‹ Du siége et la nature des maladies; ou, Nouvelles considérations touchant la véritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animale (volume 2)Chapitre 15 sur 17 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De P Influence du système absorbant dans la propagation dès maladies épidémiques et contagieuses.

Indépendamment des imprudences et des er« reurs de régime auxquelles chacun peut se laisser entraîner^ indépendamment des circonstances particulières qui produisent isolément et les fièvres , et les inflammations ^ et les différens genres d'exhalations , nous avons pu remarquer qu'il existait encore des causes générales de maladies , lesquelles^ frappant sur des masses entières de population , déterminent ou des épidémies , ou des contagions. Trôuverait-on ^ dans la ma* nière d'agir de ces causes générales , des raisons de croire que le système absorbant a moins d'in« fluence que nous ne lui en supposons dans les phénomènes des maladies ? Ou n'y pourrait«OQ

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pas découvrir, au contraire , de nouvelles preuves de Taction toujours présente des vaisseaux de ce système dans la propagation comme dans le développement et la marche des altérations diverses de l'économie animale, soit que ces altérations se montrent isolémeat , soit qu elles s'étendent sur un grand nombre d'individus à la fois? Il nous semble qu'il ne sera pas difficile de prouver que , dans l'un et l'autre cas , le système absorbant est le premier frappé, comme il est Tunique siège des désordres que suscitent Gt^ causes particulières et générales.

Hippocrat^,^ Ramazzini, Sydenham, Arbulh- DOt| Mosca, Piquer et la plupart des médecins reconnaissent que presque toutes les maladies aiguës prennent leur source dans les qualités vi*cieuses de l'air. Ljss révolutions des saisons en reproduisent tous les ans de la même nature , et ces maJadies , qui tiennent aux qualités physiques de l'air , sévissent de préférence sur des sujets déjà prédisposés par le tempérament, rage y le sexe et le genre de vie. Rien ne dîstin^ gue ces maladies des maladies accidentelles bu sporadiquesf ce sont ou des fièvres ou des inflammations semblables à celles qui sont la suite ou de l'insolation prolongée, ou de la brusque exposition à l'air froi4'^ ou. de la boisson fraîche pendant que le corps est échauflEe ^ ou de l'in*.

tempérance^ ou de toute autre cause semblable*^ L'atmosphère qui nous environne devenant sèche ou humide y froide ou chaude , plus ou moinsmêiée de ces quafités , ou modifiée d'une façon qui nous est inconnue , imprime aux vaisseaux absorbans cutanés qui en sont constiammenè frappés et imprégnés des dispositions de force ou de faiblesse , d'excitabilité ou d'atonie qui sont les sources d'ôii dérivent toutes ces maladies constitutionnelles.

Nous pourrions reproduire ici, en faveur de celle vérité, tous les développemens dans lesquels nous sommes entrés en donnant Tanalyse des phénomènes fébriles et des phénomènes inflammatoires ; nous pourrions rappeler la position superficielle des réseaux absorbans, la sensibilité et la mobilité particulière de ces vaisseaux, seuls vaisseaux de Féconomie animale susceptibles de recevoir les impressions des irritations étrangères et d'entrer en action en conséquence de ces irritations ; ^ais ces répétitions n'ajouteraient rien à l'évidence des preuves que nous avons données dans le cours de cet ouvrage. Disons seulement que ces constitutions annuelles, qui se montrent la dépendance nécessaire des qualités physiques de T'air, sont elles-mêmes de nouveaux témoigûsiges' 'propres à confirmer la réalîLé du siège que nous 'avons reconnu aux

niouvemens fébriles. N'est-ce pas^ en effet, l'organe dermbide qui se trouve le premier frappé par toutes des vicissitudes? N'est-ce pas cet organe qui doit en être le plu? offensé? N'estce pas de cette vaste surface que parlent les irradiations qui vont émouvoir, tantôt le foie et les organes épigastriques dans la saison brûlante de Télé, tantôt les follicules muqueux,. lactés et lymphatiques dans la saison froide et humide de l'automne^ tantôt les organes pulmonaires dans les saisons froides et sèches de l'hiver et du printemps ? N'est-ce pas, enfin , à cause des. modificalionsque les températures extrêmes qui ressemblent à l'une ou à l'autre de ces saisons ^. impriment à cet organe, modifications qui le tiennent dans une disposition prochaine à l'excitation fébrile, qu'on voit dans ces sortes de circonstances les irritations directement appliquées sur les membranes muqueuses produire si facilement la fièvre, tandis que, dans d'autres^ circonstances , des irritations plus fortes ne produisent aucun ébranlement général?

