DEC M A LA 13 I ES
le système -nerveux. Les premiers fauteurs de cette opinioQ sont Mundius , Borelli, Morlon, Cole, etc. Pour concilier ces deux façons de penser en apparence contraires y il suffit de voir ce que ces médecins entendaient par système nerveux. Guil. Cole nous dit , et il parle d'après Ciisson et tous les mfédecins de son école , qu'il entend par sjstème nen^eux , non-seulement les nerfs proprement dits , .mais généralement tout ce qui constitue les fibres y soit des muscles y soit des membranes, et tous les autres prolongemens nerveux, quelque part qu'ils se trouvent ; car il considère le centre du cerveau comme la racine de larbre humain se divisant en un tronc y de^ branches , des rameaux y des ramuscules innombrables (i).
Une telle façon d'envisager le système nerryeux ne qpps rappelle- t-elle pas ce que nous avons établi touchant le système absorbant, formant, .d'abord les premiers linéamens de l'embryon , devenant^ par une organisation plus avancée; , Jiaoelle épinière , puis cerveau; puis , a l'aide d'une multitude de variétés de structure, cprdons nerveux, tissus cellulaires, fibres musculaires , vaisseaux , constituant en
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(i) Novae Hypoiheseos ad expUcand, Jeb, inc, nat., vol. in-4% 1618.
56 DU SléOE ET DE LA NATURE
un mot le véritable solide vivant ; changeant de propriétés , recevant des modifications de sensi* bilité y exécutant des fonctions différentes suivant l'arrangement qu'il a primitivement reçu ^ sans toutefois perdre la continuité, qui en fait ua ensemble dont toutes les parties se correspondent y quelques formes qu'elles adoptent naturellement ou par accident^ C'est ainsi que le système nerveux est le siège des fièvres intermittentes ; car TafiFection primitivement établie sur les vaisseaux absorbans cutanés et cellulaires^ gagnant de proche en proche , se propage jusqu'aux cordons nerveux , ou plutôt saisit tout l'ensemble du système sensible.
Quoi qu'il en soit, malgré l'imposante réunion de symptômes que présentent les fièvres intermittentes , il n'en est pas moins vrai que lorsqu'elles sont simples et dépendantes d'une cause extérieure , l'organe primitivement affecté est Forgane superficiel, le tissu cutané et le tissu cellulaire sous-cutané. C'est là que le spasme se fixe d'abord; c'est de là qu'on le voit partir, pour gagner toutes les autres parties; c'est là que, par un véritable mouvement de resserrement et de concentration , il vide tous les vaisseaux , les frappe de nullité dans toutes leurs fonctions , ce qui les prive quelquefois de calorique et de sensibilité même; c'est là que, par une impulsion
BESMALÀDICS. 57
contraire y les efforts de la vie raoimant ia sensibilité dans le second stade ^ accumulent la chaleur, le sang et les autres fluides ; c'est enfia sur ces parties que s'opère le travail exbalatoire et le relâchement qui terminent la scène. Il est aisé de concevoir que certains désordres intérieurs assez forts pour réveiller la sympathie de la peau, et , d'ailleurs, de nature à lui imprimer de certaines modifications , produisent à leur tour la fièvre intermittente , en excitant secondairement sur cet organe les mouvemens que nous avons vu résulter d'une cause directe. Nous reviendrons plus loin sur cette importante matière , lorsque nous aurons fait connaître quelques autres phénomènes fébriles susceptibles d^intéresser spécialement la peau et le tissu cellulaire^ et de s'établir sur ces organes indépen-* damment de tout désordre intérieur , de toute irritation profonde placée sur d'autres parties.
3^. De la Fièyré inflammatoire, ou de la Fièvre pra» duite par V excitation morbifigue des vaisseaux absorbans artériels ^ ou d^ exhalation du'dermèet du tissu cellulaire»
Quanta présept, revenant. à nos premières suppositions , nous admettrons ici que les jmémes causes que nous avons vu produire la fièvre éphémère viennent agir sur des indivi-
éT
dus noa-seuleiuent bien portaos^ niais encore cloués d'un tempérament sanguin et d'unegrande fiusceplibilité vasculaire , sur des individus che? lesquels la nutrition et Thématose s'exécutent avec une grande activité. Dès que Tune de$ causes déjà mentionnées est venu frapper la to<:talité de la surface cutanée d'un homme placé dans de telles circonstances , oo voit survenir y au lieu d'une fièvre éphémère ^ une affection plus profonde de l'organe dermoïde , affection doxit la durée se prolonge beaucoup plus que dans le premier cas ^ s'accompagne d'acçidens locaux et sympathiques plus marqués, ainsi que de certains phénomènes critiques d'un g^nre particulier , lesquels décèlent à des yeux attentifs la part que le tissu cellulaire prend à la ma^ ladie , et le mode d'action spécifique imprimé aux vaisseaux absorbans pendant ce nouveau genre d altération morbifique..
