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pas rare ^ au contraire y de voir l'affecUoti ta« bercuieuse s'étendre sur le larynx ou la trachée^ sur les intestins, sur les glandes mésentériques et sur les glandes cervicales. On voit s'élever de la surface des parties membraneuses de petits tubercules lenticulaires qui se ramollissent souvent, et produisent de petites ulcérations , lesquelles tantôt restent superficielles et s'élargissent y tantôt s'étendent en profondeur et percent les membranes sur lesqueUes elles sont établies. Le cœur lui-Biême .est souvent recouvert de ces petits corps leuticulaires blancs ; mais sur cet organe les tubercules s'ossifient plutôt qu'ils ne suppurent*
D'un autre côté, les mem^branes muqueuses bronchiques sont quelquefois engorgées d'indurations polypeuses qu'on a vu les malades rendre en entier, quoique le plus ordinairement ils les rejettent par fragmens dans l'expectoration ; les membranes séreuses sont recouvertes de couches albumineuses membraniformes et filamenteuses; enfin, chez quelques individus le foie est devenu jaune , volumineux et gras , tandis que chez quelques autres on rencontre , au milieu de ramaigrissemeut le plus extrême , des concrétions graisseuses d'une grande consistance , soit autour du cœur, soit dans le médiaslin , soit dans les interstices des
DtS MALADIE Se SS^
rauscles du traac et des extrémités (i). £t^ lors- Qu'après une existence plus ou moins ancienne -danS' rintime profondeur des organes , celte «fiection détermine des symptômes généraux ^i la décèlent aux yeux de l'observateur , la nature même de ces symptômes devient un nouveau témoignage du siège exclusif du mal dans le système de vaisseaux consacré d'une manière spéciale à la circulation des fluides .blancs et lymphatiques , puisque la fièvre qui survient , presque toujours sujette à deux retours joumaliers comme les fièvres muqueuses ^ 'dévie et consume les sucs nourriciers ^ et détermine des sueurs nocturnes qui deviennent facilement excessives; puisque le jeu déréglé de ^es vaisseaux produit des diarrhées coliiqua-^ •tives j l'œdème des pieds et des mains y et sou« vent même la leucophlegmatie et d autres espèces â'hydropisies.
C'était par des phénomènes analogues que se trouvaient marquées les épidémies muqueuses -et catarrbales décrâtes par Sarcoue et par Rœ- -derer et Wagler; c'était le même genre d'altération qu'on retrouvait communément dans les viscères; c'était le même genre d'accidens sympathiques qu'on voyait se développer à la suite 1 1 ■» Il I * PI ,1 -I »■ . ■ ,1 II I I M ■»
(i) MM. Bayie , ibid. ; Laennec^ ibid, ; Portai ^ ibid.
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des affections locales , surtout lorsque la maIa->^ die abandoDuait la marche aiguë que lui donnaient les causes' de répidémie, pour en prendre une lente et prolongée plus conforme à son véritable caractère. Aussi les observateurs conviennent-ils^ d'une voix presque unanime , que les épidémies catarrhales développent un grand nombre de phthisies. Plusieurs même vont ju&^ qu'à dire qu'il se déclare des phthisies épidémiques sous la même influence atmosphérique , d'où résultent les premières maladies. C'est , da moins, ce qu'assurent avoir vu le docteur Pinel, Lepecq-de-la-Clôture , Huxam et Hippocrate lui-même j et ce qui doit nous paraître la con* séquence naturelle du siège commun qu'affectent toutes ces maladies dans le même ordre de vaisseaux, les vaisseaux absorbans lymphatiques.
§ XII. Complication des trois modes inflam^ matoires dans le parenchyme pulmonaire.
