CHAPITRE IV
JDe V Influence des Vaisseauœ absor^ bans sur les diverses exhalations morbifiquesm
v/rr a pu juger , par la lecture des pre'ce'dens chapitres , de toutes les raisons que nous avons de croire et de répéter que les fièvres et les inflammations , siégeant sur le même système de vaisseaux ^ ne diSerent que par quelques nuances d'étendue , d'intensité et de concen- • tration. Dans Tun et Tautre cas, le sang ou lés humeurs lymphatiques déviés hors de leurs voies naturelles, séjournent dans les réseaux absorbans qui les exhalent et les versent dans lés aréoles cellulaires. Dans Tun et l'autre cas, le fluide sanguin est soumis au travail d'où résultent les matières puriformes et ichoreuses ; et ces matières s'exhalent dans les cellulosités sous-cutanées durant les fièvres, s'exhalent dans celles de la partie malade , ou s^écoulent pêleméle avec les produits naturels des membranes muqueuses et des membranes séreuses durant les inflammations; dans l'un et l'autre cas, enfin^
4l6 BU SIEGE ET DE LA NAtÙRÊ
les SUCS lymphatiques y lorsqu'ils sont les seuil) mis en mouvement dans les réseaux cellulaires | abreuvent les parties de viscostlés insipides y lesquelles 9 donnant peu d action aux vaisseaux ^ tendent à séjourner dans les cavités aréolaires qui s'en trouvent accidentellement remplies} ou bien y si les couloirs cutanés ou muqueux en débarrassent l'économie animale y impriment les caractères qui leur sont propres aux sécrétions de ces organes.
Faudra-t-il donc chercher un autre siège à ces sortes d'altérations dans lesquelles ces hu-^ meurs sont aussi versées sur les surfaces et dans la profondeur des parenchymes , en plus ou moins grande abondance , parce que ces alté^ rations ne produisent d'autre effet local qu'une légère turgescence suivie de l'écoulement ou de la stase de ces humeurs , sans élaboration suppuratoire? Nul doute que ces maladies, dont le principal phénomène est l'exhalation déréglée des liquides y tantôt sur un point y tantôt sur un autre y ne doivent être attribuées à l'action des mêmes vaisseaux que nous avons vu produire les déviatioas et les congestions fébriles et inflammatoires. La distinction qui sépare ces maladies de celles qui viennent de faire le sujet de nos recherches , n'est encore ici qu'une simple nuance ; et cette nuance parait tenir celte fois
ï)fiS MALADiEJi 4^7
"pKilôl à quelque nouvelle modification de sensi* bilîlë^ quà la seule expansibilitë ou à 1^ cou-* centratlon des mouvemens.
, D'abord , l'irritation et le degré d'exaltation des propriétés vitales s y trouvent presque toujours beaucoup moindres, et très-souvent même se rapprochent singulièrement de la légère exci-* tatîon convenable à l'exercice des fonctions. £n second lieu, tandis que, dans le début des fièvres et des inflammations^ les plans superficiels des vaisseaux absorbans, et surtout les petites ex** pansions exhalantes a l'aide desquelles ce système de vaisseaux s'ouvre sur toutes les surfaces, sont dans un état de iconstriction qui , le plus souvent^ interdit la sortie de tout liquide; tandis qucL, dan^les fièvres et les inflammations , cette constriction va même jusqu'à donner à ces vaisseaux une sorte de mouvement rétrograde qui pousse d'abord évideniment les fluides de la pé-* riphérie au centre ; taudis que, dans les fièvres et les inflammations cette constriction , lors même qu'elle est contre-balancée par la réaction des couches absorbantes • profondes , se maintient pourtant avec plus ou moins de force jusqu'au moment oiije relâchenr^ent général aniène la terminaison delà maladie , et laisse échapper les évacuation^ critiques; ici^ au contraire , la SQQsibilité de ces petit? vaisseaux est modifiée de II. 27
4l8 DU SliCB ET DE LA ICATmiE
telle sorte , qu'au lien de se resserrer ils se cfi* latent y s'épanouissent , attirent à eux les fluides bien au-delà de la juste mesure nécessaire au maintien des fonctions qui leur sont dévolues* Ge caractère de dibtation et d'épanouissement , cette tendance primitive des mouvemens du centre à la circonférence est donc le propre des altérations que nous allons passer en revue dans ce chapitre.
Toutefois 9 il ne faut pas s'attendre à voir les humeurs assumées par ce nouveau mode d'âcftiôn , queiqu'excentrique qu'on le suppose ^ sortir toujours par les surfaces extérieures de la peau et des membranes muqueuses. L'affection peut se borner à quelques portions vasculaires profondément situées , et 9 dans ce cas 9 les bu^ meurs déviées produisent des épancbemens ou dans les grandes cavités ^ ou dans les cavités Jntersticiellea des organes. Dans d'autres cas, certains Vaisseaux peuvent être frappés de cette disposition en même temps que d^autres le sont d'une disposition toute contraire , ce qui doit donner lieu à des phénomènes vafriés y quoique partant toujours ^e la même ^i^iixse y l'exhalation déréglœ deis liquides. &titk autre côté> tantôt les vaissèaii^ aini^i tUdclifiés pèmpent et rejettent le sang put* ou lè>)^pbe^ tantôt Ceis Vaisseaux <tf0 font sôirtilrqiiie les; hutoeurs qu'îb
bES MAL A Dits» 4'9
«K)l cotiltime d^extraire do fluide saûguia dand *! état de santé ^ tantôt enfin ^ recevant avec la iNremière modification une altération de sensibilité 1^1 iis grande encore y ils retirent du sang -et versent dans les parties les matériaux prépa<* tés po«r d antres organes et à réiaboratiôn desquels ils n'étaient pas* destinés. Ces différens genres d'exhalation constituent des maladies notées séparément par les nosologistes ^ à cause fies symptômes différons qu'elles produisent et des^indications importantes qui peuvent résulter^ pour la pratique y de l'organe qu'elles afTectent plus particulièrement; mais que nous reofertnons ici sous le même cadre , parce qu^elles dépendent toutes d'une même modification de sensibilité ^ laquelle tient le milieu entre Tirritation fébrile et inflammatoire^ et l'excitation roodt^rée nécessaire au maintien des opérations delà vite ^ c'est-à-dire aux exhalations nutritives»
§1*'. Des Exhalations morbijkjues directes ou
immédiates.
i^. Des Hémorrhagies acti\^s , ou de sang artérieU
Les mêmes analogies que nous avons reconnues entre les différentes espèces de fièvres et d'inflammations , nous aUons les retrouver en-
core entre les différentes espèces d'exhalations et celles des précédentes maladies y suivant la portion du système absorbant qui se trouvera le ^ siège de Tirritation. Par exemple y n'existe*t-il pas des rapports frappans entre les inflammatipns dites légitimes ou exquises , et les hëmor« rhagies actiyes ? Marquées également par un excès d'action de la part des vaisseaux absorbans artériels ^ le développement de ces maladies est favorisé par les menées circonstances ; les unes et les autres sont précédées constamment d'un état d'irritation et de spasme local qui amène la congestion du sang rouge sur Forgane affecté : seulement , d'un côté y ce liquide se fait jour au dehors^ tandis que^ de Tautré^ il reste en partie fixé sur le point malade^ pour y subir le travail de la puifîcation ou se voir dissipé par la résolution. L'on cite même plusieurs faits qui prouvent qu'une inflammation avortée peut se convertir en fluxion hémorrfaagique , et Ton voit également des" personnes qui présentent toute leur vie la succession mutuelle des inflammations et des hémorrhagies. De ce nombre était ce jeune homme cité par M. le professeur Pinel, qui , tous les mois , éprouvait un érysipèle à la face , op bien un écoulement excessif, continué pendant deux ou trois jours ^ d'un sang pur et vermeil par l'anus. On n'ignore pas également
que les organes par lesquels s'est opérée une effusion sanguine chronique présentent le plus souvent à la dissection la consistance et la couleur des parties enflammées (i).
D'autre part, combien de fois n'arrive-t-il pas que les hémorrhagies actives aient pour symptômes précurseurs des horripilations , la pâleur de la peau, ou quelqu'autre des modifî-» cations du froid fébrile ! Combien de fois ces maladies ne sont-elles pas précédées d'un pouls fort, vif, dur et fréquent ! Combien de fois ne les voit-on pas s'accompagner d'un état pyrexîque général très-sensible , au moins pour celui qui l'éprouve ! Plusieurs médecins , du nom-» bre desquels se trouvent Hoffmann , Cullen ^ Darwin et M. le professeur Pinel , ont déjà signalé les nombreux rapports qui lient les fîèvrea et les hémorrhagies. Mais c'est surtout la fièvre inflammatoire qui doit être rapprochée des hémorrhagies actives , puisque tout est commun entre ces deux sortes d'affections ; et les causes tirées de la pléthore et de l'exci tabilité plus grande des vaisseaux absorbans artériels ; et le fluide dévié qui , dans les deux cas , est le sang rouge \ .et la nature des mouvemens qui, dan$ lôs deuic
(i) VojeT, le Traité des Uémonhagies de M. le pw fesseur Lordatt
4^2 DU SllScE ET DE LA NATURE
cas^ ont plus de tendance à rexpausioa quà la concentration y d où il résulte que ces deux maladies ont souvent pour moyen de solution des sueurs générales. On doit ajouter encore que si les inflammations peuvent alterner avec les hémorrhagies , ou même se convertir en ces sortes d'exhalations y on peut voir aussi la fièvre inflammatoire causée par la suppression d'un flux hémorrhagique habituel ; oç peut voir ^ enfîti , cette fièvre se terminer quelquefois par un flux sanguin y et même par une sueur de sang rouge^ comme divers observateurs en rapportent des exemples (i)« . Il n'est pas moins démontré que les circonstances qui favorisent le plus l'apparition et le développement des hémorrhagies actives sont le tempérament Sanguin et l'âge de l'adolescence ou de la jeunesse 9 que nous avons vu si particur lièrement disposer à la fièvre inflammatoire- Ces t lorsque les organes chargés de Thétnatose ; c'est lorsque les exhalations nutritives sont dans la plus grande activité que Ton voit naître ces maladies dépendantes de l'action des vaisseaux chargés de ces importantes élaborations. £t la pléthore qui résulte de la disposition où se tro.uveq^ les mouvemens vitaux dans ces sortes
m - I» I II III ■— «^ »■■ ■■ ^ I I I ■ I w
(0 Traité des Hémorrhagies^ par M. Lordat.
de circonstances , la pléthore qui remplit les cavités intersticielles et cellulaires d'une certaine quantité de sang rouge , lequel colore même les sucs graisseux d'une teinte rose plus ou moins foncée , qu est-elle autre chose qu'une ébauche d*hémorrhagie active^ qu'un afflux du sang dan$ des vaisseaux et des cavités qui ne doivent pas le contenir 9 qu'une exhalation poussée au-delà de la juste proportion qui maintient l'équilibre d'où résulte l'intégrité des fonctions ?
Sans doule les maladies qu'on désigne; plus particulièrement par le nom à! hémçrrha^iesi sont d'ordinaire marquées par un écoulement plus ou moins i^bondant du fluide sangnin^ et le plus souvent même cet écoulement s'opère par les surfaces muqueuses, dont la structure ^ mais surtout la position elles usages^ qui les exposent à des irritations immédiates presque continuelles y favorisent la naissance de ce genre d^affecrlions* Mais on sait aussi que les surfaces internes et externes ne sont pas les seuls endroits où le sang afflue et s' extravase spontanément y et qu'on le voit se répandre souvent dans le tissu dea chairs ^ se former une cavité ou s'infiltrer dans le tissu celluleux qui pénètre tous les organes. On reconnaît que c'est ainsi que se forment lea coups de sang ^ les apoplexies du cerveau et deâ poumons j les pétéchii^s roiiges qui se moutreut
dans certaines maladies j les engorgemens sarrguins qu^on a parfois trouvés dans les muscles à ]a sui le des rh ama lismes devenus cb roniques^ etc. On convient que ces congestions et ces extravasalions , pour n'être pas marquées par un écoulement sanguin , n'en sont pas moins des afifections hémorrhagiqucs, et Ton n'aura pas de {)eine à comprendre que de ces sortes d'hémorrhagies à Tétat de pléthore il n'existe réellement qu'un degré presque insensible.
Au reste , notre but ne doit pas être uniquement d'insister sur les rapports que tout le monde admet sans peine entre leshémorrhagies active», les inflammations et la fièvrç inflammatoire ^ mais de démontrer que les premières de ces maladies comme les dernières y ont également leur siège hors du cercle circulatoire sanguin , et dans le système absorbant dont les vaisseaux possèdent seuls les propriétés capables de produire les phénomènes qu'on remarque dans ces maladies. Peut-être , pour atteindre ce but ^ suflirait il de faire observer que le système capillaire, qu'on s'accorde généralement aujourd'hui à regarder comme le siège des hémorrhagies, ne contient d'autres -parties actives et susceptibles d^imprimer aux liquides des mouvemens irréguliers, que les seuls vaisseaux absorbans , comme la chose a été mise hors de dpute
4Sans la première partie de cet ouvrage. Mais il vaut mieux négliger ici cette considération , afia que les preuves que nous allons tirer des phénotnènes que présente Tétat pathologique servent à corroborer celles que nous ont fournies l'anatbmieetlaphysiologie, et que les uneset les autres ^ se prêtant un mutuel appui , concourent , par leur réunion et leur rapprochement, à porter la conviction dans les esprits les moins prévenus en faveur de la vérité que nous voulons établir. Qu'il nous soit permis, avant d'aller plus loin, de demander s'il n'y a pas une sorte de contradiction à placer le siège des hémorrhagies dans lé système sanguin , en même temps qu'on ne fait pas difficulté d'avouer que la disposition organique naturelle aux personnes éminemment sujettes à ces sortes de maladies est Tétroitesse du calibre des vaisseaux chargés de la circulation du sang ? Cette petitesse des vaisseaux sanguins à'existe-t-elle pas dans l'âge et dans le sexe où les vaisseaux absorbans ont le plus d'activité , où leur action a le plus d'influence sur les opérations nutritives? N'est-ce pas , au contraire , lorsque les vaisseaux absorbans chargés d'extraire du sang les sucs nourriciers commencent 9 perdre de leur activité, qu'on voit le calibre des artères et des veines prendre plus d'étendue? N'est-ce pas, enfin, h cette période de la vie
qu'on voit , en général , cesser la disposition aux hcniorrbagies qui marquait la période précédente ? Nous n'ignorons pas que les médecins auxquels on doit l'observation sur l'étrôitesse des vaisseaux sanguins chez les personnes sujettes aux hémorrhagies , supposent que cette parti-^ cularité s'accompagne d'une prépondérance plus grande des rameaux capillaires. Mais de C9 qu'un tronc est au-dessous de ses proportions ordinaires, est-il naturel d'en conclure que les rameaux doivent en être plus multipliés ou plus volumineux ? Pourquoi ces derniers n'éprouve-* raient-ils pas le sort des premiers p puisqu'ils en sont une suite non interrompue^ puisqu'ils doi« vent avoir la même organisation et quiils doi* vent subir les mêmes influences? Si Féquilibre est rompu au désavantage du tronc et des bran-* ches ^ il doit Têtre également au désavantage des rameaux ; si la balance panche dVn autre côté y convenons que cet autre côté ne pQut être que le système des vaisseaux absorbans.