Après un frisson vif et passager ou des horrijpilatipns plus ou moins prolongées , la peau devient rapidenqieqt chaude, rouge ^ gonflée dans toute son étendue ; la chaleur .qui se développe est le plus souvent halitueuse , tantôt accom* pagnée d*ane transpiration qui s'exhale -sous €orme de roisée et ^'échappe de tous les pores , et tantôt d'an prurit inconunode et désagréable. Ces premiers signes indiquent assez que le derme
est devemi lé ^iégë niomentaDé d'un nouvel iorgasme y et que les forces vitales se concentrent sur cet organe et s y portent avec une certaine iénergie (i)* D'un autre côté , le cœur et le système sanguin répondent à cette affection de là peau par un pouls plein , dur^ fort et fréquent; l'estomac^ parle dégoût des alimens et Tinterruption^de ses fonctions ; les poumons, par une respiration fréquente y chaude et quelquefois difiicile ; le cerveau, par une céphalalgie obtuse, des ébloujssemens, des vertiges ; les membranes muqueuses, par une soif intense, la sécheresse générale des organes revêtus de ces membranes^ la constipation , la rareté des urines, etc. , etc. On voit ici la force et Tétendue des sympathies indiquer une lésion plus profonde , une lésion qui y non-seulçment saisit et pénètre toute Té* paisseur du derme , mais se propage encore à cette vaste couche cellulaire interposée entre l'organe extérieur et toutes les parties de l'écoiK>mie anirbale^ comme on l'observe dans la lièvre intermittaate : seulement, on s'aperçoit en même temps^ par la nature dés phénomènes^ qu'il est ici question de modifications vitales différentes , à beaucoup d'égards , de celles qui constituent et caractérisent cette fièvre.
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(i) Cftffin , Traité des Fièyreu essentielles.
6o DU SIEGE ET DE LA irATUR»
La cbose deviendra palpable , si Ton cODsidère* que daas les Sèvres intermittentes nous n'avons remarqué pour toute humeur critique^ que des sueurs ou des urines abondantes, et, en général, Fexhalatioa vicieuse de sérosités, bientôt exhubérentes ; tandis que nous trouvons ici , en raison de la nouvelle excitation spécifique portée sur le tissu cellulaire , la production du pus ou de matières puriformes. Ce pus s'infiltre dans le tissu cellulaire , chemine et se disperse dans ce tissu , se trouve résorbé par les absorbans de décomposition, et pénètre bientôt dans le sang (i)^ au lieu de la sérosité que ces vaisseaux trouvaient auparavant dans les aréoles cellulaires , où * pêle- mêle avec cette sérosité (2). Aussi voit-on le fluide sanguin , tiré du bras après une certaine durée de cet état fébrile , se recouvrir, dans les vases où il repose, d'une humeur blanchâtre, qui prend ordinairement une consistance plus ou moins ferme et tenace , selon que la fièvre est plus ou moins violente. Beaucoup d'observateurs s'accordent à recon-
(i) Dans le cours des fièvres, les vaisseaux sanguins se remplissent d'une matière blanche ou iclioreuse ; îa portion rouge y disparaît presque entièrement. Senac , Maladie du Cosur^ in-12, 1. 11 , pag. 3i6.
