‹ Du siége et de la nature des maladies; ou, Nouvelles considérations touchant la veritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 17 sur 19 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

T)er Influence des uaisseaux ahsorhmis dans les maladies du système nerveux»

jJans la rapide succession de tableaux et d'aperçus que nous venons de voir passer sous nos yeux , nous avons pu remarquer combien d'effets varies, et plus ou moins importans , résultaient de Tirritation des vaisseaux absorbans, suivant que cette irritation se fixait sur l'une ou l'autre des branches de ce système, ou suivant îe mode spécifique d'action des causes irritantes. Celte multitude de mouvemens fébriles , inflammatoires ou d'exhalation qui naissent ensemble ou séparément dans l'économie animale, et qu'on voit à tout instant se mêler et se confondre à la moindre cause intérieure ou extérieure , prennent tous leur source dans les réseaux infiniment menus et multipliés , qui forment la base première ds nos tissus. On a coutume de rapporter ces diverses altérations au système vasculaîre, et de traiter séparément de certains désordres qu'on attribue de préférence au système II. 55

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nerveux , les supposant d'une nature distincte. II nous paraît intéressant d'examiner ici jusqu'à quel point on peut être fondé à considérer les choses de celte manière.

Dans ce dessein, rappelons-nous encore ce qu'étaient l'ovule et l'embryon dans les premiers momens de l'existence. Saisissons les premières dispositions organiques manifestées dans le tissu cellulaire mince et diaphane dont se compose le petit corps qui vient de recevoir la vie. Voyons-en les filamens, d'abord épars, se rassembler bientôt en faisceaux et prendre la forme d'un petit ver , lequel ne tarde pas à se montrer divisé en deux parties , dont la supérieure, renflée et grossie, va devenir le cerveau , et dont l'inférieure , restera la moelle épinière ; voyons de ces deux bases naître successivement les rudimens, et des nerfs, et des vaisseaux, et du cœur^ et des membres , et de tous les organes. N'oublions pas que ce tissu cellulaire , avant de recevoir cette première forme , est un composé de petits cylindres imperceptibles qui s'approprient déjà les substances nutritives contenues dans les humeurs avec lesquelles leurs orifices sont en contact , ce qui démontre dans ces canaux la faculté de sentir et d'agir, de se contracter et d'absorber , principal caractère du solide vivant et des vaisseaux absorbans, qui ne

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sont que ce solide vivant divisé en cylindres inliiiimentpelilsclmulipliés.Suivonsces cylindres priiiHlifs dans les différentes positions où vont les placer les progrès toujours croissans dune organisation plus compliquée, et nous trouverons que le renflement supérieur du faisceau primordial , développé en une multitude de cylindres diaphanes , contournés et repliés sur euxmêmes , dirigés en une multitude de sens diffévens, dont on ne peut pénétrer le dédale, s'eaveloppe insensiblement de membranes , dont les unes semblent destinées h présenter aux cylindres qui le composent les matériaux de leur nutrition dans des réseaux où le saui^' se divise à l'inlini, et peut être élaboré, pour airisi dire^, molécule par molécule; et dont les autres , par leur co!)és!Oa et leur fermeté, paraissent faites pour le garantir des offenses extérieures, dont une boîte osseuse le protégera plus efficacement encore. Nous trouverons que la partie inférieure du petit ver, conservant la forme ob-'onn^ue, présentera les mêmes apparences cylindriques et pulpeuses, s'enveloppera des mêmes mejnbranes, et recevra la même protection d'un étui solide et osseux. P^îous verrons certains faisceaux lie cylindres , absolument de la même nature que les précédens, remplis de la mênie malièie pulpeuse, plus rapprochés les uns des autres.