Cest la branche de ce système chargée d^ rhématose et de la niitrition qui , dans una activité prépondérante et poussée au-delà de ses justes limites , ou qui , frappée d^une modification spéciale de sensibilité, en même temps qu'elle convertit en sang une plus grande ^quantité de substances alimentaires ^ entraîne ce U«
DES SrALÀDl£$. 4^7
quide hors de ses vaisseaux sans lui faire subir en totalité les âaborationsaccoa tumées^Ie répand dans les réseaux dont elle enveloppe et pénètre toutes nos parties , le promène dans ces réseaux^ tantôt sur un point ^ tantôt sur un antre^ au gré d'une sensibilité Irès-déiicate et très-mobile ^ et Fexhale enfin sur quelque surface en plus ou moins grande abondance. De là viennent ces fluxions rapides et instantanées y ces coups de 8«ng qui frappent comme la foudre au milieu de la plus belle santé. De là viennent ces aller-* natives qu'on remarque souvent dans les hémor« rfaagies , et qui les font se porter avec la plus grande facilité d'un organe sur l'autre, revenir à leur siège primitif, et l'abandonner encore pour un troisième et même pour un quatrième siège. Trouve-t-on dans la progression nécessairement uniforme du cercle circulatoire sanguin des moyens d'expliquer une telle rapidité, une telle irrégularité de mouvemens ? Ne voit-on pas , au contraire , tandis que la face est rouge et vullueuse y que les yeux sont brillans et in jeclés^ que la tète est lourde et embarrassée y que la ' chaleur est extrême vers les parties supérieures^^ que tout, en un mot, indique Tafllux d'une portion du fluide sanguin vers ces parties aux dépens des extrémités inférieures restées froides et décolorées ? Ne voit-on pas, disons-nous^ que
428 DU SIEGE ET DE LA îTATURK
le poûIs h'éprouve d'aulre altération que quelque peu de roîdeur, de fre'quence ou de vivacité, sans que rien y puisse indiquer la profonde perturbation qu'aurait dû produire y dans le cours ordinaire de la colonne sanguine ^ la déplétion instantanée d'un aussi grand nombre de vaisseaux sanguins^ le reilux et la rétroversion d'une aussi grande masse du liquide que ces vaisseaux contiennent ? Et qu on ne dise pas que tous ces pl^énomènes se passent dans le système intermédiaire que l'imagination de Fabre a placé entre les artères et les veines ; car ce système , d'après même Tidée qu'on eri conçoit, se trouvant indispensable pour l'ampliation des veines et pour la continuation du cours du sang dans ces vaisseaux, la circulation veineuse devrait être nécessairement privée d'aliment , et par là même les fonctions du cœur troublées et interrompues pendant la durée de ces rapides accidens , s'ils avaient pour siège un système vasculaire aussi essentiellement lié à la grande circulation.
De telles considérations nous paraissent assez importantes pour faire , au moins y élever des doutes sur l'opinion reçue de nos jours. Il est difficile de ne pas reconnaître que les phénomènes que nous venons de rappeler sommaire* ment se rapportent , d'une manière beaucoup plus spéciale , aux propriétés vitales des vaisseaux
absorbans qu'à celles des vaisseaux sac^ si nous ajoutons que Ton observe assez souvent^ ^ pendant que les bémorrhagies se font ou qu'elles se préparent^ une grande diminution de presque toutes les sécrétions naturelles ; si Ton ajoute qu^on remarque souvent dans les bémorrhagies une complication ou des alternatives de l'efFusioa du sang avec un écoulement ou des congestions d'humeurs lymphatiques (i) ; si l'on ajoute que certaines bémorrhagies qui se montrent sans se compléter , laissent autour du siège qu'elles s'étaient choisi des grosseurs, des engorgemens glandulaires, lesquels se convertissent en concrétions lymphatiques chroniques, marquant chacun des mouvemens fluxionnaires (2) ; si Ton ajoute , enfin ^ que les bémorrhagies ont des rapports sensibles avec la goulle et le rhumatisme ; qu'elles peuvent précéder de quelque
(i) Stahl regardait les flcrx séreux et les hydropîsîes comme des évacuations sanguines médiates que précède une congestion sanguine formée en quelque lieu par un effort hémorrhagique. La plus séduisante des preuves que cet auteur apporte de son opinion, est que toutes ces. maladies viennent assez souvent après la suppression d'une hémorrbagie habituelle , et que certaines sont allégées par les effusions sanguines artificielles ou spontanées. ( Lordat. )
(2) Bordeu , Analyse méd, du Sang^ pag. 552.
temps rinvasioQ de ces raaladies^ co'ûietder jrvec la solution d'une longue attaque , ou bien avec la terminaison de la fièvre qui les accompagne ordinairement quand elles sont violentes ; que les hémorrhagies peuvent s'annoncer elles-* mêmes par des douleurs arthritiques ou rhumatismales dont la durée n'égale pas celle d'une attaque ordinaire , et qui cessent dès que le sang coule ; que les hémorrhagies peuvent être hahi* tuelles sur des personnes sujettes à la goutte et au rhumatisme^ éloigner même ou bien adou« cir les paroxysmes de ces dernières (i) ; pourrat-on se défendre de regarder le système des vaisseaux absorbans comme le principal y odmme l'unique artisan de ces sortes d'affections ?
Sans doute l'on retrouve ici les mêmes causes de déception qui ont induit à penser que la fièvre inflammatoire et les inflammations avaient pour siège le système sanguin. La rougeur insolite de la partie malade ^ la présence du sang accumule sur ce point ^ la multitude de vaisseaux • injectés de ce liquide qu'on y rencontre encore dans les autopsies cadavériques ^ la nature même elle bienfait de l'écoulement que Tari imite avec succès par les saignées dans les maladies inflammatoires^ tout tend à persuader que les vais-
tm^m
(i) Lordat j ibid.
DES MALÀDIBS. 4^1
newdx chaînés de faire circuler le fluide sanguia sooi aussi cettx qui impriment à ce liquide les moavemens d'où proviennent ces maladies.
Mats cette opinion ne se serait ni établie ni accréditée si l'on avait bien connu l'existence ^ retendue et les propriétés du système absorbant j et si l'on s'était fait une juste idée des li« mitesdans lesquelles se trouve renfermée l'action des vaisseaux sanguins ; si l'on avait compris qu'une partie ne peut se colorer d'un rouge plus ou moins vif et instantanément répandu, sans une extravasation du sang bors des canaux qu'il parcourt durant la santé ^ sans l'ampliation de certains autres canafux naturellement imper-* ceptibles et diaphanes , lorsque rien ne trouble leurs fonctions ; si l'on avait apprécié à sa juste ¥alear l'obscure sensibilité des vaisseaux sanguins, qui ne leur permet de répondre^aux désordres de l'économie animale que par de faibles sympathies , marquées tout au plus par de la fréquence-, de la vivacité y de la lenteur y ou de l'intermiltenùedans la progression de la colonne sanguine ; si l'on avait réfléchi à la vie intérieure de ces vaisseaux, qui les met constam* ment à l'abri des impressions étrangères d'une antre nature que les blessures et les violences ; ai l'on avait connu la profonde perturbation de la circulation ^ l'imminent danger qui résulte
de l'inflammalion de quelque branche artérielle , ou veineuse , lorsqu*^une . blessure ou quek qu'autre cause semblable est parvenue à faire naître ce genre d'affections dans ces vaisseaux naturellement peu sensibles; si l'on avait enfin, comparé 9 pendant le cours des grands ébraolemeus hémorrhàgiques , la régularité qui se maintient dans la circulation sanguine^ avec Tir-* régularité des courans que Ion voit quelquefois s'établir en tout sens dans cette circonstance.
Bien plus , il peut exister un orgasme général et une disposition singulière de toutes les parties du corps à donner du sang; disposition qu'il est impossible de regarder comme dépendante de l'action du cœur et des vaisseaux artériels ou veineux. Thomas Barlholin parle d'une femme pléthorique , laquelle , à l'époque de ses règles , n'avait besoin que de se gratter légèrement la, joue pour en faire jaillir le sang. Le journal d'Hufl*eland rapporte , d'après Cousbruch , l'exemple d'une famille dans laquelle les enfans mâles étaient sujets dès l'enfance à des hémor-. rhagies fatales qui survenaient spontanément par le nez^ ou qui avaient lieu à l'occasion delà plus légère blessure- Quelquefois ces hémorrha-. gîes ne pouvaient être arrêtées par. Hucun moyen , et deux personnes de la , famille en étaient mortes, quoi qu on eût pu faire pour leur
8âuver la vie. Ce qui est surtout remarquable y c'est que, si ces hémorrhagîes étaient longtemps à reparaître , les individus en question éprouvaient de violentes attaques de goutte dont les paroxysmes se terminaient par de grandes eccbymoses recouvrant les parties qui en avaient le plus souffert (i).
Nous avons nous-mêmes eu Foccaslon d'observer une de ces effroyables dispositions hémorrfaagiques sur une jeune personne de la ville de Saint- Denis. Cette jeune personne avait été sujette, depuis lage de dix à onze ans, à de fréquentes' effusions sanguines, tantôt par le' nez, tantôt par la matrice; et, quoique ces hémorrbagies excédassent la mesure de celles qui sont le propre de cet âge , les parens n'y firent d'abord aucune attention , parce que , malgré ces trop nombreuses déperditions , la croissance , le développement , l'embonpoint même étaient ce qu'ils devaient être. Vers Tâge de dix-^huit ans, les hémorrhagies commencèrent à devenir plus fréquentes , plus irrégulières , et celles du nez coïncidèrent avec celles de la matrice. On employa des remèdes qui semblèrent quelque temps en abréger le cours , en diminuer la fréquence. Mais à l'âge 4e vingt ans , une
(i) BihUothbquemêdicale étrangère , 1812, p. 3i3. II. 2»
4^4 I)U S^iCE ET DE LA NATURE
éponge iwstoUrv^e^ sfi eonv^ ûf iontràrCOiip m
les déi:lv,;aii&,, W^ riv*€aU^|iM^ mérmi iwait
On prit le parti de tamponnçr|9t-|^^ii4wbiiioglU-
An bQMli d& 6€^ IM^ ji k^tia«g prit ^^oursipM^k
tampOA^^r eMisM^c/iU^parti^^ule^fig^ r^^cM^ ^a^t 4âu»s,leÂlamaG^scirtii ^f les v^nii$wiKie«i^ e:t pftip k6» g£^rd^HPobes. Il eftt ptob^U^ mâoie 4|i4e iie$i vQaiis^^n;|€^s el^ ^e^ d^^eptÎM^ àe^ «Mr lierez saCQ^Oile^éuieiQi^ eab^^lemis^^^l» voéiâtie di$pi^liA« la^moAiliag^cite prapc^eQ suit toute KsurCa^o-ipqqueQse dinaentaûie^ Ccti^ui jiMkk faire pens^F^ ce$l.qjiiqle6a>u(|ueqsi^d)t9«)i««x et i;néixit»4^ or^iil^pavtjisjpiaiheiM àja iM4dkb> «t <|i^ le saa# cQuJWi 4^ ces, paftMS' F^^gitetr telattes iiti'^ii^ éLaJ^^CQ^dr'^filWjllef « tiluil^ia«b La makde À^l 49pa^ «le t;^ifA«^a!^iW%4iM^/Cift«]$ twael a^p«kk^ w^ <^>f)wUlAQn i le^ pqui^ «ItJiit perdti^ leul0 sa Woj^^jn «3|ià^ il éilajti viét^i^lÎQii 9 1» £iibtesfi^ et la fiNÎqiacMc^i éUik^l lea ^mbiearM^ tères qu- on y d»i9i|[«4t. CbMiT)#«^ ^, dl^i^iMls cela^ ne pas. croire qiif? Ips Lémorrbagie&siêgeai spécialemctot^suir iJinxetKdi:^ d^ H»is<cftiiy#ft>t<è|re-
UKS M AL AD 19.5» 435
mwk, mcl«|i9«daBt dans se»; mou^emens des lois gui: régksti^ 1» grciad^ <(ÎMu]^liQa ; si^etH sw u«t. Qfdre d<i n^iiss^nx doué d^une^ sen^btjlîté #1; 4'iiit mode d*«iiipiii qiM diSaïQat essentiailemis»k 4^ proti^iélMfc ^ do IWiân. Beconavic dœ flillifei,«Ld«ft wMir? CfKi»ipfitf »e pas croire cpii. te eajbiAitijMifl dfisaftg r^vig»y en pacbeinlÂ^f # «»0firfi»àa» nojiant d^ i;!Mae«qar lté9>aux iphtHMrkéti^ pnr daa 9ap^f>tsid« QOntiamt«<^^ ;efedftrtim»à relirark aaog dft cestvaiaaeâflDet^ #ii «|Pi^9«f90i(fi,n9iriëtfj9U pAT^indbealcr^ pour iN.IftV^aobir }q» <haKi§«Aesifll néoessaÙM» a fai smtrîtMiftt f ft! r^d» d'iMM cortame 8«osibîlslé ébctHieiqiiîi Irar est . iémhf&^ mtai cpia é'vaie fil09ri«(é aibtswbaBSle mtêâteUe an s^fstèmâ» vfits^ çnfaMM d«iit. il«i tojèb partie ^ facubés; qui s\e^ çtr#idaeo4 jbors di^rcpcsurc.^ et scmiI d^'r églëes daos U ^i3|liiaÎ4îoadis.Fé€9naimemit]xialeq^ prodvult te JbMMCiftiagteS: ?