II est donc vrai que le parenchyme pulmonaire peut se trouver , comme les tissus membraneux y difïéremment affecté , suivant que l'irritation se fixe sur Tune ou sur l'autre des trois principales branches du système absorbant. Il est donc démontré , par les considérations précédentes , que chacune de ces circonstances
dmène des résultats particuliers qui les distin-* guent , et que les altérations qu'on découvre dans les organes après la mort sont les témoi-^ gnages irrécusables du siège qu'affectaient les mouvemens déréglés pendant la vie. Si Texamen attentif de ces altérations^ comparées à la marche et aux divers symptômes des maladies , a pu nous aider à poser de justes démarcations entre ces trois genres d'inflammations y nous devons espérer que le même moyen va nous servir à dissiper Tobscurité causée par les comiplications qui peuveut les mêler et les con-r fondre*
On ne peut nier, en effet, que la péripneu-t manie aiguë ou chronique ne coïncide quel-» qucfois avec les tubercules. On conçoit que cette maladie peut devenir l'occasion de leur développement chez des sujets qui , d'ailleurs , s'y trouvent prédisposés , tandis que , d'autre part , l'irritation déterminée par la présence d'un grand nombre de ces tumeurs peut occa-^ sioner la péripneumonie chez des sujets très-r irritables : l'histoire des maladies etTouverture des cadavres le démontrent d une manière in-* contestable. Soit que les symptômes caractéris-. tiques de la péripneumonie s'établissent lout-f à-çoup chez un sujet en qui , depuis quelquo temps, une petite toux fcéqueçte çt obstinée j^
grumeleux et fétides. A mesure que le mal fait d^s -progrès , les accîdeas redoublent , quoi-* qu'avec des alternatives de calme et de recrudescence ; une douleur cruelle et profonde se fait ressentir dans toute la poitrine et menace de suffocation; l'amaigrissement est très-rapide; la faiblesse devient extrême ; la voix n'est plus qu un soufïle y et la mort survient dans l'espace, de quinze à vingt à jours, A l'ouverture des ca-davres , on trouve encore quelques points des. poumons crépitans : tout le reste est dur et d'une couleur rouge mélëe de jaune et de taches blanches. La matière blanche se trouve répandue dans l'induration sanguine , sans être circonscrite dans des cavités régulières, comme, il arrive le plus communément aux productions tuberculeuse^ nées dans des circonstances plus tranquilles ; eqfîn , certaines portions du paren-*^ chyme pulmonaire paraissent tomber en déli" quium,^ et; présentent l'aspect d'une bouillie brune et fétide (i).
(i) Broujsaîs, Phlegmafiies chroniques. , i, i, oLserVi. :i^*xTii,pag, 321..
DES MALADIES. ' Sc^S
S XIII. Rapprochement des phénomènes in^ flammMoires du parenchjme pulmonaire as^ec les mêmes phénomènes obsen^és sur les aulres parenchymes*
Si' tels sont les phénomènes que produisent dans les poumons les trois différentes sortes d'inflammations déterminées par les causes irritantes y selon qu elles intéressent plus particulièrement ou Fune ou Tautre des trois principales branches du système absorbant , ou selon quelles les ébranlent deux à deux ou simultanément y on doit s'attendre à trouver dans les autres parenchymes des altérations analogues y puisqu'ils ont tous pour base la même nature de vaisseaux. Ces analogies déjà reconnues entre le tissu dermoïde, les autres corps membraneux et le poumon feront sentir de plus en plus l'étendue et Timportance du système vasculaire le plus spécialement affecté dans ces différentes circonstances, en montrant par-tout le même ordre de mouvemens , quelles que soient d'ailleurs les nuances qui résultent des nombreuses variétés de structure établies dans les parties, et de l'importance plus ou moins grande des fonctions attribuées aux divers organes.
La pulpe cérébrale ne prend-elle pas , en
effet, à la suite de certaines causes irritantes^ une couleur rouge évidemment déterminée par rinjectioQ du sang artériel dans unemultitudede vaisseaux auparavant diaphanes? La substance du foie , naturellement rouge , n'^acquiert-elle pas , à la suite de semblables irritations y une feinte purpurine foncée ? Les reins ne présentent-ils pas quelquefois l'aspect phlegmoneux le plus intense (i)? Les autres corps glandulaires n'affrent-ils pas aussi des degrés divers de coloration rouge dans les inflammations aiguës qui peuvent les saisir ? Les os enx*-mêmes , malgré les matières terreuses qui les pénètrent et les durcissent dans l'état physiologique, n'échangeni-ils pas ces matières contre 1^ sang rouge dans certaines occasions? La substance dé ces or*i ganes ne s'y montre-t-ellepas entièrement convertie en chair ? Leurs fibres rougies , et ne paraissant plus être des fibres osseuses ^ ne sai« gnept-elles pas quand en les divise? Leur consistance n'est-^lle pas devenue molle à tel point qu'on les coupe facilement ^ et qu'ib sont devenus flexibles y ou du^ moine très-cassans y à cause de l'énorme déperdition d^ttiatière calcaire qu'ifs ont éprouvée, iWalière réduite quelquefois à une couche très-^mince , étendue à la
tÊÊÊmimmaammtm^^mmamiitmÊmmmmmt^fl^llt,
(i) Baillie, Analamiç pathologique^
DES MAXiADIKS. 3g5
superficie de Torgaûe^aâisi caraifië? D'un autre côté y le résultat du tcàTaiJr niari>ifîque dans tous ce9 cas divers^ lorscpiie Fîm portante ou la eoDSthicVRDn: partîmslière de l'organe malade a-eniviatoe pas des: accidens- capables de com-^^ promettre ppomptement la vîe^ n'est-tl pas toujoiirsla productionide rkuaieisr purifbrme, de! cette humeur que noms' avons constamment retrouva dans la peau , dan» les membranes ^ dans le tissu cellulaire, dans les poumons ^ cbaque fois que les vaisseaux absorbatis artériels y sont devenus^^le siège d'une irritation plus ou moius durable? Ënfîti y ces sortes d'altération^ locales ne coïncident-eiks pas le plus souvent avec des phénomènes généi^aux et sympathiques qui se rapprochent , tantôt pkrs , tantôt moins ^ de ceux que nous avons vus caractériser la fièvre initammatoire ?
