‹ Du siége et la nature des maladies, ou nouvelles considérations touchant la véritable action du système absorbant dans les phénomènes de l'économie animaleChapitre 15 sur 24 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les Systèmes exhalant et cellulaire ne sont que des dépendances du système absorbant .

Examinons , avant d aller plus loin , ce que peuvent être ces vaisseaux exhalans qu’on fait entrer, pour ainsi dire, comme élémens dans le tissu de chacune de nos parties, et qu’on nous dit former un ordre particulier de vaisseaux dans l’économie animale. Selon Bichat, le créateur de ce système hypothétique , l’exhalation et la sécrétion sont deux fonctions analogues , en ce que toutes les deux séparent du sang des fluides qui en diffèrent et les versent sur des surfaces où ils servent à des usages va-

riés; mais, nous le demandons , n’est-ce pas là de l’absorption ? Il n’y a pas , ajoute-t-il , d’organe intermédiaire entre les artères et les exhalans ; "mais d’après ce que nous avons vu , cela

ne s applique-t-il pas bien plutôt aux vaisseaux absorba ns ? lantot, poursuit- il encore, les exhalans rejettent des fluides destines a ne plus rentrer dans l’économie ; tantôt ils rejettent des fluides qui séjournent quelque temps sur certaines surfaces et rentrent ensuite daus le torrent de la circulation; tantôt ils apportent dans tous les organes la substance nutritive qui les îepare ; mais ces fluides , cette substance nutritive que ces vaisseaux font mouvoir a-t-elle été poussée dans leur intérieur comme le sang l’est dans les veines ? Non , sans doute , les exhalans 1 ont choisie, 1 ont puisée dans la masse sanguine, en vertu d’un mode de sensibilité qui leur est propre, et qui ne peut s’altérer d’une manière quelconque sans que les produits de l’exhalation ne varient tout aussitôt : les exhalans sont donc des vaisseaux absorbans, et non point un ordre particulier de vaisseaux : ou ne saurait trop le redire.

O ailleurs, 1 existence de ces vaisseaux exhalans n’est nullement démontrée par l’anatomie ; et comment des vaisseaux que l’on dit entrer comme élémens dans le tissu de chaque système, dont on fait exactement l’histoire , dont on suit toutes les propriétés, n’ont-ils pu tomber encore sous les sens , même à l’aide du microscope ? C’est, il faut en convenir, parce qu’ils 11’ existent

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réellement pas , et qu’en méconnaissant toute l’étendue des fonctions des vaisseaux absorbans, on a créé un système imaginaire de vaisseaux pour leur faire jouer un rôle dont on ne croyait pas les premiers susceptibles*

Toutefois, nous devons dire ici que Vieussens a vu , dans plusieurs de ses expériences , soit sur l’estomac , soit sur la peau, soit sur la matrice , de petits canaux courts s’implantant aux parois des névro-lymphatiques , et venant aboutir aux surfaces. C'est à ces petits canaux qu’il attribue l’exhalation des règles , de la sueur et de ces sucs qui lubrifient les différentes cavités. Il assure même que, dans une matrice entièrement injectée de mercure , ces tubes étaient si larges , pour la plupart, qu’on put introduire une soie de porc jusqu’à leur origine dans les lymphatiques artériels (r). Depuis , et presque de nos jours, Adolphe Hedwig a fait de bonnes recherches microscopiques sur la structure des villosités intestinales, et blâmant le nom à’ ampoule qui leur avait été donné par Lieberkhun, il les a décrites comme les orifices des canaux particuliers qui conduisent aux lymphatiques intérieurs (2). Plus récemment encore , M* Gautier

(1) Mal ad. int t. ni, pag. 6 et 7.

(2) Disquisiiio ampullarum Lieberkhimnii physica*

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