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plus serrés, plus inlimement collés entre eux , partir de ces principaux centres , revêtus d'un appareil membraneux tout-à-fait analogne à celui qui enveloppe le cerveau et la moelle épiuière, appareil , non-seulement propre à les garantir du frottement et de la compression des parties , mais présentant aussi à l'élaboration des cylindres nerveux, des réseaux sanguins très-fins et très-délié«. Nous verrons, enfin, ces faisceaux de cylindres , parvenus dans l'intime profondeur des parties auxquelles la nature les destine, sortir de leurs gaines fibreuses et solides , s'épanouir, s'éparpiller, se diviser à l'infini, se convertir eu tissu cellulaire , ou plutôt reprendre cette première forme, et constituer ainsi le parenchyme primitif et le canevas de tous les organes, dont ils serviront par suite l'accroissement en venant se perdre et se confondre dans les fibriles et les filets cellulaires déjà formés. Dans ce nouvel état d'expansion, d'épanouissement et d'extrême division , ces cylindres primitifs du solide vivant manifestent des nuances très-variées de sensibilité qui les mettent en rapport avec une foule de matières différentes dont ils se pénètrent et s'abreuvent : de là , naissent jes pLéuomènes de la nutrition. Dégagés d'entraves , en même temps que dénués de protection , dès qu'ils eut abandonné leur étui fibreux ,

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CCS canaux devienaent soumis à toutes sortes d'irritations, et ces irritations leur impriment des mouvemcns plus ou moins de'sordotmés , et de là , naissent les maladies que nous venons de passer en revue.

Il est donc évident, d'après ces considérations , fjue toutes les parties de l'économie animale reposent sur le même fond , possèdent une base commune, que par-tout les irritations y doivent produire des phe'nomènes analogues , quelle que soit d'ailleurs l'étonnante variété qui résulte de l'arrangement diversifié des innom^ brabîes canaux qui forment chaque partie. Le système nerveux lui-même n'obéit pas à d'autres lois que les autres systèmes. Là, comme par-tout ailleurs, les mouvemens morbifiques produisent ou des inflammations ou des exlialations , tantôt déréglées , tantôt perverties^ et ne produisent pas autre chose. Les maladies du cerveau et des nerfs ne se distinguent réellement des maladies da cœur et des artères , des maladies des muscles, des maladies des os^ que par le siège qu elles occupent dans le cerveau et les nerfs , plutôt que dans les autres organes. Car les nerfs , le cerveau, la moelle épinière , sont eux-mêmes des composés où 1 on retrouve un assemblage de vaisseaux absorbans et de vaisseaux sanguins, de tissu cellulaire et de membranes»

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Aussi , les autopsies cadavériques dëmonlrentelles oue les désordres locaux résultant de l'irritation des vaisseaux absorbacs de ces parties sont loul-à-fail aii.'iloi^ues à ceux qui s'observent partout ailleurs^ à quelques nuances près qui tiennent à des ditîérences déstructure (i). On conçoit qu'il new doit pas être de même des phénomènes subordoiujés aux fonctions que ces organes sont chargés d'exécuter dans l'économie animale. Ici nous trouvons des différences tranchées que l'observation clinique recueille et que le praticien doit soigneusement étudier; mais qui n'intéressent en rien la nature intime de la

(t) M., l.alleiiian! , professeur à la Faculté de JMontpellier, vieiil de prouver jusqu'à l'évidence que les ranioliissemens du cerveau avec injeclion , elc. , ne sont autre chose que de véritables inflammations arrêtées par la lîiort dans leur première période , la période d'acuité. Le cerveau e>t celui de tous nos organes qui présente le moins de cohésion entre ses molécules; il est presqu'enticrement <lépourvu de ce tissu cellulaire libre et vague dans lequel s'opèrent par-tout ailleurs les mouvemens des liquides ; l'inflammation n'y doit dojicpas produired'augmenlaliou de densité fauio d'un réseau qui Ciiiprisonne , en quelque soi te , les liquides attires par l'inilation; mais l'iiitlammatioii achèvera de détruire le peu de cohésion que possédait cet organe , et réduira le point malade en une espèce de bouillie sans traces d'organisation. Les analogies qu'un tel état préicnte avec l'apoplexie sanguine tiennenî

