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lieux du sang, onl saus doute induit en erreui' les médecins : ils onl cru voir dans ces symptômes la preuve d'une affection du système circulatoire sanguin. Mais d'abord nous aurons lieu de nous assurer que celte couenne prouve toute autre chose que ce que l'on s'e'lail imaginé d'abord; et quant aux qualités du pouls ^ on sait trop combien elles sont variables pour s'y attacher sérieusement. Toutefois, de nos jours encore ^ on a fait consister l'essence , non plus des fièvres en général , mais de la fièvre inflammatoire en particulier , dans l'irrilalion , dans l'inflammation du tube des vaisseaux sanguins, quoiqu'on trouve rarement des traces de ces lésions dans les autopsies cadavériques à la suilô des fièvres , et que les apparences qui avaient déterfniuéFrancli à soutenir cette opinion aient été regardées par Bichat comme mensongères , et comme de simples résultats de la macération. Imbus de ces idées , les médecins de nos jours voudront-ils reconnaître le rùie principal que le système des vaisseaux absorbans joue dans ces fièvres comme dans toutes les autres? S'ils persistent à croire que les artères ont une parb active dans les phénomènes fébriles , qu'ils nous donnent la raison pour laquelle , dans des étals semblables du pouls , cl lorsque le cours du sang parait conserver la même régularité^ l'on
voit survenir des lésions fébriles difierenles ; qu'ils nous disent pourquoi l'on peut rencou- Irer , sous l'influence du même pouls , lauLùt une fièvre inflammatoire simple, tanlot une fièvre muqueuse , quelquefois même une (ièvre ataxi([ue ; qu'ils nous disent enfin pourquoi le pouls diffère essentiellement dans des affections fébriies d'ailleurs analogues (i).
S'ils persistent à regarder le cœur et les artères comme les principaux agens des fièvres , qu'ils nous diseut s'ils pensent que lasimpleaccéléralion de la circulation sanguine suffise pour produire celte augmentation ge'nëraie de sécrétions et d'exhalations qui a lieu dans certaines phases de ces maladies, quelle qu'en soit d'ailleurs l'espèce ; qu'ils nous disent comment il en peut résulter tantôt une exhalation considérable de sérosités ou de matière puriforme , tantôt une sécrétion de bile ou de mucosités ; qu'ils expliquent comment les artères , au moyen d'un simple mouvement d'accélération imprimé à la colonne sanguine , non-seulement empêchent la répartition des sucs réparateurs , mais encore enlèvent au corps ceux qu'il possède par des inouvemens destructeurs de l'existence et contraires aux lois de la circulation sanguine ;
(i) Caflin, Trailé des Fibvrss sssenlielles , 1. 1,
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qu'ils nous rende/it enfin raison, par celle accéîéralion , des crises , des de'pôts , des mélastaseè dont les fièvres nous offrent tous les jours de si frappans exemples.
Toutes ces difficultés sont insurmontables si î'on admet le siège des fièvres ou seulement d'une seule fièvre dans les vaisseaux sanguins ; car ce qui est applicable à l'une l'est aux autres, BOUS ce rapport : elles s'expliquent au contraire îrès-facilement si l'on met les vaisseaux absorbans à la place des artères. En effet, n'est-il pas évident que cet ordre de vaisseaux étant aussi généralement répandu , se trouvant disséminé par-tout , soit à l'intérieur , soit à l'extérieur, aucune impression ne peut lui être étrangère, tjuelque légère qu'elle soit et quelque lieu qu'elle iiffecte , comme aussi aucune partie ne peut rester insensible aux irritations qui l'ébranlenl? No connaît-on pas les mouvemens variés des humeurs dans ce système , le séjour que toutes indifféremment peuvent y faire , sans en excepter même le sang artériel et le sang veineux; le mélange continuel qui s'y opère par la moindre cause et confond toutes les humeurs , soit avec des corps plus solides , soit avec le fluide atmosphérique lui-même introduit par lesabsorbans pulmonaires et cutanés ? Ne connaît-on pas le mode de sensibilité qui préside à l'actioa des vais-
seaux qiù le composent , sensibilité au moyeiî. de laquelle ces vaisseaux attirent ou repoussent selon leurs appétits ou leurs répugnances, s'il est permis de s'exprimer ainsi ? N'a-t-on pas réfléchi sur les phénomènes de la nutrition ^ celte grande et presque unique fonction de l'économie animale , qui est , pour ainsi dire, toute la vie matérielle , et dont ce système fait à lui seul tous les frais? N'a-lon pas réfléchi sur ceux de la décroissance que lui seul peut exécuter? Ne voit-on pas enfin qu'un tel ensemble de propriétés et d'attributions s'applique parfaitement aux phénomènes fébriles , et que si le physio-^ îogiste n'hésite pas à charger les vaisseaux de ce système de la plus importante des fonctions, le médecin ne peut pas balancer à son tour à le présenter comme le siège de la maladie la plus générale , de la maladie qui règne seule sous tant de formes , et qui accompagne presque toujours les autres affections pour peu qu'elles soient intenses (i)?