Cesi y à n'en pas douter^, à la pénétration del'air atmosphérique dans les vaisseaux absorbans cutanés et aux impressions qu'en reçoivent ces vaisseaux, qu'on doit attribuer les constitutions annuelles qui produisent en grand nombre^ tantôt des fièvres inflammatoires , tantôt des fièvres,

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bilieuse OU bilioso-putrides , tantôt des fièvres muqueuses, et tantôt des inflammations qùisWcompagnent de fièvres sy^nptoma tiques dont lé caractère se rapproche toujours plus ou moins de celui de la constitution régnante. L'observation prouve même qu'il est de certaines qualités de Talmosphère que nos instrumens ne peuvent saisir , et qui échappent à nos recherches ^ lesquelles paraissent avoir une action spécifique sur telle ou telle fraction du système absorbant ^ et maintiennent, en vertu decette action spédfique, la même disposition dans Téconomie animale^ quelquefois pendant plusieurs années , et cela ^ d'une manière toul-à-fait independante.de la ro^ tation des saisons. Nous avons pu remarquerai! y a quelque temps, une de ces constîlulionsstationnaires de plusieurs années de durée, et pendant laquelle les vaisseaux absorbans artériels paraissaient tellement affaiblis et relâchés^ qu'on ne voyait presque plus de maladies inflammatoires, et que le petit nombre de ces maladies qui se présentaient paraissaient être d'une nature beaucoup moins franche et moins décidée. Les affections les plus fréquentes étaient des fièvres mu-^ queuses , calarrhales et adynamiques, des phlhisies, des scrophules^ en un mot, totites celles que peuvent engendrer l'irritation et Texhaltalion des propriétés vitales , des vaisseaux absor-

DES Maladies; ^ SSy

bans veineux et lymphatiques favorisées par l'atonie des vaisseaux absorbans artériels et par la suppression de l'antagonisme nécessaire qui ea résulte dans l'état de santé« Un tel état de choses avait fait presque entièrement oublier l'usage de la saignée , et les praticiens ayant obtenu de bons résultats des médicamens toniques ^ en avaient beaucoup multiplié l'emploi et beau" coup exagéré les avantages. Cette constitution stalionnaire s'est assez prolongée pour qu'on ait eu le temps de croire que l'espèce humaine avait dégénéré ^ comme quelques médecins ont tenté de le prouver par la disparition des maladies inflammatoires , qu'ils croyaient définitive^ et pour faire naitre des systèmes qui ont entièrement changé la face de la médecine* Nous pou-» vous remarquer aujourd'hui une constitution stationnaire d'une nature toute opposée^ constitution qui fait revivre les maladies dépendantes de la sur-excitation des vaisseaux absorbans artériels y et fait dominer le caractère inflammatoire sur toutes les nuances morbifiques déterminées par les différentes saisons; de telle sorte qu'on se voit forcé d'abandonner les méthodes thérapeutiques fondées sur l'emploi des toniques , et de reprendre l'usage des saignées et . des anli-phlogistiques dans presque toutes les époques de Tannée. Le défaut de réflexion peut

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ter de préférence ie lîssu dermoïde, et mèmcf quelques parties de ce tissu plutôt que d'autres parties , et se fixent , tantôt sur les racines des poils y tantôt sur les glandes cutanées ^ tantôt sur le tissu réticulaire de Malpighi ^ et tantôt, enfin y se propagent sur tout le système cutané général ^ et , par suite, sur le système nerveux , lymphatique et glanduleux (i). Il s'en faut même que ce mode d action spécifique soitle seul indice du rôle que jouent les vaisseaux absorbans dans cette circonstance. On voit encore la faculté d'as» prer leë matières contagieuses soumise à lliabîtode , de telle sorte qu'elle peut être complètement détruite par l'application constante et répétée des mêmes miasmes à la surface de la peau ; d'où il résulte que la contagion épargne leshabitans des lieux infectés et frappe cruelle* ment les hommes qui ne sont pas habitués à ▼ivre sous l'influence d'une atmasphère ainsi corrompue ; d'où il résulte qu'une maladie conr tagieuse accidentellement transférée loin des ré<gions où elle a pris naissance , y fait de plus tepribles ravages que dans son propre climat. On -voit, d'un autre côté, l'habitude imprimer queU