(2) Quesnay, Traité des Fièvres.^ t. u, pag. 24G-
DES maladies; Gi
l»aitre à cette humeur des caractères communs avec le pus proprement dît. Cette formation du pus a été signalée par Quesns^y^ Hurnius^ Colunni ^ Sarcone , Dehaen , Scrfaœder ^ Grimaud y etc. (i) ; et la plupart de ces praticiens avancent qu'elle est éminemment attachée à la disposition inflammatoire. En effet j on conçoit que toutes les fois quMl s'établit une excitation du tissu cellulaire plus ou moins vive et longtemps soutenue , comme on le voit dans les plaies et les tumeurs phlegmoneuses, il doit en résulter une exhalation puriforme plus ou moins considérable. Douterait-on que les vaisseaux absorbans du tissu cellulaire ne fussent pénétrés , dans la fièvre qui nous occupe, d'une excitation assez forte pour produire le pus, comme dans les inflammations circonscrites ? La pratique nous fournirait mille exemples qui serviraient à prou» ver que ces vaiisseaux n'ont besoin que d'un degré très- modéré d*exal talion de leurs propriétés vitales pour devenir aptes à séparer du sang les matériaux de l'humeur puriforme. Morgagnî dit que chez les vieillards , et lorsque les parties sont œdémateuses, le pus peut se former sans fièvre, sans douleur, sans chaleur^ sans pulsation , et sans aucun des signes ordinaires
(i) Grimaud y Traité des Fièvres^ t. i, pag, 288.
02 DU SlÉCt: trP tt Lk NAl'URÉ
de la suppupation (i). Op, sî le pui peut ffë former dans des circonstances si opposées U l'état inflammatoire , on peut aisément conce-* voir qu il peut être produit en abondance dan^ une maladie qui porte son influence principale^ sur toute l'étendue du système cellulaire, cutané et sous-culané, et y développe un degré d'or-^ gasme qui , pour n'être pas aussi violent que dans rinflammation , n'en est pas moins très^ remarquable , et s'accompagne du mode particulier d'action propre à soustraire du sang el des humeurs animales les principes qui doivent servir à composer le pus ou les matières puru-^ lentes (a).
On peut ^ d'ailleurs , suivre les traces de celte humeur purulente jusqu'à la cessation complète de la fièvre, et même au-delà de ce terme. En
(i) Cité par Grimaud , îdid,
(a) Hippocrate et Galien avaient remarqué que les matières fournies par )a coctîon des fièvres simples continues sont entièrement semblables au pus que produisent les inflammations qui suppurent, et que ces matières sont l'effet d'une cause de même genre que celle qui produit le pus. Hipp. , de Cris. , de Prcenoi. ; Galen., de dijffer, Febr,, lib» i , cap, vi. On peut remarquer, dit Grimaud , que les poumons et la peau sont les deux organes qui paraissent le plus généralement afTeciés à la production du pus , ibidf
DES MAtADI£S. 63
effet , la couenne inflammatoire^ qui s'était montrée ferme et épaisse vers le temps de Taugmentation de la maladie, décroît de plus en plus à mesure que la fièvre avance vers son aécHn ; et c'est alors que les urines^ qui étaient d'abord orangées^ claires et transparentes , lorsque tons les organes sécréteurs se trouvaient resserrés par un spasme sympathique , laissent voir, à mesure que les symptômes perdent de leur intensité, d'abord un nuage , puis , ce que les médecins connaissent sous le nom de suspen* sum^ et déposent enfin dans le fond du vase un sé« diment blanc, homogène, que Schrœder dit avoir trouvé parfaitement purulent (i).Ces sortes d'évacuations puriformês n'ont pas lieu seulement par les urines ; tous les excrétoires peuvent leur être propres , suivant les circonstances f mais toujours, excepté dans le cas d'abcès critiques,^ voie des urines est pour quelque chose dans ces évacuations ; et cette voie présente constamment une issue aux humeui^ purulentes que le tissu cellulaire produit dans la fièvre inflammatoire, à cause de l'intime liaison établie entre les fonctions de la peau et celles des organes urinaires.
(i) Deexhib.venœ secL in Febrih. Iràtitiwnda Pre^ eipuas catiiiohes^ 1. 1.
