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nière illusion qui a produit toutes les autres.
Y eitbretch , Gorter , Bohn, parlèrent les premiers de la nécessité que la circulation du sang fut aidée par l’action des petits vaisseaux. Robert YVhytt s’empara de celte opinion , et mit tous ses soins à la développer dans l’un desesouvrages. Après avoir épuisé les calculs pour démontrer que la force du cœur et des artères ne sufïit pas pour faire circuler le sang et le faire parvenir même jusqu’aux veines, il se réduit à dire que le mouvement est seulement moindre dans les artères capillaires rouges , et trop faible pour pousser les globules d’un autre genre que les rouges dans les artères latérales lymphatiques. Alors abandonnant la circulation du sang, il ne parle plus, dans le reste de sa dissertation, que du mouvement des fluides dans les vaisseaux du second genre , c’est-à-dire , séreux et lymphatiques. 11 fait donc une sorte d’aveu que le sang circule par la force du cœur et des artères ; et ce n’est, d’après ce qu’il expose, que les autres fluides qui se meuvent par les ossillations des petits vaisseaux, à moins qu’une irritation n’attire le sang rouge dans l’intérieur de ces petits vaisseaux (1).
Fabre vint ensuite, qui n’hésita pas à dé¬
fi) Recherches sur les causes des mouuemens des
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clarer que la decouverte de la circulation du sang avait été une source d'erreurs dans la théorie et dans la pratique de l’art , parce qu’on avait considéré les artères et les veines comme formant un cercle continu que les fluides devaient nécessairement parcourir sans s’arrêter ni rétrograder; parce qu’on n’avait pas reconnu qu’entre les extrémités des artères et des veines il y avait d’autres vaisseaux et un organe particulier dans lequel les fluides peuvent fluer et refluer , se porter dans toutes les parties du corps sans passer par le cœur ; et parce que l’on n avait pas connu que ces fluides pouvaient suivre toutes les directions par reflet seul de l’irritation qui les attire ou les repousse suivant qu’elle est différemment modifiée (1).
On peut voirquec’estexactement la théorie de Fabre que Fichât, et les modernes ont adoptée , et voilà , comme du pressentiment d’une importante vérité , l’on a su faire une erreur qui jette tout dans la confusion. Certes, avoir aperçu les mouvemens des fluides n’obéissant dans certains petits vaisseaux qu’aux impulsions irrégulières de l’irritation, était une heureuse découverte.
fluides dans les très-petits vaisseauxdes animaux. J oyez les Essais de. Physiol. , traJ. par Thebault. Paris , in- 8. (i) Essnis de Physiologie , l. i , png. 345.
DES MALADI ES.
Mais fallait-il, pour essayer de la féconder, nier les vérités les mieux démontrées , supposer une organisation tout-à-fait imaginaire , et qui nous induit à tomber dans les plus étranges contradictions ?
Convenons qu il est nécessaire d envisager la question sous un autre point de vue , si l’on veut résoudre toutes ces difficultés sans loucher aux découvertes faites par nos illustres devanciers , et si I on veut rentrer dans la ligne des choses raisonnables et possibles. On se rapprocherait , ce semble , beaucoup plus de la vérité , si I on disait que l’absorption est une espèce d action élective, en quelque sorte , qui réagit que sur les corps divisés à l’infini ; que , pour opérer la nutrition, la nature envoie le sang par des canaux plus ou moins considérables à toutes les extrémités et dans la profondeur des organes; que chaque artère, arrivée dans la partie dontelle sert la nutrition , s’épanouit en d’innombrables rarnusculesqui se trouvent entourés, enveloppés d’un nombre infiniment plus grand de vaisseaux absorbans dont les orifices, d’une finesse extrême, s implantent sur leurs parois et plongent dans leur intérieur; qu a mesure que le sang ainsi divisé coule dans les capillaires sanguins, les vaisseaux absorbais lui enlèvent les molécules atténuées qui se trouvent en rapport avec leur
sensibilité ; que chaque pulsation du cœur faisant avancer la colonne sanguine , présente de nouvelles molécules qui sont chassées à leur tour ; que ces molécules nutritives , parvenues dans ce nouvel ordre de vaisseaux , y sont livrées à toutes les sortes de mouvemeus qu’entraînent les variations de la sensibilité, de sorte qu’elles peuvent être dans une agitation trèsgrande , ou dans un repos tel qu’il ne tombe pas sous les sens , comme on le voit dans le parenchyme de certains organes; enfin, qu’après avoir subi des modifications variées relatives à chacune des parties qu elles constituent , ces molécules sont reportées par le même ordre de vaisseaux dans les veines , et rentrent par cette voie dans le cercle de la circulation sanguine, ou bien sont tout-à-fait expulsées du corps par les excrétions et les exhalations. Celte façon de concevoir le système capillaire ne se trouverait pas, du moins, en contradiction avec les fa il s anatomiques les mieux constatés , et rendrait parfaitement raison , par les propriétés connues des vaisseaux absorbaus, d’un grand nombre de phénomènes qu’il répugnait de voir attribués aux capillaires sanguins.