L'autopsie cadavéricpie démontre , avec autant d'évidence, qu'à la suite de causes tout-à*-fait opposées aux premières , ou du moins appliquées sur des sujets différemment prédisposés, on voit ces mêmes organes plus 6u moins profondément empreints d'une cou-? leur sombre et livide, manifestement due au passage du sang noir dans des vaisseaux imper-f ceptibles et pellucides durant l'état de santé. On voit que le sang , dont l'abord précède et pré-?
$9^ DU SIIÉGE XT DE LÀ IfATURI
pare la gangrène y injecte de la sorte y naa-sea« lement Torgane malade y mais tous les lierai circonvoisins ; on voit que le point sur lequel se concentre l'action morbide présente également sur tous ces organes y comme sur ceux qui ont été spécialement l'objet de nos précédentes recherches^ une pulpe brune ou noirâtre, centre de pourriture et de corruption y au milieu duquel les solides n^ont plus aucune consistance , ou bien une sorte de sidération qui lui imprime la noirceur et la sécheresse du charbon y et. constitue le âphacèle et la nécrose; on voit encore que les exhalations produites à Tentour de ce foyer délétère , loin de présenter l'aspect et la nature d'un pus louable y ne se composent que de matières sanieuses y rougeàtres y noirâtres et fétides y telles que nous en avons toujours rencontré dans la peau et dans les corps mem-. braneux, dans le tissu cellulaire et dans les poumons y chaque fois que ces parties ont été le siège d'un ébranlement plus ou moins violent des vaisseaux absorbans veineux. L'observation clinique nous apprend enfin que les phéno^ mènes généraux qui naissent sous l'influence de celte affection locale y quel que soit celui de ces organes qu elle envahisse , non-seulement rappellent la plupart des traits de la fièvre adynamique ^ mais encore, sans doutç à causç de Tac*
DES maladies; S97
tiOQ résorbante naturelle aux vaisseaux irrites dans ce cas y infectent toute Féconomie animale des funestes produits du trayair morbifîque établi dans la partie malade, et font circuler dans les veines un poison mortel.
Maïs n'est-il pas plus fréquent de rencontrer dans le cerveau et dans le foie une substance blanche, uniforme^ lisse, compacte ou bien graisseuse et gélatineuse, tantôt disséminée dans tout Forgane , tantôt rassemblée en tubercules arrondis et moulés , pour ainsi dire , dans lés parenchymes (i)? Ces dernières tumeurs circonscrites , ordinairement lymphatiques , sont la plupart du temps renfermées dans des kystes membraneux, cartilagineux et même osseux^ qui rappellent les kystes qu'on a vu se développer dans les poumons, et dout on retrouve parfois les analogues dans la peau et dans le tissa cellulaire. Il est probable même que l'accroissement graduel de ces sortes de tubercules , et la fonte ou la liquéfaction qu'ils éprouvent , produisent dans ces organes les fréquens dépôts qu on y remarque , dépôts devenus souvent considérables sans avoir fait sentir une douleur locale qui lès décèle , quoique les malades aient été la proie des accidens sympathiques les plus
(1) Baillie, Anat/paihoL } Portai , Anat. médic.
SgS DU SliCE ET DJB LÀ KÀTURK
violens j ou soient :inarts consumés par la ?Gèvre hectique et le marascne* C'est ^insi que le ra^ inoliissement ée certains tfubercifles ^ devenus très-volumineux ^ produit sourdemeat les vomi* ques et les grandes collections de matières gri« sâtres et caséeuses qu'on trouve parfois dans le parenchyme pulmonaire , ou que les malades rendent tout-à-coup par la bouche , non sans un grand danger de suffocation.