(i) Schnurrer , maté ri aux pour sentir à une doctrine, générale sur les Épidémies et les Contagions , traduis par MM. Gasc et Breslau. Paris , 1817.

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If uefois aux vaisseaux absorbans certaines modifications singulières qui leur donnent la faculté d'admettre de certains miasmes dont l'effet eût été nul sur eux s'ils n'avaient été d'abord fami« liarîsés avec leur impression ; et , dans ce cas ^ ce sont les habitans qui sont plus crueltemenC: frappés que les étrangers , comme la chose e^ arrivée dans la première suette observée eu An» gleterre et dans la peste qui régnait à Constantlnople vers la fin du huitième siècle. On voit également que j dans toutes les contagions^ il faut ^ indépendamment de l'application du virus , une certaine disposition à le recevoir que tous les hommes ne possèdent pas^ et surtout ne possèdent pas dans tous les temps. De telles particu« larités uq sont-elles pas des caractères conformes à la seule vitalité des vaisseaux absorbans , vitalité en vertu de laquelle ces vaisseaux prennent ou laissent les substances appliquées à leurs orifices d'une manière indéterminée , et suivant l'impulsion irrégulière d'une sensibilité dont BOUS sommes loin de pouvoir apprécier les nuances et les effets divers?

Il est encore un autre phénomène très-remar« quable de^ contagions fébriles que nous ne crai* gnons pas de donner comme l'une des plus fortes preuves qu'on puisse alléguer en faveur de Faction spéciale des vaisseaux absorbans dans la

propagation et le développemenl de ces sortes de maladies. On sait que nouS: avons, plus d'une fois reconqu que ces vaisseaqx étaient les der^j niers à perdre la vie, et qUq leur action se conti-^ nuait quelque temps lorsque déjà les fonctions! vitales étaient arrêtées. Or , quoiqu'à la mort la faculté de produire et de transmettre une contagion doive cesser , il ne s'ensuit cependant pas que cette propriété s'éteigne dès Tinstant que le malade a rendu le dernier soupir. La vie ne disparaît pas à la fois de tous les organes et de tous les systèmes ; le système absorbant survit constamment à tous les autres y surtout chez les individus atteints de maladies contagieuses y dans lesquelles ce système est dans un état d'extrême sur-excitation. Aussi n'est-il pas rare de se trouver frappé de contagion pour avoir rendu les derniers devoirs au cadavre jde son parent ou de son ami ; aussi l'on a quelquefois observé ches des personnes qui venaient de succomber à la peste, des bubons survenir et se développer après la mort; aussi l'on a remarqué, dans la petitevérole , des boutons qui prenaient , apjrès que la vie avait cessé , un certain degré d'élévation et de rougeur ; aussi Storck , dit-il avoir vu , dans une épidémie de fièvres pétéchiales , que les cadavres , pendant qu'ils étaient encore chauds , devenaient pourpres et livides, et ne reprenaient

DES MALAD^^ES. 545

leur couleur ordinaire que lorsque la chaleur s'était entièrement dissipée. Ces mouvemens , qui s'aperçoivent encore lorsque Faction ducœiir.et des vaisseaux sanguins est éteinte. sans retour, ne

prouvent-ils pas qi^' ils se sont opérés pendant la maladie, comme ils s'opèrent encore après 1^ mort générale , dans le système absorbant , seul système yasculaire indépendant de la grande circulation y et seul susceptible de conserver plus long-temps que les autres la vitalité qui lui fait imprimer des mouvemens variés aux fluides?