. ,(^^ mai (}ue Too ?oit daias le tabe digestif te aJtewqi f eçtia. psac la boocke ^ suçcsaai vemec^ fros^lUe» ipar des /raouvemcHiia periârtaliiqMyas fOOduaihai» dîv«af|S étalooratiûBiA datf Veati^^ 0t,dkamjltstiiii&^tM*lè;temps(|^ n'est
pas aUéré9> tea^crsaK papiiJgMent <ae canalcfens cartebi^œaladies 9 pousaés pan d;ea mou^ireBnrns trofi prfdfiié& qui n^ lewrUttsàBentptasibtinaps dd aidtir k: travail aastmibÉsise. Rion oe^ jras-
semble , en effet, davantage à Taction des vais*» seaux absorbans , que celle de ce long canal spécialement consacré à la digestion; Dans Tua et Tautre cas , il existe un orifice pour assumer les matières , et un autre pour les rejeter ; dans l'un et l'autre cas ^ les matières ne sont point mécaniquement et en quelque sorte irrésisti^ blement poussées ; mais elles sont^ choisies en vertu d'un mode de sensibilité dont le sens du goût est le type ; mais elles sont transportées avec plus ou moins de rapidité vers l'orifice excréteur ou exhalant à l'aide d^ une force puisée dans ces canaux eux-nxémes , çt ne dépendant d'aucune autre impulsion , si ce n'est qu'elle est subordonnée à toutes les variations d'une sensibilité très-mobile ; dans l'un et l'autre cas , enfin , les irritations diverses peuvent accélérer, précipiter même ce mouvement progressif, et bien plus encore le dérégler et lui donner une direction inversé et rétrograde. La pratique nous fournit journellement l'occasion d'observer ces différens désordres dans la lienterie , dans lé cholera-morbus , dans la passion illiaque pout ce qui concerne le canal intestinal ; et dans» les clifférentes espèces d'hémorrhagies et*d^exhàla4 tions pour ce qui concerne les vaisseaux absor-^ bans. Car les mêmes mouvemens qui s^6xé.eu^ tent en quelque sorte sous nos yeux dans le tube
4)!geslîf, s'exécutent et se répètent presque à^ rinfîni dans chacun des vaisseaux absorbans;*' quelle qu'en soît rexlréme petitesse , et telle es£ en dernière analyse Tunique essence de toutes les actions nutritivesetiiiOFbifîques dont les unes 'soutiennent la vie^ et les autres altèrent d'une manière quelconque réquilibre des fonc-tions.
A quel autre genre de mouvemens pourraiton atjtribuer ^ non- seulement les effusions sanguines instantanées irrégulières, ou périodiques qu'on observe si souvent , mais encore l'abondante hématose qui peut les entretenir et les rendre parfois nécessaires? On n'ignore pas, en effet, qu'il est des circonstances où leshémorrhagies, loin d'être un accident funeste, entraînant au dehors le sang nécessaire au main- ' tien de la vie , deviennent , au contraire , un phénomène indispensable par l'activité trop exaltée^u'ont acquise les organes chargés de la sanguifîcation. Nous trouvons dans les écrits des médecins un grand nombre d^exemples d'hémorrhagies énormes qui , loin d'épuiser les forces, ont été alimentées, sont rappelées par une quantité toujours nouvelle de fluide sanguin. M. Chrestien cite un malade qui rendit beaucoup de sang par les poumons , fut saigné treize fois, conserva toujours le pouls
45B DU SlÉi&S ET DI XA NATURE
plein lel mourut d*apopIexne fiàti|§;tttne.Le recoeU d'irmatue LnsHaans nenferme 4es eseraples diliéfK^rtiba^lits rie -v»ogt*d0ii9c , ^îngt-isîit et qfQàrante Amnts ^si aae Boctt ifûtes sdsos »sk tempi 2»sez caurt^^ îDéMesiaiit «léttmJei xnidadei en jgratid dsixuger. lUeîLèt Haller sont ittseeraUs beauoocip «te facrts â^ aile spèce* 11 en mt même dans lesquels on porte la quantité 4a sang perdu «n ttfwrs pEtroxy^mes iMS^raf^pÉûchés à cent âiK««9tpt ^kûfsmi eaiA d^ox liri^ts.
£«t-4l probaUe tpu'H •raislc faabkœieQMnt dans «m ^oimne , de qn6>lint sAraetone ^ d» qpEiclqiie tempéranckit iqci'aÉ ié «oppose^ uoe aussi graaée ^fufiinlité «ïe iniiç , outré ^m qui est tiëecssaire JMi nKMDbien de li ^iè , «'jl te Ve&t paftjétafairdaasJesfKropriétéi ^Jtaiw des^aisicattx chargés 4e o^maèMPc ie^^&fSti^àfÊÊSidiùÊimààkxû en fUiide sangnia ^ une moidirfiOaUoii teHe Kfiiik excèdent de beaMOup ia ntsiùiè dMlîoa qui leur est o^turelie ? Or > <»s«ortesd« distpowtièns hécnorrliagiquies 4[x»iii posées d'un 4MMé miMi* venaenl, fun <^ produit le sang <fb tyttimil^ë siuiabcMidaiité , l'4Mitr« qfui k Teniis i«i étluavs par dm tnMrtren»0m «ponian4 ^ itrrégiilî«r$ ^ s'anétaoft et m risfaouvelaM éanë bidm ni mite, eftiii'intéresttnt qtie f&ibienietit lès fonctiokis vitales ^ f)MMreftt-el(e5 dépendre est «quelque chose des orgalies de ia ciit^ciiation satiguine âisttj^ttît
DES M\t.ADItl^. 4^9
i éss «McfTieniefts tëgftïMw^ y[ui ne pcntcnA ni sifliérer Bfî s'^terrwhpre ttm^ uu immitttfiit énget «pttui» là vie , Wi» «rrife -{Mtoïbiwïe pcWnr-
^wà irt ^pMfifM wW 9 ^t ^Offe ifc sjp^t^nre absbrbsnit pmèêt tarf 9» «fmiprf^Mft tl it^ allrrbut^otis *l^ pWfttU 4értver fc» "pïrfcdttïèfres tfofe tîé ve-
Au rester les hémorrhagîls^ WftîtèS "^ît'geant sur la branche du système absorbant parliculitiRMUl «tiptititif»^ à fe tangirfficat^ion et aux txbalatioas nutritives y présentent seules les dtmbhfs tiiWft wififfls tlùnt TittïKS veftons de parler utiles prrêisùiitent 6am dfes proportions dîterscs errtre tfcit. Tantôt Tes t^seatix répîindus •ttf !*• Aifi^Qtes saifaces acquî^refti sur ôeuit qpiâMtit «p&nâleMent chargés ilbf^éri'^atôsê tiTie pr^ôiitSéiraAce lëlte (pi^ la qiu^MUe de^tig enhrâlaéeirb ^tlht>n extéJede beaucoup la tpian- Hie ^) ktn tinotïve formiéè , et , datis ce cas, les hémmthagtes , tpiwqu'offirà nt tous les i^araclèfes de f Mlhdié , quoique missant sor déS st» jets jettttes rt plëthoriqaes , devienne :t fùnèttes par Féptdsemeai des forces ; t:iTitôt , ïni contraire , h prépondérance d*actîôn ertplas considérable dans îesptettiîers réseau^ que dans lès seconds , el, dans ce cas , les maltades éemhîént toujours regorger de sang, malgré des effusions sanguines
44<) DU SIÈGE E;r DE LA NATURE
fiëqueiurneat renouvelées. C'est surtout sous rinfluence de cette dernière disposition que naissent les hypertrophies du cœur et des organes musculaires, les hémorrhagies intersticielles qui éteignent plus ou moins rapidement la vie dans les viscères parenchymateux , ainsi que les complications de Tétat inflammatoire qui viennent quelquefois ajouter de grandes douleurs à ces maladies.
2°. Des Hémorrhagies passives , ou de sang veineux*
Mais, indépendamment de ces sortes d'hémorrhagies qu'on a coutume de nommer. /zc^^Ve^ , en raison des circonstances qui paraissent les préparer. et des accidens qui les accompagnent , il en est d'autresqui reconnaissent des causes toutà-fait opposées y et présentent une série de symptômes qui les distinguent essentiellement des premières. Une constitution faible^ un régime débilitant, des veilles prolongées, des maladies de longue durée , particulièrement des affections chroniques des viscères de Tabdomen, des passions tristes semblent disposer de préférence au genre d'eflfusion sanguine dont il est ici question. Le caractère particulier de ces effusions est de n'être précédées , la plupart du temps , d'aucune excitation générale ou locale préliminaire, ni
DES MALADIES. J^^l
par conséquent d'aucune congestion sanguine dans la partie où elles doivent s'établir ; de n'y . poînt déterminer de picotement ou de sentiment d'ardeur ^ , de ne point montrer d'inégale répartition de chaleur comme les hémorrhagies actives. La pâleur de la face, la faiblesse du pouls, la chute rapide des forces , les fréquentes lipothymies accompagnent, au contraire, ces hémorrhagies , leur impriment un cachet particulier , les rendent inquiétantes et trop souvent même funestes. Le sang qui s'écoule possède rarement ses qualités naturelles , et surtout ne possède jamais les qualités du sang artériel : il est. noirâtre ou pâle et aqueux; il se coagule difficilement, et semble , dans certains cas, avoir subi quelque commencement de décomposition.
D'un autre côté , les principales affections avec lesquelles on voit ces hémorrhagies s'associer sont des fièvres adynamîques , la peste, la fièvre jaune , le scorbut , le squirrhe du foie , l'ictère ; et les espèces de poisons qui déterminent des accidens analogues aux symptômes dominans dans ces dernières maladies, c'estrà-dire la prostration des forces, un surcroît de bilesccnce , des ecchymoses , des tâches gangreneuses , la gangrène profonde des parties lésées et des viscères, sont également celles qui déter-
44^ DU SIÏGE «S^r 9t LÀ NATUr.K
minent des «coulemiens souvent ititemsables d'QB «ang iierr «t floi^ , écoBflemem «péri prë- MBleût les 'mémm ^t*actères qwe t50iiit q«i*ttm reconmfil iee tiai<iVMu genre d^émorHitgies , ilésigy^s 'aujourd'hui 60U8 le notti êChéntah-
Des «n^ogke» treissi muf U^Kéeft ti ftusill frâp^ paat«!S€nireces -efiiinoas «âNigiikfes ttlen uut^ Mies <>pe «I0U6 4i^^0PBfs ^9 siéger éaoi !« fortfon du sy^ème abs9rbiHB4 4ît«ectetim&t>M^^^m avec les Teines,tMt^iit nouskiseer {M^'d'iûee^ titude sut les orgmc^ 4^ ^peuvetit ea: étus les indtrufMfns «t ee tf(»uiveM mis ai jeu.piHir 4es produire et pour 4es eniretetiff ; tfvee d'dtrtant plus de raîmfi quevrdus ne reHKmyons plus ici , com^fre dfttts les bémerrliagies iictiv^s ^ l«s indices d'un ébraujemeut sympathique du çqsut^t des lartères^ 'queMniS nefetrouyerijs pitrs fat couleur rottgig éu' sang artériel dâfis le liquide qui s'écatite { tjue ^mw ne retronvonfS plus. Fitrégtilière pro^itction d'une ebalem* plusfm ihoins âevëe; t|ue; tout, en un tnot^ ^annonce l'extrême fiiifelesseet Je sommeil .des tagiaiseâux le.^s in^ timetnent fiés ânxluhesart^eki^etpar repique action desqncîsees phéncmàèïiiesVeffeciuentdaDS l'économie animale* . , .
L'tmâinlnsemertt des ftxrces qu'une mauvaise nourriture , ou toute autre cause , a pu pro-
«es MALADIES. 44^
doire dans 1» conBtîlaiMm wdrt idiieUe , ^^atit unedes prilKSipalès odOfllitfliMiquî prépaient MS fliuûotis bwMAfbag^ues ^ «i « pensé ^qtie de la fTCiiig ntiiiMg dOi vaÎÉSQnntdëpendiât rëcottlmEient s«ngiiin dut «elle ciiconslanee. Préocrapës de 08ttt îdeei^ les «aedediis «e sont servis pour dé^ s^«r ces iiMikAai de ia plus ûalive dei défifO- Tnînpiions» £o effii^ peut-it y «voir i|uélqa« obMK et pÉSilf dans iâs pbéooaièues de la vi^ qui ^pfcjw'icat |ie dépbi(»nMmtdes lâquides? Les MÎâS0lwc ffs'on spppdteiaûserédiapperldssiig pv Àttéasse le oontiemmt^ik dittint h «tnt^ ? ISit d^ivwt^Âk' t)aft k puner , atrwM de le rè^ puâdw j dtiK le torrenl ciirobtotve «angutn ? Le laisamMls édis^pper aiasî chaqwe fois que b oonps €0i exl€ii«ë , à es «rdile de la «nor t , "par enewpfe , on ^îea eaoore i»i^me ht \îe s est éldlMe ? £*il saffuBÔi de ia tiiiMniie tfos ^sseatnc powreadni hAboq de oès bëmorriuigtes , pourq«di ne «ts Terrak-oo pas se ^prfoanter «« (terme de i'oitisteace de Uicbs iei iM>#»wies ? Jumais la fiuMeSM nW pioa ^[raMle ipae daM cet m^Uinft ^ ei ikmteéois noos m'y ToyoM rien de wmblaMe se pnodtiînsji cb noMsdAMltKraiB les {dus ordi-ndivB. BTarnvd-l^H pat^ d'avMMm, «cpi'^me hé« izii>rrlia^ie , apMsa¥<»fr ««éd^k «m malade à 4'«xtréaiiié I cesse pour Tei^tandUM» tjuelque «temps après? Le malade est-il devenu plus faibk après
huit jours ^ après un mois de repos y qu'il ne Tétait lorsque le sang a cessé de couler (i) ?
