CHAPITRE V
HeV Influence des vaisseaux absorbans dans les maladies du système ner-veux*
Uans la rapide succession de tableaux et d'aperçus que nous venons de voir pass»er sous nos yeux^ nous avons pu remarquer combien d'effets varie's, et plus ou moins importans, résultaient de rirrilalion des vaisseaux absorbans, suivant que cette imlalion se fixait sur Tune ou l'autre des branches de ce système, ou suivant le mode spécifique d'action dies causes irritantes. Cette multitude de mouvemens fébriles, inflam-. matoires ou d'exhalation qui naissent ensemble ou séparément dans Téconomie animale, et qu'on voit à tout instant se mêler et se confondre à la moindre cause intérieure ou extérieure , prennent tous leur source dan^ les réseaux infiniment menus et multipliés , qui forment la base première de nos tissus. On a coutume de rapporter ces diverses altérations au système vasculaire, et de traiter séparément de certains désordresi qu'on attribue de préférence au système II. 55
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nerveux y les supposant d'une nature distincte. Il nous parait intéressant d'examiner ici jusqu'à quel point on peut être fondé à considérer les choses de cette manière.
Dans, ce dessein y rappelons-nous encore ce qu'étaient l'ovule et l'embryon dans les premiers momens de Texistence. Saisissons les premières dispositions organiques manifestées dans le tissu cellulaire mince et diaphane dont se compose le petit corps qui vient de recevoir la vie/ Voyons-en les filamens, d^abord épars, se rassembler bientôt en faisceaux et prendre la forme d'un petit ver , lequel ne tarde pas à se montrer divisé en deux parties , dont la supérieure, renflée et grossie, va devenir le cerveau , et dont rinférieure , restera la moelle épinière ; voyons de ces deux bases naître successivement les rudimens, et des nerfs, et des vaisseaux, et du cœur^ et des membres , et de tous les organes. N'oublions pas que ce tissu cellulaire^ avant de recevoir cette première forme , est un composé de petits cylindres imperceptibles qui s'approprient déjà les substances nutritives contenues dans les humeurs avec lesquelles leurs orifices sont en contact , ce qui démontre dans ces canaux la faculté de sentir et d'agir, de se contracter et d'absorber, principal caractère du solide vivant et des vaisseaux absorbans> qui ne
isonl que ce solide vivant divisé en cylindres i»*- Êniment petits et muliipliés. Suivonsces cylindres prinvilifs dans tes différentes positions où vont les placer les progrès toujours croissaus d'un^ organisation plus compliquée , et nous trouverons que le renflenient supérieur du faisceau primordial , développé en une multitude de cylibdres diaphanes , contournés et repliés sur euxmêmes y dirigés en une multitude de sens différens, dont on ne peut pénétrer le dédale^ s'enveloppe insensiblement de membranes, dont les unes semblent destinées à présenter aux cy^lindres qui le composent les matériaux de leur nutrition dans àes réseaux où le sang se .divise à Tinfini, et peut être élaboré, pour ainsi dire^ molécule par molécule ; et dont les autres , par leur cohésion et leur fermeté , paraissent faites pour le garantir des offenses extérieures, dont une boîte osseuse le protégera plus efBcacemerit encore. Nous trouverons que la partie inférieure du petit ver, conservant la forme obîongue, présentera les mêmes apparences cylindriques let pulpeuses, s'enveloppera des mêmes membranes, et recevra la même protection d'un étui solide et osseux. Nous verrons certains faisceaux de cylindres, absolument de la mêtne nàttlfe que les précédens, remplis de la même malîèie pulpeuse , plus rapprochés les uns des autres ^
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plus serrés, plus înlimemeot collés entre eux, partir de ces principaux centres , revêtus d'un ^ppar^il membraneux lout-à-fait analogne à celui qui enveloppe le cerveau et la moelle épinière, appareil , non -seulement propre à les garantir du frottement et de la compression des parties , mais présentant aussi à Félaboration des cylindres nerveux^ des réseaux sanguins très-fins et Irès-dél es. Nous verrons, enfin, ces faisceaux de cylindres, parvenus dans l'intime profondeur des parties auxquelles la nature les destine, sortir de leurs gaines fibreuses et solides, s'épanouir, s'éparpiller, se diviser à Finfini, se convertir en tissu cellulaire , ou plutôt reprendre cette première forme, cl constituer ainsi le parenchyme primitif et le canevas de tous tes organes, dont ils serviront par suite l'accroissement en venant se perdre et se confondre dans les fîbriles et les filets cellulaires déjà formés. Dans ce nouvel état d'expansion , d'épànôuissement et d'extrême division , ces cylindres primitifs du solide vivant manifestent des nuances très-variées de sensibilité qui les mettent en rapport avec une foule de matières différentes dont ils se pénètrent et s'abreuvent : de là , naissent ]es phénomènes de la nutrition. Dégagés d'entraves , en même temps que dénués de protection, dès qu'ils ont abandonné leur étui fibreux.