C'est la grande quantité de vaisseaux absorT bans qu'on sait entrer dans la texture de la peau^ <}uantité qui est telle que toutes les veines soj^s^ cutanées en sont entourées et comme investies , et qu'un plan d'absqrbans ,. disposé en couches rapprochées , semble séparer dans les membres l'aponévrose de la peau ; c'est le grand nombre de ces vaisseaux répandus dans le tissu réticulaire qui donne à l'organe dermoïde une telle force inhalante, que cet organe a plus de facilité que tous les autres à recevoir les difierens miasmes contagieux ; car il parait constant que cette voie est la plus ordinaire que ces miasmes choisissent, comme le.prouve l'analogie des contagions locales et artificielles. Par 4es raisons qui tiennent à la texture particulière

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de cet organe et à la grande-masse de vaîsseau:^? ^absorbans quil renferme ^ les impressions qor viennent s'y appliquer s'étendent à des distances plus ou moins grandes, s'il est permis d'en juger par l'extension successive et quelquefois illimitée de l'érysipèle et des dartres , sfil est permis d^enju'gvr encore par Feffet de certaines irritations locales y par exemple , de celle de la chaleur , qui se porte successivement sur toule la superficie des tégumens. On doit concevoir , d'après de telles dispositions , que l'irrilatioa propre à la contagion peut se propager , en plus ou moins de temps , sur toute la peau , et que son premier effet doit être de passer da point d'attouchement , comme d'un centre par^ ticulier , à la surface générale de cet organe , à-peu-*-près de la même manière que des rayons divergens se portent vers une périphérie (i). Sans doute que cette faculté inhalante est fa-> vorisée par une disposition de l'économie animale, dans laquelle les vaisseaux absorbans ont acquis une sensibilité déjà trop exaltée ou très-susceptible de le devenir , disposition qui peut être commune aux sujets forts et aux sujets faibles. Toutefois on observe <]ue , le plus sou-^

vent , le système absorbant reçoit de certaines

(0 Hildenbranti du Tjphus ^ etc.

conditions de maladie ou de certaines causes accidentelles, cette activité inhalante qu'il n'a-» vait pas auparavant. Cela parait avoir lieu surtout a la suite des «couches , après de grandes hémorrhagies , et , en général , à l'occasion de toutes les causes physiques et morales qui , déterminant la faiblesse, accroissent la propdrtioa des mouvemens cancentriques. Du moins estil certain qu'une personne faible est beaucoup plus exposée aux dangers de la contagion qu'une personne vigoureuse et active. La première est toujours prêle à recevoir , la seconde semble repousser toute cause de destruction. Voilà pourquoi la sécheresse de l'atmosphère est peu propre à favoriser la propagation des contagions, tandis que l'humidité, au contraire , lui est extrêmement favorable. L'air sec augmente la transpiration en stimulant l'activité des vaisseaux absorbans artériels , de manière* que les corps exhalent plus qu'ils n'absorbent ; l'ai) humide relâche , affaiblit ces vaisseaux , diminue par cela même la transpiration , et favorise rinhaialion , ç est-à-dire, les mouvemens des vaiswSeaux absorbans destinés à porter les fluides de la circonférence au centre.

Les effets de ces mouvemens de résorption , à la faveur desquels l'économie animale se pénètre des miasmes délétères appliqués à la' II. 35

superficie des tégumeas y peavept être sensibles sur les individus mêmes qui restent bien portans au milieu de la contagion générale'. L'influence en est telle que ces individus éprouvent une altération y sous quelques rapports y analogue à celle que présente la maladie régnante. Ruscb assure, par exemple, que dans la plus grande force de la contagion de la fièvre jaune , les personnes épargnées par ce fléau n'en avaient pas moins les conjonctives -et Torgane cutané d'une couleur extrêmement jaune avec de9 sueurs abondantes et jaunes. Orrœus dît, de son coté , que pendant la peste de Jassi , les personnes bien portantes étaient sujettes , tantôt a des furoncles , dont la suppuration avait un caractère particulier ; tantôt à des douleurs comme rhumatismales dans les membres , et ceux qui avaient eu des bubons dans les pestes précédentes éprouvaient des douleurs assez vives dans les parties où s'étaient autrefois développés ces bubons. C'est par de tels accid'ens et beaucoup d'autres de la même nature, qu'on voit se manifester la prédilection que les contd'^ gions affectent, et pour l'organe cutané etpour le système absorbant, lequel, danscecas, se trouve mis en action par ces sortes de causes extérieures , plus vivement que dans toute autre circonstance^ et d'une manière tout-^à-fait spéciale*