Conyenons donc qu'ici , comme dans k fièvre adynamique, coinme dans les affections gan* gréneuses^ il ne suffit pas uniquement de la faiblesse pour faire naître les accidens qui se manifestent , et que y pour. rendre raison de ces accidens^ on doit avoir recours à d'autres causes. Il faut^ de toute nécessité y qu'à la profonde énervation des vaisseaux absorbans artériels se joigne une irritation capable de pervertir le jeu des vaisseaux absorbans veineux y de telle sorte que ces vaisseaux^ les seuls de l'économie animale en communication avec les veines^ les seuls conduits par où le sang veineux puisse se dévier de la route qu'il suit vers le cœur, soient déterminés à s'emparer de ce liquide pour le verser ensuite dans les réseaux exhalans y d'où il s'épanche au dehors. Il faut, de toute nécessité^ qu'il s'établisse des mouvemens excentriques et expansifs tels que ceux qui produisent les hémorrhagies actives, mais occupant une autre branche du système absorbant , mais déviant une autre espèce de fluide sanguin , mais s' éloignant beaucoup plus de la direction natu-
(i) Broussais , Examen de la Doctrine médicale fpag. 241.
relie des mouvemens nécessaires au maintien de Texistence , et , par cela même , étant plus dangereux et plus indomptables.
Il estsi loin de la vérité qUe ces hémorrbagies aient quelque chose de passif , dans le sens rigoureux de ce mot , qu'on les voit quelquefois revêtir des apparences pyrexiques tout aussi-bien que les hémorrbagies actives. Ces sortes de mouvemens fébriles y connus sous le nom dejfièi^res tachetées hémorrhagiques , produisent^ indépendamment de l'effiision d'un sang noirâtre^ une éruption générale de tâches purpurines et livides y lesquelles peuvent varier de grandeur depuis celle de la pétéchie jusqu'à celle d'une large ecchymose. On voit ces mou-» vemens fébriles accompagnei^ le développement du scorbut ; tantôt arrêter les progrès de cette maladie^ tantôt l'aggraver par de fréquentes récidives ; mais toujours présenter dans leurs symptômes des analogies frappantes avec les fièvres adynamiques et le scorbut lui-même ; de manière qu'il est difficile de ne pas reconnaître que toutes ces maladies occupent le même siège et dépendent de la lésion des mêmes vaisseaux y lésion essentiellement distincte dé la faiblesse y puisqu'elle offre souvent tous les carac tères d'une action violente et désordonnée. Comment se rendre raison d'une autre ma-
i^ DU 9I9Q« 17 IX %M BTATURC
fKHTtwA (o.i4f%if»^ii|i^ W «ipg: veÎMos: éras les réseaux cell ulaU^* Sup^rficMila^ et membrasusax , «i^v.feiH^% i¥^ iwUiM I<» QOi!ps duacebjniièses VHllacée^ ji ei fool cdpiiJlinMBË périr fmr d'àn»no^ dépQr4itÛEms . 4']» siwg ndnr^rera'edbdbnt 4^ lo^^e& W^ 9wf«SQS nwK{ueuâ^ ^ cMmei lies a^lew^ ^a r%pgQi;f ^l 4is^ tttriUee exedifiM.? CoQMP^ob $%rçqt^ A^niplA ^MÊot a«lre mftoièf e de U t^M^ÂbJ^ d^ «M( «omivwmieç <|»e ks a^ipipgeiQS l^irf^ éw^gî^Mt «Màlrieals philAt aq<:çQUc^.yi'wr4t#fii ^ «es dlAeeaailves qfaiks fqniji ^q^ «m»^ ayfiféckbje ^ a'mterfenf^ parir6^$9 i|?|)^r^Ur^> q€^QC ett repairaUre.emaMre? GcHWi^^t) fp^pUvfuQr aui^^me^jb la prédHeofion €^(;hk Uj^ v3^ 4^tec po\»i^ 1^ âèwds^ndjraar QNqiuçs et ^Q^l^qpXi^f» y ponrk fièv^rtf j»iiw, Iç^cprliiMll^ k^aâi^tiw%<[:h vJscèiM
d^miiMNiixi^ mRtoiit. ppifc Icss afieçtrânii en Qi!gap^ b^é|^MM|iMt ^ (?e« prîodlpau« ceMree 4tt
^i;^ss^»$pp(M^P^ d&..tFik2M$:iii^u€i>.34il^ éveiUer
vem(ÇQ3 dioiU wis^e^ }f^ b^mpurbagî^ pea« )ii\^s ^ pli^.J9ugyui9 smùm fcapp^sdes QWfMtcres
net MALAHIIE^S^. J^
de spécialité qui \m^ diiftiag«0itt'^ oiphis- nous auroQS la ^Qr|U«ide qqiib j^oewievè knr soupet duos \m(^ piQdjfieaitictti dft «mîbîlité propre à ineito%en.}fi3)> d^iuséi! nmawnrparteiilièns}, eei»' tains vaisseaux de réconomie animale. Or^iMMis savQM çgu-'il a'existû qu'as seul système fa^ulakeiSmseptiU^ d'obéir aiwi anx diverses^ im* pi»)$i0M» à^ bi $ffn$îbBîlé;, d'^assumep , d^ faire iiKMwWet dfer HCffrtcr toutes lessovles de ftuides Wcgr^df «fftte.aMflftîtité^ si mobile^ si- facilement <t¥atoQ9?W pmvrettiei^ et que ce système de vai^si^muttA. le: «gi^hbiie* cbsoribsBitt : ce n'est doAQ^a«%MMiais<Mcpie oonsr^ardDns ce sysl^0|r<0Oii^ 1% aîége et kr principal itasirrnnvent d(9S) QjBil!M9M, éaiiguiods qoi œostîkicnt les hémoFr^a^ie^ pmwf^^dsKiétiie que nousTaTOos ^jMskiAf^ tojttOM TiuHqiie ihslniivieivt des hémV^HiJ^^ t^éf^Sky N«fls; savons^ également q^'vQ^ 4m prvtfiîfiâdQSi iMumdies db* «e système ft'imlilaq^ paif d'iiHMBmbradl^ iviNeiiks aux parais ck^ veints c^pMbbwm y efc ofoe aifl ain4»e dé^9«cb4 n'est dayrert ap< saiig vin)MMr«* pour SOTtjii d^s voÎM de la gtaode^rireditlMa^ œ'^a'^est dicvie p£^fO«ar.e^sfta$i«îaoû q«e:ti0«M<iMegfii*dtM« çeitte irpp!9rfaftlebittaclifi(dii s^^tèiiieifid^êoyb^ cQmme k> scmie qoi aîli pu diéi^aarnei* lâr sa^nt^ veineux ; baatût le cûndotM d»Q9 W i^éseaux cellttiairai3 où nous !• voyons» séjoupaer sous
forme d'ecchymoses ou de pétëchies ; laotôt r ' l'amener jusqu aux expansions exhalantes qui le versent parfois avec une effrayante rapidité ^ et une profusion qui ne devient que trop souvent mortelle. * •
Au reste , s'il est vrai que l'^état de la consti-»* tulion qu'on désigne sous le nom de pléthore , aidée d'une certaine susceptibilité Irascuiaire '^ dispose éminemment aux hémorrhagies actives et en offre souvent les préludes y il est tout au^i vrai que celui que Ton désigne sous le nom de cachexie scorbutique dispose égalemSbt aux hémorrhagies passives et en présente de fréquens vestiges. On n'ignore pas que si le pre« mier de ces états colore d'un vif incarnat les té* gumens et les surfaces muqueuses , le second leur imprime une teinte sombre et livide ; que si l'un entraine avec les hémorrhagies actives les maladies inflammatoires , l'autre produit avec les hémorrhagies passives les affections adynamiques et gangreneuses ; que si l'un détermine l'hypertrophie des organes musculaires par une sorte d'intùs-susception de sang rouge qui augmente l'énergie de ces organes, l'autre les pé*nètre d'un sang noir qui les affaiblit et paralyse même entièrement leur action. On n'ignore pak, enfin, que si l'ébranlement pléthorique engendfe une surabondance de sucs nutritifs qui surcharge
toatès les parties , Tëlat scorbutique fait qu il s'échappe dans les aréoles cellulaires une grande quantité de sucs mal élaborés ^ en même temps qu'il s'établit un travail de résorption qui consume réconomie animale , prive même lés os de leur substance calcaire , et les rend fragiles . et sans consistance ^ comme ils le sont dans l'extrême décrépitude. Dans l'un et l'autre cas, les ^ modifications de sensibilité sont peut-^étre semblables ; mais placées sur des vaisseaux difiérens^ elles produisent des effets absolumentcontraires. . Quoi qu'il en soit , il est trop certain que les conditions ne sont pas égales des deux parts. La pléthore n'est que l'excès des mouveniens qui entretiennent la vie et la saule ; aucune alték*ateon ne l'a précédée ou préparée : en modérant ces mouvemens on rétablit facilement l'équilibre ; tandis que le scorbut est le résultat d'un affaiblissement préliminaire^ et se compose de nrouvemens , ou totalement contraires à la .'marche naturelle des fonctions^ ou détruisant . rapidement la cohésion des parties ^ sans qui )ious soit toujours facile d'en arrêter le cours. Mais de tels contrastes ne peuvent-ils pas s'expliquer par la position et les usages des deux fractions du système absorbant qui sont le siège du désordre dans les deux circonstances ? Car, de même que nous avons vu la pléthore dépendre H, 29
■lî'
45o DU Sl£cE ET DE LA NATURE
d'une sor-excitation des vaisseaux absorbans artériels , de même le scorbut a pour cause la sur-excitation des vaisseaux absorbans vei-^ neux préparée par la destruction de Futile antagonisme des premiers vaisseaux. En d'autres termes , ce que la pléthore est aux maladies inflammatoires et aux hémorrbagies actives y le scorbut se trouve Têtre aux maladies adynamiques et aux hémorrbagies passives ; il est donc naturel que le scorbut présente rébauche des funestes caractères qui marquent toujours les affections dépendantes de la lésion des seuls vaisseaux absorbans directement en rapport avec les veines , comme la pléthore présente l'ébaucbe des principaux caractères des affections qui dérivent de la lésion des seuls vaisseaux kbsorbans directement en rapport avec les artères*
Déjà plusieurs médecins avaient reconnu ^ malgré les apparences contraires , Tinfluence da système absorbant dans la production de la cachexie scorbutique. J. J. Hachstedt y dans une dissertation publiée en 1792 , avança le premier que le scorbut était une maladie du système des vaisseaux absorbans dans laquelle la faiblesse de ces vaisseaux permettait aux liquides de stagner et de se corrompre. Sœmmering, de son côté, attribua, quelque temps - après, à la résorption trop rapide de ces vaisseaux la fragilité des par-
DES MALADIES^ ^5t
ties^osseuses qui , dans cette disposition de l'économie animale , détermine les fractures qu'on a coutume de nommer spontanées ou de €ause interne >• d'où il coniclut que le scorbut consistait dans l'augmentation du jeu de ces vaisseaux (i).
Les deux façons de voir de ces auteurs , con-^ formes en un point , sont d'autre part tellement contradictoires qu'elles ont du paraître inconciliables; et pourtant elles sont Tune et l'autre le résultat de l'expérience et de l'observation. Ins^ traits par ce qui précède y il doit nous paraître évident que ces médecins ne diffèrent d opinion sur l'état où se trouve le système absorbant dans celte disposition de l'économie animale y que parce que le premier n'a été frappé que de la faiblesse dans laquelle sont tombés les vaisseaux absorbansexhalans, faiblesse qui leur fait abreuver les parties de sucs mal élaborés; tandis que le second a remarqué davantage l'action déréglée des vaisseaux absorbans résorbans y action qui y dans ce cas , détruit la consistance et jusqu'à la contexture des parties les plus dures^ lorsque les secours de l'art ne viennent pas à bout d'arrêter cette funeste tendance des mouvemens. Car^ nous devons nous rappeler sans cesse que le
(i) De M<3rbis Vas, abs., pag. 98 et suîv.
452 DU Sl^ÉGE ET DE LA NATURE
propre des maladies situées sur les réseaux ab-* rsorbans veineux est de ne jamais présenter la siropjicité des maladies fixées sur les réseaux absorbans artériels , et d'être , au contraire , toujours compliquées des effets qui résultent du profond affaiblissement de ces derniersvaisseaux. Sœmmering ajoute que le scorbut est pour les adultes ce que le rachilis est pour les enfans ; que ces deux maladies proviennent des mêmes causes , se guérissent par les mêmes remèdes , et qu'elles ne diffèrent Tune de l'autre qu'autant que le corps d'un enfant diffère de celui d'un adulte. Cette observation ptekie de sagacité s'adapte parfaitement à nos développemens an-* lérieurs. Nous avons eu jusqu'ici plus d'une occasion de nous convaincre que dans l'enfance les causes de faiblesse qui déterminent les digestions imparfaites , et laissent les vaisseaux absorbans artériels dans le relâchement et Tinaction , décident , au contraire , un accroissement vicieux dans le jeu des vaisseaux absorbans lymphatiques , prolongent leur prépondérance au- . delà des justes limites nécessaires à l'établissement d'une bonne constitution^ et que de là naissent les cachexies rachitique et scrophuleuse ; que dans la maturité de Tàge les mêmes causes déterminant également, et des digestions imparfaites* et la faiblesse des vaisseaux abeor-
baDS artériels y produisent uëanmoÎQS des phénomènes qui ne ressemblent nullement à ceux qu on observe dans l'enfance y parce qu'après, l'accroissement les forces vitales tendent à se porter sur les vaisseaux absorbans veineux quL^ doivent être les artisans de Ja décomposition , comme les vaisseaux absorbans lymphatiques. l'ont été de l'accroissement; eC que la vicieuse prépondérance qui s'établit alors en faveur des. premiers vaisseaux est la véritable source de la cachexie scorbutique. Enfin y nouls ne pouvons plus ignorer^ après tous les faits consignés dans, cet ouvrage y que c'est en vertu des mêmes lois qu'une trop forte alimentation ^ qu'un excès desensibilité et d'action dans les vaisseaux absorbans. artériels entraîne la pléthore proprement dite , qui n'est elle-même qu'une sorte de cachexie produite par le sang rouge ; comme le scorbut est une cachexie produite en grande partie par le sang noir ; comme les scrophules et le rachitisme sont des cachexies produites par, les. sucs lymphatiques imprégnant toutes les parties.
3*^. Des Phtegmatorrhagies.