N'est-il pas beaucoup plus fréquent encore de voir les autres corps parenchymateux glandulaires pénétrés de ces humeurs lymphatiques^ soit uniformément répandues dans leur substance y soit divisées en tubercules plus ou moins nombreux ?Mais ce qui doit nous frapper bien plus que tout le reste , c'est l'état particulier dans lequel se trouvent quelquefois les os ^ jet ceux même qui devraient être les plus durs ; état très-différent de la caroification rouge dans laquelle le sang artériel vient occuper la place des particules terreuses ; état très-difféFent de Ja nécrose^ oii le sang veineuac parait seul être -mis en mouvement ^ du moins sur le point -où s*opère le travail gangreneux ; état qui présente un aspect semblable à celui de ces engorgemêns blancs que nous savons donner une si grande épaisseur au chorion et s'établir dans le tissu cellulaire sous- cutané ,* état ^ enfin , qui se rap-
DES maladies; Sgg
proche 9 par de frappantes analogies^ des eogorgemens blanchâtres et lymphatiques que nous venons de voir se développer dans toutes les par* lies molles ^ quelle que soit leur texture y quel que soit l'arrangement et le mélange de leurs parties vasculaires. On sait y en effet y que cer<laines maladies gonflent et ramollissent les os y en font disparaître les molécules calcaires pour y substituer des matières lymphatiques y albumineuses , graisseuses y qui donnent à ces or«ganes l'apparence cartilagineuse ou lardacée^ et les rendent, en général y peu différens des parties molles exsanguines. Or, ces altérations, ainsi que toutes celles de même nature qu'il nous a été facile de signaler également y et dans les tissus membraneux et dans les parenchymes y obscurément établies y lentement développées y s'accompagnent toujours d'un ébranlement y tantôt plus, tantôt moins considérable, et géaénéral des vaisseaux absorbans lymphatiques , marqué par de nombreux engorgemens glan*dulaires, par des épanchemens séroso-muqueux^ incolores , de plus d'un genre , par des sueurs excessives , et , dans certains cas , ascessentes ; par un état fébrile chronique et par la consomption y ce qui laisse peu de doute sur le siège de l'action spéciale qui les produit et qui les rend si durables et sidiflicilemeutsusceptiblesdeguérison.
400 DU SlÉfeE ET DE LA l^fATURi:
Nous ne pouvons nous défendre de remàr-» quer , à ce sujet , que le grand nombre de cài sortes d'altérations blanches qu'on rencontre dans les organes y en même temps que la situation des parties où ces altérations se font remar* quer y suivant l'âge des malades^ doivent nous faire penser , avec Pujol , que , bien que la modification particulière des vaisseaux absorbans lymphatiques y d'où résultent dansTenfance les scrophules et le rachitisme, ne se montre guère avec ses signes ordinaires au-delà de la vingtième année y cependant cette modification peut subsister encore, et se maintenir même jusque dans la vieillesse, sans donner de sa présence le moindre signe extérieur. N'est-ce pas à la même cause qui produisait dans l'enfance les engorgemens glandulaires du cou , les ophthalmies , les croûtes muqueuses du cuir chevelu, le ramollissement des os sur de frêles individus dont l'ossification était à peine ébauchée , qu'il faut attribuer les phlhisies tuberculeuses dout meurent un si grand nombre de jeunes-gens ? Qu'il* faut attribuer les obstructions abdominales qui font périr tant d'autres personnes plus avancées en âge, sans autre cause probable que cette modification des vaisseaux absorbans lymphatiques demeurée secrète , et dont le développement sur ces différentes parties est favorisé par les
bSS MALÀDtESi ^tï
Ittemes raouvemeas qui président à la révolution des âgés de la vie ?
Quoi qu'il ea soit^ on ne peut se défendre d'admirerFétonnante simplicité desmoyens em^ ploy^ par la nature pour arriver à la grande Variété d'eflfets produits dans l'économie ani-» maie , soit pendant la santé ^ soit dans le cours des maladies^ Une seule espèce de vaisseaux ^ douée par-tout des mêmes propriétés^ entretient cette variété remarquable par la seule différence qui se trouve dans la position de ses branches principales. Les premières trames de ce système vasculaire projetées d'abord dans une masse de mucosités visqueuses, pompent et s'approprieut les molécules qui peuvent les nourrir et les faire croître , et de là naissent les premiers rudimens des parencbymes de chacun de nos organes* Ces organes formés et désormais invariablement appliqués à la fonction qu'ils doivent exécuter ^ on voit encore les mêmes vaisseaux y doués tou-* jours des mêmes propriétés > exécutant toujours le même genre de mouvemens> produire pourtant des résultats divers et même contraires ^ Suivant les rapports multipliés qu'une organi*» sation plus complète vient de leur donner.