En effet , ne perdons pas de vue le peu de développement des forces sensitives et de l’irritabilité des artères et des veines , si nécessaire
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pour maintenir la régularité des mouvemens de la circulation du sang; n’oublions pas que le cœur fait incessamment avancer dans l’intérieur de ces vaisseaux une colonne continue de liquide, qui part du cœur et revient au cœur , et que cette progression circulaire ne peut éprouver de notable dérangement sans danger pour la vie. D’un autre côté, représentonsnous l irritabilité des vaisseaux absorbans qui leur fait imprimer des directions si variées aux fluides qui les parcourent, la sensibilité qui les met en rapport, tantôt avec les uns , tantôt avec les autres , et ne peut être appréciée par aucune règle fixe , sensibilité que la moindre irritation peut facilement exalter; représentons-nous la faculté qu’ils possèdent d’être vides ou pleins indifféremment , et voyons auquel de ces deux ordres de vaisseaux il faut attribuer les phénomènes qui fixent le plus l’attention dans le système capillaire de Bichat et des modernes.
D abord ces physiologistes nous disent que la circulation suit dans ce système d’autres lois que dans les artères et les veines ; que le sang et les humeurs qu il contient se trouvent évidemment hors de l’infîuence du cœur; qu’il est le siège de la nutrition, des sécrétions , des exhalations, le théâtre des métastases des éruptions et des ehlorescences cutanées; que l’étendue en est
immense , et qu’on ne peut concevoir le déplacement ou la réunion de quelques molécules organiques sans l’action des vaisseaux qui le composent. Ces mêmes physiologistes nous apprennent que ce système existe dans les parties où les artères ne pénètrent point, comme dans celles où les artères arrivent ; qu’il a dans son intérieur des portions où le sang se meut spécialement, d’autres seulement parcourues par des fluides blancs et grisâtres , d’autres où tous ces lluides sont diversement combinés. Ces phvsioîogistes nous apprennent encore qu’une irritation quelconque sur les capillaires produit le passage du sang dans leur intérieur s’ils ne contenaient que des fluides blancs , et , en général , quels que soient les fluides que ces vaisseaux contiennent, des courans variés et en tous sens , ou bien l’afflux des humeurs vers le point irrité, ils présument aussi dans ce système des vaisseaux habituellement vides , sans quoi l’on ne pourrait expliquer la rapidité du passage du sang dans les capillaires de la face et dans ceux de la peau eu certaines circonstances, lis reconnaissent , enfin , qu’au moyen de ce système capillaire , il existe de la tète aux pieds une anastomose générale, une communication libre pour les fluides, et que si , pendant la vie , tous ces fluides ne se confondent pas, ou du moins
ne se mêlent que suivant le besoin , cela dépend uniquement du rapport qui existe entre la sensibilité de chaque portion de ce système , et le fluide que cette portion est appelée à contenir; de sorte que celle qui ne doit recevoir que du sang trouve dans les autres fluides un irritant qui la fait se resserrer à leur approche , et que celle que la nature destine a d'autres fluides répugne à son tour à se laisser pénétrer par le sang : rapport qui est , au reste , singulièrement sujet à varier , de manière que telle partie du système capillaire qui rejetait le sang , l'admet dès l’instant que la sensibilité s’y trouve exaltée ou modifiée, et le gardeaussi long-temps que cette modification n’est pas remplacée par une autre.
Tels sont les caractères attribués au système capillaire par Bichat , qui n’a rien négligé pour donner à la théorie de Fabre les développemens dont elle était susceptible , et qui a su la rendre si spécieuse. Or, nous le demandons, y a-t-il un de ces caractères, nous ne disons pas qui ne puisse, mais qui ne doive être particulièrement appliqué au système des vaisseaux absorba ns ? Y en a-t-il , au contraire, un seul qui puisse convenir au système artériel ou veineux ? Certes, il serait difficile de le penser; et si , dans Ja suite de nos recherches , nous trouvons dans la profondeur des organes de
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nouvelles particularités qui justifient l ide'e que les vaisseaux absorbans sont la partie agissante du système capillaire, et parla même de toute l'économie animale , pourra-t-on ne pas abandonner une façon de penser qui deviendra de plus en plus inadmissible ?