DES M A L A D I L S. 2O
(lo l'aclion spt'cilîque établie sur la peau par l'elTet du virus conlagieux qui a produit c;et exanthème. L'ébranlement particulier des vaisseaux absorbans lymphatiques , d'où résuiletU les scrophules, ne se montre jamais à la suite des fièvres inOammaloires ; mais il faut dire aussi que pendant tout le cours de la petilevérole , cette portion du système absorbant se trouve dans une excitation relative beaucoup plus considérable, laquelle imprime même aux accidens locaux une piiysionomie particulière qui les distingue des inflammations phlegmoneuses franches. Cette action spéciale du virus variolique se manifeste d'une manière très-évidente dans l'inoculation , qui rend les glandes les plus voismes de l'insertion douloureuses et gonflées quelques jours avant que la fièvre éruptive se développe; de sorte qu'il paraîtrait que les vaisseaux de ce système sont les premiei s et les plus spécialement affeclés par la contagion ; ce qui explique pourquoi Méad avait observé que la petite-vérole était très-utile à ceux qui portaient depuis long-temps des engorgemens indolens des glandes lymphatiques.
D'un autre côté , si nous avons comparé le bouton variolique au furoncle sous le rapport du siège qu'il occupe dans les aréoles du chorion , il est évident qu'il en difière par sa nature intime.
208 DU SIEGE ET DE LA l^fATURE
Le furoDcle ne présente jamais cette apparence gélatineuse trouvée par Cotunni dans le bouton varioleux commençant ; le furoncle ne détermine pas autour de lui cette effusion considérable de lymphe qui abreuve les alentours du bouton , et le convertit lui-même en une poche entièrement remplie de cetie humeur ; le furoncle, enfin, ne fournit qu'un pus blanc et onctueux qui coule de la plaie au lieu de s'épaissir et de se concréter sur place, comme l'humeur lymphatico- purulente de laquelle provient la croûte varioleuse. La présence de la lymphe , mêlée au sang et a l'humeur purulente dans l'intérieur des pustules et du tissu cellulaire du cliorion, démontre donc l'excitation particulière imprimée par la petite-vérole aux vaisseaux spécialement destinés aux mouvemens de cette humeur, aussi-bien que l'engorgement des glandes lymphatiques qui précède l'éruption ; aussi-bien que la disparition des engorgemens indolens de ces glandes durant le cours de la maladie ; aussi-bien que les inflammations sub« séquentes qui se développent quelquefois dans ces organes lorsqu'elle a terminé son cours ; aussi-bien enfin que la disposition scrophuleuse qui lui succède assez fréquemment. Ce mélange de la sur-excitation des vaisseaux absorba ns artériels et de la sur-excitation des vaisseaux
absorbans lymphatiques qui prédomine dans cette circonstance^ donne à tous les accidens que la petile-vërole entraîne parfois après elle, un caractère particulier propre à les distinguer plus ou moins des inflammalions légitimes, eo même temps qu'une tendance à devenir chroniques , et à produire de funestes consomptions (.•).
Au reste, on comprend facilement que, mal* gré l'affinité du contagium variolique pour les tempéramens sanguins et Ijmphalico-sanguins, ce principe contagieux n'épargne pas toujours les personnes faibles et phlegmatiques qui s'y trouvent soumises. Huxam remarque avec rai* son qu'on ne s'aperçoit jamais mieux des variations que la différente constitution des solides et des liquides apporte dans la même maladie, que par la contemplation des phénomènes de la petite-vérole. Ces phénomènes manifestent avec la même évidence les altérations que peuvent introduire dans l'économie animale les qualités alternatives et mobiles de Tair ; et il n'est pas rare de voir les effets de la contagion se revêtir,
(i) Grimaud avait déjà reoiarqué, dans son l^raiié des Fièvres, que la petite-vérole, qui intéresse bien évidemuicnt le tissu cellulaire, a un caractère muqueux , en vertu duquel cette maladie montre une très-grande dispo» silion à porter sur les glandes.