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ces canaux deviennent soumis à toutes sortes d'irritations, et ces irritations leur impriment des mouvemeps plus ou moins désordon ne's , et de là , naissent les maladies quç nous venons de passer en revue.
Il est donc évident, d'après ces considérations , que toutes les parties de 1 économie animale reposent sur le même fond, possèdent une base commune , que par-tout les^ irritations y doivent produire des phénomènes analogues , quelle que soit d'ailleurs Télonnante variété qui re'sulte de l'arrangement diversifié des innom-» brables canaux qui formçnt cJiaque partie. Le système nerveux Tui-même n'obéit pas à d'autres lois que les autres systèmes. Là, comme par-tout ailleurs , les mouvemens morbifîques produisent ou des inflammations ou des exhalations , tantôt déréglées , tantôt perverties , et ne produisent pas autre chose. Les maladies du cerveau et des nerfs ne se distinguent réellement des maladies du cœur et deig artères , des maladies des muscles, des maladies des os^ que par le siège qu'elles occupent dans le cerveau et les nerfs, plutôt que dans les autres organes. Car les nerfs , le cerveau , la moelle épinière , sont eux-mêmes des composés où Ton retrouve un assemblage de vaisseaux absorbans et de vaisseaux sanguins, de tissu cellulaire et de membraaés..
Sl8 DU SIEGE ST 0% LA NATURE
Aussi y. les autopsies cadavériques déïtiànirenl* elles que les désordres locaux rësuUant de Tirri'^ tation des vaisseaux absorbans de ces parties sont tout-à-fait analogues à ceux qui s'observent par-» tout ailleurs^ à quelques nuances près qui tien-nent à des différences de structure (i). On conçoit qu'il n'en doit pas être de même des phe'nolïiènes subordonnés aux fonctions que ces orga-* nés sont chargés d'exécuter dans l'économie animale^ Ici nous trouvons des différences tranchées que l'observation clinique recueille et que le pralicien doit soigneusement étudier; mais qui n'intéressent en rien la nature intime de la
(i) M. Lallemant, professeur à la Faculté de Montpel* Her, vient de prouver jusqu'à l'évidence que les ramol-^ h'ssemens du cerveau avec injection , etc. , ne sont autre chose que de véritables inflammations arrêtées par la mort dans leur première période , la période d'acuité. Le cerveau est celui de tous nos organes qui présente le moins de cohésion entre ses molécules^ il est presqu*enlièrement dépourvu de ce tissu cellulaire libre et vague dans lequel $'opërent par-tout ailleurs les mouvemens des liquides^ l'inflammation n'y doit donc pas produire d'augmentation ^e densité faute d'un réseau qui emprisonne y en quelque sorte , les liquides attirés par l'irritation ^ mais l'inflam-» mation achèvera de détruire le peu de cohésion que possédait cet organe , et réduira le point malade en une espèce de bouillie sans traces d'organisation. LesanaIogie& fju' un tel étal présente avec l'apoplexie sanguine tienaent
s s s MALADIES.' ' 'Sig
niaiadîe. Qu'une congestion sanguine ou lymphatique engoue le poumon , par suite d'un surcroit local de sensibilité de l'une ou de l'autre des branches du système absorbant en rapport avec ces humeurs , et de suite vous voyez sur- . venir la toux , l'oppression y les difierens désordres de la respiration et la suffocation même. Qu'une irritation infla^^kmatoire ou exhalatoire se fixe sur le cœur ou sur les vaisseaux sanguins y et vous ne tardez pas à voir paraître des palpitations 9 des syncopes, Tintermitleace ou l'irrégularité du pouls, le trouble extrême et l'arrêt de la circulation. Par la même raison^ lorsque de semblables altérations se fixent dans
aux rapprochemens qui existent, et qu'on ne peut mëcon* naître, entre les congestions inflammatoires et lesconges* lions hémôrrhagiques (*). On peut voir, au reste, combien la différence de structure des organes en établit dans les apparences du même mouvement morbifîque par l'exemple de la péripneumonie. Lorsque cette infUmma*» tion est violente , la mort l'arrête également dans sa pé^ riode d'acuité^ mais comme les humeurs attirées par l'irritation ont trouvé dgns les poumonis une multitude d'aréoles cellulaires vides qu'elles ont pu remplir , ce9 organes présentent alors une densité bien plus grande que dans l'état physiologique : ils sont hépatisés.