Mais , dira-t-on peut-être, si le système des vaisseaux absorbans est aussi répandu , aussi pro-
(i) Voyez notre mémoire intitule' : Nouvelles observations sur V Elëphanliosis des Arabes. Paris , i8i i ; et surtout l'introduction de VHisloire de V Éléphantig.sis^ des Arabes,
dieieusement disséminé dans chacun de nos parties , la moindre lésion de l'une d'elles doit ofl'enser les vaisseauv ahsorbaus ; et si les fièvres ne sont autre chose que l'irritation , que l'exaltation des propr iëtes vitales de ces vaisseaux , toutes ces lésions seront des fièvres, lors même qu'elles ne seront pas assez fortes pour déterminer les phénomènes connus sous le nom de pjreociciies. Nous ne pensons pas que cet ari^umeat puisse venir d'un lecteur pénétré de nos déveioppemens antérieurs: toutefois , comme cette difficulté pourrait nous être opposée, nous allons es,''3yer d'y répondre.
Les vaisseaux absorbans , lors même qu'ils ne forment que les premiers linéamens de l'embryon , sont éminemment doués de la faculté de sentir et de se contracter, de pomper les liquides et de les expvdser de leur intérieur. De quelque tissu 3 de quelque parenchyme qu'ils forment la base par la suite , ils conservent toujours les propriétés qui les distinguent. Eii vertu de ces propriétés, ils entretiennent par-tout la nourriture et la vie, remplacent les anciennes humeurs par de nouvelles , et les choisissent analogues aux fonctions que doivent remplir les organes dont ils fo:it partie. Mais si cette vivifiante activité fait de ces vaisseaux le principal mobile de l'économie animale , elle est aussi la source de toutes
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les maladies. Et quoique, dans ce cas , ce soient toujours les mêmes propriétés qui soient mises en jeu, il y a néanmoins autant de phénomènes distincts , autant de sensations nouvelles, qu'il y a d'organes différemment composés.
Cela tient à l'arrangement inlîniment varié de cette multitude de petits vaisseaux primitifs; s'ils sont entre-croisés et serrésles uns contre les autres comme dans les nerfs ; s'ilssont encore plus étroitement unis, comme dans les tendons, les memjDranes fibreuses cl les os; s'ils sont parallèles et en quelque sorte simplement juxtaposés, comme dans les muscles ; d'un autre côté , s'ils sont péné-< très de pulpe cérébrale , de lymphe , de gélatine, de phosphate calcaireou de la fibrine du sang artériel, toutes ces nuances établissent autant de variétés dans les sensations qui résultent de la même irritation portée sur chacune de ces parties et dans les phénomènes que cette irritation peut dtîvelopper, quoiqu'en dernière analyse ces phénomènes partent toujours de la même source, l'exaltation des propriétés vitales des vaisseaux absorbans, et produisent toujours le même effet principal , l'afilux ouïe déplacement d'une humeur quelconque.