64 lïU SlicE ET DE LA NATURE
On pense bien que^ par la même raison^' les intestins ^ qui suppléent si souvent la peau dans ses fonctions , et dont l'action est si souvent alternative avec cet organe , doivent présenter une facilité presque égale au dégorgement de la matière purulente qui s'est accumulée et disséminée dans le tissu cellulaire pendant le cours de l'effervescence fébrile. Aussi voit-on, dans le temps de la crise, les déjections présenter une consistance de purée que les médecins regardent comme le signe le plus certain d'une véritable coction. Mais il est vrai de dire que ces sortes d'évacuations critiques supposent qu'il existait quelques complications; car^ dans les cas les plus ordinaires^ et lorsque la fièvre inflammatoire est simple et légitime, les voies digestives ne donnent d'autres signes critiques que la cessation de l'érétisme et de la constipation y et leur retour plein et entier à Tinlégrilé de leurs fonctions , ce qui devient manifeste par les selles naturelles rendues au moment de la crise. Que si, au contraire , quelque accident ^ quelque épiphénomène vient à troubler les mouvemens réguliers de la nature; si une irritation fixée sur quelque point; si des purgatîons intempestives changent la direction des mouvemens critiques , l'humeur purulente , vague et mobile dans le tissu cellulaire , est déterminée à
DSS MALADIES. 65
se porler ctetoate IHiniverèalité du cprps vers une seule partie, et à s'y rassembler en peu de temps* Les excrétoires , qui auraient du lui donner issue, n'en fournissent phis alors au-* cuue parcdUe ; les urines ^ par exemple , repren-, titûct leur état de transparence et de crudité , et il se âiaoifeste un dépôt critique. Dans le cas présent , on n'aperçoit pas d'inflammation pré-^ liminaire dans la partie où se rassemble la ooU lection purulente, laquelle existé déjà toute formée par l'^et de la fièvre.X^uesnay rapporte' un fait curieuit' qui prouve l'existence et la rho^ bililé de Cètre matière séro-pùrulénle dans le tissu éellttlaire sôus^cutané, à la suite des fiètreâ inflammatoires. Au moment dé là crise d'une maladie de' cette nature , la' plaie d'une saignée faite au br^s^ fut déterminée à Couvrir par une légère irritation locale. Les seuls tégumens^se sépafèreût'^ et il sortit par Ifouverture , d'abord quelques gouttes de matière assez fluide; les gouttes d^Kvinreûft énsuitâ^ plus nombt^uses , et t^lemént enfin qu'elles inondèrent en deux bù* trois liféures une serviette .dont on avait enve^ loppé le J^ràSr-Cet écoulem'ent continua pendant deux jours avec la même abbndauce ^ et s'arrêta de lui-même au -bout de ce temps. La dépuration critique n'eut besoin que de cette voie ^i et la guérison fut par^ite. Le tissu <:€ll)ilaire^ dit II. 5
66 DU SIEGE ITT Dïî LÀ NJLTtJRfi
Quesnay, fut seul le filtre de jcètte ëvacua« tion (i). .
L'humeur. purulente qui se forme dans le tissu cellalaife pendant le cours et par l'effet de la. fièvre inflammatoire , se trouvant versée dans Içs veines par les vaisseaux résorbans qui partent desaréoles dejeelisèu, dun^ibinsen grandeipartie^ augmente beaucoup ; la fluidité du :sadQg; car on: remarque ^ d^ns, CQ^fete circonstance ,. que celui qu'on lirjs.paçk saigpéenla poiod la consistance ordinaire; qiji'ileat}QQa^n)0 m di^^oi^tiom^ et quç &'il tombe sur4eliE|ge^ il s>'yétend.et:le pénètre b^aucçtip plus facilement, qu'il ne le fait lorsqu'il est privé de; dette humeur (2). Tant que. d^rel'état de cirpdiié, c'e$t-à-dire,:tant que dujfe Téréthi^tae des organes muqueux et sécréte^frS p celte humeur , ne peut s'échapper par cé$ débouchés naturels des parties hétérogènes qui: surçhargçul le sang);iO|i n'en aperçoit lalorâ» au-, cune trace dans les sucs, fs^rémenteux* AvOssi^tppt 1^ tepips .qyeç^tte» humeur: «aperçoit dans I^ .piasse sanguine y elle iiiarqu^ un état de cru*» di t4 , selon le. jang^ge^ des^, pra tkien«. i Maïs ouï qfr^rve , comme «ans Savons déjà dît j, jqu'elle diminue et disparait enfin lorsque la xôctiou.