Si la pléthore de sang rouge dispose éminemment aux maladies inflammatoires légitimes, elaux exhalations sanguines actives ; si la plélhorcL de sang noir dipose aux maladies adynamiquef y
gangreneuses et aux ëxhalalions sanguines passives^ il est tout naturel de penser que la pléthore de sucs lymphatiques doit disposer aux phlegmasies blanches et aux exhalations d'humeurs lymphatiques p qu'il faut soigneusement distinguer des inflammations catarrhales avec lesquelles on a l'habitude de les confondre.
Juncker et Salmuth (i) donnaient le nom de phlegmatorrkagie à une affection semblable à rhëmorrhagie des narines^ qui fait couler pendant quelques jours ^ et même pendant quelques heureià seulement , une grande abondance de pituite claire et limpide Cette dénomination prouve que ces médecins attachaient à ces sortes de flux une toute autre idée qu'aux affections catarrhales. Plusieurs autres médecins ont également senti la différence qui existe entre ces écoulemens pituiteux et l'inflammation des membranes muqueuses désignée sous le nom de catarrhe. Les maladies catarrhales , dit Sauvages y différent des pituiteuses en ce quelles sont t effet de T impression brusque du froid reçue pendant que le corps est échauffé ; en ce quilja toujours sur le siège du mal une phlogose plus ou ' moins vis^e qui donne lieu à In douleur , phlogose suis^ie d'un écoulement mé*
(1) Cent. I, Obs, xxxx\\.
diacre et souvent accompagnée de fièvre. Les nfaladies catarrhales , ajoute cet auteur , lors^ qu^ elles sont récentes , ont beaucoup de rapports avec les inflammations modérées ; lorsque , au contraire , elles sont anciennes , elles dei>iennent pour ainsi dire pituiteuses (i).
Oa peut donner encore plus de force à ces rapprocbemens en faisant observer que les inflammations des membranes muqueuses auxquelles ]e3 modernes ont spécialement applique le nom de catarrhe ^ ont, comme toutes les autres inflammations^ une marche uniforme et copstante qui leur fait parcourir les trois périodes de laugment ou de la crudité y de l'état pu de la coction , du déclin ou de la crise ; tandis que ces sortes de flux sont ^ ainsi que les hemprrbagies, le résultat d'un mouvement vital moins violent et moins suivi que celui des inflammations ; tandis que ces flux aflectent la même périodicité que les hémorrhagies y apparaissent instantanément et indépendamment des influent ces atmosphériques comme les hémorrhagies , et disparaissent brusquement comme les hémorrhagies, sans laisser sur les parties qui en ont été le siège plus de traces de phlogose ou d'engorgement que ne le font les hémorrhagies.
(i) NosoLy 1. 1 de la U'aidjact. iu-i2 , art. Mal. pitiùt.
456 ©tJ SIEGE ET DE LA rrATÛRB
Des considérations de celle nature paraissent avoir de'terminé , de nos jours ^ nilustre Cabanis (i) et M. Alibert(2) ,à croire que les modernes ont trop circonscftt le tableau des affections calarrbales. Toutefois , n'est-ce pas à tort que ces deux célèbres écrivains témoi^ent des regrets pour la doctrine des anciens sur ces maladies? Les modernes ont sans contredit éclairé ^ par des recherches anatomiques multipliées , par des connaissances positives judicieusement appliquées, Thistoire des inflammations des membranes muqueuses, auxquelles ils ont spécialement réservé la dénomination de ca^ tarrhe. Rien n'était si vague et si obscur que les idées des anciens sur ces maladies; fien ^'est plus ciaic et plus précis que ce que les modernes nous ont enseigné sur la nature et la marche de ces affections. Leurs recherches nous ont appris a rapprocher ce que les anciens séparaient, efe nous ont fait embrasser d'un coup- d'œil des maladies liées par de nombreuses analogies que n'avaient pu saisir nos devanciers. Ce qui concerne les catarrhes aigus a été, surtout, traité par les modernes de rîTanière à ne rien laisser à désirer. Mais nous devons convenir qu'ils n'ont
(i)' Nouvelles observations sur les affections catarrhales« (a) NosoL naturelle^
SES maladies; 4^7
pas mis la même exactitude dans Thistoire des catarrhes chroniques. Loin de répéter , avec les écrivains que nous venons de citer y le reproche d'avoir trop restreint le tableau ^ nous leur en adresserons un diamétralement contraire. Il est trop évident^ en effet y qu'ils ont surchargé cette division y nofx - seulement des pblegmatorrha« gies qui peuvent succéder aux inflammations comme les hémorrfaagies leur succèdent parfois^ mais^qu'ils y ont encore inséré des flux pituileux et lymphatiques 9 lesquels n'ont été ni précédés, ni accompagnés ^ ni suivis d'aucun phénomène inflammatoire y ainsi qu'ils en convienneat euxmêmes eh plus d'un lieu. Or 9 nous le demandons; n'est-ce pas commettre la même faute que si l'on confondait les inflammations avec les hémorrhagies ?
Rien ne manquerait donc à la doctrine des modernes s'ils s'appliquaient à soigneusement distinguer les catarrhes chroniques de ces mouve^iens tout-à-fait analogues aux mouvemens hémorrhagiques , et que l'on voit entraîner audehors des flots de matières visqueuses , diaphanes et lymphatiques , ne présentant aucun des caractères de cette excrétion moitié lymphatique, moitié purulente, toujours déplus en plus épaisse y que rendent les membranes muqueuses à la fin des catarrhes , ou lorsque ces
458 DU SIEGE ET DE LA IfATURE
maladies se prolongent au-delà du terme ordinaire. C'est à bien reconnaître le point de sépa-* ration de ces deux genres d'altérations ; c'est à saisir l'instant où l'un se change en l'autre ; c'est à déterminer- le degré de leurs complications que les médecins de nos jours doivent mettre tous leurs soins. C'est ainsi qu^iis pourront ajou* ter encore à la précision des connaissances qu'ils viennent d'acquérir sur les inflammations catarrhales ^ et que les vues qui leur auront été suggérées par l'anatomie se trouveront d'accord avec les observations^ nous oserions presque dire brutes y mais exactes des anciens.
Comme il nous semble que pour atteindre ce but y le premier soin qu'on doit avoir consiste à désigner par un notn particulier ces exhalations lymphatiques et visqueuses^ que la plupart des écrivains ont jusqu'ici confondues sous la même dénomination avec les affections catarrhales y nous appliquons à ces maladies^ dans l'intérêt de la science , le nom de pklegmatorrkagie que leur avaient imposé déjà les premiers médecins qui «'étaient fait une juste idée de leur véritable nature. Ce nom nous parait joindreà l'avantage de correspondre parfaitement à celui d'hémor-rhagiey l'avantage de faire en même temps comprendre l'espèce d'exhalation qu'il indique spécialement. Mais y au lieu que Saloiuth et
DES MALADIES. ^5g
Jundier ne Font employé que pour désigner un flux pituiteux^ coulant des narines, comme Fhémorrfaâgie nasale y nous en étendons l'usage à tous les flux analogues qui peuvent avoir lieu sur les autres parties y en vertu de mouvemens d'exhalation semblables à ceux des hémorrhagies y mais ébranlant cette fois les réseaux ab-* sorbans lymphatiques.
* On ne peut douter , en efi'et , qu'il ne s'établisse fréquemment des mouvemens de cette nature chez les personnes d'un tempérament lymphatique bien prononcé ^ surtout chez celles où ce tempérament se trouve renforcé par une mauvaise alimentation et certaines autres causes de faiblesse ; surtout encore chez celles en qui des circonstances d'âge ou de sexe y des chagrins ou des excès ont exalté outre mesure la suscep^ tibîlîté. nerveuse. On voit souvent , chez des in^» dividus ainsi prédisposés^ ces sortes d'exhalations d'humeurs séroso - lymphatiques s'effectuer soudainement et d'une manière plus ou moins irrégulière et durable , tantôt par des sueurs générales ou partielles , tantôt par des fontes de cerveau , selon l'expression vulgaire , tantôt par l'expectoration d'une grande quantité de crachats aqueux et visqueux , tantôt par des vomîssemens , des espèces de régurgitations de matière glaireuses et vitrées, tantôt par des
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écoulemens leucorrhoïques limpides ou blan« chaires^ tantôt , enfin ^ par des selles abondantes et de qualité tout-à-fait analogue aux flux pré' cédens. Ce qui est surtout digne de remarque ^ c'est que de tels accidens ^ ainsi que les hérnor* rhagies , ne peuvent être arrêtés inconsidérément sans qu'il n'en résulte quelque danger^ ou des douleurs plus ou moins vives; ou bien encore sans qu'ils ne reparaissent avec soulage-» ment sur d'autres parties que sur celles qu'ils occupaient.
Les auteurs rapportent une foule d'exemples oii l'on voit ces. flux lymphatiques passer rapidement d'un lieu sur un autre, et présenter des alternatives semblables à celles qu'on observe dans les effusions sanguines. Tantôt ce sont des vieillards tourmentés de picottemens dans la gorge , d'où résultent des quintes de toux trèsfatigantes ; d'autres fois douloureusement aflectés de cardialgies , et qui rendent , à la suite de ces accidens 9 une grande quantité de mucosités filantes et glutineuses y comme du blanc d'oeuf, ^ alternativement par les vomissemens ou par les garde-robes. Tantôt ce sont des femmes faiblement constituées et leucorrhoïques chez lesquelles des pertes blanches se changent en vomissemens glaireux , en salivations abondantes^ en flux pituiteux des narines qui ressemblent
âUK catarrhes de la membraue muqueuse de ces parties ^ chez lesquelles encore des fontes de cen^eau ^ selon Texpression très-înipropre du vulgaire, des vomissemeas , des expuitions et des expectorations séreuses plus ou moins considérables, se changent tout-à-coup en flux leucorrhoïques excessifs. Tantôt, enfin , ce sont des enfans scrophuleux chez lesquels on voit a tout instant et pour les moindres causes , des flux abondans de pituite s'établir dans les narines, se convertir brusquement en diarrhées, ou bien engouer la poitrine d'humidités parasites, remonter bientôt vers la tête pour redescendre encore sur les poumons ou sur les intestins , sans autre règle que les incitations d'une sensibilité très-mobile qui met^en jeu les t'éseaux vasculaires le plus directement en rap« port avecles humeurs blanches et lymphatiques. Il existe surtout des individus , lesquels , indépendamment des causes générales relatives au tempérament , au genre de vie et aux affections de l'âme , présentent d'une manière toute particulière ce transport rapide d'humeurs , ces évacuations subîles et excessives de sucs lymphatiques plus ou moins ténus ou consistans. Car , de même que nous avons vu certaines modifications de la sensibilité des vaisseaux absorbaus artériels déterminer une disposition
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de rëconomie animale dans laquelle la moindre cause produit une hëmorrhagie ^ de même on ne peut méconnaître qu'une modification semblable se fixe parfois sur les vaisseaux absorbans lymphatiques , modification d'où résulte une extrême propension aux phlegmatorrhagies.
Nous connaissons un jeune magistrat à peine âgé de trente ans y offrant l'apparence de la force et de la plus belle santé , quoiqu'il tienne de ses parens une de ces dispositions singulières. Son aïeule, qui vît encore, est parvenue à Tâge le plus avancé , à travers les orages suscités par les brusques irruptions de flux séroso-lymphatiques d'une abondance telle qu'ils semblent intarissables. Quoique ces ilux s'établissent tantôt sur la membrane pituitaire ou pulmonaire , tantôt sur les membranes intestina-* les , ils s'effectuent de préférence sur les organes de la génération ; c'est là surtout qu'ils deviennent si considérables , que les linges les plus épais sont bientôt imbibés , et que la malade n'a d'autre ressource que de se tenir quelques heures sur une garde-robe pour éviter l'inconvénient d'avoir son lit ou ses vêtemens traversés. Son père, fils de cette dame, enlevé à l'âge de trente ans par la petite-vérole j fut sujet dès son enfance, quoiqued'une constitutioa vigoureuse, à des phlegmatorrhagies nasales
très-souvent renouvelées et très-vlolenles qui lui prenaient subitement et par accès ^ et dont le début se trouvait toujours marqué par des éternuemens et par la brusque turgescence du tissu cellulaire de la face. Ce magistrat luimême y à qui nous donnons des soins depuis long-temps , éprouva , dès sa septième année , les mêmes accidens qui tourmentaient son père. La susceptibilité des vaisseaux de sa membrane pituitaire était telle , qu'il suffisait de la poussière d'une chambre qu'on balayait pour faire couler abondamment les mucosités nasales pendant plusieurs heures. Vei*s l'âge de vingt ans , ces phlegmatorrhagies éprouvaient beaucoup de variations ; tantôt elles prenaient au moment du réveil et duraient pendant les deux ou trois pre-' mières heures de la matinée; tantôt elles cessaient entièrement pendant quelque temps y reparaissaient ensuite avec une abondance incroyable , et duraient huit ou dix jours d'une manière continue ; d'autres fois ces flux pituiteux s'arrêtaient tout-à-coup au milieu de leur violence ^ et de suite la poitrine paraissait se remplir y et le malade rejetait , sans avoir été enrhumé y une grande quantité de crachats de la couleur et de la consistance des mucosités qu'il rendait auparavant par le nez. Enfin , à ces sortes d'ex*pectorations succédait un dévoiement de quel-
464 DU SIEGE ET DE LÀ ffATURfi
ques jours que suivait un assez long intervalle de santé parfaite.
Dans l'année 1814, des travaux de cabinet très-prolongés, des chagrins, des inquiétudes , ajoutèrent aux aecidens précédens dé légers accès de suffocation qui réveillaient la nuit en sursaut, duraient jusqu'au jour, piuisse terminaient par une expectoration visqueuse et des urines claires et limpides , rendues en trèsgrande quantité. A cette époque , Tusage da tabac ayant supprimé les flux pituiteux des narines, les étouffemens redoublèrent d'intensité/jusqu'au moment où de grandes évacuations, par les voies naturelles^ vinrent rétablir le calme , du moins pour quelque temps. De-* puis lors , plusieurs récidives de ces différeqs niaux se sont alternativement présentées , quoiqu'à tout prendre , la santé se trouve aujour^ d'hui très-améliorée ; mais le sentiment du bieD-* être n'est jamais si grand que lorsqu'il s'établit de temps en temps ; au réveil , de légères phlegmatbrrhagies nasales , dont il ne reste plus aucune trace dans le reslé'de la journée.
