflammations avec les hémorrhagies ?
Rien ne manquerait donc à la doctrine des modernes s'ils s'appliquaient à soigneusement distinguer les catarrhes chroniques de ces mouvemens loul-à-fait analogues aux mouvemens hémorrhagiques , et que l'on voit entraîner audehors des flots de matières visqueuses , diaphanes et lymphatiques , ne présentant aucun des caractères de celte excrétion moitié lymphatique, moitié purulente, toujours de plus en plus épaisse , que rendent les membranes muqueuses à h fin des catarrhes , ou lorsque ces
maladies se prolongent au-delà du terme ordinaire. C'est à bien reconnaître le point de séparation de ces deux genres d'altérations ,* c'est à saisir l'instant où l'un se change en l'autre ; c'est à déterminer le degré de leurs complications que les médecins de nos jours doivent mettre tous leurssoins. C'est ainsi qu'ils pourront ajouter encore à la précision des connaissances qu'ils viennent d'acquérir sur les inflammations catarrhales , et que les vues qui leur auront été suggérées par l'anatomie se trouveront d'accord avec les observations , nous oserions presque dire brutes , mais exactes des anciens.
Comme il nous semble que pour atteindre ce but , le premier soin qu'on doit avoir consiste à désigner par un nom particulier ces exhalations lymphatiques et visqueuses , que la plupart des écrivains ont jusqu'ici confondues sous la même dénomination avec les affections calarrhales , nous appliquons à ces maladies, dans l'intérêt de la science, le nom àephlegmatorvhagie que leur avaient imposé déjà les premiers médecins qui s'étaient fait une juste idée de leur véritable nature. Ce nom nous paraît joindre à l'avantage de correspondre parfaitement à celui ô^hémorrhngie , l'avantage de faire en même temps comprendre l'espèce d'exhalation qu'il indique spécialement. Mais , au lieu que Salmulh eî
Juncker ne l'ont employé que pour désigner uq flux pituîteux , coulant des narines , comme l'hémorrhagie nasale, nous en étendons l'usage à tous les flux analogues qui peuvent avoir lieu sur les autres parties, en vertu de mouvemens d exhalation semblables à ceux des liémorrhagies , mais ébranlant cette fois les réseaux absorbans lymphatiques.
On ne peut douter , en efïet , qu'il ne s'établisse fréquemment des mouvemens de cette nature chez les personnes d'un tempérament lymphatique bien prononcé^ surtout chez celles où ce tempérament se trouve renforcé par une mauvaise alimentation et certaines autres causes de faiblesse ; surtout encore chez celles en qui des circonstances d'âge ou de sexe , des chagrins ou des excès ont exalté outre mesure la susceptibilité nerveuse. On voit souvent , chez des individus ainsi prédisposés^ ces sortes d'exhala-! lions d'humeurs séroso - lymphatiques s'effec-. luer soudainement et d'une majuère plus ou moins irrégulière et durable , tantôt par des sueurs générales ou partielles , tantôt par des fontes de cerveau y selon l'expression vulgaire, tantôt par l'expectoration d'une grande quantité de crachats aqueux et visqueux, tantôt par des vomissemens , des espèces de régurgitations de tïîatière glaireuses et vitrées, tantôt par des
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écoulemens leucorrhoiques limpides ou blanchâtres , tantôt , enfin , par des selles abondantes et de qualité tout-à-fait analogue aux flux précédens. Ce qui est surtout digne de remarque , c'est que de tels accidens , ainsi que les hémorrhagies , ne peuvent être arrêtés inconsidérément sans qu il n'eu résulte quelque danger, ou des douleurs plus ou moins vives ; ou bien encore sans qu'ils ne reparaissent avec soulagement sur d'autres parties que sur celles qu'ils occupaient.
Les auteurs rapportent une foule d'exemples où l'on voit ces flux lymphatiques passer rapidement d'un lieu sur un autre, et présenter des alternatives semblables à celles qu'on observe dans les effusions sanguines. Tantôt ce sont des vieillards tourmentés de picottemens dans !a gorge , d'où résultent des quintes de toux trèsfatigantes ; d'autres fois douloureusement affectés de cardialgies , et qui rendent, à la suite de ces accidens, une grande quantité de mucosités filantes et glutineuses , comme du blanc d'œuf , alternativement par les vomissemens ou par les garde-robes. Tantôt ce sont des femmes faiblement constituées et leucorrhoiques chez lesquelles des pertes blanches se changent en vomissemens glaireux , en salivations abondantes, en flux piluiteux des narines qui ressembicaîi
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au>; catarrhes de la membrane muqueuse de ces parties , chez lesquelles encore des fontes de cerveau , selon l'expression très-Impropre du vulgaire, dos vomissemens , des expuitions et des expectorations séreuses plus ou moins considérables , se changent tout-à-coup en fîux leucorrhoiques excessifs. Tantôt, enfin , ce sont des enfans scrophuleux chez lesquels on voit à tout instant et pour les moindres causes, des flux abondans de pituite s'établir dans les narines, se convertir brusquement en diarrhées, ou bien engouer la poitrine d'humidités parasites, remonter bientôt vers la tête pour redescendre encore sur les poumons ou sur les intestins , sans autre règle que les incitations d'une sensibilité très-mobile qui met en jeu les réseaux vasculaires le plus directement en rapport avecles humeurs blanches et lymphatiques. Il existe surtout des individus , lesquels , indépendamment des causes générales relatives au tempérament , au genre de vie et aux affections de l'àme , présentent d'une manière toute particulière ce transport rapide d'humeurs , ces évacuations subites et excessives de sucs lyniphatiques plus ou moins ténus ou consistans. Car , de même que nous avons vu certames modifications de la sensibilité des vaisseaux absorbans artériels déterminer une disposition
de l'économie animale dans laquelle la moindre cause produit une bëmorrhagie , de même on ne peut méconnaître qu'une modification semblable se fixe parfois sur les vaisseaux absorbans lymphatiques , luodification d'où résulte uoe extrême propension aux phlegmatorrhagies.