(i)Qaesntiy, 'Traité '(fesFièifttSy t. n yf9g^û58*
iJdËS MALJLDIE'â. 67
purulente s'annooce et s'accomplit ^ ou , pour employer un langage plus précis , lorsque les divers excrétoires lui donnent un libre passage et Fenlrainent ^u dehors mêlée aux liqueurs qu'ils séparent naturellement du sakig. Car le pus doit être regardé comme un genre d'excrément qui> quoijque étranger à Tétat de saaté, a la propriété de pouvpi): être expulsé par nos organes indifféremment, comme les excrémens qui leur sont iis^turels. Ainsi ^ l'hunieur, purulente rassemblée dans le tissu cellulaire soùs-cutané pendant la fièvre inflammatoire > quoique formée contre Tordre naturel à la santé, s'écoule par les urines^ par les crachats j par les selles , quand la maladil^ est teraiinée , et devient alors une évacuation^ ipaturelle. et salutaire^ : Il pst aisé de comprendre que la fièvre inilam « matoire. convertissant le tissu ceUulai|*e en un vasteorgane sécréteur du pus^et rendant en même temps la digestion impossible ou très-difficile , il doit en résulter que la masse des humeurs aest pas suffisamment refouraie de principes nutritifs pour réparer ce que cet organe en consomme (i). Aussi remarquons-nous que leur
(i) Oa conçpit, d'après cela, que lorsqu'un état permanent d'irritation, de sçuffirançe ou de travail morbifique d'un.organe esseDliel^ ou toute autre cause de même
ji
68 BU SIIÈGÈ ET DE LA rCATVR*
' reproduclioQ se fait toute au3t dépens de la . graisse 5 à laquelle il faut ajouter les sucs gélatineux, ce qui n'etnpécbe pas de voir d)spa« raitre une grande partie du sang lui-même. En effet , une fièvre de cette nature ^ après quel-* ques jours de durée , et ^ns qu'on ait eu re^cours à la saignée, n'aura pas laissé que de dimi'^ nuer sensiMement les forces du malade , et de le tendre aussi pâle que itiaigre : d'où l'on peut conclure qu'une telle fièvre^ dépendant tou^ jours d'uue prédisposition pléthorique , suffit seule pour détruire promptement la causé qui l'a produite , et peut^ en quelque sorte, devenir son remède (i).
Mais pendant qtie l'exaltation des pi^prietés vitales du tissu cellulaire souS-cutané se màhi^ feste ^ soit par la turgescence de la peau , soit par les phénomènes sécrétoires que nous ve-
nature , détermine sympâthiqtfémeDt ]éméûlet^£(vaîl dans le tissu cellulaire et la peau j les malades dôitent tomber dans le marasme^ c'est une telle dispositioa devenue chronique ou babituelJe qui. fait le fond de <e iqu'on norame^èi're hectique oujibvre de consomption* .
(1) C'est dans ce sens que Sydenham aurait raison de dire que la fièvre est un instrument de gueVison entre les mains de la nature^ et qu'elle produit, par rapport à la masse totale des humeurs , le même effet qu'un apoMcmfc ou un abcès par rapport aul a£fectionà locales.
DES MALADIES. Çg
0ons d*exposer ^ l'excitation sympathique du réseau de Malpighi se montre de son côte dans toute son évidence par la coloration de l'habitude extérieure , et par l'exhalation continuelle d'une légère transpiration qui se convertit^ vers le déclin de la maladie y en des sueurs plus ou moins copieuses. Il arrive même quelquefois y quoique fort rarement j que chez des sujets très-pléthoriques les vaisseaux du réseau réticulaire^ au lieu de sérosité , versent le sang lui-même^ que les mouvemens excentriques naturels à cette espèce de fièvre avaient déjà fait passer en plus' grande abondance dans leur intérieur. ,Zacutus Lusitanus fait mention d'un homme robuste et bien constitué y qui se trouvait atteint à chaque printemps d'une fièvre , se terminant spontanément et de la manière la plus heureuse par une sueur générale de sang vers le sixième ou le septième jour. Au moment où l'hémorrhagie cojrpmeuçait ^ le nia-^ lade ressentait un prurit incommode sur toute la surface dM corps (i). Fabrice de Hilden cite un autre exemple de fièvre hémorrbagique sur un jeune garçon de douze an3 ^ à la suite d'excès de vin et d'une marche forcée. Pans cette fièvre^ qui n'était pas aussi simple , aussi su-
(i) De Prax, medîCf admir, , lih. ni , observ. i.xxii.
^2 DU SIEGE ET DE LA IfATURÏ
tière purulente mêlée à Tune ou Tautre de nos excrétions (i).