On voit une portion de ce système vasculaire s'implantant aux parois des artères capillaires ^^ piliser dans le sang rouge tous les matériaux de II» ^6
4oa Dû SIÈGE ET DE LA rtÀTUKt
la Dutrilloa; on la voit se pénétrer plus oa moins de ce liquide pour lui faire subir les difie*rentes élaborations nécessaires au maintien de la vie. Ranimée, au moment de la naissance, par les qualités excitantes et vitales que la respiration donne au fluide sanguin artériel avec lequel les suçoirs qui lui servent d'origine se trouvent en contact , recevant un surcroît de forces de la révolution de Tâge pubère , on voit cette porlion du système absorbant redoubler d'activité ^ continuer encore à pénétrer toutes les parties , ou de sang rouge , ou de fluides nourriciers , tant que doit durer le travail de l'accroissement^ et former ainsi le tempérament sanguin , déjà développé dans l'adolescence , mais qui reçoit son complément dans la jeunesse. Aussi, par une triste compensation , la voit-on , à cette époque , plus susceptible de s'exalter à l'occasion des plus légères causes , et de là dériver ccr«* taines maladies connues sous le nom ^inflam^ mcUoires , lesquelles ne sont , à vrai dire , que les mouvemens exhalans et nutritifs poussés à l'extrême.
Comme la destination de cette importante branche du système absorbant est de répandre en tous lieux les matériaux de la nutrition , les mouvemens qui lui sont naturels sont excentriques^ et portent les fluides du centre à la cir-
bES MALADIES. 4^$
Conférence. Il en résulte que rirrilation appli^ qoëe sur leurs bouches exhalantes intervertissant d*abord ces mouvemens , comme on le voit arriver d'une manière très-marquée dans le frisson dfe la fièvre intermittente, pourrait éteindre la vie , si la sensibilité bientôt exaltée jusqu'aux extrémités aspirantes de ces vaisseaux , en leur faisant ressentir plus vivement que jamais l'impression du sang qui coule dans les artères y ne les ramenait violemment à leur direction natu« relie. Dès qu'ils reprennent cette direction , ils absorbent avec beaucoup d'avidité le sang roUge , sans lui faire subir le moindre changement ^ et l'accumulent dans les parties dont ils forment la base ^ jusqu'au moment où le calme commençant à se rétablir, ceux de ces vaisseaux restés libres au milieu de l'engorgement ten-* dent à rentrer dans l'action qu'ils ont coutume d'exercer sur le fluide sanguin , commencent par produire la matière puri forme , et arrivent insensiblement à ne plus exhaler d'autres fluides que ceux qui conviennent à l'intégrité des fonctions. Telle est donc la salutaire tendance des mouvemens qu'exécute cette branche du système absorbant , que les irritations ne peuvent guère l'intervertir que momentanément , et qu'elle rend les maladies inflammatoires légi^» times les plus simples ^ les moins dangereuses
4o4 Ï>U SIEGE ET DE LÀ ÏTATITRB
de toutes celles qui peuvent troubler Tëconotnie auimale , puisque , dans une foule de cas , les seules forces de la nature suffisent pour en trioni' pher et les faire disparaître.