Dans la peau , le tissu cellulaire et les mem-^ branes muqueuses, l'entre-croisementde cesvais-» seaux étant plus lâche que par-tout ailleurs^ le jea
doit en être plus libre. Un j^rand nombre de ces vaisseaux se trouvant vides la plupart du temps, ils doivent y jouir d'une existence plus indépendante, d'une action plus vive et plus naturelle; ce qui , joint à la vaste étendue de ces organes , à leur intime liaison entr'eux et avec les autres parties , au genre et à l'activité de leurs fondions , à leur position extérieure , qui met l'un en rapport avec l'élément ambiant et l'autre avec une fouîe de substances étrangères, destinées à J'eutrelien de la vie , concourt à rendre ces organes le siéqe de la maladie la plus fréquente , la plus générale, et dont les phénomènes se rattachent toujours par quelques cotés aux phénomènes des autres maladies, concourt à les rendre le théâtre, le point de départ , ou le terme de ces vastes déplacemens d'humeurs que doit nécessairement produire l'irritation d'une grande masse d'absorbans à-peu-près libres ; concourt en un mot à les rendre le siège de la fièvre et de tous les phénomènes qui la caractérisent ou qu'elle entraîne à sa suite.
La fièvre s'élablissant ainsi sur des appareils où les s^ slèmes ahsorbans et nerveux confondus, comme ils le sont toujours dans leurs dernières divisions, sont chargés des fonctions les plus actives; se fixant vSur des appareils liés entr'eux par d'innombrables points de contact , liés encore
cl pour ainsi dire confondus avec tous les organes, tantôt par celle multitude de canaux filamenteux qui , partant du tissu cellulaire , pe'nètrent tous les autres tissus , se perdent dans tous les parenchymes; tantôt par ces toiles diaphanesqui servent de gahic et d'enveloppe aux plus petites parties , recouvrent tous les viscères et circonscrivent toutes les cavités , on ne sera plus étonné qu'il en résulte une si grande variété de symptômes ; que chaque organe semble participer au trouble général ; que toute la machine se trouve agitée jusque dans ses fondemens ; que les mouvemens du cœur et des vaisseaux sanguins soient précipités; que la respiration soit courte et pénible ; que les excréteurs ne fournissent plus que des humeurs viciées ; que les muscles soient frappés de lassitudes spontanées et de faiblesse ; que les sensations soient plus ou moins dépravées; que les difFérens appétits se taisent ; enfin , que les organes qui devraient fournir au corps des sucs réparateurs, par des iTiOuvemens opposés à leur destination , lui enlèvent le plus souvent ceux qu'il possède. Tout ce que l'anatomie et la physiologie nous ont déjà fait connaître de l'organisation , des fonctions, des nombreuses sympathies de ces trois organes , et de l'immense proportion des vaisseaux absorbans qui entrent dans leur texture
intime, s'accorde parfaitement avec les phénomènes que dëvelopp^^nt les diverses irritations qui s'y appliquent accidentellement et nous donnent la clef de ces désordres généraux qu'on s'imaginait être indépeudans de toute atlection locale, parce qu'on avait négligé de tenir compte des altérations qui se manifestent dans les tissus dermoïde, cellulaire et muqueux durant le cours des effervescences fébriles^ et qu'on était loin de se faire une juste idée de l'importance de l'aclion des vaisseaux ahsorbans, soit dans l'état de santé jSoil dans l'étatde maladie.
11 convient donc, pour arriver à la solution du grand problème qui depuis si long-temps occupe les médecins , de faire une exacte analyse de cette multitude d'altérations dont la vue de l'observateur est offusquée, et, pour ainsi dire, obscurcie. Lexaraen des symplùmes et de l'ordre dans lequel ils se succèdent après l'application d'une cause extérieure évidente; l'appréciation de la nature des mouvemens qui les constituent et des effets qui en résultent; la recherche du peu de traces que ces sortes de maladies peuvent laisser après la mort; voilà les moyens que nous devons employer pour arriver à la détermination précise du siège des fièvres j^ et confirmer ou rectifier les idées que nous venons d'émettre sur cet important sujet.