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maladie. Qu'une congestion sanguine ou lymphatique engoue le poumon , par suite d'un surcroit local de sensibilité de l'une ou de l'autre des branches du système absorbant en rapport avec ces humeurs, et de suite vous voyez survenir la toux, l'oppression, les différens de'sordres de la respiration et la suffocation même. Qu'une irritation inflammatoire ou exhalaloire se fixe sur le cœur ou sur les vaisseaux sanguins , et vous ne tardez pas à voir paraître des palpitations , des syncopes, l'intermitlence ou l'irrégularité du pouls, le trouble extrênie et l'arrêt de la circulation. Par la même raison, lorsque de semblables altérations se fixent dans

aux rapprochemens qui existent, et qu'on ne peut méconnaître, entre les congestions inflamuialoires et les congestions liémorrhagiques (*) . On peut voir, au resîe, combien la différence déstructure des organes en établi' dans les apparences du même mouvement morbifique par l'exe/nple de la pcripncumonie. Lorsque celte inflammation est violente , la mort l'arrêic également dans sa période d'acuité^ mais comme les humeurs attirées par l'irritation ont trouvé dans les poumons une multitude d'aréoles cellulaires vides qu'elles ont pu remplir , ces^ organes présentent alors une densité bien plus grande que dans l'état physiologique : Ils sont hépali'iés,

^- (*) Recherrhcs anatomico-pathnlogique sur l'enc'-phcJc cl te-, tlépenJances , i"' icttte. l'ûris , i8i»-

le cerveau, la moelle épinière ou les nerfs, il est nature! d'en voir résulter des convulsions , des paralysies , des epilepsies , des manies , des névralgies ou la perle totale du sentiment. Tous ces formidables syn)plomes , qu'on a long-temps regardes comme des maladies essentielles , se railacheiit presque toujours à l'une ou à l'autre des altérataons du système absorbant que nous venons d'e'ludier, altérations fixées plus ou moins profondément , ou dans la masse encéphalique , ou dans les méninges, on dans la pulpe nerveuse, ou dans le névrilème : c'est ce qu'on ne peut plus contester depuis que l'anatomie pathologique, mieux cultivée, a mis cette vérité dans tout son jour , grâces aux travaux de M. Récamier et de quelques- uns de ses élèves les plus dis-

tingues.

Ce n'est pas que les désordres vasculaires qui constituent ou les iniîammalions ou les exhalations soient poussés , dans les organes du système nerveux, aussi loin que.dans les autres parties. Au contraire , ces organes , par la nature et l'importance de leurs fonctions, étant susceptibles de produire des symptômes effrayans et funestes, par suite dune irritation légère, on voit souvent une inflammation peu considérable et peu étendue du cerveau , ou le simple début um\e vive iuflammaiion entraîner des accidens

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très-graves et même une mort prompte , sans laisser dans la partie des traces bien évidentes de son existence. On voit souvent des engorgemens à peine sensibles , et qui seraient par-tout ailleurs inaperçus, produire dans les nerfs des douleurs, des névralgies intolérables^ quoique la plus scrupuleuse dissection ne puisse les faire retrouver, après la mort, que lorsque la maladie a été d'une assez longue durée pour donner une sorte de stabilité et de ccnsistance à ces petits engorgemens. La rapidité des affections cérébrales , qui tuent le plus souvent , dans leur première période ; la mollesse et le peu de cohérence du tissu du cerveau ; l'intrication et les rapports mystérieux de toutes ses parties; l'exacte juxta-position des faisceaux nerveux, si étroitement unis entre eux ; la manière vicieuse de procéder à l'exploration de ces organes, jusqu'à présent en usage; le peu d'attention qu'on donne dans les autopsies à l'état dans lequel peuvent se trouver la moelle épinière et les branches nerveuses , sont autant de causes qui empêchent de retrouver après la mort les traces des affections qui avaient leur siège sur ces organes pendant la vie. Ce sont ces causes qui ont si fort et si singulièrement arriéré les médecins dans la connaissance de ces maladies, et qui les leur ont fait envisager comme des maladies sam

matière , selon l'expression des anciens , si peu verses dans l'anatoraie.