C'est, selon toute apparence, à des disposi-* tions semblables qui , tantôt , se transmettent de génération en génération, et tantôt sont dues à des cafuses individuelles^ qu'il faut attribuer ces exhalations excessives d'humeurs séro-
t)CSlfAtAt)IKS. 4^5
lymphatiques 3 dont les observateurs rapporteut des exemples remarquables. Au nombre des plus curieux est celui que elle Fernel dans sa Pathologie (i)^ d'une femme qui rendait tous les mois^ par la vulve y cinq à six bassins d^une sorte de sérosité citrine y après quoi les règles coulaient dans Tordre naturel. Ou peut encore rappeler ici l'exemple d'une femme bîea constituée et bien portante d'ailleurs , quoi* qu*elle rendit depuis dix ans^ de la même ma-* nière que la précédente, une très -grande quantité de fluide aqueux; l'exemple, bien plus extraordinaire^ d'une dame qui devint sujette y à la suite d'une couche laborieuse y à des écoulemens séro - lymphatiques , si considérables, qu'elle en remplissait tous les jours deux grandes ' cruches (2). De tels faits , rapportés isolément , n'ont du paraître qu'étonnans et bizarres; mais rapprochés de leurs analogues, et classés d'une manière convenable, ils tirent de ce rapprochement un intérêt tout nouveau qui les recommande à notre attention , quoique I état de la science^ au moment où ils ont été recueillis, n*ait pas permis aux médecins qui les rapportent de donner à leur histoire tout le détail
(ï) Lib. VI , cap, i5.
(a) Blalin , du Catarrhe nier. , pag. 58. II. 3o
et toute la précisioa nécessaires pour en faire au juste apprécier la véritable nature.
Au reste ^ si nous avons reconnu, dans le commencement de ce chapitre , que les inflammations des personnes pléthoriques peuvent se convertir en exhalations sanguines , il est encore plus fréquent de voir celles des personnes phlegmatiques ou piluileuses se terminer en exhalations lymphatiques. Chez ces derniers sujets, les mouvemens inflammatoires n'ébranlent que très-imparfaitement les vaisseaux absorbans artériels , ^t la faible excitation que les vaisseaux absorbans lymphatiques reçoivent des fluides qu'ils contiennent on qu'ils dévient, n'élevant pas leur sensibilité beaucoup au^lessus du ton naturel , du moins dans les cas les plus ordinaires, rapproche leurs mouvemens de ceux que nécessite Texhalation dans l'état physiolo* gique. On conçoit que les choses étant ainsi , le passage de l'inflammation à l'exhalation doit être, dans ce cas, facile et presque insensible. Aussi voit - on , surtout , les inflammations fixées d'une manière exclusive sur les vaisseaux absorbans lymphatiques , se distinguer difEcile* ment dans beaucoup de circonstances des simples exhalations , et montrer la plus grande tendance à devenir chroniques et à se convertir en une sorte de aulritioo accidentelle des par-
lies affectées , lorsque ces parties n'ont que de petites cavités sans issue au dehors , ou bien en des épanchemens internes el des écou- ]emens extérieurs, si les parties malades tapissent de {grandes cavités ou servent d'émonctoires à Féconoroie animale.
On doit attribuer à des causes de cettp nature la facilité particulière avec laquelle les inflammations catarrhales se changent en phiegmatorrfaagies. Ces inflammations étant , comme nous l'avons vu , d'une nature mixte , €t se composant de la double excitation des ré-* «eaux absorbans artériels et des réseaux absorbans lymphatiques , il arrive souvent que., vers ^e déclin de la maladie , les premiers vaisseaux reprennent Jeur action naturelle plutôt que les derniers ^ toujours plas lents dans leurs. TOOuvemens , à cause de l'innocuité des liqui- >îe8 qu'ils font mouvoir. On s'aperçoit alors que la matière purulente, effet constant de Tirritalion prolongée des vaisseaux absorbans arté^ riels^ laquelle teignait en jaune les produits morbiiïiques 9 disparait insensiblement et laisse, en quelque sorte, à nu la matière limpide et visqueuse , effet tout aussi constant de TirritatioDi des vaisseaux absorbans lymphatiques. Lorsque des dispositions constitutionnelles favorisent cette transi tioa ^ ou n'est pas long-
temps sans voir l'écoulemeot de ces matières limpides et visqueuses prendre de laccroisse-' ment^ surpasser beaucoup en quantité l'écoulé* inent que Tinflammation produisait auparavant^ revêtir, en un mot, les caractères des ttux morbifiques , et présenter de frappantes aualogies avec les effusions sanguines.
Non-seulement les phlegmalorrhagles sont susceptibles de s'établir ainsi à la suite de Finflammation des membranes muqueuses, mais encore on peut les voir naître à l'occasion de la brusque disparition ou de la terminaison naturelle de certaines maladies des vaisseaux absorbans lymphatiques. Cabanis parle d'une femme de quarante ans , chez laquelle une dartre répercutée avait produit un écoulement abondant d'une humeur âcr j et limpide par le nez et par les y€ux. Chez une autre dame , une dartre ancienne ayant disparu d'elle-même, il s'établit bientôt p£^r les gencives un écoulement d'eaux claires et visqueuses que la malade rendait par gorgées. M. Blatin assure , d'autre part , que l'amollissement et la disparition successive de tumeurs cancéreuses des seins donna lieu , chez une fillededix-huitans,àun écoulement leucoi^ rhoïque (i)« Raulin vit paraître également des
(i) Blatio^ Catarrhe utérin y pag. i02«
fleurs blanches à des femmes qui avalent des fluxions à la léle et au visage , aussitôt que ces tumeurs se furent dissipées. On trouve encore dans Cabanis l'exemple d'un homme âgé qui fut pris > après la cessation d'un rhumatisme très-douloureux y d'un flux de pituite par les narines , lequel dura deux ans. Il n'est pas , enfin ^ jusqu'aux maladies nerveuses etspasmodiques, que l'on qualifie pourtant de maladies 6ans matière , morbi sine materiâ , qui ne puissent être suivies de ces exhalations lymphatiques, puisque^ d'après M. Alibert, des femmes qui venaient d'être délivrées d'attaques convulsives , rendaient par les narines des flots de mucosités*
Il est vrai que les vaisseaux absorbans lymphatiques , instrumens de ces mouvemens fluxionnaires et de cette abond.inte exhalation de liquides^ ont de si intimes rapports avec les organes nerveux^ que lorsque les premiers sont affectés , les derniers ne doivent pas larder à s'en ressentir d'une manière plus ou moins sensible ^ et réciproquement. Aussi remarque-t-on souvent, chez les personnes faibles et irritables , particulièrement chez les femmes, que les affections de l'âme produisent, sur les vaisseaux absorbans lymphatiques, des effets rapides, se inanifeslaut par des exhalations souvent énor-
mes, et pouvant même devenir funestes. Tîssol cite l'exemple de plusieurs femmes chez lesquelles la frayeur ou les /rbagrins causaient sur-le-champ une si grande quantité de fleurs blanches, que c'était un véritable flux, les obligeant de se tenir assises et quelquefois couchées, et les laissant dans une grande faiblesse pendant quelques heures. Raulin parle d'une dame qui fut tellement affligée de la mort de son mari ^ que le lendemain elle eut une perte blanche très-abondante , laquelle alterna bientôt avec une diarrhée , et ces deux accîdens firent promplement périr la malade. Sans avoir à citer des exemples aussi déplorables , nous pouvons assurer avoir rencontré, dans le cours de notre pratique , un très-grand nombre de femmes sujettes à des accidens de même nature et par Teffet des mêmes causes. Il nou« est arrivé plus d'une fois d'épuiser inutilement toutes les ressources de l'art pour tarir de certains écoulemens qui se trouvaient ensuite guéris, par, cela seul que les motifs de chagrins qui les entretenaient ne subsistaient plus. Enfin , nous connaissons un homme de soixante ans , faible et valétudinaire, condamné par état à mener une vie sédentaire, et qui se -trop ve sujet, par suite d'une triste hérédité, à de fréquentes phlegmatorrhagies , lesquelles reparais-
DES MALADIES. fy^\
senl compliquées d'une irruptioa cousidemble de flaluosltesy pour peu que cet hoiiime éprouve de contrariële's ou de péuibles affections de 1 ame.
On voit, d'après ce qui précède, par combien de points les phlegmatorrbagies se rapprochent des effusions sanguines, et par quelles nuances elles se distinguent des inflammations catarrhales. Ajoulons que les mouvemens exhalatoires qui s'emparent des vaisseaux absorbans lymphatiques, dans ces sortes de circonstances, ne peuvent se confondre avec les catarrhes que lors seulement qu'ils se fixent sur les vaisseaux des membranes muqueuses : par-tout ailleurs ces exhalations lymphatiques prennent un autre nom, quoique partant de la même source, dernière analogie que nous ferons remarquer entre ces exhalations et les exhalations sanguines. Les praticiens savent en effet que , s'il est ordinaire de trouver , chez les personnes sujettes aux hémorrhagies , des congestions de fluide sanguin qui engouent les viscères parenchyniateux , des courans rapides du même liquide , qui se portent tantôt sur un point, tantôt sur l'autre , l'hypertrophie de certains organes accoutumes à s'imprégner de fibrine , on trouve de même , et plus facilement encore , chez les sujets éminemment disposés aux phlegmator-
ragieSy des amas de matières glutineuses et lymphatiques y tantôt formant accidentellement une sorte de nutrition intersticielle des parties accoutumées à recevoir les fluides blancs , tantôt rassemblées dans des kystes plus ou moins considérables, qui semblent s'être remplis, sans inflammation préliminaire , par le simple effet d'une exhalation déréglée , tantôt épan-^ chées dans les cavités articulaires , tantôt y enfin y inondant certains viscères où se sont brusquement produits des œups de lymphe , s'il est permis de s'exprimer ainsi , tout -à - fait analogues aux coups de sang que détermine souvent la disposition hémorrhagique.
§ IL Des exhalations morhifiques indirectes
ou médiates é
Mais y indépendamment de ces exhalations simples et en quelque sorte directes , qui font sortir les liquides tels qu'ils circulent dans les \aisseaux artériels, veineux et lymphatiques valvuleux,il en estd'autres qui présentent uneaciion plus compliquée et se composent des raouvemens qui puisent dans le sang les matériaux des humeurs dérivées de ce liquide, et nécessaires au maintien de la vie. Dans cette nouvelle espèce d'altération morbiflque,lo sang ne traverse plus
les vaisseaux absorbans sans subir quelque élaboration : seulement celte élaboration ellemême devient excessive, et détermine l'exubérance des produits qui en sont les résultats ordinaires.
1®. Des Flux séreux et des Hydropisies. -
L'exbalation de la sérosité , par exemple , est «ne opération très-naturelle et très-considérable dans réconomie animale. Contenue dans de justes bornes , loin d'être nuisible, elle sert à rintégrité des fonctions; poussée au-delà du nécessaire , elle devient une cause de trouble , et l'on voit survenir des accidens qui présentent plus d'un rapprochement avec la plupart des phénomènes que nous offrent les hémorrhagies et les phlegmaiorrhagies.
Nous devons rappeler à ce sujet que l'étude des symptômes de l'érysipèle, de la fièvre éphémère et de l'intermittente^ nous a donné de fortes raisons de croire qu'il peut s'établir sur les vaisseaux absorbans artériels une modification de sensibilité capable de placer l'économie animale dans une disposition propre à déterminer l'exhalation d'une quantité surabondante de sérosités. C'est en vertu d'une telle modification que nous avons vu cette humeur
s'accupiuler sous Tépiderme durant le cours de l'ërysipèle , s'exhaler en sueurs , se répandre , se disséminer dans le tissu cellulaire , et sortir enfin par les urines ^ après la terminaison des accès fébriles. Ne peul-on pas attribuer à qne disposition semblable, quoique née dans d'autres circonstances, les sueurs générales ou partielles, continues ou périodiques , modérées ou excessîyes , auxquelles on voit certains individus être sujets ? Ne peul-on pas lui attribuer les flux de ventre séreux, les leucorrhées de même nature qui s'établissent de prime-abord ou qui viennent parfois remplacer ces sueurs? Ne peut-on pas lui attribuer, enfin , les gonflemens œdémateux qui se forment dans le tissu cellulaire , les*Jiydropisies qui distendent les grandes cavités , tantôt spontanément , tantôt à l'occasion d'un grand nombre d'affections différentes, mais se rapprochant toutes par la longue durée de leur marche et par une lésion plus ou moins profonde de quelque fraction du système absorbant? 11 est , du moins , certain que la production i]es sérosités qui imprègnent les tissus ou fournissent matière à des écoulemens, à des sueurs, a des épanchemens plus ou moins considérablés , en de certaines circonstances , ne peut pas plus être attribuée à la seule faiblesse que les exhalations de sang noir et de sucs lymphatiques,
DES MÀLAllIES. ^j5
aux.quelles on a souvent voulu trouver une semblable cause. Elle le peut bien moins encore , puisqu'elle suppose toujours un travail préliminaire propre à séparer la seVosité du fluide sanguin y et qu'on ne peut admettre ici de simple transsudation mécanique , comme on Ta fait quelquefois pour expliquer les hëmorrhagies. On doit même dire avec assurance que des trois sortes d'alfeclions dont nous venons de parler, c'est Texhalation séreuse qui se rapproche le plus des maladies inflammatoires proprement dites , surtout lorsque ces exhalations sont primitives , et ne dérivent pas d'une influencte sympathique plus ou moins éloignée. On n'ignore pas que les sueurs s'établissent facilement et tendent à devenir abondantes chez les personnes d'un tempérament sanguin ; on sait qu^elles se montrent d'une manière très-marquée chez les femmes de quarante-cinq ans , pendant la pléthore accidentelle que détermine la cessation du flux menstruel ; on sait qu'il n'est pas rare de les voir succéder à des hémorrhagies actives , suppléer parfois ces effusions sanguines , et souvent alterner avec elles j on sait, d'autre part, que l'inflammation du réseau réticulaire de la peau produit une surabondance de sérosités a la superficie du chorion et au-dessous de Tcpiderme ; que l'irri-
talîoQ fébrile et éphémère en produit également une quantité considérable dans le tissu celiulaire ^ous-cutané ; que certaines inflammations de l'encéphale et de ses membranes y des poumons et dès plèvres , des viscères du bas-ventre et du péritoine se terminent par l'hydrocéphale, Thydrorachis , Thydrothorax et l'ascite ; ou sait enfin que les praticiens de nos jours s'accordent à dire que dans un grand nombre de cas, les exhalations séreuses s'exaspèrent sous Fin* fluence des drastiques , des irrilans qu'une aveugle routine leur oppose, et qu'elles cessent au contraire dans ces circonstances par l'usage des saignées et des délayans.