Dans la nouvelle et pénible carrière que nous allons parcourir, nous devons nous tenir en garde contre un écucil qui a déjà causé plus d'un naufrage. Sans doute , il ti'est pas de connaissances plus positives que celles que donne l'anatoinie pathologique ; mais les inductions qu'on en lire souvent ne sont pas, à beaucoup près, aussi certaines. Nous ne devons pas perdre de vue que la fièvre a été regardée par les meilleurs praticiens comme une maladie susceptible de se guérir par les seules forces de la nature , et qu'on a généralement reconnu qu'elle laissait rarement des lésions qu'on piit retrouver après la mort ; ce qui suppose que les altérations vitales qu'elle produit sont plus fugitives et moins profondes que celles qui résultent des inflammations. Nous devons encore ne pas oublier qu'il n'y a pas de maladie plus sujette aux complications que la fièvre , et que l'on regarde souvent comme en étant des symptômes diverses affections morbifiques qui se rencontrent avec elle et n'en sont pas même des dépendances; enfin, nous devons savoir que^ par reirel de certaines dispositions individuelles ou acquises, il arrive qu'après qu'une cause extérieure a produit son effet accoutumé sur la peau, l'abdomen devient quelquefois le centre vers lequel convergent les excitations éloignées, et où les résultats
de la lésion cutanée tendeot à porter le trouble ? nous devons savoir que les désordres grossisseni dans celle région, qu'ils y changent de caractère, et peuvent même y établir un foyer incendiaire d'où parlent de nouvelles irradiations qui vont ensuite troubler tout le reste de l'économie animale (i). De telles considérations, toujours présentes à nos yeux , nous engageront à n'user qu'avec réserve des données que pourra nous fournir l'analomie pathologique , afin de ne pas confondre les désordres qui sont la suite de l'inflammation avec ceux qui ne dépendent que de la fièvre , et de nous préserver par là de ne voir que des fièvres dans les inflammations, ou que des inflammations dans les fièvres.
51*"". Analyse des phénomènes fébriles se dé^ ■plojant sur t organe cutané et dans le sjsième cellulaire.
ï". De la Fièvre éphémère, ou de la Fièvre produite , par Vexcitation morhifique des vaisseaux absorbans artériels du tissu réticulaire.
Commençons donc par examiner ce qui arrive lorsqu'un homme bien portant s'expose h une insolation prolongée , ou que j le corps
( i) Essai sur la sensibilité ; par M. Prosl. Paris , 1 8o5.
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échauffé , il reçoit l'impression subite d'un froid vif, l'action continue d'un vent de nord, ou bien encore lorsqu'il s'est plongé dans un bain trèschaud. Lorsqu'un homme s'est exposé à l'une ou l'autre des causes précédentes, ou à toute autre de même nature, il éprouve peu de temps après^ sans autre symptôme précurseur qu'un sentiment de malaise général , un resserrement spasn)oc]ique de l'habitude du corps, des horripilations superficielles qui le plus souvent ne vont pas jusqu'au frisson. La chaleur se développe ensuite librement par un mouvement uniforme sur toute la périphérie, et quoiqu'elle puisse acquérir beaucoup d'intensité, elle est cependant doue comme dans l'état de santé, et elle ne porte sur le tact aucune impression d'àcrelé. Les vaisseaux blancs du tissu réliculaire se pénètrent d'une quantité plus ou moins grande de sang qui colore la peau : le pouls devient grand, fort, vite,, fréquent , mais il reste parfaitement égal, t;t immédiatement après la terminaison de l'accès, il rentre tout d'un coup dans l'ordre de ses îiiouvemens accoutumés. La langue est légèrement blanchâtre; l'appétit , tantôt existe, tantôt se trouve diminué ou détruit jusqu'à la fin de l'accès. Au bout de vingt-quatre heures, si rien, dans le tempérament ou les prédispositions du sujet, ne tend à prolonger la maladie, elle sa
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termine, soit par des sueurs , soit par un écou-* lemeut abondant d'urines naturelles.