i*) Recherches anatomicO'-pathoiogiqi» sur VençéphaJk et se* dépendances ^v lettre. Paiit, i8io.
le cerveau , la moelle épinière ou les nerfs , il est naturel d'eu voir résulter des convulsions^ des paralysies y des épilepsîes , des manies y des névi^lgies ou la perte totale du sentiment. Tous ces formidables symptômes^ qu'on a long-temps regarde's comme des maladies essentielles , se railacbent presque toujours à l'une ou à l'autre des altérations du système absorbant que nous venons d'étudier, altérations fixées plus ou moins profondément , ou dans la masse encéphalique , ou dans les méninges, ou dans la pulpe nerveuse^ ou dans le névrilème : c'est ce qu'on ne peut plus contester depuis que Tanatomie pathologique, mieux cultivée, a mis cette vérité dans tout son jour , grâces aux travaux de M. Récamier et de quelques -* uns de ses élèves les plus distingués.
Ce n'est pas que les désordres vasculaires qui constituent ou les inflammations ou les exhalations soient poussés , dans les organes du système nerveux, aussi loin que dans les autres par- ^ ties. Au contraire, ces organes, parla nature et l'importance de leurs fonctions, étant suscep» tibles de produire des symptômes effray ans et funestes, par suite d'une irritation légère, on voit souvent une inflammation peu considérable et peu étendue d« cerveau , ou le simple début d'une vive inflammation entraîner des accidens
SES maladies; 521
très-graves et même une mort prompte , sans laisser dans la partie des traces bien évidentes de son existence. On voit souvent des engorgemeris à peine sensibles^ et qui seraient par-tout ailleur^ inaperçus , produire dans les nerfs des douleurs, des névralgies intolérables^ quoique la plus scrupuleuse dissection ne puisse les faire retrouver, après Ja mort, que lorsque la maladie a été d'une assez lopgue durée pour dômier une sorte de stabilité et de consistance à ces petits engorgemens. La rapidité des affections cérébrales^ qui tuent le plus souvent^ dans leur première période ; la mollesse et le peu de cohérence du tissu du cerveau j l'intrication et les rapports mystérieux de toutes ses parties; l'exacte juxta-position des faisceaux nerveux, si étroitement unis entre eux; la manière vicieuse de procéder à l'exploration de ces organes, jus^ qu'à présent en usage; le peu d'attention qu'on donne dans les autopsies à l'état dans lequel peuvent se trouver la moelle épinière ^t les branches nerveuses, sont autant de causes qui empêchent de retrouver après la mort les traces des affections qui avaient leur siège sur ces or* ganes pendant la vie. Ce sont ces causes qui ont si fort et si singulièrement arriéré les médecins dans la connaissance de ces maladies, et qui les leur ont fait envisager comme des maAsidies sans
matière , seloa Texpressioa des anciens ^ si peu versés dans Fanatomie.