Dans le tableau que, nous Tenons d'exposer d^une affection générale et essentielle de la peau el du tissu cellulaire y produisant , au moyen des nombreuses sympathies de ces organes ^ des effets si notables dans l'économie animale^ nous avons pu distinguer y comme dans les, précé* dens y un dégagement considérable de chaleur , le passage du sang dans les vaisseaux blancs y Texhalâtion de la transpiration k la superficie y et de plus que dans la fièvre éphémère , le gonflement du tissu cellulaire sous-cutané^ qui doit, si Ion en juge par l'analogie des bourgeons charnus y s'être plus ou moins f>énétré de sang ; nous avons remarqué la sécrétion et l'exhalation du pus dans les aréoles du tissu cellulaire ^ la trans^ mission de cette humeur dans les veines y sa présence dans le sang manifestée par la couenne, et l'expulsion subséquente de cette humeur par divers émonctoires y lorsque les mouvemens vitaux reprennent leur rhithme naturel. Ces phénomènes ont pu présenter à Tesprit des anciens une image de désordre et de confusion dans les mouvemens des solides y de dissolution et de pourriture dans la composition des
(i) Quesnaj^ Trcdlé des Fièvres , t. ii.
DES MALADIE s. 7$
humeurs. Aussi Prospèr Marlîari disait-îl que , pour produire la fièvre, il fallait nécessairement une disgrëgation des humeurs ; mais Ton se fait une idée de ce qu'il entendait par cette disgréga-^ tion f quand on lui voit conseiller Topium pour prévenir les mouvemensfluxionnaires,regardés par lui comme la cause de cette disgrégation (i). Depuis que les travaux des anatomistes mo* dernes nous ont appris et Texistence et les propriétés des nraisseaux absorbans y nous pou-* vons rendre raison d'une manière plus positive de ce que Fillustre praticien romain n'exprimait que d'une manière vague y et seulement comme un homme qui entrevoit une vérité sans pouvoir entièrement la saisir. Nous devons admirer la pénétration qui lui fit devancer îe siècle où son observation , restée confuse , peut recevoir la plus grande clarté de l'anatomie , et devoir à cette science des développemens susceptibles d'en démontrer toute la vérité. N'est-il pas évident que les vaisseaux absorbans sont le siège de la sorte de disgrégation opérée dans les humeurs dans le cours des fièvres? Que c'est l'irritation de ces vaisseaux qui, exaltant^ modifiant leur sensibilité , leur fait tantôt pomper le sang dans leur intérieur,
(i) De Lqcîs m ïiomm, , vers, cxlv.
tantôt séparer de ce fluide les matériaux de k
matière puriforme; tantôt verser cette matière
dans les veines y tantôt la refuser y tantôt la
recevoir dans les organes excréteurs; tantôt
-même livrer passage au sang lui-même à tra-
■ vers les radicules dont ce système de vaisseaux
couvre toutes les surfaces y suivant les innom-
^brables modifications qu'il reçoit de la cause de
la maladie y du siège qu'elle occupe y du tem-
pérament , du sexe et de l'âge des malades ?
Nous avons déjà vu les raison nemens et les faits allégués par M. Pujol en faveur de cette opinion. Il nous a également été. facile de juger du peu de solidité des argumens aVancés pour établir l'action des artères dans la production de ces phénomènes. Reviendrons-nous , avec M. Caffin, aux vaisseaux décroissans de Boerhaave? Mais il faudrait d'abord démontrer l'existence d'un tel ordre de vaisseaux. Distinguerons-nous soigneusement avec lui la fièvre de la pyrexie ? Mais il faudrait d'abord pouvoir se faire une idée d'une fièvre sans pyrexie ou d'une pyrexie sans fièvre , et prouver que ces deux mots ne sont plus synonymes, n'expriment plus la mêmeidée.
Ne tiendrait-on pas un langage plus clair et plus conforme aux lois connues de l'économie animale , si Ton disait que l'affection primitive des vaisseaux absorbans de la peau ot du tissu
©ES maladies; yS
cellulaire sous-'Cutaaé produit un ensemble de phénomènes locaux et sympathiques inséparables et nécessairement liés quoique successifs^ lesquels constituent ce que les médecins çon^ naissent sous les doms dejièi^re éphémère^ de Jièi^re inflammatoire ^ de fièi^re intermittente ^ selon le degré de pénétration ou d'intensité de l'irritation , et selon le mode spécifique d'action que cette irritation imprime à ces^sortes de vais-* seaux ; si Ton disait que cette série des sym* ptômes locaux et sympathiques peut être dîrectejfnent déterminée par une cause externe agissant sur l'ensemble du tissu dermoïde y comme aussi elle peut être sympathiquement produite par l'altération d'un organe profond , par une cause intérieure ; de sorte que toute affection qui produit une fièvre symptomatique agit sur la peau comme l'aurait fait une cause extérieure^ et donne lieu à tous les accidens que nous venons de voir dériver de l'irritation directe de cet or-^ gane , dont la sensibilité aboutit à toutes les parties ? Ce nouveau point de vue pourrait concilier toutes les divergences d'opinions entre les médecins qui regardent la fièvre inflammatoire, par exemple , comme le produit d'une diathèse générale sans affection locale, «tceux qui suppO' senlcette fièvre toujours entée sur l'inflammation de quelque organe* Car il est bien évidcuat que
76 Dt; SlÎGZ ET DE LA NATUl^E
les partisans delà première opinion ne pouvaient parler que des organes internes et distincts de la peau et du tissu cellulaire , puisqu'ils mon* iraient ces dernières parties gorgées de pus après la mort , afin de prouver la diatbèse générale (i); tandis que les partisans de la seconde se trou* vaient embarrassés des argumens de leurs adversaires , qui leur citaient des fièvres sans alté* ration des organes internes , parce qu'ils ne voyaient pas plus que les autres que la peau et le tissu cellulaire étaient le véritable siège de Taffection essentielle et locale qui constituait la fièvre inflammatoire , laquelle cependant ils sentaient bien ne pouvoir attribuer à une dispo* sition vague de l'économie animale.