Nous connaissons un jeune magistrat à peine âgé de trente ans , oîtrant Tapparence de la force et de ia plus belle santé , quoiqu'il tienne de ses parens une de ces dispositions singulières. Son aïeule, qui vit encore , est parvenue à Tâge le plus avancé , à travers les orages suscités par les brusques irruptions de flux séroso-ljmphatiques d'une abondance telle qu'ils semblent intarissables. Quoique ces llux sYHablissent tantôt sur la membrane pituitaire ou pulmonaire , tantôt sur les membranes intestinales, ils s'efTecîn? it de préférence sur les organes de ia génération ; c'est là surtout qu'ils deviennent si considérables , que les linges les plus épais sont bientôt imbibés , et que la malade n'a d'antre ressource que de se tenir quelques heures sur une garde-robe pour éviter l'inconvénient d'avoir son lit ou ses vêtemens traversés. Son père, fils de cette dame, enlevé a l'âge de trente ans par la petite-vérole ^ fut sujet dèsson enfance, quoique d'une constitution vigoureuse, à des phlegmalorrhagies nasales
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Irès-souvent renouvelées, et très-violenles qui lui prenaient subitement et par accès , et dont le début se trouvait toujours marqué par des étcrnuemens et par la brusque turgescence du tissu cellulaire de la face. Ce magistrat luimême , à qui nous donnons des soins depuis long-temps , éprouva y dès sa septième année , les mêmes accidens qui tourmentaient son père. La susceptibilité des vaisseaux de sa membrane pituitaire était telle , qu'il suffisait de la poussière d'une chambre qu'on balayait pour faire couler abondamment les mucosités nasales pendant plusieurs heures. Vers l'âge de vingt ans, ces phlegmatorrhagies éprouvaient beaucoup de variations ; tantôt elles prenaient au moment du réveil et duraient pendant les deux ou trois premières heures de la matinée; tantôt elles cessaient entièrement pendant quelque temps, reparaissaient ensuite avec une abondance incroyable , et duraient huit ou dix jours d'une manière continue ; d'autres fois ces flux pituiteux s'arrêtaient tout-à-coup au milieu de leur violence , et de suite la poitrine paraissait se remplir, et le malade rejetait , sans avoir été enrhumé , une grande quantité de crachats de la couleur et delà consistance des mucosités qu'il rendait auparavant par le nez. Enfin , à ces sortes d'expectorations succédait un dévoiement de quel-
ques jours que suivait un assez long inlervalle de santé parfaite.
pans 1 année 1814? des travaux de cabinet très-pro!ongés, des cliagrins, des inquiétudes, ajoutèrent aux accidens précédens de Jégers accès de suffocation qui réveillaient la nuit en sursaut, duraient jusqu'au jour, puisse terminaient par une expectoration visqueuse et des urines claires et limpidî^s , rendues en trèsgrande quantité. A cette époque , l'usage du tabac ayant supprimé les flux pituiteux des narines , les étouffemens redoublèrent d'intensité ^ jusqu'au moment où de grandes évacuations, par les voies naturelles^ vinrent rétablir le calme, du moins pour quelque temps. Depuis lors , plusieurs récidives de ces diflerens maux se sont alternativement présentées , quoiqu'à tout prendre, la santé se trouve aujourd'hui très-améliorée; mais le sentiment du bienêtre n'est jamais si grand que lorsqu'il s'établit de temps en temps ; au réveil , de légères phlegmalorrhagies nasales, dont il ne reste plus aucune trace dans le reste de la journée.
C'est, selon toute apparence, à des dispositions semblables qui , tantôt , se transmettent de génération en génération, et tantôt sont dues à des causes individuelles^ qu'il faut attribuer ces exhalations excessives d'humeurs séro-
lymphatiques, dont les observateurs rajDportent des exemples remarquables. Au nombre des plus curieux est celui que cite Fernel dans sa Pathologie (i), d'une femme qui rendait tous les mois, par la vulve, cinq à six bassins d'une sorte de sérosité cilrine, après quoi les règles coulaient dans l'ordre naturel. Ou peut encore rappeler ici l'exemple d'une femme biea constituée et bien portante d'ailleurs , quoiqu'elle rendit depuis dix ans, de la même manière que la précédente, une très -grande quantité de fluide aqueux; l'exemple, bien plus extraordinaire , d'une dame qui devint sujette , à la suite d'une couche laborieuse , à des écoulemens séro - lymphatiques , si considérables, qu'elle en remplissait tous les jours deux grandes cruches (2). De tels faits , rapportés isolément , n'ont dû paraître qu'élonnans et bizarres; mais rapprochés de leurs analogues, et classés d'une manière convenable, ils tirent de ce rapprochement un intérêt tout nouveau qui les recomnaande à notre attention , quoique l'état de la science , au moment où ils ont été recueillis, n'ait pas permis aux médecins qui les rapportent de donner à leur histoire tout le détail
(i) Lib. VI , cap. i5.
(2) Blalin , du Calarihe uter. , pag. 58.