Aia verilë^ Forgane encéplialique et le système nerveux étant composés de faisceaux trèsramassés et très-concentrés de cylindres de ce solide vivant , dans lequel la sensibilité est géné^ ralement diffuse ^ et ce système étant Faboutissant de toutes les sensations ^ il est plus susceptible que tout aulre d'être irrité sympatbiquexnent; et, comme tout parait disposé dans soa organisation pour donner le plus de latitude possible à la première des facultés du solide vivant, la sensibilité , et pour restreindre^ au contraire, le plue possible , la seconde de ces facul«tés, Y^iction , ainsi qu'il est facile d'en juger par risolernenl dans lequel la nature a.placé la pulpe nerveuse et par la texture serrée et pourtant molle et sans cp^isistance qu'on y remarque , il en résulte, que ces irritations sympathiques, tout en produisant, et des douleurs de diverse nature, etle trouble des fonctions cérébrales et nerveuses, et unelfoule de maux très-variés et très-bizarres, ne laissent pourtant après ,1a mort aucune trace qui puisse attester qu'il se soit opéré quelque dérangement vasculaire dans ces. parties; mais alors, si l'on y regarde avec attention , on trouve toujours sur quelque viscère important un cenr tre d'irritation fixe , un travail sourd et plus ou
DEi MALADIES. 5^5
xpo)as ancien d'ioflammatioa ou d'exhalation , véritable foyer d'où partent les influences qui disposent tout le système des nerfs à ces accidens multiformes que Sydenbam attribuait à Xataxie des esprits.
Il n'est plus possible d admettre ces exprès* sions vagues A'ataxie des esprits , de maladies sans matière dont se servaient les anciens y faute de connaissances plus positives. Le judicieux jPu jol afRrmait > il y a: dej^ quarante ans y qu'il n avait jamais Vu 4^ns la pratique aucun sujet affecte de ces maux spasmodiques y chez lequel un examen sérieux et opiniâtre ne lui eut fait découvrir des indices plus ou moins pronoucéa d'inflammation lente > ou dans la matrice ^ ou dans le foie , ou du moins dans quelques-unes des parties renfermées dans, le crâne; d'où il concluait que les affections nerveuses sans ma«« tière sont de véifitables chimères y et que ces affections supposent toujours pour cause prx^ milive quelque inflan^mation interne et cachée dont elles sont une dépendance symptomatique. Les progrès de l'anatomie pathologique ont donné de nos jours une telle certitude à cette opinion , qu'il ne nous parait pas possible de soutenir avec avantage l'opinion coi;itraire.
Les anciens eux-mêmes, tout en admettant leurs maladies scms matière , n'avaient pas laissé
que de s'apercevoir que ces maladies prenaient leur source dans quelques dérangemens de Torganisation. Us regardaient Thypocboudre droit , c'est-à-dire, le foie, comme Tuniqus siège de FhypocUondrie , et la matrice comme celui de l'hystërie. En examinant, en effet, les désordres fréquens trouvés par les observateurs dans les 'Cadavres des hy pochondriaques , on peut se convaincre aisément que , dans cette maladie, ndnseulement le foie , mais aussi lès autres viscères de l'abdomçn , se trouvent altérés de diverses Jiianières, non pas toujours ensemble, mais tanlot les uns , tantôt les autres. On peut égaléiiieut parcourir les nombreuses observations cadavériques faites k la suite de longues hystéries , et J'on se convaincra facilement que , dans^ ces .maladies , la matrice , les trompes ou les ovaires •se trouvent ordinairement dans un état quelconque d'altération^ et que ces partîes'oflVent le plus souvent les empreintes les moins équi- ^*oques de l'inflammation chronique dont elles ont été long-temps affectées. Ces sourdes et obscures inflammations sont , d'ailleurs , presque toujours rendues manifestes pendant la vie irîême par la sensibilité douloureuse de l'hypotjnstre , signe presque inséparable de l'hystérie, par la diminution , la suppression ou Taugmenlalion du flux sanguin de l'utéinis et par l'écoulé*
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tnent des fleurs blanches, accidens très-ordinaires dans celte sorte d'affection (i). Il en est de même lorsque la matrice est tenue par la grossesse dans un état habituel d'irritation. Ne Yoil-on pas alors germer, par cela même, mille accidens nerveux et vraiment hystériques^ qui' n'existaient pas auparavant et qpi ne survivent pas à l'accouchement? Les mêmes symptômes n'arrivent-ils pas aux femmes en couches dont la matrice a été fatiguée par des manœuvres maladroites , et ces accidens hystériques ne prennentils pas fin dèsquerorgane,irrilé par les causes précédentes, se trouve rétabli dans son état naturel? D'un autre côté , l'attention vient d'être fixée tout récemment par deux médecins anatomisles, M. Prost et M. Broussais^ sur les sympathies qui , prenant leur source dans le tube intestinal frappé d'une inflammation aiguë, produisent sur le cerveau et sur les organes nerveux des phénomènes analogues à ceux des fièvres alaxiques, et donnent lieu à des délires plus ou moins violeng et durables. Avant que les travaux de ces médecins n'eussent donné l'éveil sur l'existence de ces espèces de sympathies,' les ^accidens symptomatiques étant , dans ces circonstances, beaucoup plus saillans que ceux
(i) OEuvres de Pojol , t. i, pag. i ï3 et suiv.