C'est en raison de la situation extérieure de la peau qui lexpose à l'action de toutes sortes de causes irritantes; c'est en raison de h, corresrpondance intime qu^elIe entretient avec le reste des parties, que, de toutes les maladies qui affligent l'humanité^ il n'en est pas d'aussi fréquente que la fièvre : car , selon nous , ce mol , pris dans toute sa simplicité > dans toute sa généralité, indique toujours l'affection primitive et essentielle de cet organe. Ce sont ces dispositions particu-
(i) Selle, Pjreiot.; Hewson» Experimenl, inquiPm inlo the IjmpftaU Sysiem, , pag« 1 18.
lièrès à Torgane cutané qui rendent cette maladie propre à tous les âges, à tous les sexes, à tous les climats, à toutes les saisons , et font que , tantôt maladie essentielle, tantôt symptôme des autres maladies , elle se joint à presque toutes les nitërations un peu fortes de récOiioniîe animale^ et leur donne ou en reçoit toutes les formes , tous les types possibles et connus. Les causes externes et les causes internes pouvant égale ment y donner lieu , ce doit être rafFectiôn la plus commune et la plus facile à produire. Un exercice violent de la part des muscLes, une augmentation d'activité dans les organes intérieurs, Unetempératureélevéeôu refroidie, et beaucoup d'autres causes en apparence aussi légères, aug*titientetlt la chaleur et la rougeur de la peau^ troublent ou accélèrent la sécrétion de ses fluides naturels , ce qui est bientôt suivi de la précipitation des mouvémens du cœur, et de tous les autres phénomènes qu^entraiue à sa suite Tirritalion générale de l'organe dermoïde, tant cet organe est facile à émouvoir , tant Téconomie entière est disposée à participer aux troubles et aux désordres dont il peut être le siège , tant lui-même, a son tour, reçoit facilement Timpression des mouvémens tumultueux qui peuvent se produire à Tintérieur !
Au reste , si l'ensemble de symptômes qui
eôDStitueat la fièvre commence .par la peau et sié propage successivement au^ cœur et aux autres organes intérieurs^ il arrive aussi que ^ dans la terminaison dé ces maladies^ la plupart des eflets sympathiques ont cessé quelques jours i^vantquQ te travail local de la partie principa-* lement aflfçctée s'arrête entièrement, et que les vaisseaux absorbans de cette partie reprennent le ton naturel de leur sensibilité et Tintégrité' de leur action. Dehaen a reconnu qu'âpre lea fièvres, de quelque nature qu'elles, soient , ter-, minées spontanément ou.pai: les secours de l'art, la chaleur se soutient assez constamment ,pen-: dant sept ou huit jour3 consécutifs,. à quatre <>u cinq degrés au-dessus de. la- température ordir^ naire. On doit conclure de là que lorsqu'une fièvre parait dissipée et qu'elle ne produit plus aucune marque de son existence , cette fièvre subsiste encore d'une mapière extrêmement faible et absolument io^iensible pour celui qui l'éprouve (i) , et ne se dissipe guère qu'à mesure que le travail du tissu cellulaire pour opérer, l'évacuation successive de l'humeur purulente se trouve appliqué de nouveau à la nutrition et à la réparation des parties. La fièvre se décompose de
(i) Cité par Dumas, Mémoire sur les Fièyres} et par Grim^ud. K
t>fiS AlALAt)l£$. ^gi
ta sorte^ et afrive à sa fin par des degrés obscurs^ et presque inappréciables , sous l'influeriGe du même ordre de vaisseaux qui lavait produite ^ quoique par uae marche inverse et moins rapide*''
4'*'. De la Fièvre adynamique ^ ou de la Fièvre pro^^ duite par l'excitation morbifique des vaisseaux absorbans veineux du tissu cellulaire , surtout du tissu cellulaire abdominal.