A la vérité , l'organe encéphalique et le système nerveux étant composés de faisceaux trèsramassés et très-concentrés de cylindres de ce solide vivant , dans lequel la sensibilité est généralement diffuse , et ce système étant l'aboutissant de toutes les sensations , il est plus susceptible que tout autre d'être irrité sympathiquementj et, comme tout paraît disposé dans son organisation pour donner le plus de latitude possible à la première des facultés du solide vivant, la sensibilité , et pour restreindre^ au contraire, le plus possible , la seconde de ces facultés, X action , ainsi qu'il est facile d'en juger par l'isolement dans lequel la nature a placé la pulpe nerveuse et par la texture serrée et pourtant molle et sans consistance qu'on y remarque, il en résulte que ces irritations sympathiques, tout en produisant, et des douleurs de diverse nature, et le trouble des fonctions cérébrales et nerveuses, et une foule de maux très-variés et très-bizarres, ae laissent pourtant après la mort aucune trace qui puisse attester qu'il se soit opéré quelque dérangement .vasculaire dans ces parties ; mais alors , si l'on y regarde avec attention , on trouve toujours sur quelque viscère important un centre d'iLTitation fixe ^ un travail sourd et plus ou

moins ancien d'inflammation ou d'exhalation ^ véritable fojer d'où parlent les influences qui disposent tout le système des nerfs à ces accidens multiformes que Sjdenham attribuait à ïalaxie des esprits.

Il n'est plus possible d'admettre ces expressions vagues iXataxic des esprits , de maladies sans matière dont se servaient les anciens, faute de connaissances plus positives. Le judicieux Pujol affirmait, il y a déjà quarante ans, qu'il n'avait jamais vu dans la pratique aucun sujet atïecté de ces maux spasmodique? , chez lequel lui examen sérieux et opiniâtre ne lui eut fait découvrir des indices plus ou moins prononcés d'inflammation lente, ou dans la matrice, ou dans le foie ^ ou du moins dans quelques-unes des parties renfermées dans le crâne ; d'où il concluait que les affections nerveuses sans matière sont de véritables chimères ,, et que ces affections supposent lorjours pour cause primitive quelque inflamnialion interne et cachée dont elles sont une dépendance symplomalique. Les progrès de l'analomie pathologique ont donné de nos jours une telle certitude à cette opinion , qu'il ne nous parait pas possible de soutenir avec avantage l'opinion contraire. Les anciens eux-mêmes , tout en admettant leurs maladies sans matière , n'avaient pas laissé

que de s'apercevoir que ces maladies prenaient leur source dans quelques de'rangemens de l'organisation. Ils regardaient l'hypochondre droit , c'est-à-dire , le foie , comme l'unique siège de l'hypoclîondrie , et la matrice comme celui de l'hystérie. En examinant, en effet, les désordres fréquens trouvés par les observateurs dans les cadavres des hypochondriaques, on peut se convaincre aisément que , dans cette maladie, nonseulement le foie 5 mais aussi les autres viscères de l'abdomen , se trouvent altérés de diverses manières , non pas toujours ensemble , mais tantôt les uns f tantôt les autres. Ou peut également parcourir les nombreuses observations cadavériques faites à la suite de longues hysléries , et l'on se convaincra facilement que , dans c^s maladies , la matrice , les trompes ou les ovaires se trouvent ordinairement dans un état cjuelconque d'altération , et que ces parties offrent le plus souvent les empreintes les moins équivoques de l'inflammalioa chronique dont elles ont été long-temps affectées. Ces sourdes et obscures inflammations sont, d'ailleurs, presque toujours rendues manifestes pendant la vie même par la sensibilité douloureuse de l'hypogastre , signe presque inséparable de l'hystérie, par la diminution , la suppression ou faugmentation du flux sanguin de l'ulérus et par l'écoulé-

ment des fleurs blanches, accidens très-ordinaires dans celle sorte d'affection (i). Il en est de môme lorsque la malrice est tenue par la grossesse dans un élat habituel d'irrilation. Ne voit-on pas alors germer, par cela même, mille accidens nerveux et vraiment hjste'riques^ qui n'existaient pas auparavant et qui ne survivent pas à l'accouchement ? Les mêmes symptômes n'arrivent-ils pas aux femmes en couches dont la matrice a été fatiguée par des manœuvres maladroites , et ces accidens hystériques ne prennentils pas fin dèsquel'organe^irrilépar les causesprécédentes, se trouve rétabli dans son état naturel? D'un autre coté , l'attention vient d'être fixée tout récemment par deux médecins anatomistes, M. Prost et M. Broussais,sur les sympathies qui , prenant leur source dans le tube intestinal frappé d'une inflammation aiguë, produisent sur le cerveau et sur les organes nerveux des phénomènes analogues à ceux des fièvres ataxiques, et donnent lieu à des délires plus ou moins vioiens et durables. Avant que les travaux de ces médecins n'eussent donné l'éveil sur l'existence de ces espèces de sympathies, les accidens symptomatiques éîant , dans ces circonstances, beaucoup plus saillans que ceux:-