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de la maladie primitive essentielle y on ne cher» cbait y après la mort y la cause des désordre» qu'on avait observés pendant la vie y que dani l'organe encéphalique ; et n'y trouvant aucune lésion manifesle^ on se confirmait de plus en plus dans les idées erronées qui faisaient considérer les maladies nerveuses comme de» ipaladies sans matière y erreur funeste y surtout dans ce cas, en ce qu'elle encourageait à porter sur le siège ignoré dii mal des remèdes incen<« diaires, qui augmentaient la violence des acci-^ dens et les rendaient plus promptement et plus* sûrement irrémédiables et mortels.
D'après toutes ces considérations , que les développemens consignés dans les chapitres pré* cédens nous dispensent d'é^ndre davantage ^ nous nous croyons en droit de conclure ^pie les organes du système nerveux sont exposé» comme tous les autres organes à deux sorte» de lésions , les unes qui intéressent primitive-» ment leur texture intime y et les autres qui leur arrivent à l'occasion de l'état de souffrance d'ua autre organe, et par l'effet de la liaison sympa«« thique dont se trouvent unies toutes les partie» de l'économie animale ; que toutes ces lésions sont dans ces organes y comme dans les autres y des inflammations qui envahissent plus ou moins rapidement y plus ou moins profondément leur
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tissu, et l'Imprègnent ou de sang rouge ou de sang noir^ou de lymphe; et des exhalations qui, tantôt font sortir des vaisseaux l'un ou Taulredeces fluî-' des, tantôtversent ou le pus ou des sérosités abondantes, et tantôt soutirent du fluide sanguinf des matières étrangères à la pulpe cérébrale, et destinées à d'autres parenchymes. Que, si ces sortes de lésions ne sont jamais poussées aussi loin dans le cerveaihet dans les nerfs que dans les autres parties , cela tient à l'extrême importance de ces orgartes et aux par ticulari tés de leur structure, qui permettent rarement que des mouvemens vascutaires et des déplacemens de liquides aient lieu! dans leur intérieur , surtout d'une manière prompte et rapide, sans qu'il en résulte les plus graves accidens, et même la perte du sentiment et de la vie; que si , enfin , ces altérations sont aussi rarement aperçues après ta mort , cela tient encore à ce que ces altérations , ayant promptement détruit la vie, la mort en fait disparaître les traces, comme elle fait toujours dis* paraître les congestionsinflammatoires et exhalatoires récentes , et qui n'ont pas une grande étendue ni une grande profondeur : à quoi nous pouvons ajouter qu'il n'est point d'organes dont l'exploration soit plus difficile que celle de l'encéphale , et , en général , que celle de tout le système nerveux.
Toutefois ne perdons pas de vue que le solide vivant, quoique par-loul continu, se trouve divisé , par les différences de l'organisation , en deux princip/aux systèmes dans lesquels la sensibilité, qui est le premier attribut de ce solide^ non-seulement offre des nuances très-marquées, mais encore s'accumule en plus ou en moins , d'après des circonstances difficilement appréciables, mais dont la plus essentielle parait être le volume relatif de chacun de ces systèmes. Ce seul défaut de proportion peut établir dans l'économie animale de tellesvdispositions qu'il en résulte une mobilité plus grande, ou dans les nerfs ^ ou dans les vaisseaux , ou même dans quelque fraction considérable du système vasculaire, mobilité quin'a pour cause aucune maladie , mais qui en entraîne elle-même de plus ou moins graves. C'est ainsi que nous avons vu les individus chez lesquels les vaisseaux absorbans lymphatiques restent prépondérans être su jets, aux maladies que la trop grande susceptibilité de ces vaisseaux entraîne; c'est ainsi que nous avons vu ceux chez lesquels les vaisseaux absorbans artériels ont une prépondérance marquée se trouver exposés ' aux maux qui dépendent de la trop grande sensibilité de ces vaisseaux, c'est-à-dire, aux inflammations et aux héniorrhagies de sang rouge. Le système nerveux peut également of-