DÉS IViALÀliiES» 54^

Oi» ne peut douler que ce ae soit à rinfectioa primitive de l'organe derruioide , laquelle prépare i« développement des maladies contagievises febi'iles ,, qu'on doive attribuer l'avaûiage reeon^yu à^i\& tous les temps aux vésicaloires , aux Cautères et , en général > à tout ce qui peut eo-tretenir , sur led tégumens y un cou* rant d'humeurs s exhalant au dehors ^ d'être des préservatifs contre lea effets de la contagion. Oa «ait que la plupart .de& médecins qui ont eu Toc» casion d'obsei'vei* la peste vantent les bons effets qu'on a retirés de ces ouvertures artificielles ou accidentelles ; iU ont bien soin de recommandei' de les maintenir ouvertes tout le temps que Id danger subsiste. Zacutus-Lusilanus^ en donnant des conseils analogues^ les motive même positi-^ vement sur ce que les matières contagieuses qui commencent à pénétrer dans le corps peuvent ^'échapper paj? ces espèces d'égouls. Galien parait avoir eu la même idée y puisque y dans une occasion où il se livrait au soin des malades^ dans une peste qui rayagea l'Asie y se sentant les premières atteintes du mal y il se fit des scarifications k la cuisse, et parvint ainsi à se soustraire au danger. Ce médecin assure d'ailleurâ •avoir vu réussir la même pratique sur plusieurs personnes* On possède enfin des exem-» pies dans lesquels l'application successive de

deux OU trois vésicaloîres, après avoir déterminé la sortie de bubons et de charbons d'une nature suspecte , a produit les mêmes avautages. Si la réussite de semblables moyens prouve que les matières contagieuses , reçues d'abord par l'organe cutané, peuvent , dans certains cas y y séjourner un temps plus ou moins long avant de pénétrer dans le reste de Téconomie animale , il est d'autres faits qui , s'ils étaient plus multipliés et mieux constatés, tendraient à confirmer que les vaisseaux absorbans lymphatiques sont les parties de cet organe qui se chargent le plus spécialement de Fintroduclion des miasmes contagieux, puisque des médecins rapportent que les personnes chez lesquelles ces vaisseaux se trouvent déjà modifiés^ et pour ainsi dire occupés par certaines maladies qui leur sont propres , telles que la gale , les dartres , la syphilis^ peuvent séjourner impunément au milieu des contagions les plus funestes.

Qu'esl-il besoin de plus amples témoignages en faveur de ces sortes de faits ?qu' est-il besoin d'en accumuler d'une autre nature, et de répéter ce que nous pouvons avoir exposé déjà dans le chapitre relatif aux contagions fébriles ? Qu'est-il besoin de pousser plus loin les inductions pour amener dans les esprits une conviction qu'ils possèdent sans doute? Quel est

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le médecin qui n'admet pas aujourd'hui y sans hésiter, l influence des vaisseaux absorbans dans la propagation des maladies contagieuses? Ajoutons qu'il n'est pas un phénomène de ces maladies dont on ne puisse tirer la preuve que ces vaisseaux y ont été mis dans un état violent d'ébranlement. Cet ébranlement se rencontre , au reste , quoiqu'à des degrés divers , dans toutes les opérations de la vie , soit en santé ^ soit en maladie ; car y de quelque côté qu'oa porte ses regards , soit qu'on envisage les phénomènes physiologiques, soit qu'on veuille considérer les phénomènes pathologiques, on voie par- tout ce système de vaisseaux, le premier mis en mouvement et le dernier à cesser d'être en action ; le seul en contact avec les substances étrangères^ et le seul susceptible de réagir en conséquence des impressions qu il reçoit de ces substances ; impressions qui varient sans cesse d'intensité et de nature , depuis la douce excitation, d'où résulte la nutrition, jusqu'aux irritations spécifiques et meurtrières d'où naissent les maladies pestilentielles.

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