(i) Œuvres de Pujol, t. i, pag. n3 e.t suîv.

de la maladie primitive essentielle , on ne cherchait , après la mort , la cause des désordres qu'on avait observe's pendant la vie , que dans l'organe encéphalique ; et n'y trouvant aucune lésion manifcsle, on se confirmait de plus eu plus dans les idées erronées qui faisaient considérer 1(S maladies nerveuses comme des maladies sans matière, erreur funesle , surtout dans ce cas , eu ce qu'elle encourageait à porter sur le siège ignoré du mal des remèdes incendiaires, qui augmenlaient la violence des accidens et les rendaient plus promptemenl etplus sûrement inémédiables et mortels.

D'après toutes ces considérations , que les développemens consignés dans les chapitres précédens nous dispensent d'étendre davantage , nous nous croyons en droit de conclure que les organes du système nerveux sont exposés comme tous les autres organes à deux sortes de lésions, les unes qui intéressent primitivement leur texture inlime , et les autres qui leur arrivent à l'occasion de l'état de souffrance d'un autre organe, et par l'effet de la liaison sympathique dont se trouvent unies toutes les parties de réconomie animale ; que toutes ces lésions sont dans ces organes , comme dans les autres , des inflammations qui envahissent plus ou moins rapidement, plus ou moins profondément leur

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lîssu, et l'imprègnent ou de sang rouge ou de sang noir, ou de lymphe; et des exhalations qui, tantôt font sortir des vaisseaux l'un ou l'autre de ces (laides, tantôt versent ou le puson des sérosités abondantes, et tantôt soutirent du fluide si^nguin des matières étrangères à la pulpe cérébrale, et destinées à d'autres parenchymes. Que, si ces sortes de lésions ne sont jamais poussées aussi loin dans le cerveau et dans les nerfs que dans les autres parties, cela tient à l'extrême importance de ces organes et aux particularités de leur structure, qui permettent rarement que des mouvemens vasculaires et des déplacemens de liquides aient lieu dans leur intérieur , surtout d'une manière prompte et rapide , sans qu'il en résulte les plus graves accidens, et même la perte du sentiment et de la vie; que si, enfin , ces altérations sont aussi rarement aperçues après la mort , cela lient encore à ce que ces altérations , ayant promptement détruit la vie, la mort en fait disparaître les traces, comme elle fait toujours disparaître les congestions inflammatoires et exhalatoires récentes, et qui n'ont pas une grande étendue ni une grande profondeur : h quoi nous pouvons ajouter qu'il n'est point d'organesdontl'exploration soit plus difficile que celle de l'encéphale , et , en général , que celle de tout le système nerveux.

Toutefois ne perdons pas de vue que le solide vivant, quoique par-tout continu, se trouve divise' , par les différences de l'organisation , en deux principaux systèmes dans lesquels la sensibilité, qui est le premier attribut de ce solide, non-seulement offre des nuances très-marque'es, mais encore s'accumule en pius ou en moins , d'après des circonstances difficiiement appréciables, mais dont la plus essentielle paraît être le volume relatif de chacun de ces systèmes. Ce seul défaut de proportion peut établir dans l'économie animale de telles dispositions qu'il en résulte une mobilité plus grande, ou dans les nerfs ^ ou dans les vaisseaux , ou même dans quelque fraction considérable du système vascnlaire, mobilité qui n'a pour cause aucune maladie , mais qui en entraîne elle-même de plus ou moius graves. C'est ainsi que nous avons vu les individus chez lesquels les vaisseaux absorbans lymphatiques restent prépondérans être sujets aux maladies que la trop grande susceptibilité de ces vaisseaux entraîne," c'est ainsi que nous avons vu ceux chez lesquels les vaisseaux absorbans artériels ont une prépondérance marquée se trouver exposés aux maux qui dépendent de la trop grande sensihiilié de ces vaisseaux,, c'est-à-dire, aux inflammations et aux hémorrhagies de sang rouge. Le système nerveux peut également of-