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f rir un lel défaut de proporlion avec tous les accideas qui en sont la suite nécessaire et inévitable. Tissot en rapporte un exemple rémÊti^ quable dans quatre eufans de la même mère , qui , dès leur naissanxre ^ furent sujets à des convulsions presque continuelles ^ sans .qu'on put soupçonner la moindre irritation , ni dans feslomac , ni dans le bas - ventre. Les trois aînés périrent dans les six premières semaines. Le quatrième vécut huit ou neuf mois , et de-* vint même beaucoup plus gros que les autres enfans du même âge. Enfin y celte masse vint à fondre tout-à-coup ; Tenfant tomba dans un marasme très-prompt ; et, presque sans évacuation^ il parvint, dans quelques jours , à un état de dépérissement que l'on ne peut dépeindre. Continuellement tourmenté par des alternatives da paralysie et de convulsions , il périt dans Fes^ pace de six jours (i). Sans avoir besoin de recourir à des exemples à ce point extraordinaires , l'observation journalière nous apprend combien les enfans à grosse tète, quelque beaux, quelque vigoureux qu'ils paraissent, courent de dangers, par ce seul défaut de proportion. On sait également que l'enfance , époque de la vie où le système nerveux prédomine évidemment
(1) Maladies des nerfs ^ 1. 11 , part, i ^ pag. 16, II. ' 54
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sur les autres systèmes^ est aussi Tépoque où Ton voîl arriver le plus de convulsions, d*épîlepsîes et d'affections nerveuses et cérébrales. On n'ignore pas y enfin , que le sexe , qui se rapproche ie plus de l'organisation de l'enfance , est aussi celui qui conserve toute la vie le plus de mobilité nerveuse et le plus de facilité à se trouver en proie aux maladies dépendantes du système nerveux , qui reste prédominant.
On conçoit facilement que cette inégale répartition de sensibilité établie par certaines dispositions organiques entre les cylindres du solide vivant renfermés dans le névrilème et constituant les cordons nerveux, et ceux de ces cylindres qui , dégagés de leur enveloppe fibreuse , forment le tissu cellulaire et les parenchymes , peut également survenir d'une manière instantanée par des causes accidentelles. C'est ce qu'on voit arriver dans certaines maladies qui présentent tour-à-tour des phénomènes nerveux et des phénomènes vasculaires , ou qui les présentent réunis , et dans un certain état de combinaison. Les fièvres pernicieuses , par exemple , offrent souvent ces sortes de transports soudains de la sensibilité des vaisseaux aux nerfs et des nerfs aux vaisseaux. Peut-être même n'est-il pas de maladie qui ne présente plus ou moins cette alternative^ tant se trouve
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îaîble la barrière posée par rorganisation entre les deux systèmes nerveux et vasculaîre , qui, d'ailleurs, sont Kés par une continuité non interrompue ! Aussi voit-on les auteurs frappés des nombreuses analogies qu'ils ont aperçues entre la marche et les phénomènes des maladies nerveuses et la marche et les phénomènes des fièvres (i), des in(Iamma<« iîons (2) et des hémorrhagies (3) : aussi voit-on des paralysies , des épilépsies , en un tnot y des maladies du système nerveux , se guérir si la fièvre survient; et, réciproquement , ces accidens faire cesser une fièvre rebelle s'ils s'établissent dans le cours de ces fièvres^ comme Berchelman en rapporte un exemple (4)- Tous ces phénomènes, et tant d'autresi de même nature qu'on pourrait citer, s'expliquent aisément , si l'on reconnaît que les affections nerveuses sont le produit de Firritation du même genre de vaisseaux qui déterniine dans les tissus cellulaire , dermoïde et mu« queux, les mouvemens fébriles ; qui détermine sur ces organes, comme par-tout ailleurs , les
( I ) Dumas , Mémoire sur la fèvre»
(2) Voullone^
(3) Stahl.
(4] Xrnka , de Febribui intermiti.
5Sn DU SIEGE ET DS LA NÀTURC
xnouvemens inflammatoires €t d'exhalation dV>it dérivent toutes les espèces de maladies, dont les différences seraient trè»-peu marquées et très-peu nombreuses si ces oEHiIadies ne pouvaient se fixer sur une multitude d'organes dont la structure et les fonctions différent essentiellement.
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