C'est , au reste , bien à tort que quelques ' modernes ont donné comme une pratique nouvelle l'emploi des adoucissans , des délayans, des tempérans dans le traitement des hydrppîsies. Hippocrate , comme Ta prouvé Milinann , regardait ces moyens comme indispensablement nécessaires pour assurer la guérison de ces maladies. Il y avait même une espèce d'hydropisie qu'il faisait uniquement dépendre d'une intempérie chaude des viscères , et pour la guérison de laquelle il n'avait d'autre objet que de calmer cette intempérie par. l'usage du lait. Ce. n'est que depuis le retour de la bonne méthode d'observation employée par le père de
1>F. s MALADIES. ^77
la médecine qu'on s'est aperçu de nouveau de cette af&nité des exhalations séreuses avec les maladies inflammatoires exquises ou légitimes. Cest depuis quelon observe plus attentivement qu'on a découvert^commeFavai t fait Hippocrale, qqe les mêmes causes pouvaient indifféremment produire , où une inflammation y ou une exhalation séreuse. Barraillon s'est assuré par celle méthode que la boisson d'eau froide pendant que le corps est échauffé , peut tout aussi-bien produire l'hydro-thorax et l'ascite que la péripneumonie ^ la gastrite ou l'entérite ; qu'un homme en sueur qui s'expose subitement au froid peut être atteint d'anasarque aussi-bien que de fièvre éphémère (i). De nos jours , surtout^ on a singulièrement multiplié les exemples de ces exhalations séreuses activées qui reconnaissent les mêmes causes que les inflammations et nécessitent un traitement analogue. •L'attention est tellement fixée sur ce point , -qu'il est maintenant peu de praticiens qui n'aient €u l'occasion d'en observer en plus d'une cir- -constance.
On va plus loin encore ; on cite des hydropisies inflammatoires dont le propre est de se compliquer avec des inflammations érysipéla-
(i) Mémoires de la Société royale de Médec. , t. vu
478 DU siigt: et de la nature
leuses; on cite des liydropisics qui s'accompagnent d'une fièvre intense , de raridilé de la peau y d'une chaleur acre sur les lëgumeus , de la sensation intérieure d'un feu dévorant, d'une altération excessive , de la sécheresse de la langue , et qu'on n'a pu guérir qu'en ouVrant dixhuit fois la veine y encouragé qu'on était par l'extrême soulagement qui résultait de chaque saignée ; on cite des espèces d' œdèmes fébriles paraissant sous le type tierçaire, rendant en peu de jours le corps d'un volume monstrueux y et que des saignées répétées ont pu seules dissiper (i). Comment, après de tels faits rapprochés des faits analogues qu'on trouve dans les ouvrages de Deidier , de Méad , de Stoll ^ de Bâcher , où l'on voit des hydropisies guéries par des saignées répétées , comment ne pas croire que ces maladies , ainsi que les autres exhalations séreuses ^ dépendent moins d^une prétendue faiblesse des solides , qui laisserait transsuder les humeurs, que d*une action déréglée des vaisseaux qui produisent naturellement la sérosité , action déréglée qui peut naître à l'occasion de jcertains mouvemens fébriles et inflammatoires^ mais qui peut être aussi le résultat de mouvemens moins prononcés et moins intenses.
(i) Barraillon , ibid.
. DES MALAHIES.' 4/9
Quoique la plupart desbydropîsîes soient bien loin d'approcher des exemples précédens, on ne peut néanmoins se défendre de les regarder, ainsi que tontes les autres exhalations, séreuses, comme dépendantes d'un certain degré d'exaltation des propriétés vitales des vaisseaux absor* bans artériels, exaltation de bien pen supérieure au mode de sensibilité qui constitue Tétat de santé. C'est la moindre des irritations suscepti^ blés de se fixer sur cette espèce de vaisseaux qui donne naissance à ces maladies ; mais ce n'en est pas moins une irritation , et s'il est permis d'y concevoir quelque chose qui rappelle la faiblesse , ce ne peut être que relativement et en mettant eu parrallèle cette irritation avec Tirritation plus violente dont ces vaisseaux peuvent être frappés dans certaines inflammaiions et dans certaines fièvres. Y a-l-il , en effet , une de ces maladies qui ne s'accompagne d'un plus ou moins graud nombre de signes attestant qu'il s'est établi dans l'économie animale une augmentation vicieuse d'action ? Y a-t-il une de ces maladies qui ne manifeste le désordre du jeu des vaisseaux absorbans par des déplacemens plus ou moins rapides des fluides , par des mouvemens qui portent ces fluides , tantôt des surfaces muqueuses et cutanées vers les aréoles cellulaires, tantôt de l'intérieur de ces aréoles , et sur ces premières
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surfaces, d'où elles peuvent s'e'couler comme par torreiis y sous forme de sueurs ou de diarrhées coUiquatives , et sur les membranes séreuses y qui les versent en abondance dans les cavités qu'elles forment et qu'elles sont chargées de revêtir? Ces courans divers, Tavide succion qui attire les fluides sur un point ; l'effort , pour ainsi dire, convulsif qui les rejette hors des vaisseaux sur un autre point, sont autant de phénomènes qui doivent éloigner toute idée que la faiblesse joue un rôle essentiel dans la production des exhalations séreuses.
S'il en était autrement, comment se rendrait^^ on raison d'une observation journalière qui fait voir les maladies chroniques se terminer toutes par rhydropisie et le marasme? Il parait d abord inconcevable que le même chemin puisse mener à des termes en apparence si éloignés; mais la distance qui les sépare aux yeux du vulgaire disparait aux yeux du médecin physiologiste. Dans les faydropisies et dans le marasme , celui-ci retrouve la même action vasculaire; dans l'une et dans Tautre il aperçoit des humeurs rejetées hors des vaisseaux. La différencei qu'il y remarque 9 c'est que, dans le marasme , ces humeurs sont plus essentielles à la nutrition et sont expulsées au dehors; tandis que y dans les hydropisies^ les humeurs épanchées sont moins
élaborées^ moins imporlantes el sonl versées dans les cavités intérieures où elles séjournent long-lennps sans causer d^irrilation, ce qui^ peut^ être y n'arriverait pas aux sucs qu'entraîne le marasme. Notre but n'est pas ^ au reste ^ de prouver qu'il y. ait parité complète entre ces deux états ; car il existe entre eux des différences essentielles que>nous ferons bientôt remarquer ; mais nous voulons seulement faire voir que l'un ne tient pas plus à la faiblesse que l'autre ^ et qu'ils naissent également d'une action vicieuse et déréglée , souvent produite dans l'économie animale par l'existence d'un foyer d'irritation sur quelque organe plus ou moins essentiellement lié à l'ensemble des fonctions vitales.
Toutefois , il faut convenir que s'il est facile d'expliquer les sueurs et les différens flux séreux , par la simple exhalation naturelle , devenue trop abondante, il est bien plus difficile de se rendre raison, par cette seule cause, de la stagnation des fluides séreux dans le tissu cellulaire et dans les grandes cavités. Comment ces fluides ne sont-ils pas résorbés dans la même proportion qu'ils sont produits , comme on le voit arriver en santé? Cet effet ne tient- il pas à un état maladif, à un resserrement, à. quelque défaut d'action des vaisseaux résorbans qui devraient les reconduire dans les veines ou vers les
émoncloîres ? On ne peut se défendre de croire que les choses ne se passent ainsi. I^'irritation, iixée sur les vaisseaux absorbaus exhalaos ^ parait déterminer constamment^ sur les vaisseaux résorbans y un état de gêne et d'astriction qui suspend ou diminue beaucoup leurs mouvemens : du moins y voyons-nous le même phé^ xiomène se présenter dans les congestions in^ flammatoires et hémorrhagiques , tout aussi bien que dans les hydropisies. On ne peut même concevoir qu'un épanchement , de quelque nature qu'on le suppose^ puisse avoir une certaine durée y s'il n'est entretenu par une cause semblable. Il ne se passe donc rien ici que l'on ne voie également arriver dans toutes les sortes de pléthores^ de cachexies ou de collections humorales établies dans l'économie animale; dans toutes 9 les fluides stagnent dans les cavités et ne sont qu'imparfaitement résorbés* On les voit seulement s'accumuler en bien plus grande quantité dans les hydropisies y par des raisons qui tiennent à l'étendue et à la nature des fonctions de Torgane , qui se trouve le siège de ces dernières affections.
Le tissu cellulaire parait être y en effet y un vaste organe sécréteur de la sérosité y chargé d'entourer le corps y ainsi que chacuue des parties qui le constituent y d'une humidité propre
k donner de la liberté et de la souplesse aux mouvemens. Comme la surface en est im-' mense^ les produits qui s'en exhalent présen-^ tent une quantité proportionnée, quantité quî échappe facilement â l'observation lorsqu'elle? se maintient dans des limites convenables , et qu'un jusle équilibre se conserve entre le jeu des vaisseaux exhalans et, celui des vaisseaux résorbans , mais qui devient de suite exhorbi-^ tante lorsque cet organe est frappé de la modification particulière de sensibilité d'où résulté J'état d'exhalation moil)ifique. Sans doute que tous les fluides peuvent aboutir et stagner dans cet organe y si généralement répandu , et don( les rapports sont si multipliés ; mais il est natu-* rel aussi que ceux de ces fluides , à la sécrétion desquels il /est plus spécialement destiné , s'y trouvent plus facilement épanchés et en quantité beaucoup plus grande.
a**. De la Polysarcie et dçs Flux graisseux»
C'est encore, selon toute apparence, parce que le tissu cellulaire contient^ avec les vais-' seaux chargés d'exhaler les sérosités, ceux que la nature destine à la séparation des sucs adi« peux , qu'il est le siège de ces énormes atùas de graisse qu'on voit se former, tantôt lentement , tantôt d'une manière phis ou moins rapide, et
constituer les polysarcies générales ou locales ; du moins on ne peut douter que ces dernières maladies ne soient le résultat du même genre de mouvemens et de Texallation des propriétés vitales de certains vaisseaux appartenant au même système que ceux dont l'action produit les hydropisies et les exhalations séreuses, quand on voit les liquides qui s'y trouvent exubérans quelquefois s'accumuler dans toute Tétendue du tissu cellulaire; quelquefois se concentrer sur quelques points de cet organe; quelquefois s'exhaler sur les surfaces intestinales; quelquefois se rassembler en tumeurs, en pelotons graisseux dans les cavités que tapissent les membranes séreuses ; quelquefois s'engendrer avec rapidité; et quelquefois, enfin ^ être brusquement résorbés , de telle sorte que des personnes très-grasses sont frappées d'une maigreur presque subite. Il est évident que les alternatives que présentent ces divers mouvemens^ alternatives qui peuvent porter les sucs graisseux, tantôt sur une partie, tantôt sur l'autre, dépendent des mêmes lois que celles qui président aux divers genres d'exhalations, et qu'elles supposent, dans les vaisseaux qui les produisent , des propriétés tout-à-fait analogues à celles des vaisseaux, qui déterminent les fluxions hémprrbagiques, phlegiriatorrbagiques et séreuses.
Il ne faut pas croire , au reste , que le vicieux accroissement de Texhalalion graisseuse soit lou« jourset uniquement le produit d'unealimenlatioa trop abondante : il n'est pasrare^ au contraire^ de voir cette exhalation succéder brusquement y comme les autres exhalations , à des maladies do diverse nature. Bordeo cite, dans son Traifé de V Analyse du sang, une fièvre de vingt-un jours, qui se termina par une monstrueuse pousse de graisse. Le même auteur a vu trois jennes'fîlles devenues épileptiques à Tàge de la ptibertë, et que chaque attaque engraissait au point qu elles devinretii colossales. Nous avons, nous-mêmes observé une semblable pousse de graisse , à la suite d'une grossesse pénible et d'une couche laborieuse , sur une jeune femme de vingt^cinq ans. Nous en avons maintenant sous les yeux une assez considérable, coïncidant a vec^ine sorte d'affection^ nerveuse qui fait constamment rejeter,'par le vomissement , une très-grande partie des alimens aussitôt qu'ils sont ingérés. Ces sortes de faits ne sont pas rares, surtout chez les personnes du sexe , qui s'y trouvent , en général, plus disposées que les hommes» -
D'un autre côté , nousilisons dans le Journal de Médecine (i) l'histoire d'un homme chez le-
(i) Tome xLYiii^ pag. ii4i année 1777.
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quel une exhalation semblable s'établit sur les intestins à la suite de fréquentes héniorrhagîeSb On avait trouvé le moyen de le soulager^ en lui donnant de temps à autre des purgatifs qui lui faisaient rendre un grand nombre de masses graisseuses. La quantité en devint à la fin si considérable que ces corps parasités opposèrent un obstacle invincible au passage de; excréiuens et causèrent la mort du malade. A Touverture du corps y on vit Tintérieur du tube alimentaire parsemé de plusieurs masses graisseuses conte* nues dans des poches adhérentes aux parois des intestins. Le foie était aussi chargé de ces masses graisseuses.
On sait combien il est fréquent de* rencontrer ^ surtout dans les grandes villes , des œdè« mes graisseux y des congestions adipeuses y qui paraissent d'ordinaire dans Tàge de la vie qui succède aux âges marqués par de fréquentes bémorrhagies et par les exhalations véritable-** ment. nutritives:. Ces sortes de polysareies sont tellement vulgaires qu'à peine sont-elles re^ marqiïées ; d'autant plus que , lorsqu'elles res-^ tent concentrées' dans: le tissu cellulaiœ sous-» cutané ou dans le tissu cellulaire épiploïque et abdominal y il n'en résulte que peu d'altération dans les fonctions de la vie générale. Cette difr*
po5itioq est^ d'ailleurs , cow^me ççlle quidéter«
mmeles hémorrhagies et les phlegmatorrhagiés, tellement prononcée chez certains individus > que Ton en voit devenir monstrueux dès' Ten* fance , et frapper d etonnement par l'énormité de leur masse ; de tnéme qu'dle peut être indi* viduelle ou héréditaire^ sans qu'on puisse l'at-tribuer , dans la plupart de ces circonslances , à une nourriture trop substantielle ^ cause qui ^ dans d'autres cas^ peut cependant eatrainer une polysarcie accidentelle plus ou moins considérable.