fi ir un tel défaut de proportion avec tous les accidens qui en sont la suite nécessaire et inévitable. Tissot en rapporte un exemple remarquable dans quatre enfans de la même mère , qui, dès leur naissance, furent sujets à des convulsions presque continuelles , sans qu'on pût soupçonner la moindre irritation , ni dans festomac , ni dans le bas - ventre. Les trois aînés périrent dans les six premières semaines. Le quatrième vécut huit ou neuf mois , et devint même beaucoup plus gros que les autres enfans du même âge. Enfin , cette masse vint à foodre lout-à-coup ; l'enfant tomba dans un marasme très-prompt; et, presque sans évacuation, il parvint, dans quelques jours , à un état de dépérissement que l'on ne peut dépeindre. Continuellement tourmenté par des alternatives de paralysie et de convulsions , il périt dans l'espace de six jours (i). Sans avoir besoin de recourir à des exemples à ce point extraordinaires , l'observation journalière nous apprend combien les enfans à grosse têt ^, quelque beaux, quelque vigoureux qu'ils priraissent, courent de dangers, par ce seul défaut de proportion. On sait également que l'enfance , époque de la vie où le système nerveux prédomine évidemment

(i) Maladies des nerfs y t. ii,part. i, pag. i6.

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sur les autres systèmes, est aussi l'époque où l'on voit arriver le plus de convulsions, d ëpiiepsîes et d'affections nerveuses et cérébrales. On n'ignore pas , enfin , que le sexe , qui se rapproche le plus de l'organisation de l'enfance , est aussi celui qui conserve toute la vie le plus de mobilité nerveuse et le plus de facilité à se trouver en proie aux maladies dépendantes du système nerveux , qui reste prédominant.

On conçoit facilement que cette inégale répartition de sensibilité établie par certaines dispositions organiques enlre les cylindres du solide vivant renfermés dans le névrilème et constituant les cordons nerveux, et ceux de ces cylindres qui , dégagés de leur enveloppe fibreuse , forment le tissu cellulaire et les parenchymes , peut également survenir d'une manière instantanée par des causes accidentelles. C'est ce qu'on voit arriver dans certaines maladies qui présentent tour-à-tour des phénomènes nerveux et des phénomènes vasculaires , ou qui les présentent réunis , et dans un certain état de combinaison. Les fièvres pernicieuses, par exemple , offrent souvent ces sortes de transports soudains de la sensibilité des vaisseaux aux nerfs et des nerfs aux vaisseaux. Peut-être même n'est-il pas de maladie qui ne présente plus ou moins cette alternative , tant se trouve

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faîbic la barrière posée par l'organisa lion entre les deux systèmes nerveux et vasculaire , tjui , d'ailleurs , sont lie's par une continuité non interrompue ! Aussi voit-on les auteurs frappés des nombreuses analogies qu'ils ont 4îperc;ues entre la marche et les phénomènes des maladies nerveuses et la marche et les phénomènes des fièvres (i), des indammalions (2) et des hémorrhagies (3) : aussi voit-on des paralysies, des épilepsies, eu un mot , des maladies du système nerveux , se guérir si la fièvre survient ; et , réciproquement , ces accidens faire cesser une fièvre rebelle s'ils s'établissent dans le cours de ces fièvres , comme Berchelman en rapporte un exemple (4). Tous ces phénomènes , et tant d'autres de même nature qu'on pourrait citer^ s'expliquent aisément , si l'on reconnaît que les affections nerveuses sont le produit de l'irritation du même genre de vaisseaux qui détermine dans les tissus cellulaire , dermoide et muqueux, les mouvemens fébriles ; qui détermine sur ces organes, comme par-tout ailleurs, les

(i) Dumas , Mémoire sur lajîevre»

(2) Voullone.

(5) Stahl.

(4) Trnka , de Febribus intermîtt.

mouvemens inflammatoires et d'exhalation d oh de'rivent toutes les espèces de maladies, dont les difïërences seraient très-peu marquées et très-peu nombreuses si ces maladies ne pouvaient se fixer sur une multitude d'organes dont la structure et les fonctions diffèrent essentiellement.

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