Tels sont les phénomènes qu'entraîne une irritation médiocrement énergique directement appliquée sur l'organe cutané qui n'a subi aucun affaiblissement préliminaire. Quels sont ici les vaisseaux dont les propriétés vitales sont exaltées ? Quels sont les vaisseaux qui donnent la sensation du frissonnement et des horripilations? Quels sont les vaisseaux qui , d'abord blancs , deviennent plus ou moins colorés par le sang ? Quels sont les vaisseaux qui procurent le dégagement de la chaleur ? Quels sont enlLi les vaisseaux capables d'exhaler la sueur , et de transporter sur la vessie les urines qui terminent l'accès? Sont-ce les artères, les veines ou les vaisseaux absorbans? ]N est-il pas évident que les plus superficiels ont été les premiers frappés? Or, nous savons que la partie la plus superficielle de la peau est, après l'épiderme , le lissu. réticulaire de Malpighi , et que ce tissu est presque entièrement composé de vaisseaux absorbans. N'est-il pas évident que les plus sensibles et les plus irritables ont été les premiers à répondre à l'irritation par un mode de sensation qui leur est propre ? Or , nous savons que les vaisseaux absorbans le sont beaucoup plus que les artères et les veities , et qiie c'est par le
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liisson qu'ils manifestent certaines de leurs lésions, comme Hunter et Rruikshank l'ont annoncé, et comme Hoffmann le pressentait lorsqu'il disait que les excrétoires de la peau étaient sujets à des spasmes qui se reconnaissaient par une manière de frissonnement (i). N'est-il pas évident que les vaisseaux les plus icdépendans de l'impulsion du cœur et des lois de la circulation sanguine, ont pu seuls se montrer tantôt vides , tantôt pleins et gorgés , tantôt de fluides blancs, tantôt de fluides rougesou plus au moins mélangés? Or, nous savons que les vaisseaux absorbans sont placés hors du cercle circulatoire sanguin , qu'ils se vident ou se remplissent, choisissent ou repoussent les humeurs par des mouvemens qu'ils tiennent d'une sensibilité qui leur est spécialement dévolue. N'est-il pas évident, enfin , que le dégagement du calorique , que l'exhalation de la sueur , que le transport des sérosités de la peau sur la vessie sont autant de phénomènes qui dépendent des mêmes propriétés , et que les uns et les autres ne peuvent être uniquement attribués qu'aux vaisseaux absorbans, seuls capables de les produire? On ne peut donc se refuser h voir, dans la supposition présente , une lésion essentielle et primitive éla-
(i) Oper., t. I, pag. i64, § xix.
blie sur le tissu rëticulaire de Malpighl , c'eslà-dire , sur les vaisseaux absorbans qui eu forment la base.
D'un autre côté , comme toute espèce d'affection un peu forte ne'e dans l'économie animale attire de suite les mouvemens du cœur , comme la douleur la plus légère suffit souvent pour y produire des dèrangemens , et comme surtout la peau se trouve liée avec cet organe par des rapports de sensibilité si intime , qu'un simple chatouillement , pour peu qu'il soit prolongé, peut produire la syncope, il est naturel de voir paraître ici ce mouvement accéléré qui se communique aux artères , et que les médecins connaissent sous le nom de pouls Jébrile ; comme aussi tout ce qu'on vient de dire pour le cœur peut , et à plus forte raison , s'appliquer à l'estomac, il est aisé de voir pourquoi , par l'efiet de la même sym.pathie , les fonctions de cet organe ont éprouvé quelque altération pendant le cours de ce léger excitement cutané.
Cette affection simple du réseau réticulaire est entièrement dépouillée de toute altération, soit dans les humeurs, soit dans la substance des autres organes, et pourtant, il faut le dire , c'est une fièvre. C'est ce que M. Elsner regarde comme la fièvre exemplaire , dont les autres fièvres ne présentent que des modi-
Kcallons varices (i). C'est le plus léger de^vé (le ce que M. Fizcau nomiDe Jîè^'re simple ; du moins les caractères qu'il indique pour faire connaître cet état pyrexiquese rapportent parfaitement au tableau que nous venons de tracer (2). C'est , en un mot , la fièvre éphémère de Id plupart des auteurs dans le degré le plus modéré , et tout-à-fait exempte de complications. Mais si les causes extérieures que nous avons désignées précédemment ont été dune intensité capable d'imprimer à la peau des spasmes vio- Icns ; si l'exposition à l'ardeur du soleil a été prolongée outre mesure ; si l'on a été pénétré d'un froid rigoureux et soutenu ; si l'on a chargé le bain chaud de substances acres et astringentes, la fièvre qui succède à des causes de cette force débute par un frisson très-marqué, qui subsiste même assez long-temps , et la vivacité de ce début n'en change ni la simplicité ni le caractère. Que si , au contraire , les mouvemens fébriles sont amenés par des causes qui ne frappent pas directement la peau, telles que des
(i) T''oyez sa dissertation inîilulée : Varius Ft^bris status ^ Regi'om, 17^9; et Griiuaud , Traité des Fièvres ^ t. I, pag. 211.'
(2) Bulletin de la Société de la Faculté de Médecine , n" V , pag. I ,