Il en est bien autrement de cette branche du même système , dont les bouches aspirantes liont placées dans la profondeur des parenchymes et des aréoles cellulaires , tandis que les bouches exhalantes qui la terminent vont abou^tir aux veines capillaires. Nous avons vu les vaisseaux de cette branche chargés de résorber les matières désormais inutiles à la nutritiop ^ rester dans une faible activité pendant la croissance y temps où la nature utilise la plus grande partie des substances nutritives ; mais ^ dans Tâge mur ^ où ces excédans deviennent nécessairement plus considérables y où surtout les forces vitales dirigées sur le foie déterminent une abondante sécrétion de bile , humeur spécialement propre à stimuler ces sortes de vaisseaux j nous les avons vus prendre une prépondérance d'action très - marquée , laquelle va croissant de jour en jour^ et amène enfin la décrépitude- C'est surtout alors que , plus susceptibles de s^exalter par l'effet des irritations^ les vaisseaux de cette branche nous ont paru disposés à produire les maladies connues sous le nom à! adjnamiques ou de gangreneuses^
Nous avons trouvé que les mouvemens qui s'exécutent dans ce cas sont loin de présenter la tendance et la simplicité de ceux qui constituent les maladies inflammatoires. Il est vrai ^ue d'abord les impressions reçues cette fois sur les bouches aspirantes, qui sont ici les plus extérieures , n'ayant d'autre effet primitif que d'augmenter leur action naturelle, produisent un ébranlement peu remarquable^ ce qui fait que les préludes de ces maladies sont loin de trancher autant avec l'état de santé que le début des maladies dont le siège se trouve sur les vais«seaux absorbans artériels. Mais il s'établit enfin sur ces vaisseaux absorbans veineux une modification spéciale de sensibilité qui intervertit aussi y mais secondairement , l'action de leurs bouches exhalantes , les rend accidentellement aspirantes , et leur fait absorber le sang dont elles se trouvent baignées. Nous avons également vu que celte vicieuse direction introduisant peu à peu le sang noir dans les parties , y répand une couleur livide plus ou moins marquée , affaiblit le ton des solides , déjà profon* dément altéré , en leur présentant des quantités de plus en plus considérables de ce sang , dont les impressions sont éminemment sédatives , et finit par y éteindre la vie , si l'art ne vient promptement au secours de la nature, en cher-*
4o6 DU SliOE SX DE LA NATURE
cbant à produire une réaction propre à rélabllf la diri^ction salutaire des monvemens , par Tu-r sage des moyens qui excitent et fortifient les vaisseaux absorbans a.rtërieb^ dont la lassiT tude et le sommeil favorisent de tels phéno-? mènes. Mais ce n'est guère que dans les mou- * vemens fébriles , lesquels ont plus d'étendue et d'expansibilité qife de force, que Téquilibre peut se rétablir ainsi ^ que la vie peut être sauvée, sans qu'il en coûte une perte quelconque de substance. Dans les affections locales^ où les niouvemens, plus concentrés , sont aussi beau-^ coup plus intenses , Taction ranimée des vaisseaux absorbans artériels ne devient presque jarj^ais salutaire qu'en ^'tablissant une . barrière propre à circonscrire le point affecté^désormaisi perdu sa^is retour;, barrière qui le sépare du reste de l'économie animale ; barrière en dehors de laquelle tout rentre dans l'ordre des mouvemens qui surviennent lorsque les vaisseaux absorbans artériels irrités dévient et accumulent le sang rouge dans les parties.
Il en est bien aulrernent encore de cette troi^ sième branche du système absorbant j exclusivement chargée de recueillir les sucs réparateurs ; chargée seule de rassembler les premiers lihéamensdel'embryon et du fœtus, avant l'exis-^ tçnçe des vaisseaux d'unc^ structure plus çom^
pliqaëe ; chargée seule de puiser dans le canal digestif les produits de Falimenlation après la naissance ; chargée seule , à toutes les époques de la vie , d'aller chercher dans la profondeur des parties l'excédant des sucs nourriciers sus^* ceptibles de rentrer y comme élémens , dans le fluide sanguin^ et d'animaliser les produits de W digestion ; de cette branche enfin qui ^ devant exécuter des mouvemens concentriques comme la branche précédente y prend également naisr» sance par des bouches aspirantes disséminées sur toutes les surfaces^ et se termine par des bouches exhalantes^ non plus sur les veines,, mais dans les vaisseaux lymphatiques valvuleux; capillaires. Nous avons vu les vaisseaux de cette branche^ les premiers formés^ les premiers agissans , présider à Tarrangement de tous lea parenchymes primitifs y jouir d'une prépondé-^^ rance marquée chez le fœtus , la conserver en^ core dans Tenfance^ et ne la perdre qu insensiblement et à mesure que les nouvelles qualités données au sang artériel par la respiration ^ répandent dans les parties un nouveau mode d'excitation, lequel réveille et ranime de plus en plusî l'action des vaisseaux absorbans exhalans chargés jcle remplir chacun de ces parenchymes primitifs des matières qui doivent les dififérencier et les repère propre^ à l'e^erciçç de leurs fpnçliQDSi