3®. Des Pneumorrhagies et de V Emphysème*
Mais y indépendamment des sérosités et des graisses que certains vaisseaux absorbans peuvent extraire du sang' et verser dans le tissu cellulaire ou sur les surfaces extérieures ^ on ne peut plus douter qu^il ne se, £asse dans le corps une sécrétion de gaz onde matières aériformes semblables, à la sécrélion.de ces humeurs 'y produites dans les mêmes organes , et versés sur les mêmes surfaces. Or, il arrive souvent quç ces gaz sont développés en beaucoup plus grande quantité qu'il n'est nécessaire ^ ce qui constitue un genre d'exhalations vicieuses , qu'op peut mettre à côté de celles que nous venons d'examiner; S'il existe , en effet , dans le tissu, cellu-
laire et dans les tissus muqueux et dermoîdes y certains vaisseaux spécialement destinés à moi|voir les liquides doiH nous venons de voir Texhalation intempestive ou trop abondante y on ne peut se défendre de croire qu'il existe également dans ces parties^ d'autres vaisseaux dont la destination parait être de produire et de faire circuler Içs fluides aériformes^ d'agir même sur ces fluides comme les autres parties vasculaires agissent sur les matières plus solides. Cette vérité semble du moins résulter des expériences de certains physiciens , qui prouvent que la peau absorbe l'air ambiant et le décompose à la manière des poumons ; parait résulter encore des observations des inédecins y qui dé* montrent que l'air introduit par voie d'expérience ou par accident , que Tair développé spontanément dans le tissu cellulaire ou dans le canal intestinal y peut être résorbé comme les autres fluides y d'après des modifications de sensibilité irrégulièrea et tout-à-fait inappréciables.
C'est sous l'influence des mêmes causes qui favorisent la production des phlegmalorrbagies et des exhalations séreuses y qu'on voit le plus souvent naitre les maladies pneumatiques résultant de ce nouveaq genre d'exhalations. Mais içi^ comme dans les exhalations séreuses ^ U
faiblesse ne peut être coasidérée comme une cause réelle et essentielle , pas plu8 que la fermentation , cause physique et hors du do« maine de la vitalité , à laquelle on voulut jadi& attribuer la production morbifique des gaz dans l'économie animale ; mais ici , comme dans les exhalations séreuses y l'irritation spéciale d*oii naît la maladie peut revêtir un caractère aigu et s'associer à un état fébrile et inflammatoire. La brusque exposition à un froid vif et péné-* trant lorsque le corps est échauffé^ imprudence que nous avons déjà vu produire certaines fièvres , certaines inflammations ^ certaines hydro-^ pisies y détermine également l'emphysème universel , suivant l'observation de J. P. Frank , qui dilen avoir vu plusieurs exemples (i). Nous pouvons en extraire nous-mêmes un , fort re^* màrquable , du Journal de Médecine (2) y où Ton voit qu'un homme s'étant plongé dans le Rhône aussitôt après s'être échauffé parun emportement de colère , devint tellement endé dans l'espace de vingt-quatre heures y depuis les pieds jusqu'à la poitrine, que le scrotum avait le volume d'uqe tête d'enfant. Le malade éprouvait unç soif que
(i) De Curand, homîn. Morb.^ ton^. VI ^ part, i , pag. 40 et suîv.
(a) Tome lxv | pag. 2lyo.
49^ BU Slio% ST DC LA If ATURC
rien ne pouvait éteindre , et une oppression si considérable y qu'on craignait pour sa vie. La saignée et les» délayans calmèrent peu à peu les accidenSi II peut donc arriver qu^ tout soit commun , causes et traitement ^ entre Tinflammation et Temphysèrae ; il peut même arriver que l'érysipèle et l'emphysème mar-» cbent ensemble et s'associent dans la même épidémie, comme Frank dit encore l'avoir observé dans certaines constitutions épidémiques.
D'un autre côté , ce mêrpé Frank cite deux épidémie^ d'emphysèmes spontanés ^ fébriles : l'une , qui s'était montrée dans Tltalie ; l'autre , qui régna dans l'Allemagne. Pendant le cours de cette dernière épidémie , tantôt les membres inférieurs ^tantôt le cou , tantôt la face^ tantôt l'universalité du corps se gonflait à la suite des accès fébriles ; les malades étaient hideux ; les paupières étaient entièrement fermées par la tuméfaction , et la bouche restait continuellement béante. Barraillon fait aussi mention d'une épidémie du même genre y qui sévit en France dans l'année 1782 , principalement sur les enlansv^ A-près-un accès de fièvre plus ou moins fort, les jeunes malades devenaient monstrueux de la tête aux pieds ; et , chez quelques-uns ^ le gonflement tympanltique de l'estomac coin-
cîdait avec le boursoufflement du tissu cellulaire (i).
Ces faits doivent nous rappeler le mëtéorisnie qui survient dans le cours de certaines fièvres , et qui est bien loin d'être un phénomène passif y si Ton en juge par Fétat de violente irritation fixée sur les entrailles au moment où ces fluides gazeux sont versés dans les intestins ; ils doivent nous rappeler égalemeat que la tympa* nite déterminée par certains poisons est très^ aiguë y très-douloureuse et quelc^uefois subite-*» ment mortelle : il est facile d en juger par l'effet du fruit du mancelinier. Barraillon fut appelé pour un jeune homme ^ très-robuste et auparavant bien portant y chez lequel l'usage de ce fruit détermina une colique horrible d'un seul quart d'heure de durée , à la suite de laquelle le malheureux se sentit tout-à-coup gonfler^ comme s'il eût été soufflé; il ne cessait de dire à ceux qui l'entouraient que son ventre et son estomac allaient éclater : en effet ^ il enfla prodigieusement^ et mourut trois heures après Tinvasion*
Il suffira d'avoir réuni sous les yeux de tels exemples pour faire sentir combien Tactioa qui détermine l'émission de ces matières âériformes est loin d'être une dilatation passive
(î) Mémoires de /<? Société royale 4e Médec. y t. nu
49^ DU SliCE £T pS t,K NATURE
dés pores ou des vaisseaux , et pour faire comprendre que des gaz répandus dans les cavités ^ en quantité plus ou moins considérable , ou repris et résorbés avec plus ou moins de célérité , suivant que Tirritation augmente ou diminue, ne peuvent être les produits d'une prétendue fermentation, qu'on sait n'avoir dans les corps vivans aucune existence réelle , du moins sans être le prélude et le présage d'une mort plus ou moins prochaine. Les phénomènes que présentent les gonflemens et les flux de matières aériformes tiennent donc essentiellement à la même nature de mouvemens que nous savons produire les gonflemens et les flux séreux, graisseux, Iym« phaliqneset même sanguins. C'est une irritation spéciale , c'est une modification particulière de là sensibilité des vaisseaux absorbans chargés de ce nouveau genre d'exhalationiqui, dans ce cas, produit l'exubérance et l'afflux des matières gazeuses^ tantôt sur un point , tantôt sur l'autre.' Aussi voit-on les personnes chez lesquelles des chagrins , des travaux d'esprit , ou des excès ont développé une grande susceptibilité vasculaire et nerveuse , être souvent tourmentées par des ventosités de toute sorte ; mais surtout par des accidens qu'on pourrait à juste titre qualifier de pneumorrhagies.
11 s'établit etïçclîvement dans ces sortes de
bES MALADIES. ^9^
niolaclles , coinme dans les autres exhalations morbiOques, des espèces de courans qui vont du tissu cellulaire aux intestins et des intestins au tissu cellulaire. Les hypochondriaques connaissent et apprécient ces effets mieux que les meilleurs médecins. Combien de fois ne les voit-on pas soulagés d'une douleur vive et in** commode de l'épaule ou du côté par une irruption soudaine de flatuosités ? On sait aussi que l'œsophage se remplit quelquefois tellement de vents , pendant les accès hystériques , que la suffocation est imminente^ jusqu'à ce qU'il s'opère une explosion flatulente plus ou moins considérable et prolongée. On sait également que l'estomac est, chez les personnes nerveuses^ le siège des ventosités les plus douloureuses ; que mille causes directes ou sympathiques peuvent y faire exhaler en abondance des fluides aériformes. Nous avons eu l'occasion d'observer une femme âgée d'environ cinquante ans , chez laquelle cet organe , non-seulement se remplissait ainsi , mais encore semblait être le siège d'une exhalation aériforme exorbitante et con* tinuée pendant plusieurs heures tous les jours. Celle femme, après une cardialgie plus ou moins vive et le gonflement trè^-manifeste de Teslomac ^ était comme forcée à une éructatiou continue et assez bruyfiate > laquelle.^ après utie
494 ^^ SIEGE Et DE LÀ IfXTXJKt
OU plusieurs heures de durée > cessait pour ré-* paraître le lendemain y toujours précédée des mêmes accidens. On sait enfin qu il arrive parfois que le ventre se gonfle^ qu'on y entende des borborygmes , qu'on y ressente des douleurs , ainsi que dans les lombes^ et qu'il survienne à la suite de tes premiers symptômes une violente explosion de vents par haut et par bas f un cho' leva sec , comme le disent les pathologistes ^ tant est grande la variété des flux et des cou* rans que peuvent affecter les fluides gazeux dans l'économie animale ; tant est grande l'irrégularité des mouvemens et de la sensibilité des vaisseaux qui les produisent.
Peut-être nous accusera-t-on de confondre ^ dans ce chapitre ^ des maladies que les pathologistes divisent ordinairement en deux sections distinctes : \tsjlux et les intumescences ou- les rétentions; mais nous appellerons à notre justification le témoignage non équivoque de l'illustre médecin moderne qui a le dernier adopté cette classification. Tout en la mettant en usage, Frank ne se dissimule pas que les rétentions n'ont pas d'autres sources que Xesjlux , quelle que soit la différence des symptômes des deux tnaladies. Ce médecin convient qu'il est facile de voir que ces deux états ont une même cause, soit par le raisonnement , soit par la facile cod*
DES MÀLADÎEîJé 49^
version quî s'opère souvent de l'un en l'autre, soit enfin par les remèdes qui conviennent également à tous deux (i). La différence consiste seulement en ce que les fluides exubérans sont tantôt versés sur les surfaces cellulaires et séreuses y tantôt sur les surfaces muqueuses et dermoîdes; mais l'action qui produit ces fluides^ et qui les produit en quantité démesurée , est toujours l'action déréglée des vaisseaux chargés de les exhaler y de les extraire de la masse sanguine. C'est une irritation , une modification de sensibilité moindre que celles d'où résulte l'inflammation ; mais une irritation qui en accélère et précipite le jeu et le mouvement : c'est , eu ua mot, dans l'un et l'autre cas, une exhalation vicieuse et morbifiqûe.
Remarquons, au reste^ qu'il n'existe que trois sortes de fluides susceptibles de produire , par leur accumulation plus ou moins rapide , ces intumescences générales connues sous les noms Shjrdropisie , de polysarcie , ^emphysème. Tous les autres liquide^ y la bile , l'urine , les mucosités , la lymphe , le sang lui-même , peuvent bien se répandre en certaine proportion dans le tissu cellulaire, j produire des cachexies, l'état qu'on nomme pléthore , des tumeurs cir-
(i) Ibid* y t. VI , part, i , pag. a5.
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coDScrites plus ou moins volumioeuses y maïs jamais ces vastes iaondatious ^ ces gonflemens énormes, instaataaés y mobiles de la périphérie du corps y que produisent les liquides séreux , graisseux ou bien les fluides aëriformes. N'en doit-on pas conclure que le iissu cellulaire est exclusivement Torgane sécréteur dé ces trois différens produits^ et qu'il se gorge de sérosités , de graisse , de fluides gazeux dans certaines cir-* constances , absolument de la même manière et en vertu des mêmes lois que les seins, par exemple , se gorgent de lait dans des circonstances analogues ; que d'autres fois il verse ces fluides dans les cavités intérieures et sur les surfaces muqueuses et cutanées , au moyen d'in- Bombrables canaux excréteurs , absolument de la même manière et en vertu des mêmes lois que les glandes salivaires , le foie y les reins , versent les leurs dans les réservoirs qui leur sont destinés , à la vérité, par le moyen de canaux plus circonscrits et beaucoup moins mul« tipliés ?
C'est à des dispositions organiques de cette nature ; c'est à l'immense étendue du tissu cellulaire , comparée au petit volume de ces corps glanduleux, plutôt qu'à toute autre cause^ qu^on doit attribuer la grande difierence de résultais que produit sur l'ensemble de l'économie ani-
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malé , l'exhala tioa déréglée des Vaisseaux de chacune de c^ parties. Les vaisseaux chargés d'extraire du sang les matériaux de la salive acquièrent-ils un surcroît vicieux d^action y lô désordre ne peut de beaucoup dépasser la sphère d'activité des glandes salivaires. La quantité plus considérable de fluide qui en résulte engoue bien^ sans doute ^ ces glandes comme la sérosité remplit le tissu cellulaire y le fluide s'écoule bien sûr les surfaces muqueuses, comme la sérosité s y trouve versée parfois à l'occasion de l'exhalation morbifîque du tissu cellulaire ; mais il ne s'écoule que par quelques débouchés peu nombreux; mais les désordres généraux sont ea proportion de l'organe malade y quoique y en dernière analyse , les mouvemens vasculaires qui en sont la première cause soient absolument y dans l'uh et Tautré cas y de la même nature. C'est ainsi que la bile y devenue exubérante I peut se disséminer dans le foie y remplir la vésicule y se répandre et couler par les intestins y être même détournée sur la peau et sur les autres parties^ où elle stagne et produit des phénomènes variés de coloration , sans jamais déterminer ces vastes ibtumescences qui résultent de l'épanchement de la sérosité de la graisse et des fluides aériformes. C'est encore ^ ainsi que l'urine peut être exUiilée dans les reins^