Nous avons vu que l'afFection des vaisseaux absorbans cutanés et cellulaires qui produit 1» fièvre inflammatoire, n'arrive qu'aux individus en qui la nature est toute puissante , aux indi« vidus cbe^ lesquels les solides sont doués d'un ressort et d'uiie excitabilité remarquables , ches^ lesquels les fluides sont bien élaborés et pénétrés sans doute eux-mêmes d'un0 dosa considérable de vitalité; chez lesquels enfin les poumons et les organefs digestifs exécutent facilement leurs fonctions y produisent une grande quantité de sang , lequel porte en tous lieux l'énergique effet du slîmuKis quir renferme , en même temps qu'une prompte et constante restauration.
Mais lorsqu'on s'est trouvé soumis à des tîrcôDStances en grande partie semblables à celles qui disposent 'à recevoir rimpl:'è5sion d'où dérivent'les fièvres internàitterites^; lorsque ces circonstances-, non-seulement ont relâché le tissu
do DU SIEGE £T DB LA NATURE
dermoide 9 mais encore oat portq sqr l;en8embW du solide vivant uae action beaucoup plus pro»-. fonde; lorsque enfin à ces circonstances $oo4 venues se joindre une nourriture malsaine ^^. insuffisante ) des évacuations excessives^ TimmOdëration dans les plaisirs vénériens y des fatiguer extrêmes, des veilles ou des éludes prolongées^ des passions Irisles , en un mot , tout ce qui peut affaiblir, énerver, ruiner les forces, on voit les mêmes variations atmosphériques ^ les mêmes écarts dans le réginie qui ont. déterminé les mouveméiis inflàmmatoiiles 5 produire une fièvre d'un autre genre ^ et dqnt les effets principaùXj tout en dérivant jusqu'à un certain point de lalonie , comme les fièvres intermittentes , indiquent uéanntpins Kné nouvelle modification de [économie animale.
Lorsque les causes détei'minantes viennent de Fextérienr, celte sorte de fièvre survient inopinément au milieu, d'une apparente santé. Mais, le plus souvent , ^lle est annoncée quelques jours k l'avance par une pesanteur ti une faiblesse cx>nsldérable , des douleurs dans les membres , dii l'âijorexie , de la stupeur, et par quelques autres phénomèpes de ce genre, indices toujours certains d'une lésion plus ou moins générale. La fièvre débute chez les uns par un frisson qui dure peu; chez les autres 1 ps^f uqie alterna-
tive de froid et de chaleur. La chaleur est d'a*^ bord douce au toucher^ puis iuseusiblement plus vive y mordicante , et paraissant arriver des ré-*gions les plus profondes ducorps^ selon la reniaiv que de Boerhaave. Les pommettes se colorent d'un rouge foncé; le pouls est fréquent y un peu développé, et peut même aller jusqu'à la dureté. Ces premiers mouvemens , qui sont quelquefois poussés au point de simuler le début d'une fièvre inflammatoire (i) , sont bientôt suivis de la prostration des forces que l'on voit survenir plutôt chçz les' vieillards. que chez les jeunes-gens. La chaleur et la fréquence du pouls diminuent alors : peu à peu ; la peau devient terne et livide ; les •malades exhalent très^promptement une odeur cadavéreuse ; les sueurs, quand il en existe , sont . partielles, visqueuses , d'une odeur désagréable ; mais le plus souvent la surface cutanée est sèche, et se recouvre d'une poussière roussàtre. L'on y ' aperçoit , dans les cas graves^ des pétéchies^ des ' vibices , des ecchymoses d'une couleur noirâtre ; rla langue, d'abord blanche ou jaune , se sèche et se recouvre de fuliginosités brunâtres qu'on -détache avec peine, et qui se reproduisent bien-v tôt après. La; soif est vive , et même devient inextinguible ; un sang noirâtre s'échappe sou^
(i) Houx y TntUé sur la Fièvre adjrnamÎ4jfue,