4o8 DU SiécE. ET 1>E LA NATURE
respectives. Nous avons vu cjuc ces vaisseaux ; doués des raêrnes propriétés et de la même sen-» sibililé que les autres vaisseaux absorbans y exe* cutent pourtant leurs mouvemens avec une len-* teur qui n'a d autre cause que la douceur et l'insipidité des sucs avec lesquels ils sont le plus en rapport ; lenteur qui fait le caractère des mouvemens vitaux^ lorsque, par un défaut quelconque de la digestion et de Fbématose y l'action de ces vaisseaux reste seule prépondé^ rante dans l'économie animale, et ne se trouve pas suffisamment contre-balancée par celle des^ vaisseaux absorbans artériels , comme on le voit arriver dans les tempéramens lymphatiques. ]Vous avons vu que c'était surtout dans ces cir«constances et dans celles qui s'en rapprochent ^ que ces vaisseaux recevaient plus facilement l'impression des causes irritantes , et que cette impression appliquée sur les bouches aspirantes, encore ici les plus extérieures , ne faisant d'abord qu'en augmenter l'action naturelle , pro^ duisait le plus souvent des phénomènes peu tranchés avec l'état de santé , lesquels n'arrivaient que lentement et insensiblement au degré qui les rend manifestes par la déviation et l'ac-^ cumulation des humeurs lymphatiques résultant de la rétroversion des mouvemens de ces vaisseaux. Enfin y nous avons vu que, dans les mala^^
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dîes qui dépendent de rîrrilalion fixée sur cette branche du système absorbant ^ Tinnocuité des sucs épanchés^ loin de produire l'eiccitation dé-* terminée par le sang artériel , et de laquelle résulte l'exhalation de la matière puriforme y loin de produire les funestes effets qu'entraîne la présence du sang noir et des sucs corrompus que l'action pervertie des vaisseaux absorbans vjeineux peut en extraire ,,n'a d'autre effet que d'engouer les parties de sucs inertes y lesquels sollicitent trop faiblement les vaisseaux pour que les engorgemens dont i}s forment la base soient facilement dissipés, et ne deviennent pas chroniques, ou même le plus souvent incurables. De tels rapprochemens font assez comprendre l'insuffisance de la définition vulgairement adoptée par les pathologistes pour donner l'idée de l'inflammation , puisqu'il en résulte que cette définition n'est applicable qu'au seul cas où les vaisseaux absorbans en rapport avec les artères sont irrités , tandis que la même irritation fixée sur les vaisseaux absorbans en rapport ^ soit avec les veines, soit avec les vaisseaux lymphatiques valvuleux , et produisant le même genre de'^mouvemens, détermine pourtant des apparences différentes, des phénomènes distincts, uniquement dus à la diversité de nature des humeurs déplacées dans Tua et l'autre cas, ce qui
4lO DU SIEGE ET DE LA NATURE
forme des variétés d'une seule et même altération organique , variétés auxquelles devrait pouvoir se rapporter une bonne définition générale* On ne peut guère douter y en effet y d'après tout ce qui précède , que les médecins n'aient beaucoup trop restreint jusqu'à présent l'idée qu'on doit se former de Finilammation y et qu'il ne soit convenable de l'étendre à toute exaltation des propriétés vitales des vaisseaux absorbans , circonscrite sur un point limité ^ assez forte et assez durable pour produire Tafilux et l'accur mulation des humeurs sur ce point ^ devenu momentanément le centre d'une action vicieuse^ quelle que soit d'ailleurs la branche de cesys*tème soumise à Tinfluence des causes irritantes. C'est faute d'avoir considéré Tinflammation par toutes ces faces que Ton est tombé dans des erreurs qui ont pu devenir la cause de cruels mécomptes dans la pratique. N avons-nous pas vu , par exemple , des médecins attribuer cer-^ tains engorgemens des extrémités inférieures des femmes en couches à l'on ne sait quelle cause mécanique propre k s'opposer au cours de la lymphe 9 sans vouloir reconnaître une in-^ Hammation dans cette maladie , parce qu'on n'y retrouve pas la rougeur, l'un des trois caractères inflammatoires portés comme essentiels dans la dé(inition vulgaire ? En cherchant à combattiez
cette erreur dans ua ouvrage précèdent , publié dans Tannée 1806 y nous avons tâché de dé* .montrer que les apparences particulières rêvé* tues par cette maladie tenaient plus à la nature et aqx fonctions de la branche du système ab-> aorbanl lésée dans cette circonstance ^ qu'à l'ab-^ seace de l'inflammation , et nous avons du nécessairement en conclure qu'il existait plusieurs partes d'inflammations y vérité accueillie et dé-* veloppée par M. Broussais ^ qui l'a élayée d'un grand nombre de preuves anatomico-palholo- Çiques, dans son Traité des Phiegmasies chroniques , vérité que nous venons de présenter sous un nouveau jour, et que nous croyons avoir portée au dernier degré d'évidence dans ce c^hapiLre.
D'un autre côté , les considérations dans lesqoelles npus sommes entrés touchant le siège et la nature des phénomènes iullammatoires , rap« prochées de celles que nous a suggérées l'étude des phénomènes fébriles, doivent servir à concilier les opinions des médecins , et à faire dispa-^ raitre les contradictions qui séparent les dpc-< trines professées de nos jours. On conçoit ^ en effet , qu'entre deux dérangemens organiques seulement distingués par des nuances d'éten4ue et de concentration , il doit se trouver une muin titude de points de contact propres à jeter ^^
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la confusion dans les symptômes qui les consti-' tuent, et de l'obscurité dans le diagnostic qu'en peuvent tirer les praticiens. Ce ne sont point les. phlegmasies cutanées et superficielles, où tout se passe en quelque sorte à découvert, qui peuvent occasioner cette confusion ; il n'est jamais arrivé de prendre un érysipèle pour une fièvre éphémère , un phlegmon pour une fièvre inflammatoire. Les phlegmasies pectorales , quoique moins apparentes , se distinguent encore assez facilement des fièvres , ou, du moins y ne détournent pas, à l'aide d'insidieux symptômes^ de la vérîlable direction qu'il faut donner au traitement pour le rendre salutaire. Mais les phlegmasies abdominales, situées plus profondément , et portant des influences directes ou sympathiques sur des organes dans la texture desquels prédominent les vaisseaux absorbans veineux y sont , par ces deux raisons ^ et plus difficiles à l'econnaitre, et plus facilement confondues avec les 'fièvres consistant dans l'ébranlement général de ces sortes de vaisseaux situés dans le tissu cellulaire , funeste erreur qui fait adopter un traitement justement regardé, danscette circonstance , comme incendiaire et meurtrier^ par un médecin moderne. C'est , en effet , un éminent service rendu a la science par M. Broussais , que d'avoir fixé Taltention sur la fréquence de
ce6 sortes d'inflammations; que d'avoir forcé les médecins à les reconnaître à travers les symptômes d'adynamie qui le plus souvent les ac« compagnent, ou plutôt les masquent entièrement. Il est trop certain que ces inflammations^ qa^un si grand nombre de causes tendent à faire naître et à propager , sont beaucoup plus multipliées que les véritables fièvres adynamîquès ; il est trop certain que l'on voit encore tous les jours des praticiens aveugles et routiniers s'obstiner à les traiter par les moyens toniques et stimulans^ malgré les mauvais succès qu^on voit ordinairement résulter de cette méthode.
Il est vrai qu'au point où en était la science y il était diflicile de se persuader que la prostration desmouvemens musculaires, que la petitesse du pouls y rarement accompagnée de beaucoup de fréquence ; que la couleur terne et plombée des surfaces, que la couleur brunâtre des mucosités et des déjections, en un mot, que tous ces signes d'unetendance plus ou moins rapide vers la faiblesse .et la dissolution, lesquels servent le plus souvent d'escorte à ces phlegmasies intestinales , pussent venir d'une inflammation , comme la péripneumonie, par exemple, où toutes les surfaces sont colorées d'un rouge intense, où le sang rouge regorge évidemment des poumons, ou le pouls a toujours de la plénitude et de la
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fréquence y du moins dans les commencement^ de la maladie , où la faiblesse n'est évidemment qu'une oppression des forces déterminée par l'embarras et l'engouement de l'un des principaux organes de l'économie animale. Quelques succès qu'on annonçât avoir obtenus de la roé^ thode an ti-phlogis tique, il était difficile de se déterminer à l'application de cette méthode dans une circonstance qui paraissait si fort en oppo" sition avec l'état inflammatoire , tel qu'on avait coutume de le concevoir. Mais une fois pénétré des vérités que nous nous sommes efibrcés de démontrer dans ce chapitre et dans les chapitres qui précèdent , on n'aura plus aucune peine à se plier à une pratique justifiée par des succès dont la théorie pourra donner une explication satisfaisante. Le raisonnement concourant alors avec l'expérience, on verra les médecins adopter, d'un consentement unanime, une façon de voir qui les tiendra constamment en garde contre l'existence de pareilles inflammations cachées sous le masque de Tadjuaniie , et qui , par cela même , rendra leur pratique plus sure , moin» désagréable et beaucoup plus salutaire.
SES MALADIES. ^iS